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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 00:44

 

 

Il y a quelques semaines, au cours d’une de nos conversations, je lui annonçais que j’allais préparer sa biographie car on en aura besoin pour la suite. Elle m’a répondu en riant : «Tu me l’envoies d’abord, je ne veux pas que tu écrives n’importe quoi sur moi !»

 

C’est donc une biographie de Nadine, non officielle, absolument subjective, peut-être du grand n’importe quoi, mais avec beaucoup d’affection et un gros pincement au cœur, par et pour des gens qui l’ont aimé et pour qui elle sera toujours présente.

 

Nadine est née le 28 mai 1958 à Maisons-Alfort, dans la région parisienne. Elle est donc française de part le droit du sol. Ses parents rentrent à Madagascar quand elle a 2 ans. Le temps d’y passer son enfance, de faire un tour à l’école St Joseph de Cluny à Faravohitra, à St Antoine puis au Lycée Français, elle repart pour l’Europe à 15 ans.

 

Elle va fréquenter l’Ecole des Roches à Verneuil-sur-Avre en pensionnat. C’est un établissement réputé internationalement. Ses condisciples et amis seront les enfants des chefs d’état d’Afrique et d’ailleurs. Elle me dira que parmi ses camarades figuraient le fils d’un président congolais et la fille du premier-ministre du Liban de l’époque. Elle passera 2 bacs, littéraire puis économique car elle voulait faire une école d’hôtellerie. Elle intégrera, en 1979, celle de Glion sur Montreux en Suisse, qui se classe parmi les meilleures du monde dans sa spécialité, où elle décrochera un BTS en gestion hôtelière et touristique.

 

15 juin 2002 Nadine à ParisPlus tard, elle se mariera avec Pierre, un banquier suisse. C’est en couple qu’ils débarqueront à Paris en 2002 pour nous aider dans le combat en faveur de Ravalomanana. Ils n’hésitaient pas à faire l’aller-retour Paris-Genève en voiture ou en avion quand c’était nécessaire. La première fois que nous nous étions rencontrés, c’était chez… Mamy Andriamasomanana. Elle y était avec son mari, venus spécialement de Suisse. Nous y avons coordonné les actions pour essayer de défendre Madagascar contre la Françafrique. A cette réunion, il y avait des intellectuels, de simples citoyens militants… et des traîtres qui allaient nous mettre des entraves dans toutes nos actions. Nadine intégrera l’équipe de «tiako.org», et sera notre correspondante en Suisse. Nous étions redoutablement efficaces, et Nadine se créera les pires jalousies et inimitiés parmi les membres du Tim-Genève comme nous avec ceux du Tim-France. Etant des électrons libres, il était impossible de nous récupérer et on ne supportait pas que l’on soit plus proche de Ravalomanana que ceux qui se prétendaient organismes officiels. Notre amitié avec Nadine se renforcera avec le temps.

 

Puis un jour, elle m’annonce le divorce avec Pierre après des années de bonheur. La crise malgache et son engagement total avaient fragilisé son couple et sa société d’import-export, Made In Sun Corporation, basée à Genève. Cette épreuve personnelle, relevant de sa vie privée et relativement banale à notre époque, sera exploitée au maximum par ceux là-mêmes qui étaient déjà nos ennemis en 2002, pour essayer de la salir sur Internet, à coup de fausses informations dans le style presse de caniveau. Son père l’appellera en 2004 pour l’aider à gérer l’entreprise familiale, la Savonnerie Tropicale, où elle occupera le poste de directrice Marketing.

 

André et Odette Ramaroson, ses parents, ont fondé le premier centre pour handicapés de Madagascar, les «Orchidées Blanches». Le soin et la défense des plus faibles est une tradition familiale que Nadine a perpétuée.

 

Nadine a séjourné plus de temps à l’étranger qu’à Madagascar. Fille de bonne famille, elle a voyagé partout dans le monde, parlait couramment les 3 langues officielles de son pays, le malgache, l’anglais et le français, plus l’allemand et l’italien et avait de bonnes notions en d’autres langues. Elle était parfaitement polyglotte. Elle pourrait être qualifiée de produit de la diaspora, caractérisée par une ouverture d’esprit permettant de faire sienne les valeurs positives d’ailleurs tout en gardant fièrement ses racines.

 

Ravalomanana avait promis le «fahamasinana» («sainteté» - éthique), le «fahamarinana» (droiture) et le «changement de mentalité». En fait de changement, ce fut le changement dans la continuité. La première année, malgré certains dérapages, fut magique. Kits scolaires pour tous les enfants, pseudo-réconciliation politique, Bianco pour lutter contre la corruption… Puis il s’est senti en confiance et a commencé à trahir ces idéaux.

 

Après avoir été jetés par le Président en 2003, qui ne supportait pas les gens trop intègres et compétents, ayant le front de le contredire, et qui a préféré promouvoir des arrivistes dociles (et traîtres), nous avions continué à rêver à la façon de sauver le peuple.

 

L’ambition de Nadine était de redonner leur dignité aux petites gens afin qu’ils  prennent conscience de leurs capacités et de leurs forces et changent ainsi leurs destins. Son poste de ministre de la Population et des Affaires sociales étaient le premier à avoir une couleur politique. Auparavant, ses engagements étaient surtout humanitaires et sociaux.

 

Nadine, Marie-Lucie et Mikael Mai 2005Elle avait beaucoup hésité avant d’accepter le poste, se demandant comment elle allait faire avec cette bande «d’affamés», selon ses propres termes (voir article : «De la lutte des femmes au F.A.M» du 6 février 2009). Je lui ai demandé de ne pas joindre ce gouvernement. «Si tu crois que c’est facile !» me répondait-elle. Les gens des bas-quartiers et les petits fonctionnaires ont commencé à faire circuler des pétitions exigeant qu’elle soit nommée ministre. Ni Andry Rajoelina, encore moins Norbert Lala Ratsirahonana n’avaient envie de l’avoir dans les pattes, connaissant ses convictions (voir article : «Démocrates, faites un miracle»). Finalement, c’est Monja Roindefo, en tant que Premier ministre qui prendra la décision. Elle fut pratiquement la dernière à être nommée ministre, et ce ne fut pas sur la place du 13 mai, mais par une procédure très régulière le 17 avril 2009 (voir article : «Deux gouvernements, sinon rien !»).

 

Quand elle a accepté, elle me convaincra en me disant : «on ne peut rien faire en dehors du système». Néanmoins, on s’est beaucoup engueulé à ce propos, mais on s’aimait assez pour que cela n’ait pas d’incidence sur notre amitié. Au contraire, cela nous obligeait à réfléchir aux arguments de l’autre. Son papa, à qui j’ai rapporté ces faits lors d'un de ses passages à Paris, s’en est amusé : «Il n’y a que les vrais amis qui s’engueulent !»

 

En mai 2010, j’étais à Madagascar pour enterrer mon père, que Nadine connaissait et estimait. Comme d’habitude, elle m’avait offert l’hospitalité, tout comme elle venait chez nous quand elle était en France. Dans sa voiture, en suivant le corbillard, elle me dit : «Ton père a combattu ! C’est à toi de prendre la relève !» Comme je lui répondais que pour l’instant, j’étais plein de questions, elle a simplement ajouté : «Tu n’as pas le choix !» En écrivant, je m’aperçois que moi aussi, je lui ai répété cette expression souvent. Le sens du devoir, les mêmes valeurs et la même éducation, voilà ce qui nous rapprochait. Le sens du devoir… jusqu’à la mort ?

 

On était parfaitement sur la même longueur d’ondes. On prenait des précautions pour communiquer car son téléphone était sur écoute et souvent, elle me coupait : «Ne dis rien au téléphone !». Mais on préparait sa  future entrée en lice aux Présidentielles. J’étais sûr qu’elle allait gagner même contre Ravalomanana. Dieu en a décidé autrement !

 

Mais les pleurs et les lamentations du petit peuple tout le long du chemin jusqu’à sa dernière demeure prouvent qu’elle n’a pas lutté en vain.

 

 «Nous sommes maudits, Mr Alain ! Chaque fois qu’il y a quelqu’un de bien, il meurt !» me disait mon vieux-garde-de-corps au téléphone d’une voix blanche. La lutte va continuer, car «on n’a pas le choix !»

 

Dieu décide du jour et de l’heure, l’issue du combat lui appartient.

 

A Nadine, ma sœur de combat, ma petite sœur tout court!

 

Photo 1 : Nadine, à la première manifestation de masse de la diaspora organisée par «Tiako.org» le 15 juin 2002 à Paris, devant l'Ambassade.

Photo 2 : A la maison, avec Mikael et Marie-Lucie en mai 2005.

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 02:01

 

 

«Il ferait mieux de pourchasser les trafiquants de bois de rose au lieu d’arrêter nos collaborateurs». Nadine était anéantie, oscillant entre colère et incompréhension. «Nous défendons quand même une centaine de familles». C’était l’affaire Bionexx. La gendarmerie malgache avait accepté obligeamment de servir de vigiles à des hommes d’affaires karana et avait donc arrêté le 4 août des inopportuns, des fonctionnaires malgaches en mission. Ces derniers étaient chargés d’écouter les différents protagonistes afin de trouver une solution. Le Général Ravalomanana s’était ensuite chargé «d’enfoncer» ces serviteurs de l’Etat. Leur ministre, Nadine Ramaroson a dû monter au créneau pour les défendre (voir article précédent).

 

2011.06 Nadine et un gaminPuis vint Majunga le 20 août, avec des affrontements entre des civils soutenus par des militaires contre d’autres militaires qui venaient les déloger de leurs terrains à coup de grenades lacrymogènes. Ce jour là, Nadine avait tenté d’appeler Andry Rajoelina à plusieurs reprises, pour qu’il intervienne afin d’arrêter ces expulsions musclées décidées par Hajo Andrianainarivelo, ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire. Elle finit par lui envoyer un SMS sans plus de succès. Son interlocuteur était, semble-t-il, absorbé par sa réunion avec les hauts-gradés de l’armée. Elle avait alors envoyé l’équipe de son ministère sur place et demandé à son oncle, Alain Ramaroson, responsable de la sécurité au sein de la HAT, de les superviser et de faire valoir l’autorité.

 

Le lendemain, rebelote, 3 camions de l’Emmo-Reg (gendarmerie et d’autres corps) sont sur place pour exécuter l’ordre de Hajo. Mais Nadine réussit cette fois-ci à joindre Andry Rajoelina au téléphone. Ce dernier l’assure qu’il n’a jamais été question d’expulsion, d’autant qu’il ne s’agissait plus de 23 personnes comme l’affirment le ministre de la décentralisation et le chef de région, mais de presque un millier de citoyens. Andry lui confirme que le conseil de gouvernement avait déjà tranché sur l’arrêt des démolitions. Nadine lui rapportera alors les propos que Hajo aurait tenu : «Le conseil, ce n’est qu’une proposition, il n’y a que moi qui peut se servir et faire ce que bon me semble des terrains».

 

Après enquête, le ministère de la population avait trouvé des emplacements disponibles pour les lotissements populaires (Trano Mora). Mais utiliser des terrains appartenant encore à la Seimad (société immobilière de l’état) pouvaient rapporter, semble-t-il,  des millions par le jeu d’écritures. Il fallait au préalable dégager les pauvres qui y avaient trouvé refuge sans autre forme de procès. Hajo est tombé sur un os avec Nadine.

 

Cette dernière avait accumulé les preuves impliquant le ministère de la Justice et celui de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire dans ces opérations et avait décidé d’écrire à Andry Rajoelina pour dénoncer toutes les injustices. Non seulement, il y avait les litiges fonciers, mais aussi des actes de tortures perpétrés par des membres de la HAT sur les individus récalcitrants.

 

Dans ses sorties publiques, Nadine commençait à hausser le ton. Pédophilie impunie, Bois de rose, corruption à haut niveau, litiges fonciers… elle était sur tous les fronts. Il y a 2 semaines, elle me confiait encore : «Je ne peux pas accepter cela. Je vais le dénoncer. Cela aura des répercussions sur mon poste». Ma réponse était simple : «Tu n’as pas le choix !». C’était une question de conscience. Ces prises de paroles provoquaient des réactions. Riaz Barday n’aurait pas arrêté de la menacer alors qu’elle n’exposait que les faits.

 

Ces dernières semaines, on passait beaucoup de temps au téléphone tous les deux, presque tous les jours. Elle s’était décidée à se lancer dans la course aux Présidentielles pour rester fidèle à ses idéaux. Elle était convaincue que Andry Rajoelina était berné par son proche entourage. Sur mes conseils, elle ne s’est jamais prononcée publiquement sur le retour ou non de Marc Ravalomanana contrairement à d'autres politiciens. L'essentiel, c'était le social sur lequel elle se concentrait. Et elle se préparait à aller aux élections, quels que soient ses adversaires. Elle croyait en «la fortune du bien».

 

Le 23 août, elle avait eu un entretien d’une heure avec Jean Faure, président du groupe d’amitié parlementaire franco-malgache au Sénat français. J’avais arrangé le rendez-vous depuis Paris. Jean Faure est un ami. Le soir de leur discussion, il m’appelle : «j’ai vu ta petite protégée. Elle m’a parlé du manque de budget de son ministère. Mais elle m’a l’air un peu triste».

 

Au dernier conseil du gouvernement, elle avait reçu une invitation spéciale du ministre du tourisme pour le Festival de la baleine, baptisée «Tsolabe». Elle est arrivée le 26 à Sainte Marie et s’était étonnée d’être seule alors qu’elle devait y rencontrer plusieurs de ses collègues du pouvoir. Même le ministre qui l’avait invitée n’était pas là.

 

Au retour, le 28, sa vedette s’est retournée à quelques centaines de mètres du rivage et a explosé au moment où les secours arrivaient. Elle est morte avec plusieurs de ses collaborateurs et des sauveteurs.

 

01.JPGSur sa page Facebook, que je gérais conjointement avec elle, des centaines de messages de condoléances et de désespoir ont commencé à défiler. «Qui va maintenant défendre les pauvres et le petit peuple ?» peut-on y lire. «La Mère des Pauvres», surnom qu’on lui donnait, n’est plus. En quelques heures, plus d’une centaine de personnes ont demandé à être son ami sans doute pour pouvoir écrire sur son Mur. En Inbox, il y avait aussi des dizaines de messages de sympathie.

 

Ailleurs sur Internet, sur les forums dits «légalistes», c’est un déferlement de haine et de bassesse d’esprit qui ont foulé aux pieds ce qui restait de beau dans la culture des Malagasy. «Ny fanahy no maha-olona (c’est l’esprit qui distingue l’être humain)» disaient les ancêtres. La crise est passée par là. Désormais, les Gasy affichent sans complexe leur inhumanité sur la Toile. Ces personnes qui passent à l’acte dans leurs commentaires, au nom de la «légalité» ne savent pas qu’elles viennent sans doute de perdre leur meilleure alliée au sein du pouvoir et qu’elles sont descendues plus bas que les «Fozas» qu’elles méprisent.

 

La haine rend aveugle. Il y a très longtemps, les Malgaches avaient des proverbes de sagesse pour permettre à la vie de s’épanouir… Ceux d’aujourd’hui les ont oubliés.

 

Photo1 : Nadine, avec des enfants pauvres, en juin 2011

Photo2 : 1 heure avant l’embarquement à Sainte-Marie, Nadine joue et donne à manger à un petit lémurien, une des dernières photos (photo Andry Rakotonirainy)

 

 

Alain Rajaonarivony

 

Le prochain article que je publierai sera encore sur Nadine Ramaroson

 

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 00:46

 

 

Ce 11 août 2011, Ralitera Andrianandraina, responsable de la sécurité de la HCC (Haute cour constitutionnelle) était libéré avec ses 4 co-accusés militaires par le tribunal d’Anosy, après presque 2 ans et demi de détention. Arrêtés le 27 avril 2009, incarcérés le 6 mai, ils n’avaient cessé de clamer leur innocence. Les motifs d’inculpation étaient un fourre-tout et comprenaient des actes de violences, des meurtres et même une tentative d’assassinat contre Andry Rajoelina. Les juges ont estimé qu’aucun dossier ne tenait, faute de preuve. Seul Ralitera a écopé d’un an pour détention illégale d’armes mais est ressorti libre étant donné qu’il a été détenu bien plus longtemps dans les geôles du pouvoir. La HAT avait tout fait pour retarder le procès.

 

Nadine Facebook 24051 100168283355237 100000861963680 2150Le même jour, la ministre de la Population et des affaires sociales, Nadine Ramaroson, dénonçait à partir de sa page Facebook les agissements du Général Ravalomanana, responsable de l’Emmo-Reg. Elle accuse ce dernier d’avoir menti pour justifier les arrestations violentes et arbitraires dont étaient victimes ses collaborateurs le 4 août 2011. Ces fonctionnaires étaient en mission pour comprendre le fonds du litige opposant des paysans expulsés de leurs terres par une société dénommée Bionexx. Derrière cette entreprise se trouve un homme d’affaires connu, Akbaraly.

 

« Ma version sur l’affaire Faharetana / BIONEXX et l’arrestation de mes collaborateurs » est écrite de la main de la ministre elle-même.

 

 

Ma version sur l’affaire Faharetana / BIONEXX et l’arrestation de mes collaborateurs

 

 

Vous avez été nombreux(ses) à avoir réagi et surtout à demander des éclaircissements sur cette énième affaire foncière opposant des paysans à une société privée étrangère. Je vous livre ci-après et dans les détails le déroulement des faits qui inclut l’arrestation humiliante, dégradante et discréditant de 3 membres de mon cabinet le 04 août 2011.

 

Les motifs évoqués :

- les membres du cabinet seraient entrés en effraction dans un domaine titré et borné

- ils  auraient distribué des terres au « FOKONOLONA »

- ils auraient clôturé les terres en question et   planté des drapeaux dessus

- ils  auraient incité le Fokonolona  à la rébellion

- ils  auraient forcé un barrage des gendarmes et auraient pris la fuite

- ils  auraient été interceptés à Ambatomirahavavy.

 

Ces informations ont été transmises par le Général RAVALOMANANA Richard par téléphone le Jeudi dans la soirée en réponse de ma demande d’explication.

 

Le vendredi 05 Août, j’ai demandé au Général RAVALOMANANA de recevoir mon Directeur de Cabinet, le Colonel RALAIVAO Pierre Louis Charles, signataire de l’ordre de mission, et Monsieur RAKOTONIRINA Angelo, Inspecteur du Cabinet, dans le bureau du Général RAVALOMANANA avec le chauffeur de la voiture 4X4 qui a emmené les missionnaires (les 3 membres de mon cabinet) sur place et un représentant du Fokonolona. Objet de cette visite : la confirmation que ces membres du cabinet étaient bel et bien  porteurs d’un ordre de mission pour constater sur terrain les doléances présentées par des représentants du Fokonolona qui étaient venus au Ministère. Ces représentants du Fokonolona étaient venus pendant trois mois, solliciter notre Ministère pour leur venir en aide.

 

Le lundi 08 Août 2011, avec tout le STAFF du Ministère, nous nous sommes rendus sur les lieux aux fins de recoupement des accusations portées à ces membres du Cabinet en présence des Autorités Locales (Adjoint Chef District, Maire, Chef Fokontany ) et accompagnés de journalistes. Il s’est avéré que les membres du Cabinet ne sont ni entrés en infraction dans le domaine en question, n’ont distribué de lopins de terres, ni clôturé des terrains ou planté des drapeaux. Ils sont venus écouter le Fokonolona, et ont demandé à s’entretenir avec les responsables de la Société exploitante dénommée « BIONEXX »  en présence de quatre gendarmes qui assuraient la sécurité de ladite société.

 

Selon les témoignages que nous avons recueillis sur place, aucune des accusations n’est fondée. Ils n’ont forcé aucun barrage mais ont dû contourner la route suite au fait qu’un tracteur de ladite société a été mis en travers de leur chemin. Ils ont dûment informé les quatre gendarmes qu’ils allaient déjeuner au village où ils ont été appréhendés par des éléments de la gendarmerie, et  emmenés dans l’un des deux véhicules 4X4 de la société BIONEXX et suivi en renfort par  deux camions entiers de gendarmes.

Nos membres du cabinet ont été brutalisés et poussés de force dans un des 4X4 de la société « BIONEXX » immatriculé 6866 TAH.

 

Il n’y a eu à aucun moment aucune incitation à la désobéissance civile ou à la rébellion. Le seul fait qui a été rapporté par les quatre gendarmes est que, la veille, le Fokonolona s’est couché devant le tracteur pour empêcher la destruction de leurs cultures.

 

Nous avons écouté les récits des représentants du Fokonolona à savoir l’historique du terrain et les raisons de leurs doléances, ce à quoi ils ont répondu qu’ils ont eu à faire à plusieurs sociétés :

1965 : CENTRE NATIONALE AVICOLE

1973 : FERME D’ETAT

1983 : LIMA HOLDING

1989 : MAGRI

1991 : PICOR  puis GENIA

2008 : SOPRAMAD

2010 : BIONEXX

 

Durant quarante ans, ils avaient exploité les terres en toute quiétude et même après la convention  obtenue par  LIMA HOLDING avec l’Etat. L’arrivée de la société BIONEXX  en 2009 aurait  tout remis en cause : cette société leur aurait demandé  soit  de quitter les terres soit de les louer à la société pour Ar 400,000 HTVA/Ha/An. Une poignée de  paysans de la commune voisine aurait accepté de payer ce loyer mais tout le  Fokonolona des Fokontany Fenomanana et Antanimarina ont refusé aux motifs qu’ils ne vont pas louer leur propre terre qu’ils ont mise en valeur depuis quarante ans  et pour faute de moyens. Faut-il encore préciser que ceux qui ont accepté de payer seraient des employés de BIONEXX. Il est également à noter qu’on parle d’une prétendue  décision d’expulsion alors que le Fokonolona n’a jamais été convoqué au Tribunal dans ce sens.

 

Ce Fokonolona a instamment prié le Ministère de la Population et des Affaires sociales de se pencher sur son cas depuis trois mois mais c’est la démolition de leurs habitations et de leurs tombeaux ancestraux qui a amené le Ministère à dépêcher une mission d’urgence sur place.

 

 

Nadine Ramaroson

Ministre de la Population et des Affaires sociales

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 14:57

 

 

blood-duels.jpg«Entre nous, je ne serai pas plus nul que lui». Clin d’œil appuyé à Virginie Herz, reporter de France24 qui l’interviewait, Andry Rajoelina était sûr de lui et de bonne humeur en parlant de Marc Ravalomanana, en ce jour de mars 2009, au moment du coup d’état.

 

Un demi-mandat présidentiel plus tard sans être élu, -un exploit réalisé par le «plus jeune putschiste d’Afrique» en titre-, Madagascar est classé par le PNUD, troisième pays le plus pauvre du monde, partageant ce podium avec l’Afghanistan et Haïti.

 

Et dans son numéro du 5 juillet 2011, le magazine économique américain Forbes a installé le pays à la première place du «top 10» des «World’s worst economies». Sous le règne de Andry Rajoelina, la Grande Ile est donc enfin leader mondial en quelque chose. Les 220.000 emplois perdus en 2010 (selon un rapport de la Banque Mondiale), la dégringolade dans l’échelle des libertés, aussi bien  dans le classement de «Reporters sans Frontières» que dans la perception de l’administration Obama, ne font que confirmer cette descente aux enfers.

 

Andry Rajoelina semble avoir remporté son challenge sur Marc Ravalomanana. Il fait au moins jeu égal avec son adversaire dans les mensonges et promesses non tenues, l’accaparement des biens publics et la répression de ses opposants. Mais plus jeune, il dispose encore d’une bonne marge de progression. Riche, grâce au trafic du Bois de rose et autres juteuses combines, il peut maintenant envisager une retraite sans soucis dans un pays de son choix (qui parle d’exil ?). A moins qu’il ne veuille remettre en jeu son titre ! Mais alors, attention au combat de trop !....

 

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a confirmé le 12 juillet 2011 que le champion déchu, Marc Ravalomanana, devait être autorisé à revenir à Madagascar «sans condition». Il pourra tenter de reconquérir sa couronne aux prochaines élections présidentielles.

 

Pauvreté accrue depuis 2008, avec 72% des Malgaches qui vivent dans des bidonvilles (chiffre UN Habitat), explosion de l’insécurité, du chômage et du tourisme sexuel, les Malgaches n’en peuvent plus. Il faudrait plus que les dizaines de 4x4 et les containers d’équipements divers et avariés offerts à l’armée pour contenir leur colère si le match est truqué…

 

photo 427 (Small)

 

Photo : Du haut des bennes à ordures, devenues instrument de survie, le spectacle offert par les deux prétendants, un duel d’Egos à coups de millions de dollars, est des plus insoutenable. Il est temps pour les Malgaches d’y mettre fin…

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 13:08

 

 

President Obama P022109JB-0125Amin’ny anaran’ny vahoaka Amerikana dia satriko ny hiarahaba ny vahoaka malagasy amin’izao fankalazana ny fetim-pirenenareo ny 26 jona izao.

Amin’izao fotoana ankalazanareo ny fahaleovan-tenanareo izao dia ambaran’i Etazonia fa tohanany hatrany ny foto-kevitra hoe mendrika ho an’ny vahoaka malagasy ny higoka ny voka-tsoa entin’ny fitantanana feno fandraisana andraikitra sy mandala ny demokrasia, ny fanajana ny zon’olombelona ary ny fanjakana tan-dalana. Mijoro eo anilan’ny vahoaka malagasy hatrany izahay, ary manantena fa ho tafaverina amin’ity taona ity ny fanarahana ireo filamatra ireo.

                                              

                                             Barack Obama

 

 

Photo : US Embassy Madagascar

Par Alain Rajaonarivony
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