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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 08:13
En ce mois de décembre 2008, cela fera exactement six ans que Marc Ravalomanana se trouve au pouvoir. C’est un temps largement suffisant pour faire un bilan de son exercice à la tête de l’Etat. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il est mitigé. A son actif, on peut compter une amélioration spectaculaire des infrastructures, en particulier routières. La réalisation la plus récente est la RN6 inaugurée le 27 novembre dernier, un chaînon de l’axe Tananarive - Diego presque entièrement bitumé maintenant. C’était un projet qui n’avait jamais pu être mis en œuvre depuis l’Indépendance malgré les belles paroles des différents dirigeants. Le port de Tamatave est en train de s’agrandir et de se moderniser ainsi que l’aéroport international d’Ivato. Pour ce dernier, précisons que c’est dans le dessein de recevoir les jets des chefs d’états africains attendus pour une réunion de l’Union Africaine en 2009. D’ailleurs, la mini-autoroute qui sera construite ira directement aux villas présidentielles et à l’hôtel édifiés pour l’occasion. Elle n’est pas intégrée à un schéma de circulation du grand Tananarive.
 
Cet éclairage permet de comprendre pourquoi la population se sent si frustrée. Les décisions de l’Etat épousent un peu trop parfaitement les intérêts, voire les lubies du Président. Le dernier scandale en date, le remblaiement sur la route-Digue, effectué au mépris de la loi, pour permettre à Tiko d’ériger une usine, a jeté dans la misère des dizaines de familles paysannes qui y avaient leurs rizières. Mais ce sera présenté officiellement comme une grande réalisation permettant de créer des emplois. Ce qui est sûr, c’est que le Président a outrepassé ses droits. Les journalistes qui rapporteront l’information se feront traiter de « terroristes » par un Premier ministre ayant, semble-t-il,  perdu le sens de la mesure. En 2002, le peuple pensait avoir enfin des dirigeants qui allaient les respecter et respecter la démocratie. Il s’aperçoit maintenant que ce n’est pas le cas. Les mêmes méthodes de prédateurs ont toujours cours. Les responsables de l’Etat se vautrent dans le luxe, le petit peuple, lui, croupit dans une misère grandissante.

Qui aurait cru qu’en 2008, on parlerait encore des 4X4 offertes complaisamment à des députés et des sénateurs dont la plupart sont notoirement corrompus ? On pensait que Ravalomanana allait mettre fin à ces pratiques. Il les a au contraire affinées et étendues pour mieux faire taire toute critique de la part de ceux qui sont sensés être les porte-paroles du peuple. On offre des 4X4 à tout va, même à des pasteurs.
Pour les citoyens, la situation n’est guère réjouissante. Le pouvoir d’achat a régressé et si on construit des villas pour les présidents, il n’y a pas eu un seul lotissement social sorti de terre en six ans. L’insécurité est totale et les actes de banditisme de plus en plus violents comme si des balises morales avaient sautées. Il est vrai que l’exemple de l’arrogance et de la transgression de la loi vient d’en haut. « Fahamarinana » et « Fahamasinana » ont été oubliés au bout de quelques mois et ont laissé place aux vieux démons des abus en tout genre, de la corruption au népotisme.

Mon ancien garde-de-corps me disait lors de mon passage au pays : « nous sommes tous responsables (tompon’andraikitra) de l’accession du Président au pouvoir ». C’est donc devenu un devoir de dénoncer les dérives pour montrer aux dirigeants qu’ils ont des comptes à rendre au peuple. Et au-dessus d’eux, il y a Dieu, dont ils ont clamé le nom en long, en large et en travers en 2002. Des millions de prières sont montées au ciel pour permettre l’avènement d’un peu plus de justice et de droiture. C’est déjà dangereux de se moquer du peuple. C’est suicidaire de se moquer de Dieu.


Alain Rajaonarivony




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Published by Alain rajaonarivony
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