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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 10:50




Les crises d’asthme se multiplient parmi les populations fragiles, en particulier les enfants. Les médecins ont déjà relevé ce fait depuis des semaines, quand les premières grenades lacrymogènes ont commencé à être utilisées. Le pouvoir a changé de mains mais les grenades continuent de pleuvoir quasi-quotidiennement suivant les rythmes des protestations.

 

 Les ornithologues ont constaté que les oiseaux ont déserté le centre de la capitale. D’après ces spécialistes, les oiseaux seraient dans leur dernière étape de reproduction et les oisillons ne peuvent pas encore voler correctement. L’écosystème risque d’être perturbé dans les mois à venir s’ils ne peuvent pas migrer vers des lieux plus accueillants. Heureusement, ils ont des ailes et peuvent se passer de visas. Les détonations et les fumées toxiques ne sont recommandées pour aucun être vivant. Antananarivo n’était déjà pas une ville détendue où il faisait bon vivre avant les affrontements politiques. Inutile de s’étendre sur l’atmosphère actuelle ! En tout cas, on n’entend plus un seul piaillement, et les hérons blancs qui volaient en formation ont disparu.

 

 Plutôt que de commenter des Assises sans intérêt qui tiennent plus de la communication événementielle que de l’acte politique, ne servant qu’à donner un vernis démocratique en l’absence de l’autre partie, il est préférable de braquer les projecteurs sur ceux que l’on oublie. Néanmoins, pour les accros de l’analyse, voici le lien de Sobika.com donnant les résolutions de cette réunion. Clicker ici pour les informations parues sur Sobika.

 

Nous avons mentionné l’impact direct qu’aura cette crise sur l’éducation de millions d’enfants en raison des suspensions des accords de coopération entre Madagascar et la Norvège (voir article précédent : « en avant vers l’inconnu… »). Le départ des volontaires américains du Peace Corps, qui enseignaient parfois dans les brousses les plus reculées enlèvent toute chance à leurs élèves de suivre un cursus scolaire. En ville, plusieurs cantines scolaires ne sont plus approvisionnées et financées. Le chômage des parents aura évidemment des conséquences sur la vie quotidienne de la progéniture. Mais seuls les diplomates ont tiré le signal d’alarme. Aucun politicien malgache n’a parlé de mesures d’accompagnement pour protéger les jeunes générations.

 

L’éducation a largement progressé ces 10 dernières années. De 1997 à 2007, les enfants scolarisés sont passées de 1.9 millions à 3.8 millions dans le primaire, soit une augmentation d’environ 100%. Les taux d’inscription à l’école pour les plus petits ont aussi évolué dans le même sens,  passant de 60% à 90%. L’essentiel de l’effort a été fourni par les gouvernements de Ravalomanana qui ont supprimé les frais de scolarité et construit un nombre considérable de salles de classe.

 

Les enfants sont encore plus en danger en cette période trouble. Les conditions sociales sont tellement dégradées qu’elles peuvent favoriser outre la déscolarisation, les fugues et abandons Ce rappel à l’ordre a été diffusé par les diplomates en poste à Madagascar le 3 avril. Il a été publié immédiatement par Sobika.com, suivi par d’autres médias. Je le mets en ligne en décalé pour qu’il ne s’efface pas de notre mémoire. Car les enfants ne peuvent pas s’envoler vers des rivages plus souriants comme les oiseaux. Ils doivent subir la folie des adultes.

 

 

Photo 1 : Des enfants à la fontaine. Corvée nécessaire quand on n’a pas l’eau courante

Photo 2 : des jeunes collégiennes à une manifestation pacifique pour le retour de la « légalité » le 25 mars.

 

 

 

DECLARATION, Antananarivo, le 3 avril 2009.

 

 

La crise politique à Madagascar a eu des impacts importants en particulier dans les domaines de l'éducation, de la santé et sur la sécurité des personnes. L'évolution de la situation, politique ainsi qu’économique, accroissent considérablement le stress au sein de la population. Dans ce contexte, les enfants sont particulièrement vulnérables.


Les droits de l’enfant doivent être respectés dans leur intégralité dans toutes les circonstances. Les enfants doivent être protégés contre toute forme de violence et ne doivent pas être exposés à la violence ni être impliqués dans des actes de violence. Selon la Convention relative aux droits de l'enfant, tout enfant de moins de 18 ans a droit au respect de sa personne et de son bien être physique et psychosocial.


Dans la situation actuelle, nous rappelons à tous et à chacun de protéger les enfants et de prendre toutes les mesures nécessaires pour créer un environnement favorable à leur protection et développement dans leur communauté, école et famille.

 

Signés par :

 

Ambassade d’Afrique du Sud, Ambassade d’Allemagne, Ambassade de France, Ambassade de Norvège, Ambassade de Suisse, Consulat général de Thaïlande, la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale, la Délégation de la Commission européenne, ONUSIDA, UNICEF, PNUD et C. R. SNU.

 

 

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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commentaires

Norah 09/04/2009 21:45

J'ai pris l'habitude de lire vos posts. Contrairement aux commentaires précédentes (serait-ce la même personne?), j'aime bien lire vos articles M. Alain. Vous n'êtes pas comme ces TIM qui ne jurent que par Ra8 ou ces madagate où on ne jure que par TGV. Critiquer Ra8 n'empêche pas de souligner les bonnes choses de réalisées. Il faut savoir rendre à César ce qui est à César.

RNA 08/04/2009 01:23

Je prenais beaucoup de plaisir à vous lire il fut un temps. Des analyses fines, objectives et bien écrites me permettaient de me tenir au courant de ce qui se passait au pays.Malheureusement, votre côté "girouette", comme le souligne un commentaire précédent, vous fait perdre entièrement toute votre crédibilité. C'est bien dommage.

Ramananjarasoa 06/04/2009 13:48

Je partage l'avis de Girouette. Je ne vous comprend plus. Que la prise de pouvoir de Mr Andry Rajoelina soit discutable, soit, mais pourquoi ce sentiment de regret à l'endroit de Mr. Ravalomanana? Un bon analyste doit avoir une vue globale de la situation. Nous comptons sur vous "les journalistes" pour nous donner une synthèse impartiale de la situation : était-il un bon président pour tous les malgaches? était-il intègre? était-il juste? était-il un vrai Ray Aman-dreny? A quoi pensait-il quand il se rase le matin : "comment faire pour avoir plus de bénéfices pour le groupe TIKO?" ou "Comment faut-il faire pour sortir mon pays et ses habitants de la pauvreté?". je sais qu'un Homme n'est ni entièrement "mauvais" ni entièrement "bon" mais quand même, le constat est là : il y a eu "des laissées pour compte" et ils ne sont pas néglieable. Sinon, Rajoelina n'aurait pas réussi ce coup de force. ce qui s'est passé est avant tout un problème social non?

Alain Rajaonarivony 06/04/2009 19:58


Ce n'est pas le regret de Ravalomanana mais la certitude qu'on aurait pu éviter un désastre, qui n'en est qu'à ses débuts, si les politiciens malgaches avaient gardé un minimum d'éthique. Un
Président dépourvu de pouvoir avec un gouvernement de cohabitation était tout à fait possible et aurait permis au pays de garder sa crédibilité internationale (et les financements et
investissements qui vont avec).

"Entre nous, je ne serais pas plus nul que lui" avait dit Andry Rajoelina à Valérie Herz, de France 24. Ce n'est pas sûr! Tiko a triché sur les taxes de douanes. Soit son propriétaire payait ce
qu'il devait à l'Etat, soit l'entreprise aurait pu être nationalisée pour le bien de tous. Au lieu de cela, on détruit tout, en mettant 3.500 personnes au chômage, et sans doute beaucoup plus en
comptant les fournisseurs et autres prestataires. C'est tout un tissu économique qui disparaît par esprit de vengeance. Le comportement d'Andry Rajoelina n'est pas celui d'un homme d'Etat, ou alors
il accomplit l'oeuvre commandée par une tierce puissance qui veut affaiblir Madagascar, comme cela s'écrit sur tous les forums.

Je critique Ravalomanana sans concession mais je ne veux pas participer à sa "diabolisation". Madagascar est déjà assez humilié comme cela.


girouette 06/04/2009 08:08

un coup je descend ravalomanana, le coup d'après je dis que c'était pas si mal du temps de ravalomanana. faudrait savoir et se décider mon cher alain ?

Alain Rajaonarivony 06/04/2009 10:40


L'honnêteté veut qu'on prenne toutes les facettes d'un personnage, ses côtés sombres comme ce qu'il a fait de positif. J'ai dénoncé sa kleptomanie économique qui a fait beaucoup de mal ainsi que
ses dérives autoritaristes. Cela n'enlève en rien le travail qu'il a démarré dès 2002 dans le domaine de l'éducation et qui est assez exceptionnel. Ce n'est pas par hasard que des lycéens et des
collégiens se soient retrouvés dans les manifestations "pro-légalistes".