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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 21:25




« Tous des affamés ! Andry perd beaucoup d’énergie dans les réunions avec eux », constate ulcérée une représentante de la société civile au sein du mouvement de contestation. « Eux », ce sont les politiciens de la plateforme de l’opposition qui se sont précipités au dernier moment pour soutenir le Maire de la capitale quand sa popularité était au plus haut. Auparavant, ils s’étaient cantonnés dans une expectative prudente.


Depuis l’auto-proclamation du Maire, le samedi 31 janvier, comme « en charge de la gestion » du pays, les appétits se sont réveillés. La société civile, soutien indéfectible de Andry Rajoelina depuis 2 mois et dans les pires moments, prend maintenant ses distances. Car les nouveaux venus jouent des coudes et ne partagent indiscutablement pas les mêmes idéaux. Maintenant que les menaces d’arrestations semblent s’éloigner, et que Viva Radio et TV émettent de nouveau, place aux arrivistes comme en 2002.


Nadine Ramaroson veut consolider les acquis démocratiques qu’elle a obtenus de haute lutte en combattant avec Andry Rajoelina. Avec d’autres femmes partageant les mêmes valeurs républicaines, elle lance le F.A.M. (Fikamban’ny Andriambavinlanitra Malagasy) ou Rassemblement des Femmes Malagasy. La traduction littérale est plus poétique : « association des princesses du ciel malagasy ». Ces militantes veulent obliger les hommes politiques à tenir leurs promesses.


Elles soutiendront sans doute le Maire dans ses futures responsabilités, mais de manière critique et constructive. Car il est acquis maintenant que, quoiqu’il arrive, le Président ne pourra plus agir comme auparavant, en prenant des libertés avec la Constitution et en usant et abusant de son pouvoir y compris à des fins personnelles. Le FMI (Fonds Monétaire International) vient pour la première fois de bloquer un prêt de 35 millions de dollars, suite à l’achat par l’Etat malgache de Force One II, un Boeing 737-700 luxueux pour 60 millions de dollars. L’Union Européenne  a fait de même et mis en attente le décaissement d’une aide de 16,2 millions d'euros.


Toujours sur le plan politico-économique, l’Ambassadeur américain Niels Marquardt a condamné de manière diplomatique le comportement du Président sur RFI (Radio France Internationale) le 5 février : « Le moment est venu pour écouter la population malgache ». Elle exprime « très clairement » son mécontentement dans plusieurs domaines. « Je pense que c’est le moment pour les uns et pour les autres de faire l’analyse de la situation et  de réagir avec une meilleure gouvernance….Le choix des magasins qui ont été brûlés était un message assez fort dans cette affaire. Il ne faut pas trop mélanger les affaires privées et les affaires d’Etat ».


Marc Ravalomanana a perdu sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds et des puissances occidentales. Il lui reste le soutien de l’Union Africaine mais on sait ce qu’elle vaut depuis 2002.


Au niveau intérieur, il est aussi très affaibli. Les provinces le rejettent de plus en plus ouvertement. En témoigne la mésaventure du ministre de l’économie Ivohasina Razafimahefa, dont l’avion a été incendié par la foule à Farafangana. Dans la capitale elle-même, l’opinion est divisée surtout après les émeutes du « Black Monday » (expression lancée par Sobika.com) qui ont traumatisé les habitants. Mais si le Maire ne recueille pas une adhésion unanime, le Président lui non plus ne remonte pas la pente. Trop d’orgueil et des conseillers absolument incompétents ne lui ont pas permis d’exploiter les faiblesses de son adversaire. Des négociations qui auraient dû démarrer depuis longtemps n’ont jamais été entamées.


L’armée se tient en retrait. Si elle se montre prudente envers Andry Rajoelina, les ordres du Président d’arrêter ses opposants n’ont pas été exécutés. Pire, tout ce beau monde tient des meetings sans être inquiétés. Et le général Dolin Rasolosoa, accusé nommément par le chef de l’Etat d’être l’un des investigateurs des troubles, vient de lui répondre vertement et publiquement. Sensé être le « chef suprême », Marc Ravalomanana n’a cessé d’humilier les plus hauts gradés. Il a détruit, au propre comme au figuré, l’armée de l’air (voir l’article : « L’armée ? De l’air… ») coupable sans doute d’avoir eu certains de ses pilotes aux commandes des hélicoptères MI-8 de la Sonavam durant la crise de 2002. Démanteler ainsi les moyens de défense de la nation peut être considéré comme un acte de haute trahison.


L’ONU a envoyé un émissaire en la personne de Haile Menkerios, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques qui devra évaluer la situation. Il restera du 7 au 10 Février. Les médiateurs nationaux comme le FFKM (Fédérations des Eglises) s’activent aussi, sans grand résultat pour l’instant.


 Demain samedi 7 février,  la grande manifestation prévue devrait faire évoluer les choses dans un sens ou dans un autre. Les croyants prient, les superstitieux croisent les doigts et tout le monde est sur les nerfs. Au Conseil des ministres du 5 février, le pouvoir  a fait étalage, une fois de plus, de sa force en parlant d’équipements militaires qui vont arriver dans la capitale. Cette attitude alimente les rumeurs de répression sanglante lors du rassemblement. A y regarder de plus près, la négociation n’a jamais été à l’ordre du jour. 


Nadine Ramaroson, secrétaire générale du Conecs (Conseil économique et social) et soutien crucial pour Andry Rajoelina a délaissé les discussions pour l’attribution des fauteuils ministériels du gouvernement de transition depuis plusieurs jours. Elle consacre son temps à préparer l’avenir et, avec ses campagnes de lutte, tente de monter un mouvement féministe fort, capable de contrôler les dérives des futurs dirigeants, quels qu’ils soient. Vive les F.A.M.



Photo : Nadine Ramaroson lors d'une émission de télévision le 12 décembre 2008


Alain Rajaonarivony




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Published by Alain Rajaonarivony
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commentaires

harrivel 09/02/2009 19:28

Je tiens tout qimplement à dire ma tristesse devant tant de gâchis et je ne cautionne pas TGV . Pourquoi inciter les gens à aller au devant des policiers dont la responsabilité est de défendre le Palais Présidentiel ? Devant la Maison Blanche ou L'Elysée, cela aurait donné le même résultat. Non, il est trop jeune pour être éligible, il vient touT juste de faire ses premiers pas dans la politique, QUI le pousse ? Vous ? Qui doit-on condamner devant ce massacre ? Gâchis, gâchis, gâchis !!! Que ce soit R8 ou TGV que chacun prenne ses responsabilités !!!Je disais  au début du conflit à mes collègues de travail "les malgaches n'aiment pas faire couler le sang, nous sommes des gens pacifiques, sensés..." Que me dit-on ? "Malgaches ? Primitifs !" Alors, que ce soit l'un ou l'autre, donnez une bonne image de notre pays, les deux se sont assez ridiculés ! 

raony 09/02/2009 14:05

mba misy vehivavy afa mendrika noho ireny kosa e!!