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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 13:11

 

 

Le 23 avril, Antananarivo s'est de nouveau embrasée et n'en finit plus de défier la HAT (Haute Autorité de Transition). Le résultat : une trentaine de blessés par balles, dont des enfants, parmi les contestataires, un garde de corps d'un responsable de la HAT dans le coma, la violence est désormais à chaque fois au rendez-vous. Les manifestations «légalistes» sont maintenant quotidiennes. A l'interdiction du pouvoir répond la détermination des opposants. Pendant ce temps à Paris, Mialy Rajoelina, la femme du président de la HAT recevait un accueil «enfariné» de la part de membres de la diaspora à l'aéroport.

 

Il existe un autre pôle de résistance dont on parle moins mais qui donne des migraines au nouveau pouvoir. Antsirabe, à 170 kilomètres de la capitale connaît aussi des rassemblements «légalistes» importants et quotidiens. La HAT n'a réussi à imposer aucune des personnes qu'elle a nommée dans cette région : directeurs régionaux de l'éducation, de la santé ou chefs de circonscriptions scolaires, tout le monde a été «dégagé» de manière pacifique par la foule.

 

Solo Rabemizana, président du Conseil régional affirme que tout s'est toujours déroulé dans le calme dans la ville car un accord avait été passé avec les forces de l'ordre. Tant qu'il n'y avait pas de débordements, elles n'intervenaient pas et observaient une stricte neutralité. Raison pour laquelle le vendredi 24 avril, un vent de panique avait soufflé, car le bruit avait couru que la HAT allait envoyer des militaires plus «militants» pour mater les opposants. Les responsables du mouvement estiment que ce serait une «erreur» de leur part. D'après eux, Antsirabe serait à 80% «légaliste». Les usines Tiko faisaient vivre des milliers de familles.

 

Les employés de l'unité d'Andranomanelatra, située à l'entrée de la ville, racontent comment le Capsat a fait une descente pour voler les stocks de fromage. Maintenant, les chaînes de production sont à l'arrêt et la totalité du personnel au chômage. Les camions de livraison ont été brûlés à Tanjombato, dans la banlieue d'Antananarivo.

 

La mairesse d'Antsirabe était à la manifestation d'Antananarivo le 23 avril. Son mari a été arrêté.

La HAT a décidé de recourir à la force pour tenter de réduire les rassemblements de plus en plus importants. Le 24 avril, la marche des femmes «légalistes» à Antananarivo a été sévèrement réprimée. Le pouvoir reconnaît qu'une femme a été tuée par une «balle perdue» et des dizaines de personnes blessées. L'ordre des médecins rappellent à ses membres l'obligation du respect de la déontologie, en particulier en ce qui concerne les blessés. Des pressions ont été exercées sur le personnel soignant afin qu'il ne prenne pas en charge aux urgences les victimes des forces de l'ordre.

 

«Reporters sans frontières» a condamné les entorses à la liberté d'expression, des fermetures de médias aux menaces sur les professionnels. Les journalistes de TVM (Télévision nationale) font ce qu'ils peuvent. Le ton des informations en français est plus neutre que celui en malgache, sans doute pour une question d'image vis-à-vis des étrangers. La HAT s'appuie de plus en plus sur la partie de l'armée qui lui est fidèle au fur et à mesure que sa popularité s'effrite. La population remarque que les éléments du Capsat qui participent aux répressions violentes dans la Capitale sont pour la plupart originaires du Sud. A tous les malheurs risquent bientôt de s'ajouter des tensions ethniques.

 

Pour l'instant, la HAT fait semblant de rien et tente de gouverner. Comme Ravalomanana avant son départ...

 

 

Photo 1 : Rassemblement «légaliste» le 24 avril à Antsirabe

Photo 2 : L'unité de production Tiko d'Antsirabe le 23 avril : une usine fantôme

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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