C'était il y a une année, un siècle, c'était il y a un jour, et c'est aujourd'hui encore.
Aussi longtemps que la réalité l'impose, des âmes perdues et apeurées seront parties.
Des enfants de la République que l'on a arrachés à leur mère, des maris qui ont promis à leurs moitiés de les accompagner pour le meilleur et pour le pire, des pères qui protégeaient leurs familles malgré la fragilité du cristal de vie.
Tous ces hommes et ces femmes ont été mis au monde par des matrices autant bienveillantes que possible, ces mères sur lesquelles reposait la lourde responsabilité de faire grandir des Hommes... ont perdu leurs enfants, leurs tripes, et vont mourir deux fois, la seconde sera leur dernier souffle, la première mort c'est de perdre son sang, son Soi.
Rendez-vous compte de l'errance insoutenable dans laquelle se trouvent vraisemblablement ces âmes gaspillées, les combats de coq n'ont pas cessé, le pouvoir déraisonne l'homme, le persécute et le laisse insensible, comme irréel.
"Qui à ce jour, mais qui dira que les vies perdues sont le prix à payer, et où retrouve-t-on la voix du Sage, celle du Tuteur, celle de ces âmes, où trouve-t-on la Morale, Andriamanitra... qu'avons-nous fait..."
Quittons les questions bassement terre à terre, élevons le débat au plus haut puisqu' il nous dépasse déjà.
Comment ne pas pleurer de rage, de honte, de douleur, pour ce que nous avons fait.
Oui je dis "nous" car dites-le vous bien, des tenants aux aboutissants nous sommes responsables, coupables, il n'y a pas de fumée sans feu et chaque homme a allumé son brasier, tout jugement viendra à temps et jamais nous n'aurons assez de Pouvoir, de coeur et d'esprit pour rattraper l'irréparable.
Si les petites idées étau de certains hommes ont décapité des vies,
Si ces petits hommes se disent bienfaiteurs et Pères de la Nation,
Si ces petits pas en avant et ces grands pas en arrière, d'aveugles à mille à l'heure ont projeté des vies un mur en pleine face,
Si la seule issue était de trouver la mort,
Si le petit homme s'est pris pour Dieu, à reprendre la Vie,
Si la souffrance et la répression sont nos seuls refuges donnés...
Si le ventre doit être vide un peu comme un signe héréditaire.
Si les petits hommes ont fortune, croix et qu'ils aiment leurs enfants...
...
Dites à leurs enfants qu'ils ont été trahis.
Que mon fils est ton fils,
Que mon sang est à même le sol,
Qu'ils m'ont tout pris,
Que je te regarde et que je ne te laisserai jamais plus,
Que ta peau sera aussi un jour la mienne,
Que ton coeur sera à la place du mien, et que je l'aurai à mon tour au creux de ma main.
Et que à travers toi - petit homme, je vivrai jusqu'à ce qu'à ton tour, tu fermes les yeux.
Hommes d'hier ne dansez pas sur cette marche de requiem de ce furieux Samedi Rouge.
Hommes de demain, n'ôtez pour rien au monde de vos inconscients collectifs ce pour quoi vous êtes.
Hommes de demain tenez vos promesses enfin.
Redonnez à nos enfants ce qui leur a été confisqué.
La simplicité d'être vivants, libres et aimés.
Comme le Tout Puissant nous a aimés.
Si on nous avait dit qu'au bout du chemin de blanc nous serions vite embaumés,
Si on nous avait dit qu'on avait tort d'être ensemble et de se faire confiance, et que cela ne serait que pour seule fois dans notre vie...
Nous ne sommes pas des âmes jetables.
Si seulement on nous avait dit que les petits hommes se déchiquetteraient nos peaux.
Et si maintenant tout ces gens disparaissaient comme le moment instantané qui nous a percé la chair.
Alors nous serions en paix,
Ici bas ou au Ciel,
Ce que nous voulons c'est avoir la Paix,
Vivre en Paix et grandir.
Mourir en Paix et s'élever.
Erika Cologon
Erika Cologon est journaliste, basée à Dakar et attachée à ses racines malgaches
L’Union africaine a donc réussi à
se débarrasser de son charismatique mais encombrant président, le colonel Mouammar Kadhafi, qui se voyait un peu comme le roi du continent. Le Guide a cédé sa place le 31 janvier 2010 avec
quelque amertume. Bingu wa Mutharika, chef d’état du Malawi, lui a succédé, au nom de la tradition non écrite de la présidence régionale tournante. Le dirigeant libyen avait pris l’habitude de
parrainer les putschistes, de la Mauritanie à la Guinée en passant par Madagascar au grand dam de Jean Ping, fervent partisan du respect des Constitutions. Ce changement tombe au plus mal pour la
HAT (Haute autorité de transition) malgache. Kadhafi était un des rares chefs d’état à avoir reçu Andry Rajoelina. Cette visite en Libye (voir article : «
Sur LCI, une télévision française, le lundi 1er février, le président de la
HAT s’est fait descendre sans même s’en apercevoir. Il a été traité de «putschiste» et globalement, cette prestation a été plutôt négative pour son image. Lors de son interview dans l’Express du
2 février, Andry Rajoelina a accepté la possibilité du retour de Didier Ratsiraka à Madagascar, pas celui de Marc Ravalomanana. Pourquoi ? Les arguments sécuritaires et les troubles
possibles ne tiennent pas, les violences étant plutôt actuellement l’apanage du régime. TanaNews a cité les
On pourrait alors voir dans le refus
de Rajoelina une peur de la popularité de l’ancien président. Les dirigeants de la HAT sont perçus de plus en plus par l’opinion comme inféodés à l’ancienne puissance coloniale. Que l’actualité
malgache se passe à Paris pendant presque deux semaines, au moment même où la communauté internationale examine les propositions des politiciens en conflit, ne va pas la dissuader du contraire.
La chute pourrait être dure mais certains ont déjà préparé leurs arrières. Les quelques patriotes convaincus qui sont encore dans la HAT risquent d’être les cocus de l’histoire,… comme Roindefo
Monja le 7 février. Sur ce tragique évènement, je vous conseille de vous reporter encore à un article de TanaNews qui recense
Sur le plan économique et social, la situation est
catastrophique mais les turbulences sont aussi violentes dans le milieu politique. La chasse aux journalistes est ouverte et plusieurs ont été menacés ou jetés en prison, comme ceux de Radio
Fahazavana, une radio protestante. Le colonel Ravalomanana (homonyme de l’ancien président), rendu célèbre par l’affaire des bombinettes (voir article : «
Sale anniversaire qui a vu les
archives de RNM et de TVM, mémoire de l’histoire, partir en fumée. J’apprendrai dans la soirée par un de mes correspondants sur place que c’est une grenade qui aurait pu y déclencher le feu et
non les émeutiers. Les grandes agences avaient déjà désigné ces derniers comme responsables de l’incendie. Il n'y avait pas eu de véritable enquête.
Le 26 janvier 2009, la
malédiction a de nouveau frappé les Malgaches alors qu’ils croyaient s’en être débarrassés en 2002. Des dizaines de morts carbonisés dans les entrepôts de Tiko, les grandes surfaces et les
magasins qu’ils étaient en train de dévaliser…
Le secrétaire
général des Nations Unies, Ban Ki-moon, est arrivé à la mi-journée le 17 janvier à Port-au-Prince. Devant ce qu’il considère comme la «plus grave crise humanitaire depuis des décennies», il
réconfortera le Président Préval et les sinistrés. «Je suis venu ici pour vous donner de l'espoir. Le monde entier vous soutient. Ne désespérez pas! Ne désespérez pas! Ayez du courage!»
déclarera-t-il. Et de fait, même les habitants des territoires palestiniens de Gaza, malheureux parmi les malheureux, ont fait des collectes pour Haïti. Abdoulaye Wade, président du Sénégal, a
proposé le 18 janvier d’accueillir les Haïtiens en terre d’Afrique. Si cela lui a valu les quolibets des analystes occidentaux, l’idée en soit n’est pas saugrenue. Mais les conditions
socio-économiques du continent sont telles que pratiquement, c’est impossible. 3500 casques bleus supplémentaires ont été demandés par le secrétaire général, ce qui portera leur nombre à 12.000.
Ils sont chargés de la sécurité.
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