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Samedi 29 novembre 2014 6 29 /11 /Nov /2014 12:30

 

 

Tenant parole et suivant la promesse qu’ils ont faite à Jean-Marc Koumba en prison (voir article précédent : «Jean-Marc Koumba – Marc Ravalomanana : Mensonges d’Etat»), les 2 témoins qui l’ont accusé se sont rétractés dans une lettre et sont revenus sur leurs dépositions. Ils expliquent comment les enquêteurs les ont obtenues.

 

Lila Koumba, la femme de Jean-Marc, s’est faite l’écho de leur déclaration lors d’une conférence de presse ce 29 novembre 2014.

 

Documents : Leur lettre originale, en malagasy, écrite sur 2 feuilles sorties clandestinement de la prison, suivie de la traduction en français.

 

 

Page 1 IMG 4125

 

Page 2 IMG 4126Maison centrale d’Antsiranana, le 27 Novembre 2014

 

Tompoko.

 

Ny alakamisy 23 octobre 2014 dia nalain’ny andiana mpitandro filaminana teo amin’ny toeram-piasanay teo amin’ny Aérodrome Antsirabe izahay mba hanaovana fanadihadiana fotsiny ihany raha ny nambaran’izy ireo ka telo notanana teny amin’ny «Groupement de la gendarmerie» Antanimenakely fa ny iray kosa nohidina «violon» avy hatrany teny Andranomadio.

 

Ny roalahy dia natao enquête ny 23 octobre 2014 ; Vonjy sy Haja ; Ny roa kosa dia natao ny 24 octobre nanomboka maraina ka hatramin’ny hariva.

 

Marihinay mazava fa, efa nanambara ny marina  hatramin’ny voalohany izahay izay niasa tamin’ny 12 octobre 2014 fa olona malagasy mainty fiodirana, lava ranjanana sy nofosana ary miteny malagasy madio tsy miakanakana na misy fangarony no tonga naka entana teo amin’ny TARMAC sy niresaka tamin’ilay mpanamory efa antitra sy osa izay nambaranay  fa any olona nivoaka tamin’ilay fiara manidina araka ny zava-misy marina natrehanay ; tamin’ny teny Anglais moa no nifempiresahan’izy ireo.

 

Tamin’io andro nanaovana enquête io ihany koa dia marihiko (NIAINA) fa nisy fotoana efa nasehon’ireo mpanao famotorana ahy ny sarin’i Mr Jean Marc Koumba ka nolaviko fa tsy io no olona naka ilay entana satria izay no marina.

 

Rehefa nandroso ny fotoana, dia nisy manam-bononahitra avy any Antananarivo tonga tany Antsirabe (lehiben’ny CIRGN) sy lehilahy iray manao palitao sy velondrirana  izany hoe olo manan-kaja raha ny fiheverako azy ary nampiantso ahy manokana tao amina birao kely mitokana (NIAINA). Nilaza tamiko izy ireo fa tsy misy dikany aminy ny aiko ary tena ho amboariny  raha toa ka tsy manondro ilay olona izay alain’ilay élément ho irahiny ; Ary izaho aza tamin’izay dia mbola niangavy azy nanao hoe : «Na izy na tsy izy ve tompoko dia tsimaintsy tondroiko». Ka novaliany sy ilay namany hoe : «Zay raha te ho avotra ny ain’ialahy». Maizina tamiko ny tany aman-danitra ka dia niaiky tsy satry ka rehefa tonga i Mr Jean Marc Koumba dia tsimaintsy nanondro.

 

Izaho (VONJY) efa vita enquête ary efa nihidy tany amin’ny violon Andranomadio dia nalaina indray ka nampidirina tao amin’ilay trano tsy mirehitra jiro ary andro diva efa maizina ka nanontaniana hoe : «Io ilay olona naka entana» ary namaly aho hoe tsy izy tompoko » ka nibetroka ireo manam-pahefana maromaro tao hoe : «Ekeo hoe izy io» nefa mbola nanda ny tenako ka tamin’izany no nanomboka ny tehamaina sy daka ary nolazaina fa ho tofiriny fa tsy misy dikany ainy na maty. Ko dia nanaiky tsy fidiny.

 

Marihinay fa nandritra izany fotoana izany dia nandeha ny opa sy teny ratsy ary ny toerana nasaina nanondroanay ilay olona dia toerana izay tsy misy jiro ary ny fiheveranay azy dia mamo izy ireo satria nisy tavoahangy toaka (J&B) sy vera nisy toaka tao ary nisy nitana vera.

 

Rehefa izany dia noraisina an-tsoratra indray izany ; nandritra ireo fotoana rehetra ireo dia efa tsy tompon’ny tenanay intsony izahay satria ny fikorontanan-tsaina sy ny tahotra no nibahantoerana satria tsy mba nisy na dia olona hankahery ny tenanay ; Tsy mba nisy afaka na dia hiantso ny fianakaviana aza ary na nisy tonga aza dia tsy afaka niresaka.

RAKOTOARISOA Vonjy

RAKOTONIAINA Solofo Jean Désiré 

 

 

Maison centrale d’Antsiranana, le 27 Novembre 2014

 

Mesdames, Messieurs,

 

Le jeudi 23 octobre, les forces de l’ordre sont venues sur notre lieu de travail à l’aérodrome d’Antsirabe et nous ont prié de les suivre pour une enquête de routine, nous ont-ils dit. Trois d’entre nous ont été emmenés au «Groupement de la Gendarmerie» d’Antanimenakely et l’un directement interné au «violon» d’Andranomadio.

 

Deux,  Vonjy et Haja, ont été enquêtés le 23 octobre 2014, les autres l’ont été le 24 octobre et cela du matin jusqu’au soir.

 

Nous soulignons que ceux d’entre nous en service le 12 octobre avaient déclaré, - et cela dès le début, au matin -, que l’individu qui avait réceptionné un colis sur le TARMAC et parlé au pilote, était noir de peau, grand, costaud et s’exprimait dans un malagasy parfait et sans accent. Lui et le pilote, déjà vieux et fatigué, avaient discuté en anglais. Nous avons vu et dit que ce colis appartenait à quelqu’un qui est descendu de l’avion.

 

Je précise également, moi, NIAINA, qu’en ce même jour de l’enquête, on m’avait déjà montré la photo de Mr Jean-Marc Koumba, et j’avais répondu que ce n’était pas la personne qui a réceptionné le colis car c’était simplement la vérité.

 

Plus tard dans la journée, des personnalités sont arrivées à Antsirabe, venant d’Antananarivo,  un officier (le chef de la CIRGN) et un homme en manteau et costume, sans doute un homme important me suis-je dit. Ils ont demandé à me parler (moi, NIAINA) en tête-à-tête dans un petit bureau à l’écart. Ils m’ont déclaré que ma vie ne valait rien pour eux et qu’ils allaient vraiment s’occuper de moi si je ne désignais pas la personne que leurs éléments allaient ramener. A ce moment là, j’ai encore essayé de les supplier : «Que ce soit la bonne personne ou non, suis-je obligé de dire que c’est elle ?». Et ils me répondirent : «C’est cela, si tu veux sauver ta peau !». Le ciel s’est obscurci pour moi et j’ai dû accepter sans le vouloir. Quand  Mr Jean-Marc Koumba est arrivé, j’ai dû le désigner.

 

Moi (VONJY), quand l’enquête fût finie et alors que j’étais déjà au violon d’Andranomadio, on m’a de nouveau fait venir. On m’a fait entrer dans une pièce où la lumière ne s’allumait pas et comme c’était déjà le crépuscule, il faisait sombre. Et on m’a posé la question : «C’est la personne qui a pris le colis ?» Et j’ai répondu : «Non, monsieur, ce n’est pas lui !». Plusieurs hauts responsables se mirent à vociférer : «Dis que c’est lui !». Comme je continuais mes dénégations, les gifles et les coups de pieds ont commencé à tomber et on m’avertit qu’on allait me tirer dessus, que même si je mourrais, ma vie n’avait aucune espèce d’importance. Je me suis résigné à acquiescer.

 

Nous soulignons que pendant ce laps de temps, les insultes pleuvaient. L’endroit d’où ils nous ont montré la personne était sans lumière et, à notre avis, ils étaient soûls parce qu’il y avait des bouteilles de whisky (J&B) et des verres d’alcool, et certains d’entre eux tenaient des verres.

 

Après cela, on a pris de nouveau nos dépositions par écrit. Pendant tout ce temps, nous n’étions plus maîtres de nous-mêmes. C’est la peur et l’angoisse qui nous taraudaient et occupaient nos esprits car nous n’avons pu nous appuyer sur personne. Nous n’avons même pas pu appeler nos familles, et quand elles se sont déplacées, elles n’ont pas obtenu l’autorisation de nous parler.

 

RAKOTOARISOA Vonjy

RAKOTONIAINA Solofo Jean Désiré  (Niaina) 

 

Alain Rajaonarivony

Par Alain Rajaonarivony
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Mardi 25 novembre 2014 2 25 /11 /Nov /2014 00:07

 

 

Le dimanche 23 novembre, Lila Koumba Randriambololona a enfin pu prendre l’avion pour Diego-Suarez afin d’y visiter son mari Jean-Marc, incarcéré à la prison de Diego-Suarez depuis un mois avec 4 agents de l’ACM (Aviation civile de Madagascar) d’Antsirabe.

 

Ils avaient été arrêtés le 24 octobre pour leur «complicité» présumée dans le retour au pays de l’ancien président Marc Ravalomanana, qui aurait atterri discrètement sur l’aéroport d’Antsirabe le 12 octobre 2014 sans avoir l’aval officiel du pouvoir en place.

 

Après un interrogatoire musclé mené par le colonel Florens Rakotomahanina à la gendarmerie d’Antsirabe, ils seront transférés à Antananarivo où ils resteront 3 jours en détention. Quand le 29 octobre, cet officier dégagera la responsabilité de la gendarmerie pour la suite dans une conférence de presse, les prévenus étaient déjà en train d’être convoyés vers Diego-Suarez, à l’extrême-nord du pays, où ils arriveront après 2 jours de route.

 

Le 31 octobre, vers midi, Lila Koumba sera avertie par un diplomate allemand, que son mari (qui dispose de la nationalité allemande) va passer en jugement dans la journée. Ne trouvant pas de vol régulier pour rallier Diego-Suarez à cette heure, elle loue un avion-taxi à la compagnie GS Aviation pour elle, sa secrétaire et son avocat. De 14 heures à 17 heures30, ils attendront l’autorisation de décoller. En temps normal, une notification est délivrée au pilote en un quart d’heure par l’ACM, mais elle n’arrivera jamais. L’avion restera cloué sur le tarmac. Jean-Marc Koumba sera présenté au parquet en pleine nuit et sans la présence de son avocat. Quand cet épisode sera connu de l’opinion, pour sauver les apparences et accréditer l’image d’un état de droit, le secrétaire général du ministère de la justice, Charles Andriamiseza affirmera que l’ACM avait bien délivré une autorisation de vol. Ce qui entraînera une réponse cinglante de Lila Koumba via son compte Facebook où elle donnera les détails de cette journée et terminera par «Aurait-on besoin de témoins là aussi ? Car il y en a eu, et non des moindres…».

 

L’A.C.M. continuera de se prendre les pieds dans le tapis, car après avoir annoncé qu’elle n’était pas plaignante dans ce procès, le pouvoir lui plantera le couteau dans le dos en affirmant le contraire par la voix du même secrétaire général de la justice. Le ministre des Transports tentera ensuite de minimiser le rôle de cette organisation dans cet imbroglio en précisant que «les attributions de l’ACM sont purement techniques» et que dans cette affaire «politique», «seule la justice est habilitée à trancher».

 

Tous ces faux-fuyants et incohérences des représentants de l’Etat n’ont en fait qu’un seul objectif : cacher un désastre sur le plan juridique et des Droits de l’homme. Car les dossiers des 5 prévenus, à savoir :

- Jean-Marc Koumba,

- Solofo Désiré Rakotoniaina,
- Vonjy Rakotoarisoa,
- Mamy Randriamihaja,
- Mahery Rafanomezantsoa,

respectivement ancien chef des gardes-de-corps du président Marc Ravalomanana, et employés de l’ACM d’Antsirabe en qualité de gardiens et d’agents d’aérodrome, sont vides.

 

L’accusation repose sur 2 témoins dont les noms n’ont pas été rendus publics par les «enquêteurs» et qui auraient affirmé que Jean-Marc Koumba était au bord de la piste, en train d’attendre l’avion du président Ravalomanana le 12 octobre. Ces 2 témoins sont en réalité… les 2 employés de l’ACM en service ce jour là. Comme ils sont co-détenus avec Jean-Marc Koumba, ils sont venus le voir en pleurant pour demander pardon. Ils ont été «tabassés» disent-ils et «ont eu peur». On les aurait obligé à donner son nom. Maintenant, ils sont prêts à revenir sur ces aveux extorqués. Ils en ont d’ailleurs parlé à l’avocat de l’ex-bodyguard qui a entamé la procédure, contrecarrée pour l’instant par le tribunal d’Antananarivo, pour prendre en compte ces déclarations.

 

Deux jours après l’arrivée des 5 déportés, l’ancien président, en résidence surveillée dans la même ville apprend la présence de son ancien garde-de-corps et s’indigne : «Il n’a rien à voir avec tout cela ! Relâchez-le ! Cela ne se fait pas de mettre des innocents en prison !» Sur ce, il refuse la confrontation prévue sans la présence de son avocat. Les enquêteurs n’oseront l’y contraindre, sachant sans doute qu’ils ont déjà largement outrepassé la loi. La procédure est donc arrêtée. Et depuis, plus rien… Cela fait plus d’un mois que 5 pères de famille sont en prison sans motif, puisque la personne dont ils sont sensés être «complices» n’est même pas enquêtée, ni inculpée.

 

Jean-Marc Koumba a perdu 15 kilos à cause de sa grève de la faim de 8 jours et la mauvaise alimentation de la prison, mais comme il est parti avec 105 kilos de muscles, il garde le moral. Il a dû se faire arracher une dent qui aurait pu être soignée et a contracté une maladie de peau, due à l’insalubrité des lieux. La prison de Diego-Suarez, ce n’est ni l’Amirauté, ni un hôtel 5 étoiles. Ses compagnons d’infortune sont aussi mal en point physiquement mais semblent tenir le coup psychiquement. D’où leur volonté d’ailleurs de revenir sur ces aveux forcés. Il est plus facile de terroriser quatre petits employés de l’ACM qu’un ancien champion du monde de kick-boxing. Le lendemain de l’arrestation de son mari, Lila Koumba est passée aussi par la case gendarmerie et a subi près de 3 heures d’interrogatoire. Elle a attesté  des pressions pour lui faire avouer que son époux était absent le 12 octobre. Or, ce jour-là, elle était souffrante et Jean-Marc était resté auprès d’elle. Un quinzaine de personnes peuvent en témoigner, dont 2 diplomates tenus pour l’instant au devoir de réserve mais qui pourraient le confirmer le moment venu.

 

Entre autres suggestions faites aux inculpés, l’ancien président leur aurait donnés de fortes sommes. Seuls 2 employés de l’ACM étaient de faction ce jour-là à l’aérodrome d’Antsirabe. Concernant les 2 autres, l’un était à l’église (oui, on était dimanche), l’autre, semble-t-il, assistait à un évènement familial. Pourquoi ont-ils été arrêtés ? Mystère, peut-être pour le fun…

 

Pour l’instant, les autorités jouent la montre et attendent tranquillement les vacances judiciaires prévues pour le 15 décembre. Jean-Marc Koumba craint même que le pouvoir n’ait la tentation de l’expulser pour étouffer ce fiasco judiciaire et éviter que cela ne débouche sur un scandale. «L’état de droit» en prendrait un sale coup…

 

Le chef de l’état actuel a manifestement été dépassé par les extrémistes de son camp dans la gestion du retour de l’ancien président. Il redorerait son blason en faisant libérer immédiatement les 5 pères de familles, devenus des otages dans un conflit politique qui les dépasse largement et où ils sont des dégâts collatéraux sans importance pour ceux qui veulent à tout prix atteindre Marc Ravalomanana.

 

DSCF2271 Lila et Jean-Marc à la gare

 

Pour l’instant, le gouvernement, pour se défendre, a accusé Lila Koumba et son avocat de mensonges. Ce n’est, ni très digne, ni très courageux. Car, dans cette affaire, le mensonge est bien du côté de l’Etat. Et des voix commencent à s’élever, comme celle du député Rossy, ami de Jean-Marc Koumba, qui a interpellé le gouvernement à l’Assemblée nationale sur le motif de cette arrestation.

 

Hery Rajaonarimampianina veut jouer un rôle de premier plan dans la réconciliation nationale, aux côtés de la FFKM (Fédération des églises de Madagascar). Il a là une occasion en or de montrer qu’il détient effectivement le pouvoir… Mais s’il laisse perdurer cette situation, cette affaire se  retournera contre lui et il perdra toute crédibilité.

 

Photo : Mai 2005, Jean-Marc Koumba vient d'être expulsé de Madagascar... En même temps que son job, il perdra une bonne partie de ses illusions... et de ses relations. Nous nous retrouverons en France où je l'attends, lui et son épouse Lila, sur le quai de la gare...

 

Alain Rajaonarivony

Par Alain Rajaonarivony
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Lundi 3 novembre 2014 1 03 /11 /Nov /2014 23:11

 

 

Andriamatoa Filoha,

 

Raha nitafa tamin’ireo  mpanao gazety ny mpitondratenin’ny governemanta tamin’ny fihaonany farany teo dia nanatitratitra izy fa ianao izay Filoham-pirenena dia Raiamandreny tokoa ho an’ny mpiray tanindrazana, izany hoe:  olokendry sy matotra, mahazaka ny adidiny, tsy hitsinjo izay ho an’ny tenany fa izay mahasoa  ny be sy ny maro, indrindra fa ireo madinika sy ireo tsy nambinina  araka any toe-tsaina sy lalam-piainana izay lova iraisantsika rehetra. Noho izany no mahatonga ny tenako hanoratra ity taratasy ity.

 

Andriamatoa Filoha, misy toe-javatra  mitranga  amin’ny fianakaviana iray eto amintsika ka misarika fahasahiranana sy fijaliantsaina ho an’ireo mpianakavy izay iharan’izao toe-javatra izao:

 

Andriamatoa  Jean-Marc KOUMBA, raim-pianakaviana ary namana akaiky sy fantatro tsara tokoa, dia nalain’ny zandary tao an-tranony, any Antsirabe,  tamin’ny zoma 24 oktobra  tolakandro teo, ary teo imason’ireo zanany niara-nikarakara  sy nanondraka ny zaridaina teo antokotaniny. Nolazaina tamin’izy ireo fa tsy ho ela dia hiverina ny rainy fa misy resaka tsotra hifanaovana aminy (“enquête de routine”). Efa folo andro taoriana dia mbola miandry ireo ankizy! Ramatoa vadiny sy ny mpisolovava azy dia mbola tsy nampafatarina ny antony itazonana an’i Jean-Marc Koumba tsy hody any an-tranony. Ny Kolonely Florens Rakotomahanina izay tonga manokana avy any Antananarivo mba hitarika ny famotopotorana dia nilaza teo imason’ny mpanao gazety tamin’ny 29 oktobra fa ny zandarimaria dia tsy manan’andraikitra amin’izay fandehan’io raharaha io. Ny tompon’andraikitra politika sy ny ACM (Aviation Civile de Madagascar) izao no topo-teny eo imasom-bahoaka. 

 

Ataoko fa fantatrao tsara ny tohin’ny fisamborana an’Andriamatoa Jean-Marc KOUMBA: hatrami’izao, Ramatoa vadiny dia mbola tsy nahazo nihaona taminy. Nanantena izy fa ho afaka hanatrika ny fitsarana an’i Jean-Marc Koumba tany Antsiranana tamin’ny 31 oktobra teo: ny fiaramanidina izay tokony hitondra dia voasakan’ny ACM tsy nahazo niainga teny Ivato. Dia notsaraina tsy misy solombava nanampy azy i Jean-Marc Koumba, ary mbola voatana any am-ponja miaraka amin’ny olona efatra mpiasan’ny ACM. voasambotra tany Antsirabe.

 

Mino aho fa ianao no afaka hanazava sy hampiato izao toe-javatra  mitera-pasahiranana sy  fijaliana izao  ka mba tsy hisarika laza ratsy ho an’ny firenentsika toy ny tanin’ny tsy mahay miara-monina , tsy mitandro ny zo maha olona. 

 

Andriamatoa Filoha, Raiamandreny ary olona manam-pinoana ianao. Ny anaranao no ho voasoratra ao amin’ny tantaram-pirenena fa tsy ny an’ireo mpanolotsaina izay tsy voahositry ny safidim-bahoaka. Hoy ny Soratra Masina: “Ny rariny no ampandrian’ny mpanjaka ny tany”: tsy misy izay mahasakana  anao tsy hiara-mijoro amin’ ireo izay tandro sy ohatra ho an’i Afrika sy izao tontolo izao  ka  reharehan’ny fireneny. Na ianao hampizotra  ny firenena eo amin’ny lalan’ny fifampanajan’ny mpiara-monina sy ny fitsimbinana ny rariny sy ny fahamarinana toy ny nataon’i Nelson MANDELA tany Afrika atsimo : tsy ny basy aman-defona no handaminana ny fiainam-pirenena fa ny fahaiza-mifamela ka hialana amin’ny fisarahambazana tsy misy fetra. Na ny fitondrana mety ho voarebirebin’ireo izay mitady valifaty ka hisalasala lava tsy hiroso eo amin’izay mahasoa ny be sy ny maro: ny vahoaka anefa tsy hiandry lava …

 

Ho anao sy ho an’ny firenena, aza atao diso fanantenana ny Malagasy.

 

    Alain RAJAONARIVONY

 

 

Lettre ouverte à M. Le Président Hery Rajaonarimampianina

 

 

Monsieur Le Président,

 

Le porte-parole du gouvernement a récemment souligné, lors d’une rencontre avec les journalistes, qu’en tant que chef de l’état, vous étiez un raiamandreny. La sagesse, la pondération, l’esprit de responsabilité et la capacité à aller au-delà de ses propres intérêts pour protéger le plus grand nombre, et en particulier les plus faibles dont il a la charge, caractérisent ces personnes dans notre culture. Et c’est donc à ce titre que je m’adresse à vous.

 

Monsieur Le Président, vous pouvez intervenir pour mettre fin à une action injuste qui rend des familles malheureuses mais, par son retentissement, donne aussi une image de notre pays très biaisée, loin de notre réputation de tolérance et de respect de la dignité humaine.

 

Jean-Marc Koumba, un ami personnel et père de famille, a été interpellé par la Gendarmerie d’Antsirabe le vendredi 24 octobre dans l’après-midi, dans le cadre d’une « enquête de routine ». Il était en train d’arroser son jardin avec ses enfants et devait juste faire l’aller-retour du domicile à la gendarmerie. Plus de dix jours après, les enfants attendent toujours le retour de leur papa. Ni Lila Koumba, son épouse, ni leur avocat, ne savent quel est le motif exact de cette incarcération. Le colonel Florens Rakotomahanina, venu spécialement d’Antananarivo pour conduire l’audition du prévenu, a dégagé la responsabilité de la Gendarmerie pour la suite de cette affaire lors de sa conférence de presse du 29 octobre. Ce sont donc maintenant les autorités politiques et l’Aviation Civile de Madagascar (ACM), à la fois plaignante et actrice, qui sont en première ligne et sous le regard de l’opinion.

 

Vous savez sûrement que l’épouse de Jean-Marc Koumba n’a pas eu le droit de voir son mari depuis son arrestation. Que désirant assister à son procès qui s’est déroulé le 31 octobre à Diego-Suarez, à l’extrême-nord du pays, elle a vu l’avion qu’elle a affrété pour elle, sa secrétaire et son avocat bloqué sur le tarmac de l’aéroport d’Ivato car l’ACM leur a refusé l’autorisation de décoller. Jean-Marc Koumba s’est ainsi retrouvé au parquet sans avocat. C’est un déni de justice de plus, qui en suit d’autres, et une entorse à nos propres lois. Dans la même situation et la même cellule se trouvent aussi quatre employés de l’ACM arrêtés à Antsirabe.  

 

Monsieur le Président, vous êtes le Raiamandreny. L’histoire retiendra votre nom, pas celui de vos conseillers qui ne disposent pas comme vous de la légitimité élective. « Le trône s’affermit par la justice » dit la Bible. Soit vous rentrez dans l’histoire comme celui qui a su passer outre les contingences et les vicissitudes politiques et appliquer une vraie Haute Politique, comme l’a fait Nelson Mandela qui a su pardonner à ses propres bourreaux pour le salut de la nation sud-africaine. Vous serez alors un exemple car il faut plus de courage à appliquer la miséricorde et le droit qu’à utiliser la force pour régler les tensions dans un pays, et bien peu l’ont réussi. Soit, vous utiliserez comme beaucoup de chefs d’Etat la maxime « la fin justifie les moyens » et tout mettre sous la « raison d’Etat », quitte à emprisonner ou tuer des innocents, et vous serez maudit par les victimes. A un moment ou à un autre, la population réagira.

 

Vous êtes croyant, Monsieur le Président, et vous avez la capacité d’être cet exemple pour l’Afrique et le monde. Pour vous-même, pour votre pays, redonnez l’espoir aux Malagasy.

 

Votre dévoué

Alain Rajaonarivony

Journaliste, théologien et psychologue.

 

  Jean-Marc-Koumba-et-sa-famille.jpg

 

Photo : La famille Koumba : Jean-Marc, Lila et les enfants.

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mardi 17 juin 2014 2 17 /06 /Juin /2014 00:13

 

0603sri-lank-rosewood-container.jpgRoger Kolo partait lui aussi avec un à-priori favorable mais, malgré son âge, n’a pas résisté à la tentation du copinage. L’opinion publique a été très étonnée de voir par exemple 3 membres de la Fédération de football, aux parcours lamentables, nommés ministres. Ils feraient partie de la «grande famille» du premier-ministre. Calculs et népotisme habituels ont effacé le message de «réconciliation», qui voulait s’inspirer de Nelson Mandela. En un mois, la crédibilité du nouveau pouvoir a été ruinée, et la population s’est souvenue que le nouveau président avait été soutenu et adoubé par Andry Rajoelina. Il serait donc normal que les sales affaires de la Transition continuent, des accaparements de terres (voir article précédent) aux trafics de Bois de rose, dont 34 containers d’une valeur de 12,8 millions de dollars ont été saisis au port de Mombassa, le 27 mai 2014. Et début juin, c’est Singapour qui intercepte 3000 tonnes de Bois de rose, un record puisque cela fait 5 fois plus qu’au Kenya (500 tonnes), quelques jours auparavant. Et pourtant Hery Rajaonarimampianina avait annoncé solennellement qu’il prendrait la tête de la lutte contre ce trafic (voir article : «Reconciliation ? Madagascar in the loop !»). Comme seule réaction, il annoncera que les bois saisis par les autorités des pays tiers seront vendus sur place après un appel d’offres car cela reviendrait trop cher de les rapatrier. On fait mieux comme combattant : aucune enquête, aucune arrestation n’a suivi ces prises spectaculaires. Sa ministre de la justice avait affirmé qu’elle manquait de preuves pour diligenter quoique ce soit malgré les noms avancés par l’ancien premier-ministre Omer Beriziky et la presse. Il reste à espérer que l’argent finira bien au Trésor Public malagasy et non dans un compte off-shore.

 

L’insécurité continue de plus belle, aussi bien dans les centres urbains qu’en brousse et pourrit la vie de la population. Mais le fait le plus préoccupant est le phénomène Dahalo, dans le Sud, qui a pris des proportions insoupçonnées. Les vendettas traditionnelles (cycles razzias-vengeances), comme celles entre les villages d’Andranondambo et Ambatotsivala ont fait des dizaines de morts depuis le début du mois de Mai. Les gendarmes lancés dans une opération baptisée «Coup d’arrêt» affirment avoir perdu 9 hommes dans les affrontements avec les Daholo disposant, selon les officiers, de Kalachnikovs et de fusils d’assaut chinois. Ces fameux «voleurs de zébus traditionnels» seraient aussi bien armés et entraînés que l’armée. Le 15 et 16 mai, une centaine de Dahalos ont attaqué le bourg de Fenaivo dans le district d’Amboasary-Sud. Des milliers d’habitants de la commune rurale ont dû s’enfuir et se réfugier dans les villages environnants. Mais dans le même district, à Besakao, les habitants accusent la gendarmerie de bavure. Ils ont diffusé une vidéo sur Internet, montrant les sévices et les vols qu’ils ont subis. On y voit aussi le corps d’un homme venant d’Esira et que les militaires auraient tué.  

 

Devant cette situation catastrophique, les députés, sous l’impulsion des élus du Sud, ont voté une résolution le 19 mai en proposant au gouvernement des mesures très pragmatiques : octroi de véhicules 4×4 pour les régions à risque, suspension de l’exportation des bovidés, suppression des Fiches Individuelles des Bovidés (FIB)... Une dizaine de jours après, ces parlementaires interpelleront durement le gouvernement. «Le président Hery Rajonarimampianana et le Premier-ministre Kolo Roger n’ont même pas pris la peine de descendre dans le Sud… » lâchera, ulcéré, l’un d’eux. Ils dénoncent en même temps la corruption des forces de l’ordre et de l’administration, qui favoriserait cette situation. Face à cette fronde, le Premier-ministre a pris la mesure de l’urgence et dès son retour d’un séjour familio-professionnel à Genève fin mai, s’est précipité à l’assemblée où il a promis de rénover… les logements de fonction des députés... Ce n’est que le 7 juin que Kolo se rendra à Tuléar pour remettre 16 véhicules 4x4 à la Gendarmerie. Il fera un Reset de l’opération «Coup d’arrêt», histoire de faire oublier les couacs et les bavures de la première phase, jetant ainsi la confusion chez les observateurs sur le début effectif de la campagne militaire.

 

Quand le 14 juin, le président descendra enfin sur le terrain, la population lui confirmera que ce sont des étrangers qui poussent les Dahalo à attaquer les villages car la zone est «riche en produits miniers». Ces personnes ont la malchance d’occuper des terres regorgeant d’uranium et d’autres minerais. C’est durant la Transition que l’insécurité s’est vraiment installée dans cette région. Cela arrangerait certains si les habitants avaient la bonne idée d’aller s’établir ailleurs (voir article : «Guerre des Dahalo et minerais stratégiques»).

 

Corruption et insécurité sont les deux mamelles de trafics juteux qui continuent de plus belle. Pour le Malagasy moyen, rien n’a changé avec l’avènement du nouveau pouvoir. «L’état de droit» se résume pour l’instant à «des tas de droits» pour les dirigeants. Aucun trafiquant de Bois de rose de haut vol n’a jamais était arrêté, les députés ne cherchent qu’à avoir toujours plus d’avantages et ne défendent aucune idéologie ou idéal, les ministres recrutent leurs familles sans tenir compte des compétences. L’«état de droit» se réduit à une singerie des mœurs des nations démocratiques et l’espoir suscité auprès des citoyens s’est évaporé comme la rosée au soleil.

 

Seule la communauté internationale s’ébaudit de cette «démocratie» qui permet d’effacer le coup d’état de 2009 (et son ingérence) à l’image de l'une des observatrices de la mission européenne, Françoise Castex. Cette députée PS dont la carrière est au point mort, et plus spécialisée dans la défense des droits d’auteur que dans les coups d’état exotiques, avait  osé affirmer que «rien ne permet…de dire…que le scrutin a été faussé». Et cela malgré toutes les contestations et les preuves apportées sur les fraudes ayant entaché les Présidentielles. Depuis, la réalité de la situation s’est imposée et les analystes parlent maintenant d’un «apaisement de façade».

 

La Constitution de la IVème république, adoptée dans la triche (voir articles : «Laissez respirer les enfants !» et «Demain sera un autre jour…»), prévoit le statut d’un parti d’opposition (article 14, article 78b). Mais personne ne veut l’incarner malgré les noms d’oiseaux échangés pendant la campagne électorale et après. C’est normal, la notion de République n’a finalement jamais été assimilée dans la culture malgache et ce d’autant moins que celle qui en faisait la promotion, la France, l’a souvent manipulée dans le sens de ses intérêts. Ce sont les autorités coloniales qui ont introduit les premières fraudes lors des élections pour éliminer «démocratiquement» les nationalistes. Seules ces perversions du système ont été retenues !

 

Députés sommeillants 10352382 10203119723292903 570090151 La nouvelle assemblée nationale aurait beaucoup de mal à redorer le blason de la République. La députée Jocelyne Rahelihanta a accusé nommément devant les médias son collègue Laisoa Jean Pierre  comme trafiquant de bois de rose notoire. On y trouve aussi des pédophiles déjà condamnés comme Jao Jean que Nadine Ramaroson avait justement dénoncé (voir la lettre de Nadine dans : «28 août : Nadine»). Les parlementaires ont exigé des passeports diplomatiques, pour eux et leurs familles. Les analystes soupçonnent quelques arrière-pensées de se livrer à diverses activités lucratives mais illégales impunément. Il n’y aurait aucune raison de réserver le trafic d’or ou de pierres précieuses aux membres de l’exécutif.

 

Début juin 2014, les députés ont déjà menacé le gouvernement d’une motion de censure, officiellement parce que ce dernier n’arrive pas à remettre de l’ordre dans la situation chaotique prévalant dans le Sud, où les morts se comptent par dizaines et les déplacés par milliers. Officieusement, cette motion, qui a recueilli 109 signatures sur 151, y compris parmi les élus ayant affiché leur soutien au président, serait retirée si l’exécutif renonce à les contraindre de déclarer leur patrimoine conformément à la loi. Finalement, le 3 juin, Roger Kolo est revenu dare-dare à l’Assemblée et un «compromis» a été trouvé avec l’exécutif. Le salaire de chaque député est porté à plus de 5 millions d’Ariary par mois, plus 5 autres millions d’indemnités diverses. Cela fait à peu près 166 fois le SMIC local. Mais les députés sont encore en négociation pour avoir des Toyota 4x4 V8 chacun et pour être exonérés d’impôts. Un Premier-ministre qui s’enferme à huit-clos avec des députés à la Chambre basse pour négocier des compensations financières en échange du retrait d’une motion de censure, cela s’appelle de la corruption active dans une vraie démocratie.

 

La tradition républicaine est tellement peu ancrée dans l’esprit de ces dirigeants que le nouveau président a pompé son discours d’investiture sur celui de Nicolas Sarkozy, et le premier-ministre, son PGE (Programme Général de l’Etat) sur le SNRD (Stratégie Nationale de Relance du Développement), un document du PNUD. Ce dernier a présenté son Programme en français, devant des députés médusés, dont certains ont avoué ne pas comprendre correctement cette langue. Des parlementaires n’ont parfois que le niveau du collège. Ce faux pas du Premier-ministre (un véritable «acte manqué») montre bien que les responsables étatiques Gasy se sentent plus redevables à leurs sponsors, les bailleurs de fonds internationaux (et euh…nationaux), que devant les 22 millions de Babakoto*. Le seul terme technique que tout le monde doit saisir, c’est «commission», que ce soit dans le sens de «commission parlementaire» où l’on se bouscule pour les indemnités, ou dans ses autres significations. On échange les liasses de billets jusque dans les toilettes de l’Assemblée.

 

Dans ces conditions, quelles idées républicaines auraient pu être intégrées? La France a été le meilleur procureur contre la République dans la Grande Ile en trahissant ses propres idéaux. Dans la crise de 2009, elle s’était empêtrée dans la défense de ses intérêts économiques et diplomatiques. L’attitude des Etats-Unis d’Amérique a été nettement plus cohérente que la sienne. La victoire du Front national (extrême-droite xénophobe), devenu première force politique depuis les élections européennes du 25 mai 2014 (25% des voix contre 20,80% pour l’UMP et 14% pour le PS) ne contribuera pas à rendre plus attractif le modèle hexagonal pour ses anciennes colonies d’Afrique. Elle est due à l’inconséquence et la corruption des élites politiques françaises. L’idée de démissionner a frôlé François Hollande à l’annonce des résultats, et des personnalités comme le centriste François Bayrou considère qu’il pourrait ne pas terminer son mandat.  

 

La même chose guette Hery Rajaonarimampianina. La caricature de république qui existe dans la Grande Ile est moins semi-parlementaire que semi-féodale. Il n’y a pas d’opposition, même si son statut est protégé par la loi, car les «politiciens» préfèrent deviser à la Cour qu’avec les gueux des bas-quartiers. Les seuls qui s’en réclament sont ceux qui n’ont pas été élus car le représentant de l’opposition bénéficiera automatiquement du titre de député et de vice-président de l’assemblée. Bref, tant que princes et rois pourront se servir, tout ira bien, il n’y aura pas de vagues pour le pouvoir. Jusqu’à ce que la plèbe se révolte dans la rue… Ainsi chemine la Ripouxblique de Madagasikara !…

 

 

Alain Rajaonarivony

 

Babakoto : «petits singes» (prononcez «babakoutou»). Depuis que le conseiller d’Andry Rajoelina, Patrick Leloup, a utilisé ce terme pour qualifier les Malagasy dans un enregistrement audio, tout le monde l’utilise désormais par auto-dérision.

 

Photo1 : Avant Mombassa et Singapour, c'est le Sri-Lanka qui avait intercepté des containers de Bois de rose en provenance de Madagascar en avril 2014. Douaniers sri-lankais inspectant un des containers...

Photo2 : Députés malagasy luttant contre le sommeil durant une session. Une des photos qui ont fait le tour du Net et provoqué la colère des intéressés...

 


Par Alain Rajaonarivony
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Samedi 7 juin 2014 6 07 /06 /Juin /2014 16:11

 

 

Hery Rajaonarimampianina s’est envolé pour Israël le 5 juin afin d’y effectuer une visite officielle de quelques jours où volets économiques et militaires sont au programme. Celui-ci a débuté dès le lendemain, 6 juin, par l’inauguration de la Chambre de commerce israélo-malgache à Tel-Aviv. Mais la visite des lieux saints est également prévue, y compris sans doute le Mur des lamentations, comme c’est l’habitude maintenant pour les dirigeants malagasy. Andry Rajoelina et Ny Hasina Andriamanjato (le Maire désigné d’Antananarivo) n’ont pas manqué cette étape lors de leur périple dans l’état hébreu, et c’était moins des escapades touristiques qu’un pèlerinage spirituel, voire une quête mystique. Ce n’est peut-être pas par hasard que ce voyage tombe à la Pentecôte. Le lieu et le moment étant propices, le président de la Grande Ile pourra peut-être y cogiter sur ce que subissent ses compatriotes, eux qui n’ont pas besoin d’aller jusqu’en Terre Sainte pour se lamenter et en appeler à Dieu de les sauver de l’arbitraire et de la force brutale.

 

Bulldozer Filatex Photo MM JpegCe matin du 19 mai, les habitants du quartier pauvre d’Ankadimbahoaka Andrefana, situé dans la capitale s’étaient calfeutrés chez eux, en entendant les militaires et l’huissier. Les grenades lacrymogènes finiront par les faire sortir. Femmes, enfants et vieillards étaient en nombre. Aussitôt, le bulldozer entrera en action pour raser leurs maisons, qui tenaient plus des favelas de Rio que des villas de Hollywood. Plusieurs de ces familles occupaient ces terrains depuis des dizaines d’années et n’avaient pas été prévenues de leur expulsion. L’action était si violente et si soudaine qu’ils n’ont pas eu le temps de ramasser leurs affaires. Est-ce vraiment l’émanation de «l’état de droit», qui était le leitmotiv, avec «la réconciliation», du nouveau président Hery Rajaonarimampianina durant sa campagne? En tout cas, le verset biblique, «On donne à celui qui a, mais à celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il croit avoir» (Luc 8 :18), a été appliquée de manière particulière mais à la lettre. Près d’une centaine de familles se sont retrouvées du jour au lendemain avec le statut peu enviable mais de plus en plus répandu à Antananarivo, de SDF.

 

Les terres occupées par ces citoyens malagasy ont été octroyés au groupe Filatex, dirigé par le richissime clan de l’homme d’affaires karana Abdoul Rassoul, dont ce n’est pas le premier litige foncier à Antananarivo. Entre autres, en juillet 2012, cette société avait déjà défrayée la chronique par un remblayage illicite à grande échelle dans la plaine d’Antananarivo. Le PDS (maire désigné) Edgar Razavifindravahy et le ministre chargé de l’Aménagement du territoire d’alors, Hajo Andrianainarivelo, s’étaient renvoyés la balle. En fait, en recoupant les deux versions, les observateurs sont arrivés logiquement à la conclusion que c’est le ministère qui a vendu le terrain et la Mairie donné l'autorisation de remblaiement. Des parcelles appartenant initialement à la Seimad (société étatique chargée normalement de la construction d’habitats sociaux) ont été souvent citées dans ces types de conflits.

 

Du Mapar d’Andry Rajoelina au Docteur Robinson en passant par l’ancien président Albert Zafy et les réseaux sociaux, ce fut une levée de bouclier générale. Le scandale fut tel, que personne n’a voulu endosser la moindre responsabilité dans cette nouvelle affaire. En panique, le conseil des ministres du 28 mai sortira une décision qui contredira celle du conseil de gouvernement du 27 mai. Ce dernier approuvait «la démolition de maisons d’habitations à Ankadimbahoaka construites sur la propriété dite «SITARA» Titre n°59.089-A acquise par la Société Filatex…». Mais la «communication» du conseil des ministres «relative à l’expulsion et à la démolition de maisons d’habitation à Ankadimbahoaka» en prend le contre-pied : «Pour la préservation du bien-être de la population, l'Etat a suspendu toutes procédures de démolitions et d'expulsions relatives à cette affaire, jusqu'à ce que les ambigüités entourant ce dossier soient éclaircies. Notons qu'il s'agit d'un différend entre des particuliers et qui n'implique en rien l'Administration». La dernière phrase est bien sûr juste destinée à protéger le pouvoir.

 

Olga et une mère de famille en pleurs DSCF1593

 

Les citoyens expropriés ont interpellé le gouvernement, et en particulier la nouvelle ministre de la Population, et rappelé que Nadine Ramaroson ou sa tante Olga, qui avait repris le poste après l’assassinat de cette dernière (voir article : «28 août : Nadine») les auraient défendus. Las ! Olga  Ramaroson a été débarquée malgré la promesse présidentielle qui lui aurait été faite de la garder à son poste pour son travail remarquable. Les pauvres n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Ce ministère étrenné par Nadine n’est plus que l’ombre de lui-même et accumule les accusations de népotisme et de mauvaise gestion de l’aide.

 

Hery Rajaonarimampianana a donc trébuché sur la dernière marche. Il avait pourtant accompli l’essentiel, bataillant pendant près de 3 mois contre Andry Rajoelina et son Mapar (voir article : «Madagascar : Des ordures de politiques») et avait réussi à imposer Kolo Roger comme premier-ministre le 18 avril. C’est ce dernier qui s’est désisté en sa faveur aux Présidentielles.

 

Avec ses 70 ans et son cursus bien rempli de médecin, Kolo faisait figure de vieux sage, le fameux «raiamandreny» qui traîne dans l’imaginaire des Malagasy. De plus, le message de réconciliation était très porteur et fédérait la plus grande partie de la population. La formation d’un vrai gouvernement qui symbolisait cette idée forte devait couronner l’édifice et mettre définitivement Hery Rajoanarimampianina à l’abri de mauvaises surprises…

 

(A suivre…)

 

Alain Rajaonarivony

 

Puisque le moment s’y prête, notons que l’Ancien Testament donne des indications précises concernant la possession de la terre et les avertissements sont nombreux. Tout accaparement et détournement sont prohibés pour les Israélites sous peine de malédiction, en particulier si les terres appartiennent aux plus faibles qui ne peuvent se défendre :

 

- «Ne déplace pas la borne ancienne, que tes pères ont posée…» Proverbes 22 :28

- «Tu ne reculeras point les bornes de ton prochain, posées par tes ancêtres, dans l'héritage que tu auras au pays dont l'Eternel, ton Dieu, te donne la possession» Deutéronome 19:14

- «Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain!» Deutéronome 27:7
-
«Ne déplace pas la borne ancienne, Et n'entre pas dans le champ des orphelins» Proverbes 23 :10.

 

Les Malagasy sont aussi évidemment profondément croyants et certains croient même qu’ils ont des origines hébraïques….

 

Photo 1 : Le bulldozer en action le 19 mai 2014 pour détruire les maisons de citoyens malagasy. Les journalistes n’étaient pas les bienvenus, et les sites d'infos ont passé cette seule photo (publiée à l’origine, je crois, par Midi Madagasikara. Merci en tout cas à l’auteur !).

Photo 2 : Expulsion à Antohomadinika, après la démolition d'habitations, dans la banlieue d'Antananarivo en décembre 2011. La ministre de la Population, Olga Ramaroson, était alors au milieu des sinistrés en pleurs…

 

 


Par Alain Rajaonarivony
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