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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 00:01
Parmi les informations en provenance de la Grande Ile cet été, il y en avait une qui semblait relativement neutre et non connotée politiquement. Les journaux étaient alors saturés des prises de décision du gouvernement contre la CUA ; confiscation des recettes fiscales, gestion de la gare routière et ramassage des ordures ménagères retirés à la Mairie, etc... L'interdiction des voitures à conduite à droite prise le 21 août 2008, au-delà de sa pertinence, semblait s'inscrire dans un processus plus normal.

Néanmoins, un certain nombre d'analystes se demandaient si les véhicules à volant à droite étaient vraiment plus dangereux que les charrettes à zébus, les pousse-pousses, vélos sans lumière et autres chariots à bras qui encombrent routes et rues du pays. Le motif officiel de renforcement de la sécurité routière n'a pas convaincu en tout cas les quelques centaines de propriétaires victimes de cette loi qui, bizarrement, devait être rétroactive, puisque les dit-engins devaient être retirés de la circulation en Novembre.

En droit, la rétroactivité n'existe pas et cette loi est par conséquent illégale, ce qui est le comble pour une loi. Ce qui explique sans doute la gêne des responsables et la porte hermétiquement close du ministère à toute demande d’explications formulée par l'association des conducteurs. En désespoir de cause, ces derniers finiront par déposer un recours auprès de la justice.

Le colonel, directeur général des Transports, lâchera laconiquement : « Je n'ai rien à dire à ce sujet. C'est un ordre qui vient d'en haut » quand il sera interrogé par les journalistes de la place. Il aurait sans doute pu ajouter « de très haut! ».

Devant l'impopularité de la mesure, les dirigeants l'ont discrètement passée à l'as. Mais pourquoi  une telle loi (juridiquement tangente), aussi dure (retrait des véhicules) et dans une telle urgence (trois mois) se demande le grand public? Etant donné l'état de l'économie, il y avait là comme un non-sens. D'autant que l'argument du risque sécuritaire ne tient pas. D'après un avocat qui a suivi cette affaire, aucun des accidents de la route qu'il a traité ne concernait ce type de véhicule.


En arrière-plan, les camions Saurer tout-terrains,

           objets de toutes les attentions



Statistiquement d'ailleurs, les chiffres recoupent cette affirmation. La logique ne s'y retrouve pas.


Ou est donc la cohérence? Pour la discerner, il faut savoir contre qui cette décision était dirigée et alors tout devient limpide. Comme les responsables de la Savonnerie Tropicale exaspèrent au plus haut point le pouvoir, il fallait trouver un moyen discret et légal de les atteindre. On a donc sorti une loi pour empêcher que les camions 4X4 Saurer, importés de Suisse avec volant à droite d'origine, qui servent à distribuer les savons dans les bourgades les plus reculées,  ne puissent continuer de rouler.


Les simples citoyens sont ainsi à la merci d'un exécutif qui promulgue des lois au gré de ses intérêts et de ses inimitiés. Il y a eu la loi anti-Star (interdiction de la publicité de la bière), les décrets anti-CUA... Pour l'équilibre de l'information, notons qu'il y a eu aussi des lois « pro », l'amnistie fiscale pour ceux qui ont grugé l'Etat par le non-payement de la TVA, de l'impôt sur les bénéfices et autres taxes douanières. Qui a dit que le Président ne se souciait pas des entreprises malagasy? Mais comme la Savonnerie Tropicale a toujours payé ses impôts, comme toute maison citoyenne qui se respecte, elle n'a pas pu en profiter. Vraiment pas de chance!


Alain Rajaonarivony



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Published by Alain Rajaonarivony
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