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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 12:08




Madagascar fait la Une des journaux à ses dépens. « Le Monde » rapporte les propos du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet : "Il y a maintenant plus de 80 morts en quelques jours, donc la situation est très préoccupante…" Le gouvernement français se prépare à toutes les éventualités pour protéger ses ressortissants, y compris leur rapatriement.

 

Le 28 janvier, deux jours après les émeutes, le Président est enfin réapparu. Mais on se demande s’il n’est pas toujours dans sa bulle. Devant la presse, il a affirmé que Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères français l’a appelé pour lui révéler que Roland Ratsiraka et le général Dolin Rasolosoa sont les responsables des troubles et que la France était prête à aider à l’arrestation de ces deux hommes. Eric Chevallier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a précisé que Bernard Kouchner a téléphoné au Président, mais également au Maire Andry Rajoelina, et à l’ancien Maire de Tamatave, Roland Ratsiraka. Le ministre leur a indiqué que « la France tient à maintenir une parfaite impartialité ». C’est une belle manière de faire comprendre que le Président malgache affabule. Marc Ravalomanana recherche le soutien de la France contre le peuple dans la rue. On aura décidément tout vu. C’est 2002 à l’envers !

 

Quant  au Maire, le mandat d’arrêt sur sa tête est toujours d’actualité, ainsi d’ailleurs que ceux concernant son adjoint Nirhy Lanto Andriamahazo et le journaliste Gilbert Raharizatovo.

Aujourd’hui 29 janvier, Antananarivo est déclarée « ville morte » par les dirigeants du mouvement de contestation. Mais avant que cela ne se transforme en mort définitive, Andry Rajaoelina doit absolument se démarquer et avancer dans la recherche d’une solution digne et rapide. Car les émeutes, en particulier dans les provinces, étaient trop bien coordonnées pour être totalement spontanées.

 

Le Président, dans son ego démesuré, se refuse à tout dialogue. Il n’a pas compris qu’il joue sa survie. La rencontre du Maire à Paris avec la diaspora en octobre 2008 a été médiatisée, celle qu’il a eu avec Pierrot Rajaonarivelo beaucoup moins. C’est son droit le plus strict de rencontrer toutes les personnalités qu’il veut mais dans les circonstances actuelles, ses actes doivent être bien posés. Il doit faire preuve de beaucoup d’intelligence, pour ne pas être accusé de faire le jeu des exilés.

 

La formation d’un gouvernement d’union avec des têtes nouvelles issues de ses partisans, comme la société civile, apparaît comme une alternative crédible. Sortir des noms de personnalités ayant frayé plus ou moins avec l’ancien régime serait suicidaire et décrédibiliserait totalement la lutte.

 

Pour l’instant, au programme du Président figure des arrestations, la fermeté ainsi que ses menaces habituelles. Il ne faut donc pas compter sur lui pour trouver une solution. Il a aussi affirmé qu’il avait, « par stratégie », demandé aux forces de l’ordre de ne pas intervenir lundi pour éviter les affrontements. Des officiers, en tout cas, s’étaient engagés à ne pas tirer sur la foule.

 

Quant aux « raiamandreny » (les anciens, ou les figures d’autorité morale) du FFKM (Fédération des Eglises), ils se sont mis sur la touche d’eux-mêmes et leur médiation est de moins en moins souhaitée. L’église protestante est accusée d’avoir vendu son âme en soutenant inconditionnellement  le pouvoir. Quant à son homologue catholique, ses atermoiements ont déçu l’opinion. Le FFKM se trouve dans une situation très délicate et doit prouver qu’il est encore un rempart moral sur lequel les victimes d’une injustice trop criante peuvent compter.

 

Le salut viendra peut-être du peuple seul, c’est-à-dire de l’intérieur du mouvement qui a propulsé Andry Rajoelina à sa place actuelle. De plus en plus de voix s’élèvent pour un gouvernement de transition composé de membres de cette coalition, avec le maintien du Président symboliquement à sa place pour sortir du chaos. Le chef de l’Etat serait ainsi sauvé malgré lui.

 

De toute façon, il n’y a plus le choix. Au dernier décompte, on est à plus de 100 morts. Ca suffit !

 

Alain Rajaonarivony

 

 


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Published by Alain Rajaonarivony
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jaojao 30/01/2009 09:59

Il faut garder le jeu de la démocratie. C'est utile pour l'histoire car cela fera un précédent démocratique. Le président doit déclarer qu'il est conscient que la représentativité du peuple n'est plus ce qu'elle devait etre. Il a 2 choix à mon avis : - soit il démissionne : comme De Gaulle, qui a joué sa tete sur un référendum - soit il dissout le parlement : comme Chirac, ou comme en Grande Bretagne Car le maire de Tana ne représentera le peuple que par la voie éléctoral. D'un autre coté, si les gens au gouvernement et au parlement sont de véritables démocrates ils devraient démissionner et se représenter devant le peuple. Nos institutions n'avanceront pas si l'on ne passe pas par là. Ils en va de la crédibilité de Madagascar et de nos institutions.Chacun peut juger des capacités des 2 protagonistes à gouverner. Moi, je suis sûr d'une chose, c'est que rien ne m'assure aujourd'hui que l'un est meilleure que l'autre. Je préfére donc l'avis du peuple et améliorer le système actuel.Cela serait un geste TRES fort auprès de l'UA et de l'histoire si nous sommes capables  de prouver que nous avons réglé ce problème comme de vrais démocrates en respectant la constitution.Même le maire y gagnerait quelque chose car il aura prouvé qu'il ne joue pas son ambition personnel.