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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 10:38


ADDIS ABEBA, 22 JUILLET 2009

 


1.         A l’initiative du Président de la Commission de l’Union africaine (UA), S.E.M. Jean Ping, et dans le prolongement des décisions pertinentes du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et de la décision adoptée par la 13ème session ordinaire de la Conférence de l’Union tenue à Sirte, en Libye, du 1er au 3 juillet 2009 [Assembly/AU/Dec.252 (XIII)], le Groupe international de contact sur Madagascar a tenu sa deuxième réunion consultative à Addis Abeba, le 22 juillet 2009. Outre l’UA, cette réunion a regroupé les organisations et les pays ci-après : Commission de l’Océan Indien (COI), Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), Nations unies, Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et Union européenne (UE). La Libye, en sa qualité de pays assurant la présidence en exercice de l’UA, l’Ethiopie, en sa qualité de pays assurant la présidence du CPS de l’UA pour le mois de juillet 2009 ; ainsi que les membres africains et les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ont également pris part à la réunion. Au cours de ses délibérations, le Groupe de contact a entendu des communications des chefs de délégations des mouvances politiques Ravalomanana et Ratsiraka, qui ont répondu positivement à l’invitation adressée par l’UA aux quatre mouvances politiques malgaches.

 

2.         Le Groupe de contact a passé en revue l’évolution de la situation à Madagascar depuis sa réunion du 30 avril 2009. A cet égard, les participants ont réaffirmé les termes du communiqué publié par le Groupe de contact à l’issue de sa réunion inaugurale. Ils ont noté que les négociations entre les mouvances politiques malgaches en vue de l’adoption d’une Charte de transition pour une sortie de crise pacifique et consensuelle à Madagascar, conduite sous l’égide de l’UA, par une équipe de médiation internationale comprenant les Envoyés spéciaux de l’UA, de la SADC, des Nations unies et de l’OIF, avaient permis d’enregistrer des avancées importantes avant d’être suspendues le 16 juin 2009, du fait du raidissement des positions des parties. Les participants ont exprimé leur appréciation à la Médiation pour ses efforts, déployés avec l’appui du Chapitre opérationnel local du Groupe de contact, qui a tenu quatre réunions au cours de la période considérée.

 

3          Le Groupe a salué les conclusions et décisions du Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de la SADC sur Madagascar, tenue à Sandton, en Afrique du Sud, le 20 juin 2009, qui a notamment exhorté toutes les parties prenantes malgaches à s’engager en faveur d’un règlement pacifique et négocié de la crise. Le Groupe de contact s’est, en particulier, félicité de la nomination de l’ancien Président S.E.M. Joaquim Chissano du Mozambique comme chef de l’équipe de médiation de la SADC dans la crise malgache. Le Président Chissano a informé les participants de la mission qu’il a effectuée à Antananarivo et à Paris du 9 au 20 juillet 2009.

 

4.         Le Groupe a pris note de la position sur la situation à Madagascar contenue dans la décision adoptée par la 13ème session ordinaire de la Conférence de l’Union, par laquelle les chefs d’Etat et de Gouvernement ont, entre autres, exprimé leur appui aux éléments de sortie de crise articulés par le Groupe international de contact sur Madagascar lors de sa réunion du 30 avril 2009, encouragé le Président de la Commission à poursuivre et à intensifier ses efforts en vue du retour rapide à l’ordre constitutionnel, en étroite consultation avec la SADC, ainsi qu’avec les Nations unies, l’OIF et l’UE, et se sont félicités de la désignation par la SADC de l’ancien Président S.E.M. Joaquim Chissano comme chef de son Equipe de médiation sur la crise malgache.

 

5.         Le Groupe a également pris note du communiqué publié le 6 juillet 2009 à la suite de la consultation entre l’UE et les autorités malgaches de facto, dans le cadre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, communiqué qui, tout en indiquant que « les propositions et les engagements de la partie malgache restent dans un cadre non constitutionnel, ne présentent pas de perspectives crédibles à un retour à l’ordre constitutionnel », en appelle à un accord consensuel pour le retour à l’ordre constitutionnel.

 

6.         Le Groupe de contact a fermement condamné les actes de violence perpétrés notamment ces derniers jours à Madagascar, ainsi que les menaces qui pèsent sur les journalistes et la liberté de la presse. Il a adressé une mise en garde aux extrémistes, de quelque bord qu’ils soient, qui jettent de l’huile sur le feu et compromettent, par leurs actes, la recherche d’une solution négociée.

 

7.         Le Groupe de contact a mis en garde contre toute démarche unilatérale visant à légitimer le changement anticonstitutionnel intervenu à Madagascar, notamment l’organisation par les autorités de fait d’une conférence nationale et d’élections sans accord politique inclusif, et rejeté fermement toute tentative d’imposer des faits accomplis. Le Groupe de contact a instamment demandé aux autorités de fait, ainsi qu’aux autres parties malgaches, de placer l’intérêt de Madagascar et la recherche du consensus au-dessus de toute autre considération, particulièrement au regard des risques d’insécurité accrue dans l’Île, ainsi que de la détérioration continue de la situation économique et sociale, des souffrances qui en résultent pour la population civile et du danger que cette situation fait peser sur les accords qui lient Madagascar à ses partenaires, y compris l’AGOA.

 

8.         A la lumière de ce qui précède, et après avoir réaffirmé le rejet total par leurs organisations et pays respectifs du changement anticonstitutionnel intervenu à Madagascar, ainsi que les termes du communiqué du Groupe de contact du 30 avril 2009, les participants ont souligné l’impératif du retour rapide à l’ordre constitutionnel à travers un processus consensuel impliquant l’ensemble des acteurs politiques malgaches et fondé sur le respect des dispositions pertinentes de la Constitution du pays et ont réitéré leur engagement à œuvrer ensemble pour aider toutes les parties malgaches à réaliser cet objectif, à travers la tenue d’élections libres, régulières et transparentes, sous la supervision de la communauté internationale.

 

9.         De façon plus spécifique, le Groupe de contact est intervenu de ce qui suit :

 

  1. convocation, sous l’égide de l’UA, au Mozambique au plus tard dans la première semaine du mois d’août, d’une réunion entre toutes les mouvances politiques malgaches représentées par leurs chefs de file respectifs, pour parvenir à une solution consensuelle en vue du retour rapide à l’ordre  constitutionnel et régler les questions restées pendantes après la suspension des négociations inter-malgaches, le 16 juin dernier ;

 

  1. cette rencontre se déroulera sous la direction de l’ancien Président S.E.M. Joaquim Chissano, assisté de l’équipe de médiation de la SADC et des Envoyés spéciaux de l’UA, des Nations unies et de l’OIF, avec l’appui des autres membres du Groupe de contact ;

 

  1. le Médiateur de la SADC, en étroite collaboration avec les Envoyés spéciaux de l’UA, des Nations unies et de l’OIF, déterminera les modalités d’une mission préparatoire à Madagascar, la semaine prochaine, pour faciliter le bon déroulement et le succès de la réunion des chefs de file des mouvances malgaches et prendra attache avec toutes les parties malgaches tant à Madagascar qu’en dehors de Madagascar.

 

10.       Le Groupe de contact a encouragé le CPS de l’UA à demeurer activement saisi de la situation à Madagascar et, conformément à ses décisions antérieures et aux instruments pertinents de l’UA, notamment la Déclaration de Lomé, à prendre, le cas échéant, les mesures prévues à cet effet si, à l’expiration du délai de six mois stipulé par la Déclaration, il n’existe aucun progrès significatif sur la voie du retour à l’ordre constitutionnel.

 

11.       Le Groupe de contact a lancé un appel pressant à la communauté international pour qu’elle poursuive l’assistance humanitaire nécessaire afin d’alléger les difficultés de vie des populations malgaches aggravées par la situation politique actuelle.

 

12.       Les membres du Groupe de contact sont convenus de continuer à travailler ensemble sous l’égide de l’UA et en appui à ses efforts, afin de promouvoir un règlement rapide de la crise et le retour à l’ordre constitutionnel à Madagascar. Ils sont convenus de tenir leur prochaine réunion à une date et en un lieu qui seront déterminés au vu des progrès qui seront réalisés dans le processus de médiation.

 

Addis Abeba, le 22 juillet 2009

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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Big Bang 25/07/2009 12:15

La France, le pays d'hypocrisieQu'insinue encore la France quand celle-ci a élevé avant-hier à Ivandry Cécile Manorohanta, l'ancienne ministre de la défense de Ravalomanana, au grade de Commandeur de la légion d'honneur pour avoir en partie démissionné de son poste à la suite des événements sanglants d'Ambohitsorohitra (et, comme on le sait, perpétrés par le camp Rajoelina) ? 
Et ce qui est illogique, c'est que cette reconnaissance au nom du pacifisme était prévue être remise à C. Manorohanta depuis novembre 2008 selon les dires de "l'ambassadeur" français ; c'est-à-dire 3 mois avant que Rajoelina et ses sbires envoient leurs partisans à Ambohitsorohitra comme chairs à canons. Quand est-ce que la France cessera son jeu tantôt insinuateur tantôt hypocrite pour ne pas sombrer dans le ridicule ?
Que fait la France, elle qui se targue à se dire un pays républicain, démocratique et défenseur des droits de l'Homme, devant tous ces légalistes, parlementaires, leaders politiques, dirigeants privés et ex-agents d'Etat qui croupissent actuellement en prison pour avoir réclamé le retour à l'ordre constitutionnel ou pour avoir travaillé de près ou de loin avec Ravalomanana, sans compter les tortures, les rackets du CAPSAT, les tirs à balles réelles sur le mouvement pacifique des légalistes d'avril dernier, les prises d'otages du CNME, les perquisitions sans mandat du FIS et maintenant la pose de bombes de TGVistes ?
Bref s'il y a un pays à qui on doit donner des leçons de démocratie, c'est bien elle.