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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 10:06

 

Fenêtre du Trésor flamme-1

 

Pour commémorer le 13 mai 1972, jour de révolte des Tananariviens contre la répression du gouvernement Tsiranana, Jeannot Ramambazafy a pondu dans Madagate un long article. Mais ce «dossier» semble surtout prétexte à attaquer Marc Ravalomanana puisqu’il arrive finalement au 7 février 2009. Au milieu de cette prose assez indigeste, entrecoupée de copiés-collés et de photos, TanaNews a relevé une pépite aussitôt relayée sur la toile : «J'ai réussi à prendre des séquences où il y avait bien des éléments de la garde présidentielle aux fenêtres du Louvres. Cependant, dans la débandade, devant l’ancien Shopsprite, je suis tombé à la renverse et ma caméra a été détériorée. Mais je peux témoigner qu’il n’y a eu aucun tir de sommation, aucun jet de grenades lacrymogènes mais immédiatement des crépitements d’armes automatiques issus de trois côtés différents : du Palais, du Trésor et du Louvre…» 

 

Policiers-devant-Hotel-Louvre.jpgL’éditorialiste de Madagate confirme ainsi les analyses des bloggers et sites d’infos qui ont cherché à comprendre ce massacre du 7 février. Les différents éléments et aveux dont on dispose actuellement mènent bien vers un complot destiné à détruire l’image de l’ancien président. Dans mon premier article écrit sur le vif, j’avais fait mention de tirs venant des immeubles bordant les rues menant au Palais, mais sans trop y croire moi-même tant cela me paraissait gros (voir article : «Carnage devant le Palais»). En fait, ce sont mes informateurs qui avaient raison.

 

A l'occasion du procès des présumés coupables de ce bain de sang, en septembre 2010, je replaçais en partie les pièces du puzzle dans un autre article. Mon entretien avec Roindefo Monja, l’ancien premier-ministre nommé sur la place du 13 mai ce jour là et qui a failli être éliminé aussitôt devant le Palais, n’a fait que conforter la thèse d’une tuerie programmée (voir article : «Massacre du 7 février : auto-acquittement de la HAT»).

 

Le lieutenant-colonel Charles Andrianasoavina (le «commandant Charles»), dans ses aveux, en forme de mea–culpa (voir aussi article : «Les lémuriens du 7 février»), avait identifié ceux qui ont ouvert le feu comme des militaires sous les ordres du commandant Lilyson. Promu depuis lieutenant-colonel, Lilyson est un des officiers de confiance d’Andry Rajoelina. Le «commandant Charles» a pris lui aussi une part prépondérante au coup d’état puisqu’il est celui qui a violemment pris à parti ses supérieurs et les négociateurs à l’Episcopat le 17 mars 2009 (voir article : «Ce n’est pas encore le mot de la fin»).

 

Seules les têtes pensantes semblaient être au courant du complot, certains acteurs de la Révolution orange ayant même failli se faire tuer ce jour du 7 février. Le secret était bien gardé. Et jusqu’à présent, la thèse officielle, qui a fait condamner Marc Ravalomanana était simple. La garde présidentielle en faction devant le Palais, sous la pression de la foule, a ouvert le feu inconsidérément, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés. Le général en retraite Dolin Rasolosoa, à la tête des manifestants, avait parlementé pendant une heure avec les responsables de la garde avant de transmettre aux contestataires qu’elle allait tirer s’ils persistaient à vouloir envahir le Palais. Ce que ces derniers firent quand même.

 

General-Raoelina.jpgToute autre hypothèse avait été officiellement rejetée, et surtout la possibilité qu’il aurait pu y avoir d’autres tireurs, car cela pouvait disculper la garde présidentielle. Or, les tirs ont bien eu lieu, mais d’abord dans le dos de la foule avant que la garde, surprise, ne tente de riposter. Ce qui cadre avec tous les récits et rapports connus jusqu’à présent, que ce soit celui de Jeannot Ramambazafy, du «commandant Charles» ou du Général Jean Heriniaina Raoelina. Ce dernier affirme que 19 militaires de la Garde étaient de faction au palais. Or, il y a eu une trentaine de morts et 800 blessés, précise-t-il dans son rapport. Même s’ils avaient tous vidé les chargeurs de leur AK47 sur la foule, ça faisait 570 cartouches. En considérant que chaque balle ait fait mouche, il pose alors la question : «…cela ne ferait que 570 victimes, alors les 260 autres victimes ont été tuées et blessées par qui ?»

 

Jeannot Ramambazafy écrit qu’ «il y avait bien des éléments de la garde présidentielle aux fenêtres du Louvres…». L’information à retenir est qu’il y avait des hommes armés aux fenêtres de l’hôtel, ce qui a toujours été nié par le pouvoir et jamais relevé par leur commission d’enquête. Il s’agit là d’un témoignage oculaire, parfaitement recevable devant un tribunal.

 

Quant à l’affirmation du journaliste précisant qu’il s’agit de la «garde présidentielle», elle pourrait être facilement contestable. La garde n’avait pas d’uniforme spécifique et à moins de connaître personnellement les individus qui la composent, rien ne les distingue des autres militaires. Le «commandant Charles» avait précisé qu’il s’agissait de «gendarmes armés ne faisant pas partie de l’EMMONAT». On laissera donc le soin à PapiZano (Jeannnot Ramambazafy) de démontrer qu’il s’agit bien de gardes présidentiels.

 

PapiZano JpegMadagate appartient à Augustin Andriamananoro, un membre de la diaspora engagé dans la lutte avec Andry Rajoelina, et que ce dernier a par la suite nommé ministre puis conseiller. Mais c’est PapiZano qui garde la boutique. Après la mort de Nadine Ramaroson, une ministre à laquelle le journaliste vouait une certaine admiration, il a eu le droit de suivre Andry Rajoelina dans tous ses déplacements à l’étranger. Celui qui donne ce témoignage est donc proche du pouvoir et ne peut être suspecté de vouloir faire le jeu de l’ancien président.

 

Ce qu’il écrit en tout cas ouvre la voie à de nouvelles investigations. Au Louvre, on n’entre pas comme dans un moulin. Il y a des gardiens, des réceptionnistes sans parler des propriétaires. Toutes ces personnes sont susceptibles de témoigner et dire qui étaient aux fenêtres. Mais en tout état de cause, les éléments s’accumulent pour démentir le récit officiel.

 

On ne fera pas l’injure à Jeannot Ramambazafy de penser qu’il a sorti ces informations par inadvertance, après s’être tu pendant 4 ans. Peut-être a-t-il voulu allumer un contrefeu devant le faisceau de preuves qui tend à démontrer la thèse du massacre prémédité ?... Ou peut-être pas… Le point à 3 bandes n’existe pas qu’au billard, on peut aussi l’utiliser en communication…

 

On est en tout cas content que Jeannot ait pu réchapper à ce massacre du 7 février 2009. Un jeune confrère de 25 ans, cameraman à la RTA (Radio Télévision Analamanga), Ando Ratovonirina n’a pas eu autant de chance. Il était dos au palais, en train de filmer la foule qui avançait, quand il a été atteint d’une balle dans le cou… sa caméra aussi… Il était idéalement placé pour avoir dans son viseur d’éventuels tireurs postés aux fenêtres… et inversement… Cela peut aussi expliquer pourquoi personne ne se précipite pour témoigner.

 

PapiZano, futur héros des Zanak’i Dada (nom paternaliste des pro-Ra8, «enfants de Dada») ? Comme tout est désormais possible à Madagascar…

 

Photo 1 : Une de ces photos bizarres de ce 7 février 2009. Sur un agrandissement, il semble bien que ce soit des départs de flamme qui sortent des fenêtres du Trésor (photo récupérée sur une enquête de TanaNews).

Photo 2 : Barrage de policiers devant l’Hôtel du Louvre. Ce barrage sera enfoncé par les manifestants.

Photo 3 : Le Général Raoelina n’était plus en charge de la Garde Présidentielle mais il a été condamné de manière inique, pour couvrir les vrais criminels. Toujours en prison, l’officier supérieur a maintenant des problèmes de santé.

Photo 4 : Jeannot Ramambazafy à New-York, cigarette au bec devant un panneau d’«interdiction de fumer». A lui tout seul, il symbolise ces tourments contradictoires du vrai Gasy qui souffre, rien à voir avec ces «faux Malgaches de la diaspora qui n’ont même pas le droit de vote».

 

 

Alain Rajaonarivony

 


Par Alain Rajaonarivony
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Samedi 4 mai 2013 6 04 /05 /Mai /2013 22:46

 

CES-En-tete-49-candidats.jpg

 

 

Andry-Nirina-Rajoelina-N-50.jpg49 candidats s’étaient inscrits dont 1, Me Avoko qui s’est désisté. Edgar Razafindravahy, le maire désigné (PDS) d’Antananarivo a fermé la marche à 2 minutes de la clôture des bureaux en ce dimanche 28 avril 2013 (voir article : «Présidentielles en république bananière»), par superstition peut-être. Oui, Edgar pensait que les derniers seront les premiers. Mais derrière lui, il y avait encore quelqu’un…

 

Le communiqué de la CES du vendredi 3 mai 2013 commence ainsi :

«Considérant que depuis le 6 jusqu’au 28 avril 2013 à dix-sept heures, date et heure d’expiration de dépôt de candidature prescrites par le décret n°2013-154 susvisé, quarante-neuf candidats, dont les noms suivent, ont déposé leurs dossiers par ordre d’arrivée, au greffe de la Cour, à savoir : …» 

 

Et très bizarrement finit par un candidat n°50 : Andry Nirina Rajoelina. A ses noms de scène connus comme DJ ou TGV, pour les moins méchants, un autre court désormais sur les réseaux sociaux : NINJA. Car il est resté caché mystérieusement et a surpris tout le monde, adversaires comme amis.

 

Sa candidature aurait été officieusement déposée le 3 mai au matin, hors délai par rapport à la date de clôture des inscriptions. C’est pour cela qu’on ne dispose d’aucune information dessus. Et toujours aussi officieusement, le prétexte était sa visite au Vatican à la fin du mois dernier, où il a rencontré le pape François 15 minutes le 26 avril. Et comme le relève TanaNews, qu’a-t-il fait entretemps ? Il était à… Paris.

 

Ce forcing, au mépris des accords signés et des règlements en vigueur ressemble tellement à une pantalonnade que même le terme de «coup d’état institutionnel» semble trop noble. Plus rien n’est respecté, ni la morale, ni les lois, on ne cherche même plus à sauver l’image. Bref, c’est Madagascar, mais en pire que dans le dessin animé du même nom. Aucun scénariste n’aurait osé imaginer cela, même pas pour le roi Julien (voir article : «Happy King Julien Day !»)…

 

Juges-corrompus.jpg

 

La corruption des juges de la CES est désormais avérée et publique. Sensés représenter l’élite morale et intellectuelle du pays, ils ne sont que le reflet fidèle de la déchéance spirituelle de dirigeants qui devraient êtres des sages mais qui n’ont plus aucune vision de ce qu’ils réservent à leurs descendants, la génération future. Se raccrochant à un présent matérialiste, quelques avantages financiers et honneurs surfaits, ces personnes sont déjà mortes moralement selon la conception malagasy : «Ny fanahy no maha olona». Derrière cette énième trahison du peuple, on pourrait sans doute retrouver Norbert Ratsirahonana, l’homme du «changement extra-constitutionnel»

 

Madagascar est devenue une immense piste de danse : 49 candidats déclarés à la Présidentielle, plus un 50ème, totalement hors-norme.

 

Menteurs, voleurs, tricheurs et assassins, en plus d’être corrompus et vendus à des intérêts étrangers, les politiciens gasy et la pseudo-élite qui gravite autour d'eux sont-ils vraiment représentatifs du peuple ? Andry Rajoelina aurait promis de retirer sa candidature si Lalao Ravalomanana retirait la sienne. On ne sait plus si on doit en rire ou en pleurer mais son comportement relève de l’irresponsabilité totale, et moins de la politique que de la psychologie. Marc Ravalomanana prévoirait de revenir en catastrophe…

 

Je réitère mon appel pour que l’armée soit désormais du côté du peuple, de tout le peuple (voir également article : «Refondation : l’armée malagasy aussi, svp !…») pour éviter tout drame dans les jours qui viennent, tant l’écoeurement chez la population est profond et violent…

 

Si les Malgaches ne veulent pas se lever pour dénoncer cette souillure du «Hasina malagasy» (les valeurs sacrées), alors ils peuvent continuer à danser. Plus personne ne peut rien faire pour eux….

 

Documents : Bla-bla de la Cour électorale spéciale qui se mélange les pinceaux : 49 candidats, 50 noms… (photo Facebook. Merci à l'auteur, Patrick Raharimanana, je crois, jeune candidat à la Présidentielle).

 

Photo : Juges, quels juges ? Ils amènent une malédiction sur le pays et les générations futures et ont droit à tous les noms d’oiseaux sur les réseaux sociaux, "vendus" et "corrompus" étant les plus sympas (photo récupérée sur Facebook).

 

Alain Rajaonarivony

 

Par Alain Rajaonarivony
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Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 11:53

 

 

La FFKM, fédération des églises regroupant les catholiques et les grandes organisations protestantes de Madagascar, bataille ferme depuis deux semaines pour essayer de trouver une solution viable à la crise que vivent les Malgaches depuis maintenant 4 ans. Par sa grande concertation ouverte le 18 avril et réunissant les parties antagonistes, elle essaie de se racheter de son indignité de 2009. A cette époque, elle s’était totalement départie de son rôle de recours moral.

 

La FFKM parle maintenant de refondation de l’Etat, de la nation, de la Constitution, etc… Je lui propose aussi très pragmatiquement de se pencher sur une refondation de l’armée. Car cette institution a été instrumentalisée depuis 1975 par les politiciens et a perdu son âme au même titre que la magistrature ou d’autres institutions. Mais sa déchéance a des conséquences terribles sur la vie de la nation. Plusieurs officiers ont participé au coup d’état. Certains généraux ont accepté d’être corrompus par Marc Ravalomanana avant de se mettre au service de son rival. D’autres ont cru vraiment agir pour quelque chose de positif, comme le «commandant Charles» qui n’en finit pas de faire son mea-culpa (voir article : «Les lémuriens du 7 février»). Certains enfin, ont été mis en prison sous une fausse accusation, comme le Général Raoelina, afin de couvrir les agissements d’officiers félons.  

 

Soafara-et-Ratsirahonana-2.JPG

 

Didier Ratsiraka, dès son accession au pouvoir après l’assassinat du colonel Ratsimandrava le 11 février 1975, a fait emprisonner plusieurs de ses collègues, abattre d’autres, des témoins gênants. Il a fusionné les états-majors de l’armée de Terre, Mer et Air pour mieux les contrôler et institué le recrutement ethnique en lieu de la compétence à l’Académie militaire, introduisant ainsi une rivalité malsaine qui se retrouve dans l’armée jusqu’à présent. De cette manière, il a réussi à maîtriser cette dernière, devenue le pilier de son pouvoir. C’est lui qui a commencé à nommer des généraux, sans tenir compte de l’importance numérique des troupes. On en est maintenant à 150 généraux pour 30.000 hommes (un chiffre pléthorique totalement hors-normes) car ses successeurs ont perduré dans l’habitude de nommer leurs «copains». A son crédit, parce qu’il était lui-même officier, il avait modernisé l’armée, en particulier l’aviation. N’importe quelle puissance aurait réfléchi à 2 fois avant d’intervenir à Madagascar et ce n’est pas pour rien que dans les années 80, la France avait pré-positionné des Jaguar à La Réunion. La Grande Ile pouvait parler de souveraineté.

 

Après sa chute en 1991, tout s’est écroulé au sein des militaires. Il n’en restait plus que les mauvais côtés : indiscipline, corruption, incompétence, matériel non entretenu et non renouvelé… une armée au service des politiciens et non du peuple. Cela s’est ressenti particulièrement durant la période 2009-2012. Sentant sans doute le vent tourner, des généraux sont passés des déclarations tonitruantes contre le retour de l’ancien président à une discrétion plus conforme à leur statut, d’autres prônent une neutralité de leurs corps. Trop tard ! Le peuple a bien vu la déliquescence de cette institution, plus efficace pour combattre les femmes légalistes pacifiques que les dahalo de Remenabila. Le général Richard Ravalomanana lui-même, devenu responsable de la gendarmerie à la vitesse du TGV, reconnaît que ses troupes ne savent pas se battre et prônent des sanctions contre ceux qui s’enfuiraient lors des combats. Ces derniers mois, plusieurs militaires ont été littéralement violés par les dahalo avant d’être libérés. 

 

Or, Madagascar a besoin de son armée pour se protéger des périls qui montent. Ce pays est tellement riche en matières premières que des puissances en décadence économique n’hésiteraient pas à y intervenir pour s’en emparer si nécessaire. On l’a vu en Libye. Et si la Syrie ne connaît pas encore une invasion des troupes occidentales, c’est que sa défense anti-aérienne efficace et le soutien sans faille de la Russie la protègent des appétits déguisés en croisade pour les Droits de l’homme et des pénétrations des avions hostiles.

 

 

Lieutenant Colonel ANDRIAMASINARIVO Lalaina, Pilote de chasJ’en veux particulièrement à Marc Ravalomanana d’avoir détruit l’armée de l'air car ses ressentiments personnels ont pris le dessus sur l’intérêt de la nation (voir article : «L’armée ? De l’air...»). En février 2003, à Paris, je lui avais suggéré lors d’un entretien de remettre en état l’aviation de défense. Il m’avait alors répondu «qu’un avion qui ne vole pas coûte cher». Mais Madagascar n’est pas une immense laiterie (pas plus qu’une piste de danse géante comme a tendance à le penser un DJ inculte) et la souveraineté nationale a un prix. Au lieu de cela, il a fait détruire les hélicos Mi8 qui pouvaient servir contre les Dahalo ou amener du secours pendant les cyclones, parce que les pilotes de ces appareils ont convoyé des armes contre lui pendant la crise de 2002. Il a fait de même pour les transports Antonov ainsi que les chasseurs Mig qui coûtaient des millions de dollars pièce. Il a même commencé à détruire la base aérienne d’Ivato sous prétexte d’agrandir l’aéroport. Avec le prix de Force One II, à 60 millions de dollars, on aurait pu remettre en état une escadrille. Fin 2008, les avions de Tiko et les hélicos de la présidence pouvait constituer une force plus puissante que l’armée de l’air. C’était sans doute un traumatisme de 2002 mais c’était indigne et l’ancien chef de l’état a commencé à creuser sa propre tombe dès 2003. La réaction d’une partie de l’armée en 2009 n’est qu’une façon de lui rendre la monnaie de sa pièce. Marc Ravalomanana aurait pu faire de l’armée son alliée, mais il n’a su se comporter en vrai homme d’état.

 

Il a agi d’ailleurs de même avec les autres industriels malagasy. Au lieu d’être leur leader et de les pousser à constituer un pool économique national puissant comme l’ont fait les Coréens du Sud, il a cherché à les détruire pour assurer son pouvoir. La réponse à cette attitude, on la connaît aussi, toujours en 2009. En fait, Marc Ravalomanana avait prôné le «changement de mentalité» mais il est redevenu finalement très gasy, un mpamisavy malemy, un sorcier aux faibles pouvoirs qui ne touche que ses proches et affaiblit les siens, avec un esprit revanchard. Andry Rajoelina a agi de même, en pire. Il a fait brûler et piller les entreprises Tiko, mettant au chômage des milliers de personnes. Ces usines auraient pu continuer à tourner, quitte à ce que l'Etat les nationalise éventuellement en partie pour rembourser les arriérés d’impôts.

 

Cette crise horrible qui est en train de détruire le pays doit au moins servir à quelque chose. Il faut redonner à chacun sa place dans la nation. Concernant l’armée, elle doit redevenir républicaine, ne plus se mêler de politique, ni tirer contre le peuple qui se saigne aux quatre veines pour payer leurs soldes. Les officiers les plus engagés dans le coup d’état doivent être sanctionnés par une cour martiale à moins qu’ils ne bénéficient des mesures d’amnistie et de réconciliation. C’est à eux de faire en sorte que le peuple ne demande pas leurs têtes, en se rachetant d’une manière ou d’une autre, par exemple en appuyant toutes les mesures d’apaisement et en cessant de réprimer tous les individus qui exercent leurs droits légitimes à manifester.

 

Mig 21 biplace pour la formation des futurs pilotesDans les démocraties, la population applaudit les soldats qui la défendent, à Madagascar, les simples citoyens ont plus peur des uniformes que les malfrats. Désormais, les états-majors doivent bien être dissociés comme dans toute armée moderne. Il n’est pas normal que la gendarmerie, la police et l’armée s’unissent au sein de l’Emmo-Reg pour taper sur les manifestants pacifiques alors qu’elles sont incapables d’assurer un minimum de sécurité dans les villes ou les campagnes. L’armée de l’air doit être réactivée, et pas avec des Alouette II pourris achetés d’occasion en Belgique, juste pour permettre aux corrompus et leurs amis intermédiaires blancs de toucher des commissions juteuses. La Russie dispose d’appareils performants et bien adaptés. Il ne s’agira pas d’une décision idéologique mais patriotique. L’armée malgache disposera de nouveau de ses propres avions et n’aura pas besoin d’aller former ses parachutistes ailleurs. Dans le temps, les paras sautaient des Dakotas, puis des Antonov. Sans la corruption au plus haut niveau, le pillage organisé des ressources, la destruction psychologique des forces vives par la terreur et l’injustice, Madagascar aurait les moyens d’assurer son développement et sa défense. Le jour où il y aura une conférence internationale à Madagascar, ce ne sera pas à la marine américaine, encore moins à l’armée française d’assurer la protection du sommet, mais à l’armée malagasy. Ceux qui ne lui feront pas confiance n’auront qu’à aller se réunir ailleurs. Aucun contingent militaire étranger ne devra plus intervenir sur le territoire national…

 

Le chantier est immense pour la FFKM. Quant à l’armée, jusqu’aux élections, que les dates soient maintenues ou reculées, elle ne doit plus apparaître en tant que force d’oppression. Si c’était le cas, le prochain gouvernement démocratiquement élu et le peuple s’en souviendront et c’en sera fini d’elle. Car elle apparaîtra alors comme une corporation de traîtres et de vendus aux intérêts étrangers dont la nation n’a pas besoin…

 

Photo1 : Soafara Raoelina, la fille du Général Raoelina, demandant des comptes à Norbert Ratsirahonana de passage à Paris le 3 février 2013, sur l’emprisonnement de son père, le Général Raoelina. Ce petit bout de femme, courageuse, est intervenue à visage découvert et sans violence, avec une pointe d’humour noir dans ses pancartes. Cela n’a pas empêché des soutiens du régime de parler de «terroriste», et les membres de l’AVI de «procès». La mésaventure juridique du Vice-premier ministre Hajo Andrianainarivelo, débouté pour l’instant de son procès à Paris contre moi (en attendant son appel), devrait calmer un peu leurs ardeurs belliqueuses (photo fournie par Soafara Raoelina).

 

Photo2 : Cet article a été inspiré par une discussion avec un lecteur et par une photo dans le fil info Facebook, présentée comme celle du Lieutenant-Colonel Andriamasinarivo Lalaina, la seule femme Pilote de l'armée de l'air malagasy, avec comme précision, Base Aéronavale d'Ivato (BANI) en 1997, 3ème Escadrille Malagasy. Mais un autre lecteur m'a précisé qu'il s'agit plutôt d'une pilote de la Corne de l'Afrique, dont plusieurs pays disposaient effectivement des mêmes appareils que la Tafika Anabakabaka Malagasy. Il s'agit en fait de la lieutenant Haimanot Gebremariam, une pilote de l'armée de l'air éthiopienne, qui s'était opposée avec 3 de ses collègues pilotes à la dictature de leur pays en 2007. Ils avaient été condamnés à mort et ont dû s'exiler.

 

Photo 3 : Chasseur Mig21 biplace pour la formation des jeunes pilotes, de la Tafika Anabakabaka Malagasy.

 

 

Alain Rajaonarivony

 

Par Alain Rajaonarivony
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Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 21:52

 

 

Le dernier délai pour le dépôt de candidature était fixé au dimanche 28 avril 2013. Et le jour fatidique, ils étaient encore près d’une dizaine à se précipiter pour tenter leur chance à ce gros loto que sont les élections présidentielles dans cette île de plus en plus abandonnée des dieux et cumulant tous les mauvais paramètres économiques, politiques et sociaux. C’est donc l’occasion unique de devenir milliardaire sans effort, ni qualification. Elle est offerte à presque tout le monde sauf à Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, victimes du «ni-ni», terme désignant leur retrait obligatoire du tirage de la cagnotte imposé par la communauté internationale. Il faut dire qu’ils ont déjà bien profité durant leurs années de règne de tous les abus, et ont été sommés de laisser la place à d’autres.

 

41 noms sur 48

 

Ils seront ainsi 48 à tenter de briguer le mandat présidentiel, un record du monde, qui confirme Madagascar à sa place de nation la plus ridicule de la planète, où quatre ans de gouvernance transitoire chaotique l’ont placé. Auparavant, les candidats devront passer quand même par les fourches caudines de la Cour électorale spéciale qui validera ou non leur participation.

 

«Il ferait mieux de s’occuper de sa campagne présidentielle», soupire mon vieil ami Jean Faure, ancien sénateur et ancien président du groupe d’amitié parlementaire franco-malgache. Je venais de lui apprendre que l’avocat d’Hajo Andrianainarivelo avait fait appel de la décision de la XVIIème chambre correctionnelle de Paris qui l’avait débouté de sa plainte contre moi (voir article précédent : «Vice-premier ministre contre le blog»). Hajo Andrianainarivelo fut en effet le premier à déposer son dossier pour tenter sa chance aux Présidentielles. Il a annoncé sa décision dès le 3 avril, c'est-à-dire le lendemain de la décision de la cour qui a suivi le ministère public, et donc l’état français. Il aurait pu s’arrêter là et s’occuper de choses plus importantes pour le pays, d’autant que dans son programme figure en bonne place «la promotion de la liberté d’expression». Mais ce procès semble lui tenir à cœur. C’est vrai qu’il n’a rien pu faire contre Alain Ramaroson, qui l’avait cité nommément dans sa conférence de presse sur l’affaire Nadine Ramaroson. Il a tenté, tardivement, de porter plainte contre lui en décembre 2012, mais a été désavoué par le premier-ministre Omer Beriziky lui-même, et sa démarche s’est finie en queue-de-poisson.

 

Alain Ramaroson, justement, voulait aussi se lancer dans la course à la Présidentielle, et m’avait fait part de ses intentions. Au dernier moment, il se ravisera pour garder une certaine dignité, me dira-t-il, et ne pas participer à une foire d’empoigne qui fait de nous la risée du monde. Il considère que dans ces conditions, aucune élection crédible ne peut se tenir.

 

Il y a de tout dans ces prétendants : des jeunes sympathiques sans aucune chance de gagner, un ex-sénateur condamné pour chèque sans provisions, un ministre fraîchement amnistié d’une condamnation de détournements de fonds, la femme d’un «former president» en exil après un coup d’état, un vieil amiral revenu vite fait au pays après un exil dû à quelques massacres, une flopée de putschistes sous la condamnation de la communauté internationale dont un vice-premier ministre, le maire désigné d’Antananarivo, un général, etc… Bref, que du beau monde…

 

Certains vont sans doute se désister, d’autres seront radiés par le CES, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y aura des retournements et des tensions…

 

Fozaland* ? Yes, we can…

 

*Fozaland, nom donné à la Grande Ile par ceux qui sont écoeurés de la dégradation de la situation. De Foza, écrevisses, surnom des tenants de la révolution orange qui s’est muée ensuite en coup d’état militaro-civil.

Photo : Plaquette de TanaNews avec 48 noms. Me Avoko Rakotoarijaona s'est retiré, Alain Ramaroson a renoncé, sinon on aurait atteint le chiffre de 50 candidats. Le bulletin unique sera ingérable (photo TanaNews. Merci!)


 

Signature Hazo Tozzi Green JPEG

Document : signatures de Hajo Andrinainarivelo pour l’état malagasy et de Tozzi Green, une entreprise italienne, pour 7000 Hectares de terrain pris sur des villages, des cours d’eau, des pâturages, des tombeaux sur le plateau de l’Ihorombe le 17 août 2012. Les paysans tentent jusqu’à présent de résister contre l’accaparement de leurs terres. Un gouvernement transitoire ne doit pas signer ce genre de contrat d’autant que Marc Ravalomanana est tombé à cause de l’affaire Daewoo. C’est avec les «économies» de sa «famille» que le vice-premier ministre paierait sa campagne présidentielle. En sachant qu’il faut compter aux alentours de 8 millions d’Euros pour mener à bien ce genre d’action, on ne sait trop si tous les aspirants pourront compter sur une «famille» et laquelle…

 

Alain Rajaonarivony

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 08:57

 

 

En attendant que je reprenne la plume, je reproduis ci-dessous un petit article de TanaNews pour que mes lecteurs puissent être informés de la suite de la campagne judiciaire menée contre moi et ce blog par le Vice-premier ministre malgache Hajo Andrianainarivelo.

 

Hajo Andrianainarivelo continue de s’acharner sur le journaliste Alain Rajaonarivony

 

16/04/2013 à 11:15

 

L’avocat d’Hajo Andrianainarivelo, joint au téléphone par Christine Courrégé, l’avocate du blogueur, lui a confirmé qu’ils décidaient de faire appel.

 

Le 2 avril, la XVIIème chambre du tribunal de Paris avait débouté le Vice-premier ministre malgache de sa plainte contre le blogueur Alain Rajaonarivony et cela à la demande du ministère public qui avait présenté des points de nullité. Le responsable gouvernemental malgache refuse cette décision de la cour.

 

L’affaire continue donc mais c’est l’image d’Hajo Andrianainarivelo qui est atteinte par cette tentative de harcèlement judiciaire d’autant qu’il a déposé sa candidature aux élections présidentielles. Dans son programme figure en bonne place « la promotion de la liberté d’expression ».

 

A noter enfin que Alain Ramaroson, à l’origine de la conférence de presse qui a provoqué la colère d’Hajo Andrianainarivelo, a promis au blogueur de venir témoigner à son procès, si celui-ci devait avoir lieu, sauf « empêchement majeur ».

 

 

Vice-premier-ministre-contre-petit-blogueur-illustration.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo TanaNews : « Le Vice-premier ministre s’acharne contre un petit blogueur »… pour l’instant, en vain…

 

 

 

TanaNews

http://www.tananews.com/

 

Par Alain Rajaonarivony
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