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  • Alain Rajaonarivony

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 10:31




La journée du 28 février a failli mal commencer pour Alain Ramaroson, le responsable du FCD (Force pour le Changement Démocratique). A 5 heures du matin, des hommes en uniforme se sont invités chez lui défonçant la porte, molestant trois personnes qui se sont retrouvées à l’hôpital. On aurait dit une scène d’un film d’action, diront les témoins. Mais celui qui était recherché n’était plus là, prévenu à temps par certaines autorités au sein même du pouvoir.


On est donc revenu au temps des arrestations et des menaces. Quant à la place du 13 Mai, elle  est de nouveau le centre de la vie politique malgré sa déclaration en zone rouge et les différentes répressions les jours précédents, en particulier celle de la manifestation de Fianarantsoa le 27 février qui a fait 2 morts et une dizaine de blessés.


Le faux bond de Ravalomanana lors de la quatrième séance de négociations (voir article précédent) a été le signal du regroupement de toute l’opposition. Le jour même, les contacts ont été pris. La décision a été officialisée le vendredi 27.


Alors que le Président abandonnait ses partenaires malagasy comme des malpropres, il s’est par contre empressé d’aller chercher en Afrique du Sud l’émissaire de l’ONU, Haïlé Menkerios. A la demande de ce dernier, Monseigneur Odon Razanakolona est passé sur l’humiliation cuisante que lui a infligée le chef de l’Etat mais pose maintenant ses conditions pour servir de médiateur : respect des engagements pris par chacun, de la liberté d'expression, la fin des arrestations politiques et des répressions sanglantes.


Seule nouveauté sur la place du 13 Mai ce samedi 28 février : les pancartes anti Guy Rivo Randrianarisoa, PDS (Président de délégation spéciale) nommé par le pouvoir, les casseroles qui rappellent 2002 et les mpiandry (diacres protestants). Alain Ramaroson était là, au milieu d’une foule importante. Entretemps, il a déposé plainte sur les agissements des individus qui ont tout saccagé chez lui, sous prétexte de perquisitions mais sans aucun mandat.


La situation s’enlise, la lassitude gagne tout le monde, chefs d’entreprise comme simples citoyens. Avec 100% d’annulations des séjours dans le secteur touristique, la catastrophe économique guette le pays.


Alors pourquoi ne trouve-t-on pas d’issue ? La réponse est très simple. Elle est loin des calculs politiques savants. A chaque fois qu’Andry Rajoelina, peu  enclin à faire des concessions, avance sur la voie de la détente, le Président casse la dynamique. Le jeune Maire répond alors en allant encore plus loin.


Par deux fois, cela s’est vu de manière dramatique. Juste avant son auto-proclamation du 31 janvier, une rencontre devait avoir lieu, parrainée par les diplomates. Mais Ravalomanana a pris son avion pour aller en province. Le lendemain, le Maire qui déclarait encore quelques jours auparavant qu’il était prêt à une cohabitation sur TV5, changeait d’avis et demandait à prendre la place du chef de l’Etat. Et ce 25 février, les mêmes causes produisant les mêmes effets, après le rendez-vous non honoré par son interlocuteur, Andry Rajoelina se retirait des négociations et s’alliait avec des opposants qu’il évitait jusque là de fréquenter.


Pourquoi cette attitude du Président ? Parce qu’il veut en faire baver un maximum à son jeune rival, même si les dégâts collatéraux touchent le pays entier. Quand le Maire, très fougueux, arrive à être un peu canalisé par les éléments modérés de son mouvement, Ravalomanana se débrouille pour que cela aboutisse à une impasse, générant une frustration qui produit une autre surenchère. C’est imparable! On ne compte plus les occasions perdues alors qu’on pouvait se croire proche d’un dénouement relativement heureux.


Le Président a confié : « Je sais que je vais devoir signer un protocole. Mais avant, je vais lui en faire voir ! » (la sonorité est plus savoureuse en malgache). 


Les médiateurs se battent donc pour trouver une base minimale qui permettrait de refaire asseoir à la même table les deux principaux acteurs qui désespèrent maintenant la population entière.


Ce protocole, que Marc Ravalomanana accepterait de signer, existe. Il inclut des clauses assurant la continuité des engagements internationaux (en clair, la tenue du sommet de l’Union Africaine), et aussi la continuité, la neutralité et l’indivisibilité conservatoires de la République. Autrement dit, il doit rester le Président. De là peuvent ensuite découler les concessions sur le gouvernement de réconciliation, et d’autres mesures réclamées par les contestataires. 

 

Oui, mais voilà ! Depuis le 25 février, les responsables du mouvement demandent de nouveau le départ du Président. Et pour eux, il n’est plus question d’un sommet, considéré comme un véritable piège avec l’arrivée de tous ces chefs d’Etat à l’esprit clanique, prompts à protéger l’un des leurs.


Les Malagasy auront un jour ce pays de libertés, avec un bonheur minimal garanti (valeur introduite par le roi du petit royaume himalayen du Bhoutan). Mais pour y parvenir, ils devront peut-être boire jusqu’à la lie la stupidité et l’orgueil imbécile de leurs dirigeants.  

 

Photo 1 : Alain Ramaroson le 17 janvier sur la place de la démocratie à Ambohijatovo

Photo 2 : 28 février 2009, les casseroles résonnent de nouveau sur la place du 13 mai


Alain Rajaonarivony

 

 


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Published by Alain Rajaonarivony
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