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Mardi 7 juillet 2009


Une délégation imposante de la HAT  (Haute autorité de transition) est arrivée à Bruxelles le 6 juillet pour «dialoguer» avec l’Union Européenne, dans le cadre de l'article 96 de l'accord de Cotonou qui régit les relations  de cette dernière avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). L’enjeu est le retour des aides gelées depuis le coup d’état du 17 mars et un satisfecit de l’UE valant honorabilité.  Vue de la Grande Ile, la présence d’Andry Rajoelina, président de l’autorité transitoire flanqué de Norbert Ratsirahonana, ancien chef d’Etat par intérim et ancien responsable de la Haute Cour Constitutionnelle aurait dû valoir toutes les courbettes. 

 

Mais les règles internationales ne sont pas celles qui ont cours sous les tropiques et cela s’est très mal passé pour les émissaires de la HAT. Qu’un des ambassadeurs européens soit obligé de demander à l’un de ses collaborateurs  « qui c’est, celui là ? » en désignant Ratsirahonana montre bien le décalage.

 

Roindefo Monja, le « premier ministre de la transition» s’était pourtant prévalu des assises régionales tenues il y a quelques jours et dont les conclusions ont d’ailleurs été forcées. Les provinces avaient demandé le maintien de l’âge légal pour se présenter  au poste présidentiel à 40 ans. Le pouvoir s’est débrouillé pour faire croire que les motions majoritaires demandaient l’abaissement de cet âge à 30 ans. C’est la démocratie à la malgache mais aux yeux du monde, tout cela ne vaut pas une bonne élection.

 

Bref, l’Union Européenne n’a pas été convaincue de la bonne volonté des auteurs du coup d’état à revenir dans les chemins de la légalité et de la non-violence. Leurs propositions «restent dans un cadre non constitutionnel» et  ne présentent pas de «perspectives crédibles».  Il y aurait même un recul par rapport à ce qui a été défini avec le groupe de contact international. Les Européens n’ont pas apprécié l’idée d’un référendum organisé unilatéralement en septembre pour changer la Constitution. La HAT a eu droit au qualificatif de «pouvoir putschiste» qui devrait s’efforcer de «rentrer dans la légalité» de la part de Stefano Manservisi, directeur général pour le Développement à la Commission européenne. «Les résultats aujourd'hui n'étaient pas satisfaisants du tout» dira-t-il aux journalistes après la réunion.

 

«Actuellement, un portefeuille de 630 millions d'euros est gelé», précisera-t-il. Echec donc pour la HAT, et même une grosse gifle ! La catastrophe économique sera difficile à éviter.Les Français, qui avaient discrètement «coaché» Andry Rajoelina, n’en peuvent plus. Amateurisme, intransigeance et incompétence ruinent toute velléité de sortie de crise. Ils prospectent pour une solution de rechange, toujours aussi discrètement. Cette personnalité doit pouvoir mener à bien ce fameux «dialogue inclusif». Roland Ratsiraka qui est partisan d’une amnistie et ne rejette plus à priori la possibilité de retour du Président au pays, contrairement à l’aile extrémiste de la HAT, pourrait avoir le profil. D’ailleurs, l’ancien maire de Tamatave prépare le terrain. Il a offert une dizaine de zébus lors d’un pique-nique à quelques milliers de tananariviens au nom du « Fihavanana » (des bonnes relations sociales) le 5 juillet. Et il prône l’intégration de responsables du TIM (le parti présidentiel) dans la transition, un discours qui tranche résolument avec la ligne dure officielle.

 

A Bruxelles, les GTT (Gasy Tia Tanindrazana) ont rassemblé plusieurs centaines de Malagasy de la diaspora pour protester contre les responsables du coup d’état. La délégation de la HAT ne fut vraiment pas à la fête. Mais comme d’habitude, ses membres ont parlé de la réussite, au moins en demi-teinte, de leur mission.

 

En Côte-d’Ivoire, le chef d'état-major des armées, le général de division Philippe Mangou s’est emporté, le 6 juillet, contre un opposant lui demandant d’intervenir dans la vie politique : « ..Nous avons réagi pour dire à cet homme politique que l'Armée ne fera pas comme à Madagascar. Notre mission est de protéger les institutions de la République. Et le président est une institution de la République…. Il n'appartient à personne, quels que soient les griefs que cette personne nourrit contre le président, de l'injurier. Nous ne pouvons pas l'accepter. Et surtout, nous ne pouvons pas accepter que des hommes politiques lancent des appels voilés au soulèvement à l'Armée. Voilà ce qui nous a amenés à réagir. C'est notre manière à nous de lui dire que, contrairement à ce qui s'est passé à Madagascar, les choses ne se passeront pas ainsi en Côte d'Ivoire ».

 

 La Grande Ile devient un repoussoir et perd son aura, chèrement acquise en 2002…

 

 

* TGV est le surnom que ses partisans ont donné à Andry Rajoelina, en référence à son caractère fonceur

Photo : manifestation de la diaspora devant le siège de l’UE le 6 juillet (photo posté sur un forum. Merci à l’auteur !)

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Dimanche 5 juillet 2009


«C'est absurde. Qu'est-il advenu de nous? Où sont nos valeurs? Pouvons-nous parler les uns aux autres au lieu de s'entretuer?" se demande une personne interrogée.

"Idiots! Vous nous avez poussés dans une situation où il n'y a pas de retour. Pensez-vous que les jeunes qui ont été sur les barricades seront tranquilles à l'avenir? Pensez-vous qu'ils se soucieront de voter la prochaine fois? Pourquoi le devraient-ils?", dit un autre.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces paroles emplies de désespoir ne proviennent pas d’adultes fatigués et devenus fatalistes par une longue expérience de la vie mais de jeunes gens et d’adolescents. Elles sont extraites du rapport «Pandora's Box: Youth at a Crossroads ?», «La Boîte de Pandore : les jeunes à la croisée des chemins? », rédigé par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et un groupe d’organisations non-gouvernementales (ONG) locales et internationales rendu public le 23 juin 2009 (1).

 

La crise malgache, qui a démarré véritablement en décembre 2008 avec la fermeture autoritaire de la station de télévision Viva (voir article : «Viva la libertad !») n’est pas près de se terminer. Commencée dans la non-violence et l’exigence du respect des libertés garanties par la Constitution, elle s’est continuée finalement par un coup d’état dont l’ambassadeur américain Niels Marquardt a été le témoin oculaire (voir article : «ce n’est pas encore le mot de la fin»).

 

Depuis, la répression a changé de camp mais les victimes restent les mêmes : le peuple en général et la population d’Antananarivo en particulier. Grenades lacrymogènes et tirs en l’air (dans le meilleur des cas) sont toujours d'actualité. Le jour de l’Indépendance, le 26 juin, le nouveau pouvoir a arrêté des leaders (dont des élus) du mouvement pacifique légaliste. Les hélicoptères récemment livrés par la France ont servi à surveiller leurs meetings. La femme du directeur de Radio Fahazavana (Radio Lumière, une station protestante), Mme Ravoahangison, a été appréhendée pour obliger son époux à se rendre aux forces de l’ordre. Et le 30 juin, les menaces d’arrestation ont été réitérées à l’égard des opposants.

 

Dans la mesure où ce sont les autorités elles-mêmes qui démontrent que l’essentiel est de se trouver du bon côté de la kalachnikov, il n’est pas étonnant que les jeunes perdent complètement leurs repères. Le 22 juin, la HAT (Haute autorité de transition) annonçait l’octroi de 3,2 milliards d’Ariary de primes aux membres de l’armée. Il semblerait que ce soit le transfert du budget du Parlement, suspendu, qui ait permis cette largesse. Lors de la parade militaire de l’Indépendance, les Tananariviens, incrédules, ont vu défiler un nouveau corps, le FIS (Force d’Intervention Spéciale) avec à sa tête, les commandants Charles et Lylison, célèbres pour leurs violences lors du coup d’Etat du 17 mars et les répressions et arrestations arbitraires qu’ils ont opéré depuis. Logiquement, ces personnes auraient dû sanctionnées. Au lieu de cela, elles ont été promues.

 

Quand, dans le rapport de l’Unicef, un jeune déclare cyniquement " La vie de la rue a toujours été une vie de misère ; maintenant qu’on peut voler sans que personne ne dise rien, c’est mieux ", il prend simplement acte du déplacement des repères initié par les dirigeants.

 

La violence et l’agressivité se sont installées dans une société où le « Fihavanana » (l’art de gérer les  relations sociales de manière non conflictuelle) était une vertu cardinale (voir article : «Le Fihavanana, une conception devenue virtuelle»).

 

Le désastre économique est patent. Le pouvoir a promis la baisse des produits de première nécessité (farine, riz, huile de table…) en puisant dans le stock de Tiko, le groupe agro-alimentaire du Président. Mais quand les stocks ont été asséchés, les prix se sont envolés. La farine est passée de 1.080 Ariary à 2000 Ar le kilo, le reste est à l’avenant. La monnaie s’est dépréciée. Il fallait environ 2400 Ar pour 1 Euro en mars 2009, on en est à 2730 en juillet. Le taux de croissance a dégringolé de +7%  à -0,2% entre 2008 et mi-2009. Le secteur touristique est totalement sinistré. La HAT espère la venue de 150.000 touristes pour cette année, une estimation qui semble surévaluée. Ils étaient 378.000 en 2008. Avec la fermeture des usines des zones franches due à la suspension des accords internationaux, conséquence du coup d’état, ce sont plusieurs centaines de milliers de chômeurs en plus qui se retrouvent à la rue, et cela au propre comme au figuré. Les rues d’Antananarivo sont envahies de petits marchands qui pratiquent ce commerce informel pour survivre. Ils sont tellement nombreux que la circulation en centre ville est maintenant considérablement gênée.

 

Mais plus que la crise politique et économique, c’est le désastre psychologique qui sera le plus dur à réparer tant il touche en profondeur les Malagasy. Les valeurs morales, servant de balises à toute société, ont été bafouées. Des « raiamendreny » (anciens synonymes de sagesse), qui servent traditionnellement d’interface dans les conflits ont trempé dans les complots visant à renverser le Président. Ainsi en est-il de l’évêque Odon Razanakolona, chef des médiateurs de la FFKM (Fédération des églises) dont on a appris sur le tard l’action souterraine partisane. Mais d’autres l’ont précédé dans cette voie, comme Norbert Ratsirahonana, professeur de droit et ancien responsable de la Haute Cour Constitutionnelle qui a justifié le coup d’état par des arguties peu nobles (voir article : «ce n’est pas encore le mot de la fin»). Ces personnes, véritables références morales, ont failli. Leurs intérêts particuliers ont primé sur ceux de la nation. Les jeunes se retrouvent donc avec des contre-modèles. Ceci explique leur cynisme puisque l’exemple du non-respect des règles vient de ceux là même qui devraient en être les gardiens. Le message pharisaïque, « Faites ce que nous disons, pas ce que nous faisons », est dévastateur pour la nouvelle génération. Car les anciens ont non seulement transgressé les lois, ils ont aussi prôné la violence. Faut-il s’étonner alors de la dégradation des mœurs et de l’insécurité grandissante ? 

 

Le pouvoir qui reprendra les rênes du pays après ce coup d’état devra impérativement faire preuve d’exemplarité afin de réparer ces blessures internes, destructrices des idéaux collectifs. Si psychologiquement, chacun est mal, la société ne sera que méfiance et violence. Il en va donc de la survie même de la nation. Autrement, la loi du plus fort sera intégrée comme référence et c’en sera fini de Madagascar, pays de la douceur de vivre.

 

 

(1) Conduite auprès de  plus  de  12.800  enfants  et  jeunes  de  la région Analamanga (celle d’Antananarivo, la capitale), cette évaluation  dépeint  en détail les effets de la crise sociopolitique sur le quotidien des jeunes, l’impact sur leurs états émotionnel, psychologique, social  et  éducatif ainsi que les séquelles sur les valeurs auxquelles ils se sont traditionnellement attachés.

 

Photo1 : Des jeunes… et des enfants marchent vers le palais présidentiel le 7 février 2009

Photo2 : Répression d'une manifestation légaliste à Antananarivo le 20 avril 2009

Merci aux photographes qui ont dû souvent prendre des risques.

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Dimanche 5 juillet 2009


“It’s absurd. What happened to us? Where are our values? Can’t we talk to one another instead of killing.”(1)

 

“Idiots! You pushed us into a situation from where there is no return. Do you think the youth that were at the barricades will be quiet in the future? Do you think they will care about voting next time? Why should they?” (1)

 

As reported in the Pandora’s Box (1), these words evidenced the feelings and concerns of Malagasy youth two days before the country was to celebrate its 49th independence anniversary, 26 June 2009. A day that is to make history as the democratically-elected president Marc Ravalomanana was not to preside over the ceremony for he is being exiled in South Africa after the “coup-style” change of leadership of 17, March 2009.

 

The Malagasy political crisis that is dramatically affecting the country began in December 2008 when VIVA - a TV channel owned by Andry Rajoelina(2) – was ordered to stop broadcasting by the Malagasy authorities. Such decision was naturally interpreted as a blatant  break away from fundamental liberties. “Non-violence” demos ensued. Protesters called for the respect of the constitutional rights of the liberty of expression. On17 March 2009,  Rajoelina and his backers  eventually rallied to oust Marc Ravalomanana and took power by force as witnessed by USA ambassador, Niels Marquardt(3).

 

26 June 2009: about to make history

 

 Now that power has shifted hands, the remaining and “staged” victims of the political unrest are “encore” the Malagasy people in general and the inhabitants of Antananarivo, the capital city, in particular. Street demonstrators for the return of Ravalomanana are repeatedly met with tear gas and dispersed unhurt, if lucky, by shooting in the air. On Independence Day, opposition leaders who exhorted their followers to demand the return of legitimacy were framed away. The wife of Didier Ravoahangison – director of Radio Fahazavana had been in custody to force her husband to surrender to the HAT’*s forces of “law and order”(4). And the following days were marked by a wave of official warnings against opposition voices.

 

For the moral credentials of the HAT and “its” army (5) seem to be sinking deeper into a mire of physical harassment, arbitrary arrest, pillage and terror, Malagasy young are having hard time “to distinguish what is correct and what is incorrect; what is true and what is false, as traditional grounding values have been radically altered by recent events”(1)

           

On Independence Day, to the bewilderment of the capital city, commanding officers Charles and Lylison – known for their acts of cruelty to the HAT’s opposition activists – were the main cast of the celebration parade as heads of the newly founded army corps F.I.S.(6). In truly democracy-minded nations these officers would have been duly demoted and court-martialed. Instead, under the HAT’s regime, they have gained promotion.

 

Upon realizing such “promotion”, said one young “stray” Malagasy “Life on the street has always been a life of misery; now that we can steal without anyone saying anything, it’s better.”(1)

 

Now that the “Sacred Knot” (fihavanana) has been trashed down, “ The Malagasy people have become aggressive and all fraternity has gone, along with all the development efforts” and “The youth’s perception of the crisis pointed to a weakening of the law enforcement and justice structure, opening the door to even greater dangers: easy available drugs, trafficking of children, prostitution, child abuse and the creation of criminal youth gangs, are all finding fertile ground in this volatile situation.” (1)

 

Looming economic catastrophe

 

In addition, the Great Island seems to be sailing down fast into economic disaster. Within a few months, in the aftermath of the “17-March political coup”, Rajoelina’s HAT were able to keep the prices of basic alimental food (BAF) down by “helping themselves” with president Ravalomanana’s Tiko (8). Once Tiko’s stocks had run out, BAF prices (flour, rice, salad oil…) started soaring . A kilo of flour rocketed from Ariary** (Ar.) 1,080 to Ar.2000.

The Ariary used to stand at Ar. 2400 for 1 Euro in March 2009.  In July, one Euro is worth Ar.2730. The country’s growth rate slumped from +7% down to – 0.2% between 2008 and mid-2009. The“coup” and the suspension of international economic agreements have also caused the closing down of all the free zone plants. The closure has resulted in the loss of tens of thousands of regular jobs, has thrown most of the newly unemployed back to the streets to eke out for a most meager living by joining in the “parallel” and “informal” business of street vendors. Tourism is the other victim of the ongoing political unrest. Despite the new regime optimistic forecast of about 150,000 tourists this year, it is highly likely that this prevision will turn out wrong as specialists reckon on a dramatic low number far below the 378,000 vacationers who came in 2008.

 

 Generation lost

 

The other devastating impact of the political crisis is the psychological repercussion amid Malagasy youth as voiced by Bruno Maes “It is striking how violence has altered their perceptions, and how much anger and frustration this (crisis) has created.”(8)

Actually, when the moral values which hold together the fabric of the Malagasy society - i.e. respect to the elders (Ray aman-dreny) who stand for role models – vanish it does strike hard into the minds of the younger generation. Odon Razanakolona, archbishop of  Antananarivo and appointed chief negotiator by the Federation of the Malagasy Churches in the standoff between President Ravalomanana - referred to as “Dad” by his supporters - and Rajoelina, has been proved instrumental in the overthrow of the legitimate government. Norbert Ratsirahonana, a reputed Professor of Law and former member of the “Haute Cour Constiturionnelle”*** has been pushing and shopping around to make the HAT de facto government of the Malagasy Nation. To the younger generation who used to hold the two public figures in high esteem for spiritual and political guidance, their attitudes hurt profoundly: Razanakolona and Ratsirahonana have overlooked the interest of the Nation for their personal ambitions.

 

Said Maes “The results are worrying because, in addition to increased violence, youth express a growing division within communities and among peers. Previous experience has shown that violence breeds violence and if we do not act now, it might be too late.”(9)

 

Any “future” governing bodies of  the Malagasy Nation might as well take heed at what is reported the IRIN’s survey “The future of reconciliation in Madagascar may hinge on its youth, but their involvement in months of political violence and continued exposure to turmoil has left them embittered and particularly vulnerable.”(10)

 

 

(1)One interviewee in Pandora’s Box: Youth at a crossroads (compiled by the UN Children’s Fund, UNICEF, a group of international and local NGOs. June, 23, 2009

The interviewee is one of the 12,800 adolescent respondents from Analamanga, central region around Antananarivo. The survey was conducted to evidence the impact of the recent political demonstrations that had left hundreds dead and thousand injured (re:IRIN) 

(2) Former mayor of Antananarivo, Madagascar capital city. Now head of the HAT

(3) re: “Ce n’est pas encore le mot de la fin

(4)  Three other opposition leaders were arrested with no warrant. One of them, Yves Aimé Rakotoarison, a former “deputé” of Fort-Dauphin ( a southern town of Madagascar)

HAT* (Haute Autorité de Transition): Andry Rajoelina’s transitional government

(5) a pocketful of about 200 soldiers from the military barrack of the CAPSAT (Corps des personnels et des services administratifs et techniques)

(6)FIS : Force d’Intervention Spéciale

(7)Tiko: brand name of Marc Ravalomanana’s Agribusiness (the country supplier of BAF). All Tiko’s business premises have been pillaged and destroyed by fire.

(8) Bruno Maes is UNICEF’s Madagascar Representative as explained by the IRIN (Integrated Regional Information Network)

Ariary**: Madagascar currency

***The Supreme Court of Madagascar

(9) above cited

(10) Opening paragraph of the IRIN survey

 

Photo 1 :  HAT’ supporters en route for the Presidential Palace. February, 07, 2009

Photo 2 : Supporters of President Marc Ravalomanana.  March, 23, 2009.

 

 

Alain Rajaonarivony / Richard Randriambololona

 

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mercredi 24 juin 2009


Wednesday, June 24, 2009

 

Message of President Barack Obama to the people of Madagascar on the occasion of June 26

 

To the people of Madagascar:

As you celebrate your national day on June 26, I extend congratulations to you on behalf of the people of the United States.

The United States looks forward to the day when Madagascar can again celebrate not only independence, but democracy as well.

Sincerely,

Barack Obama

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Version française

 Mercredi 24 Juin 2009

 

Message du Président Barack Obama au people Malagasy à l’occasion du 26 Juin

 

Au peuple Malagasy:

Au nom du peuple Américain, je tiens à vous exprimer mes vives félicitations en ce moment où vous célébrez votre Fête Nationale du 26 juin.

Les Etats-Unis espèrent voir le jour où Madagascar peut célébrer de nouveau non seulement son indépendance mais aussi la démocratie.

Avec mes sincères salutations,

Barack Obama

 

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Dikan-teny Malagasy

 Alarobia 24 Jona 2009

 

Hafatry ny  Filoha Barack Obama ho an’ny vahoaka Malagasy noho ny fahatongavan’ny 26 Jona

 

Ho an’ny vahoaka Malagasy:

Amin’izao vanim-potoana ankalazanareo ny fetin’ny 26 Jona izao dia fifaliana ho ahy ny miarahaba anareo amin’ny anaran’ny vahoaka Amerikana iray manontolo.

Manantena i Etazonia fa ho avy ny fotoana hankalazan’i Madagasikara indray, tsy ny fahaleovan-tenany fotsiny, fa ny demokrasia ihany koa.

Omban’ny firarian-tsoa rehetra.

Barack Obama







Par Alain Rajaonarivony
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Vendredi 22 mai 2009


 

Muammar Kadhafi, Guide de la Révolution libyenne, sait faire preuve de générosité avec ses jeunes collègues de l’Afrique subsaharienne, moins bien lotis en pétrole. Il vient ainsi d’offrir un week-end tout frais payé, du 16 au 19 mai, à Tripoli à Andry Rajoelina, responsable de l’autorité de Transition à Madagascar. Kadhafi est coutumier du fait. Il avait reçu en novembre dernier le général putschiste mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz dont le régime est aussi sous quarantaine. La communauté internationale n’apprécie guère les coups d’état.

 

La décision prise le lundi 18 mai par l’Union Africaine de tenir son 13ème sommet à Syrte, en Libye en lieu et place d’Antananarivo est passée comme une lettre à la Poste. Et pourtant, dès son intronisation il y a deux mois, Andry Rajoelina avait réaffirmé que Madagascar était prêt à recevoir cette réunion. Sans trop de convictions, sans doute! L’opération de communication de Muammar Kadhafi est présentée comme une grande victoire diplomatique par la HAT (Haute autorité de transition). Il suffit pourtant de lire les communiqués de l’agence officielle de presse libyenne Jana pour s’apercevoir que le Guide a surtout fait un bon coup pour paraître sur la scène internationale. La reconnaissance de la HAT n’est pas à l’ordre du jour, son dirigeant est désigné simplement par son patronyme.

 

Andry Rajoelina voulait continuer sur sa lancée vers le Sénégal ou le Maroc mais ces déplacements ont été reportés à une date non précisée. En attendant, la décision du gouvernement américain de rayer Madagascar du Millénium Challenge Account ne souffre d’aucune ambiguïté. La décision a été prise au cours d’une réunion présidée par Hillary Clinton, secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) et annoncée par Rodney Bent, directeur de l’agence, pendant que le responsable de la Transition était en Libye. Le hasard n’existe pas, ou très peu, en diplomatie mais on ne le sait pas forcément lorsqu’on est jeune. Les USA désavouent l’accession «non démocratique» au pouvoir en coupant les vivres au pays qui fut son premier partenaire pour ce programme alliant aide économique et bonne gouvernance et dont ils étaient très fiers.

 

 Quant à l’Union Européenne, elle a bien précisé par la voix de sa présidence tchèque que le dialogue entre elle et la HAT initié le 19 mai ne vaut pas reconnaissance. La Mauritanie ou la Guinée pourraient le confirmer, elles qui ont été sanctionnées pour leurs putschs respectifs après des mois d’échanges infructueux avec les représentants européens. Le chef de la junte de ce dernier état, Moussa Dadis Camara, a renoncé à se présenter aux élections présidentielles qu’il a dû avancer au mois de décembre 2009. Il n’avait plus le choix, les caisses sont vides car la communauté internationale «n’a plus rien versé au pays» depuis son arrivée au pouvoir.

 

A Madagascar, la HAT va aussi de concession en concession pour essayer de limiter les dégâts. Prévue pour durer initialement 24 mois, la Transition a été ramenée à 19 mois lors des Assises réunissant ses partisans début avril. Maintenant, on parle de 14 mois aussitôt un accord signé, après une rencontre entre les différentes parties au Carlton ce 22 mai. On est revenu aux vrais termes du protocole. Tous les anciens présidents pourront se présenter (voir article précédent : «propos publics, conversations et intérêts secrets»).

 

Andry Rajoelina est désespérément en quête d’un certificat d’honorabilité pour son régime. Ce qui semble poser problème actuellement serait moins Ravalomanana que les militaires qui ont soutenu sa prise de pouvoir. Quand un adjudant confie à un quotidien de la place que lors des interventions du Capsat, « même le président de la HAT » ne peut intervenir ou les arrêter, il y a en effet un souci. C’est la raison sans doute de la création du CMDN (Conseil militaire de la Défense Nationale) comprenant 16 membres dont le Premier ministre. Ils ont été présentés à la presse le 20 mai et l’on y retrouve enfin les généraux éclipsés par les colonels mutins nommés ministre de la défense et chef d’Etat-major. Ce Conseil est une manière détournée de remettre en place une hiérarchie et une discipline mises à mal par le coup d’état. « Quand les soldats ont su que Ravalomanana a transmis ses pouvoirs à un Directoire, ils se sont vus en cour martiale, c’est pour cela qu’ils ont réagi comme cela le 17 mars » (voir article : «ce n’est pas encore le mot de la fin») m’a expliqué une ministre de la Transition. Toute solution de sortie de crise devra tenir compte de ce fait que personne n’ose évoquer. Une résistance de quelques groupes de militaires est à prévoir s’ils ne sont pas assurés d’une certaine clémence.

 

Le journaliste Evariste Ramanantsoavina, de Radio Mada, a finalement été libéré le 20 mai au bénéfice du doute. Marc Ravalomanana vient d’ouvrir son channel sur YouTube. Comme en 2002, Internet redevient pour le Président le moyen privilégié pour rester en contact avec ses fidèles et le reste du monde.

 

 

Photo : Force One II dans le hangar, Force One I, mis aux couleurs d’Air Madagascar, derrière lui, le 4 mai 2009. Des millions de dollars immobilisés sur le tarmac.

 

 

Alain Rajaonarivony 

 

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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