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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:30



Le débat fut un peu tronqué. C’était d’autant plus dommageable qu’il est relativement rare de pouvoir parler en profondeur des problèmes de la Grande Ile sur des médias qui ont une couverture planétaire, TV5Monde et RFI (Radio France Internationale) en l’occurrence. Le Vice-premier ministre de la santé de la HAT (Haute autorité de la transition), Alain Tehindrazanarivelo, arrivé au dernier moment dans les studios, n’avait visiblement pas envie de faire des sourires aux autres orateurs. Il a démarré l’émission par un long plaidoyer pour tenter de justifier la position des auteurs du coup d’état. Sur un débat télévisé d’une demi-heure, c’est du temps perdu sans apport concret. Néanmoins, au fur et à mesure, des idées-forces sont quand même apparues.

 

Francis Soler, de «La lettre de l’Océan Indien», a relevé que ce n‘était pas une crise de la pauvreté, mais celle de la richesse. C’est à chaque fois que le pays connaît un décollage économique qu’il se produit un clash entre les dirigeants et une partie de la population. Le diagnostic, unanime, fut que la mauvaise répartition des fruits de cette croissance et son accaparement par une minorité sont les générateurs des tensions passées, actuelles et à venir. Denise Epoté, de TV5Monde, a souligné la similitude entre la crise de 2002 et celle de 2009. 

 

Mamy Andriamasomanana, consultant impliqué de manière discrète dans les accords de Maputo, a précisé quelques points saillants des accords signés dans la capitale mozambicaine par les protagonistes malgaches. Maputo I demandait un premier-ministre de consensus, et surtout «neutre», pour préparer les élections qui permettront un retour à la normalité. Il semble clair que le gouvernement Monja II ne répond pas à cette définition, d’où la condamnation de la communauté internationale ( UA, SADC, OIF, Nations Unies…)

 

L’effectivité du pouvoir de la HAT est reconnue, non sa légitimité, encore moins sa légalité. Il s’agit donc de ramener ce régime, par le biais du dialogue avec les autres forces politiques, sur des bases acceptables au niveau du droit international. Mais la «fluctuation» des positionnements personnels, doux euphémisme pour qualifier les retournements de veste et autres trahisons diverses et avariéss rend la tâche difficile. Le temps a manqué pour développer les scénarii de sorties de crise. Chacun pourra se faire sa propre analyse en visionnant le débat enregistré le 18 septembre sur le site de TV5Monde.

 

Cette émission, qui serait banale en Europe, a eu un impact considérable à Madagascar. Cela tendrait à prouver le déficit de dialogue constructif entre les différentes composantes de la vie publique. Le samedi 19, dans l’après-midi, le premier-ministre, Roindefo Monja, a parlé pendant près d’une heure au téléphone avec Mamy Andriamasomanana. Et dans la soirée, une trentaine d’officiers malgaches en formation en France, s’étaient retrouvés au domicile de ce dernier à Romainville, pour lui apporter leur soutien dans sa démarche de réconciliation et de remise aux normes de la gouvernance. La perspective de l’isolement total de Madagascar, avec en corollaire une catastrophe économique sans précédent rend urgente une solution.

 

 

Photo 1 : Mamy Andriamasomanana et Francis Soler échangent avant le début de l’émission.

Photo 2 : Les protagonistes sont plus détendus après le débat.

Photo 3 : Les officiers chez Mamy Amdriamasomanana à Romainville le 19 septembre. A leur demande, les visages sont floutés.

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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zanakantitra 22/09/2009 16:03



Quelle sortie de crise ?


 


L’heure n’est plus à savoir qui a tort, qui a raison. De toutes façons toutes les parties en lice, si elles avaient une seule once
d’honnêteté intellectuelle et un petit moment d’introspection , conviendront avoir  commis, chacune, des actes néfastes pour notre
tanindrazana.


Ceci posé, quelle sortie de crise ? Le réel blocage tenait à l’accaparation par la HAT des plus hauts postes au niveau des futurs
instances de la transition , à savoir l’entêtement suicidaire de celle-ci à revendiquer et la présidence et la primature. Andry devrait céder sur ce point.


1)      Il apparaît évident que la présidence, quoi qu’en disent les mouvances des trois anciens présidents, doit revenir à l’actuelle HAT. Car au lieu d’apaiser les tensions, la mise
à l’écart de Andry ne ferait qu’exacerber les conflits et les querelles intestines. On s’acheminerait vers une probable guerre civile. Et ce prix là, nous ne sommes nullement prêts à le payer. En
tout cas les véritables tia tanindrazana ne saurait y songer.


 


2)      Pour l’intérêt suprême de la nation, c’est la primature qu’il faudra donc céder. Le talentueux éditorialiste Ndimby de Madagascar tribune a déjà écrit sur ce sujet dans son Yes
you can. Malgré ses multiples affirmations tonitruantes par ci par là, Monja a sûrement déjà compris ce qu’on attend de lui. Et de lui même, ne serait-ce que pour honorer la mémoire de feu son
père, il saura, le moment venu, trouver le courage nécessaire pour poser sa démission afin que le pays puisse retrouver enfin la sérénité dont il a besoin mais surtout puisse lui éviter les
multiples sanctions économiques qui l’asphyxierait fatalement.


 


Maintenant, quel profil devrait avoir le futur premier ministre ? Dans l’état actuel des choses, il faudrait pouvoir trouver un
oiseau fort rare pour ne pas dire gisa mainty car le candidat doit impérativement cumuler ces qualités :


 


-        
Justifier d’une expérience réussie dans le domaine administratif (hauts postes de responsabilité au CV) car il lui faudra tout de suite s’atteler à la
tâche : préparation de la future conférence nationale en vue de la  nouvelle constitution, refonte des listes électorales, préparation des
futures élections.


-        
être neutre et obtenir de ce fait l’acceptation des quatre mouvantes mouvances (ou du moins que l’une d’elles n’y oppose un véto) mais aussi le tso-drano des
anciens et de la société civile


-        
Maîtriser les arcanes juridiques


-        
Avoir une parfaite maîtrise de la gestion des deniers publics


-        
Posséder un impressionnant carnet d’adresses et des entrées certaines au niveau des instances internationales mais aussi auprès de nos bailleurs (FMI,
BM…)


-        
Maîtriser le langage diplomatique et être au fait de celui des politiciens


-        
Posséder assez de charisme et de personnalité pour savoir résister au moment voulu à toutes sortes de pressions


 


A toutes ces compétences, je rajouterai indéniablement un aura d’intégrité et de droiture : pas de casseroles (détournements,
corruption, malversations, …..)qui traîneraient dans son sillage.


 


La moindre faiblesse dans ces multiples critères nous entraînerait vers un échec inéluctable.


 


Nous sommes prévenus d’avance, pour réussir à sortir de l’eau, il nous faut un gisa mainty. Nefa Madagasikara tsy lany
olo-manga.


Ka iza ary no olona afaka hanavotra azy?
Masina ny tanindrazana