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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 12:18


Andry Rajoelina a donné le 4 septembre 72 heures à Roindefo Monja pour monter un gouvernement dit «consensuel» en l’absence des autres mouvances (celles des présidents Zafy, Ratsiraka et Ravalomanana) présentes à Maputo. Ces dernières ont commis l’erreur de proposer les 3 postes-clé, - la présidence, la vice-présidence et la primature -, aux militaires qui ont refusé. Discréditées par cette démarche, elles ont assisté, impuissantes, à la formation d’un nouveau "gouvernement Monja" présenté avec un léger retard, au bout de 91 heures. Elles n’ont pu qu’essayer de dissuader leurs ouailles de céder au chant des sirènes. Elles pourront néanmoins se consoler à la pensée que la démarche de leur adversaire commun est vouée à l’échec.

 

A la lecture des noms, Guy Rajemison comme vice-président de la transition ou Jacques Sylla pour le Congrès, on se dit que la HAT (Haute autorité de transition) s’est contentée de puiser dans les ralliés de la dernière heure, ceux qui ont abandonné ou trahi le président Ravalomanana au soir de sa déchéance, en mars, lors du coup d’état. Seule Cécile Manorohanta, nouvelle vice premier-ministre chargée de l’Intérieur a eu une attitude honorable. Ministre de la défense lors du massacre du 7 février, elle a eu le courage de démissionner pour protester contre toute cette violence. Elle fut la seule à être en cohérence avec ses idées.

 

Bref, il n’y a aucune ouverture susceptible d’entraîner l’indulgence de la communauté internationale. Le nom de Mamy Andriamasomanana a été cité à plusieurs reprises (voir articles précédents). Bien vu par les diplomates en charge du dossier Madagascar, sa nomination aurait été assurément un plus pour les autorités «de fait». Son cas avait été âprement discuté, certains voyant clairement les avantages que sa présence pouvait apporter, d’autres craignant que ses trop grandes compétences ne leur fassent par trop de l’ombre. Finalement, le poste de ministre des affaires étrangères qu’on lui aurait éventuellement attribué a été remis à son ancien titulaire, Ny Hasina Andriamanjato dont les prestations ont été loin d’être probantes. De Bruxelles à Addis-Abeba en passant par Paris, ce ne fut qu’une série de revers.

 

L’esprit de Maputo est bien mal en point. Ces réunions étaient une chance historique de sortir de la crise sans davantage de violences. Mais Madagascar n’est pas l’Afrique du Sud. Un gouvernement de bric et de broc, qui n’est qu’une continuation du coup d’état, ne peut que s’attirer la réprobation internationale. Dès l’annonce officielle de sa composition, il a été immédiatement récusé par les médiateurs de la SADC. Les trois autres chefs d’Etat signataires des accords de Maputo l’ont également condamné. Didier Ratsiraka le qualifie d’ «unilatéral».

 

Insécurité, chômage, injustice et une catastrophe économique sans précédent comme seul horizon, le peuple est effaré du comportement de ses politiciens. L’immoralité, la trahison et la corruption s’affichent sans complexe. Les manifestations légalistes prennent de l’ampleur. Bon appétit, messieurs !

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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commentaires

pas dupe 02/10/2009 00:15


Je vous trouve bien naîf envers Manorohanta et son "courage de démissionner"! Avec quelles "idées" a-t-elle été en cohérence? Aucune analyse, une réaction impulsive suspecte pour une femme qui
était ministre de la Défense et devait avoir le pouvoir et les moyens d'empêcher ces tueries. Ce qui apparait aujourd'hui comme le plus vraisemblable est qu'elle était déjà au courant de ce qui
allait se passer et même complice puisque dans le secret des dieux. Sa décoration récente par la France est révélatrice de son rôle pour renverser le Président Ravalomanana...