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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 11:56

 

 

La fenêtre «Edition Spéciale» s'est affichée sur l'écran le 25 avril au soir suscitant les interrogations des téléspectateurs de TVM sur l'événement qui nécessitait une annonce si urgente. Concernait-elle l'ancien Vice-premier ministre Pierrot Rajaonarivelo qui venait de rentrer d'exil et avait atterri le matin à Ivato malgré les réticences de la HAT (Haute Autorité de Transition)? Ou la déclaration la veille de Maître Avoko, responsable de l'association «Kung-Fu Wisa» qui avait lancé un ultimatum à Andry Rajoelina, président du régime issu du coup d'état? Il avait donné 24 heures (week-end non compris, avait-t-il précisé) à ce dernier pour arrêter les répressions sanglantes envers la population tananarivienne. Faute de quoi, les adeptes des arts martiaux promettaient de la défendre contre les exactions d'individus qui ne respectent ni la loi, ni la discipline, ni surtout la vie humaine.

 

Ce sont 3 officiers de la police, de la gendarmerie et de l'armée qui apparaîtront finalement. Parmi eux se trouvait le chef d'état-major auto-proclamé. Ils ont d'abord présenté leurs condoléances aux victimes des violences des militaires avant de passer aux menaces, en déclarant que les forces de l'ordre ne se laisseront pas faire et en rejetant la faute sur une poignée d'agitateurs.

 

Des morts et des dizaines de blessés dans les manifestations du 20, 23 et 24 avril, cela ressemble à un massacre à la petite semaine. Les commanditaires de ces crimes devront payer au même titre que ceux de la fusillade du 7 février. Jusqu'à preuve du contraire, c'est bien le gouvernement de la HAT qui en est responsable. Une marchande de journaux qui prend une balle en plein crâne, en marge d'une marche pacifique de femmes réprimée par la soldatesque à coup de grenades lacrymogènes et de tirs à balles réelles, c'est inexcusable!

 

Roindefo Monja, le Premier ministre de la HAT a justifié les actes de ces militaires par des arguments qui insultent l'intelligence : les manifestants se seraient tirés dessus entre eux le 20 avril. Et la déclaration de ces 3 officiers ressemble à une véritable provocation et une déclaration de guerre envers les Tananariviens. Ils n'ont pas hésité à affirmer que des contestataires avaient des grenades et des armes de guerre. Témoignages, photos et vidéos démontrent pour l'instant le contraire.

 

Les différents membres du gouvernement de la HAT se sont succédés à la tribune le vendredi 24 avril pour dénoncer les méfaits économiques de Ravalomanana. Les dossiers étaient bien préparés mais l'impact de cette prestation sur l'opinion publique fut très limité, voire quasi-nul. Les esprits étaient accaparés par les morts et les blessés.

 

La HAT parle de désinformation pour expliquer le désaveu et le rejet dont elle fait maintenant l'objet. La fermeture des médias de l'opposition, l'interdiction de manifester, les répressions sanglantes des rassemblements «légalistes» ne sont pas des élucubrations de journalistes. La propagande pro-HAT passe en boucle sur TVM (télévision nationale) pour justifier le coup d'état.

 

Le nouveau régime a réussi en quelques semaines à faire regretter un Président honni pour ses dérives. Mais on est passé d'abus économiques et de délires mégalomaniaques à des assassinats au quotidien. Ces pauvres gens n'avaient commis d'autre pêché que d'être présents dans la rue ou d'exercer leur liberté d'opinion. Andry Rajoelina devra assumer les attaques du Capsat envers les citoyens dont il était, il y a peu encore, le Maire adulé. La déclaration de ces 3 officiers risque de déclencher une réaction épidermique des Tananariviens. Tenir le verbe haut face à une population traumatisée relève de l'inconscience. Toute la capitale a remarqué que les éléments du Capsat qui se comportent comme des bourreaux sont des Côtiers du Sud. Les Tananariviens ont le sentiment d'être agressés chez eux par des «étrangers» qui ne témoignent d'aucune compréhension. La haine envers le Capsat et leurs donneurs d'ordres est en train de prendre des proportions qui pourraient être fatales à la HAT.

 

Dans la nuit du samedi au dimanche 26, un blindé immatriculé BRM 222 a été détruit par un cocktail molotov au camp de gendarmerie de Fort Duschesne. D'après les explications officielles, les explosions entendues seraient dues aux munitions que contenaient le véhicule.

 

La malédiction continue pour les Malagasy. La liberté et la joie se dérobent depuis 1972. Ils continuent de lutter mais le temps passe inexorablement et seul le cauchemar est pour l'instant au rendez-vous. Le soleil sera peut-être pour la future génération...

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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Amere 30/04/2009 02:32

Moi Alain, j'applaudis que vous ayez le courage de dire tout haut ce que beaucoup observent sans oser rien dire. A partir de ses analyses, il semblerait que Antso Rabearimanana sous entend que seuls les legalistes sont racistes, avec les insultes de fozaorana etc..., tandis que les proTGV ne le seraient pas : quel aveuglement !D'apres ses analyses aussi : les CAPSAT feraient mesure de retenue car ils auraient pu tuer plus, ce dont faudrait il aussi leur etre reconnaissants? A quoi en arrive-t-on. On entend ces CAPSAT miroky partout. On sait qu'ils sont effectivement des "etrangers". Le fait de relever ce fait est-il du racisme ? Je ne pense pas. Tout le monde le voit. C'est de l'hypocrisie de faire semblant de ne pas le voir. Nous sommes tous malgaches certes, mais il y a des differences regionales. La reconciliation nationale cela commence par la aussi. Eclater une bonne fois pour toutes ces histoires d'andevo/andriana, tanindrana/borizano, etc...

Kolikoly 28/04/2009 14:31

Déception, le mot est faible après avoir lu de si pertinentes analyses ! Si vous ne faites que dire ce que les gens disent, cela ne fait qu'aggraver votre cas ! Petite question naïve : comment reconnait-on un côtier du sud ?

Ramananjarasoa 28/04/2009 10:24

Je remercie Antso Rabearimanana pour son récit très très pertinent. Merci monsieur. Je pense pour ma part que nous, les "malgaches avarampianarana" avons la lourde tâche d'éduquer nos compatriotes qui sont dans le feu de l'action et qui n'ont plus le recul nécessaire pour observer à toutes épreuves le "fahendrena malagasy". Si on accouche des récits dangeureux en disant "Je ne fais que relater les faits", devant la gravité des faits en question, je qualifie cela d'"attitude irresponsable". Je soupçonne même son auteur d'attiser la haine raciale. Car contrairement à Antso Rabearimanana, je ne vous connais pas personnellement  Mr. Rajaonarivony. Je peux donc penser que vous cautionnez ce genre de racisme primaire. Car les côtiers ne se limitent pas seulement aux mutins de la CAPSAT, encore moins les gens du sud. Alors il faut le dire, il faut avoir le courage de le dire. Il est de notre devoir en tant que citoyen de ne pas s'arrêter aux faits, mais de dire haut et fort que le racisme est dangeureux et que chacun doit se ressaisir, sinon, on est tous en train de creuser notre fosse commune. Nous sommes en 2009, les malgaches doivent se réveiller et c'est aux journalistes à travers les médias d'éduquer les gens dans ce sens.

antso Rabearimanana 27/04/2009 20:03

Alain, Je vous crois tout à fait quand vous dîtes transcrire l'ambiance dans laquelle les légalistes baignent actuellement à savoir la haine envers les côtiers et les mainty en général et les sudistes en particulier. Là où je ne vous suis pas c'est quand vous affirmez que c'est les morts quotidiens qui en sont la cause. Au mieux, ces morts d'homme tout à fait condamnables par ailleurs, n'ont fait qu'exacerber un sentiment déjà bien ancré chez les légalistes. En effet, je suis certain que vous avez déjà entendu le mot "fozaorana" une fois au moins pendant cette crise. Dois-je vous préciser le sens de ce mot? Il désigne les partisans TGV venant semble-t-il des bas quartiers pour la plupart et insinue que ces derniers sont nocifs par nature et sous-entend qu'ils méritent une éradication. Bref, fozaorana est un avatar du mot "andevo" que beaucoup de gens rechignent de manière hypocrite à prononcer. J'ai eu l'occasion d'entendre, vous aussi j'en suis sûr, des légalistes affirmer que chez eux c'est à la fois la "quantité et la qualité". On ne peut être plus explicite. Et cela c'était bien avant les "morts quotidiens dont vous parlez". Les agissements des éléments de la CAPSAT ne font rien pour arranger les choses.Alain, je m'adresse à vous sincèrement et en toute amitié. Certes, vous ne faîtes que transcrire le sentiment des légalistes. Cependant, vos amis et vos lecteurs sont en droit d'attendre de vous plus que cela. Moi particulièrement, j'ai guetté en vain dans cet article, une analyse critique de cette haine tribale ou ethnique de votre part, car j'en suis certain, cela vous répugne. En omettant de le faire et en désignant les sudistes comme seuls responsables, vous donnez le sentiment que vous-même y souscrivez, ce que je ne crois pas une seconde. En mettant en garde seulement les forces de l'ordre, vous semblez vous-aussi agiter cette menace comme un chiffon rouge.Loin de moi l'idée de défendre la CAPSAT, mais je crois que c'est tout de même maladroit de comparer le comportement des forces de l'ordre de ces derniers jours et celui de la garde présidentielle du 7 février. En effet, si les éléments de la CAPSAT voulait massacrer la foule et tirer dans le tas avec des armes de guerre, comme cela a été affirmé ici et là, le nombre de victimes aurait été beaucoup plus important. ceci dit, je suis tout à fait d'avis qu'un seul mort, c'est déjà un de trop et que puisque c'est la HAT qui est dans les faits aux responsabilités, c'est elle (la HAT) et le gouvernement, les premiers responsables de ces morts.

Rakelifinoana 27/04/2009 16:52






Des bandits que pour une fois, les opposants-partisans de l’ancien président, se doivent de considérer comme des leurs du fait qu’ils sont en train de faire la sale besogne à leur place. En effet, les gros bras refont leur apparition. Les forces de l’ordre en sont venues à bout dans le quartier des 67 ha. Il n’y a donc aucune raison à ce qu’elles n’en fassent de même actuellement.
Cependant force est d’admettre que ces bandits et fauteurs de troubles sont de mieux en mieux organisés. Les recrutements se font facilement auprès des petits délinquants qui ne demandent pas mieux que de casser en étant payés pour le faire de surcroît.
L’argent recommence à couler à flots avec l’émergence des têtes pensantes formées par un trio d’enfer, qui ne reculera devant rien pour de l’argent. Bien entendu l’ex-président en dispose largement. En plus du nerf de la guerre, il y a aussi les armes. Ce n’est pas une nouveauté puisque depuis 2002, elles n’ont cessé de circuler librement. Qui plus est, l’ex-président en avait importé lui aussi soi-disant pour bien équiper l’armée malgache. Cette dernière, selon lui, devait se mettre aux normes internationales des armes de guerre.
En fait personne n’ignore que les armes étaient surtout destinées à sa garde rapprochée, celle qui avait tiré, sans sommation et à balles réelles sur des manifestants qui n’ont jamais, à aucun moment, montré de l’agressivité ce samedi 7 février 2009. Contrairement à ce qui se passe actuellement où les manifestants usent d’armes et les cachent derrière les jets de pierre.
Cette fois-ci la question qui se pose aux partisans de l’ancien président est de savoir qui des meneurs encourageant et envoyant les manifestants à la boucherie d’une part et des forces de l’ordre répondant aux provocations sans équivoque de ceux-là, il faut condamner. Que ces même personnes se rappellent de leurs applaudissements et approbations lorsque les éléments controversés de l’Emmo/Nat de répression s’étaient livrés, sans aucune justification, à la poursuite, non pas des manifestants, mais des passants, jusque dans les ruelles.
Ont-ils déjà oublié ces images intolérables de torture à Fianarantsoa et surtout dans le canal Andriantany? Ils pensent sans doute faire oublier ces actes de barbarie ordonnés par celui qu’ils défendent encore.
Il est vrai que leur objectif actuel est de dénigrer et de discréditer les autorités de la transition actuelles mais surtout l’Armée malgache et les forces de l’ordre.
Bien entendu, très peu de personnes sont dupes de la manœuvre un peu trop grosse pour être crédible. Ils ne lésinent pas non plus sur le côté cinéma. Cela commence par les photos de cet homme à la tête ensanglantée, de cette mare de sang sur le trottoir. Mais il en faudrait d’autres pour faire l’équilibre avec la quarantaine de morts d’Ambohitsorohitra.
Puis cela continue avec les disputes de cadavres à exposer et à veiller en public. Puis on enchaîne avec ces victimes collatérales, généralement des femmes et des enfants pour frapper fort. On fait un peu l’impasse sur les fauteurs de troubles qui, de par leur appartenance sociale visible, ne rehausse guère le côté bourgeois dont se réclament les manifestants d’Ambohijatovo. En effet, leur Premier ministre venait à peine de déclarer la guerre aux voyous et aux malfaiteurs du gouvernement de transition et de l’Armée malgache quand justement ce sont de véritables voyous et bandits qu’il lance en première ligne. Mais les martyrs seront puisés au sein des manifestants «bien» pour faire bonne figure.
Une grande frange de l’opinion constate avec autant de colère que de tristesse que les actuels partisans du président démissionnaire, adoptent exactement les mêmes attitudes qu’avaient eues leurs adversaires avant le 17 mars.
La seule différence réside dans cette recherche d’affrontements de manière à faire des victimes.
C’est pour cela qu’ils sont sortis d’Ambohijatovo. Les marches avaient été autorisées. Celles des femmes qui ont fait aussi du copié collé concernant le fameux dress code de leurs ennemis (vêtues de blanc et avec des fleurs). Ces marches ont relevé du carnaval et du folklore bon enfant autorisés par les tenants du pouvoir.
Mais à la longue, cela devient lassant comme ce qui est arrivé aux partisans de leurs adversaires qui voulaient de l’action. Cela, au moins, les partisans de l’ex-président l’ont compris et le font. La seule population de la Capitale est en train de payer un lourd tribut à ces querelles politiques moins autour d’idées que de personnes. La résolution de cette crise merino-merina risque d’être plus difficile que s’il s’était agi d’une affaire malgacho-malgache. Le problème est que certaines ethnies en tirent partie et avantage.