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  • Alain Rajaonarivony

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 16:16


Après avoir rencontré à Paris différents protagonistes de la crise malgache, en particulier Andry Rajoelina (voir article précédent), Mamy Andriamasomanana a pris l’avion «à l’arrache» dans la nuit du 2 octobre pour Antananarivo. Sa présence semble être ardemment souhaitée par tout le monde lors ce round de négociations.

 

L’implosion de la HAT (Haute autorité de la transition) n’est plus un secret pour personne, pas plus que les tensions entre les deux têtes du mouvement. Dès son arrivée le samedi, Mamy Andriamasomanana s’est entretenu à plusieurs reprises avec Roindefo Monja, le premier ministre «de fait». Le dimanche matin, il était à la présidence, avec Andry Rajoelina. L’après-midi, il accueille Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique et chef des médiateurs de la SADC qui débarque à Madagascar ce jour après avoir vu l’ex-président Ravalomanana en Afrique du Sud la veille.

 

L’agenda de Mamy Andriamasomanana est donc très chargé. Il représenterait une des dernières cartes pour sortir de l’impasse des négociations qualifiées de la dernière chance. Son atout est de connaître tous les acteurs, d’avoir la réputation d’une rigueur intellectuelle sans faille et d’une crédibilité auprès des instances internationales que très peu de malgaches possèdent. L’enjeu est vital. C’est tout simplement la levée de l’embargo économique et le retour à un minimum de consensus acceptable, donc l’arrêt des répressions et des actes arbitraires du pouvoir. S’il échoue, ce sera la mort économique, malgré les fanfaronnades de la HAT, et l’explosion sociale.

 

Sa présence fait donc l’unanimité ou presque. Après l’émission du 18 septembre sur TV5, le principe d’une rencontre a été arrêté entre lui et les responsables du GTT (Gasy Tia Tanindrazana) historique. L’objectif était de lever les ambiguïtés et de permettre, si possible, la synergie de toutes les énergies pour sauver la Grande Ile. Le rendez-vous a été décalé à cause de l’accélération des événements. Au même moment, le 24 septembre, l’aile dure dissidente du GTT menée par Hélian Ralison envoyait quelques personnes distribuer des tracts hostiles devant la mairie de Romainville. Mamy Andriamasomanana est directeur de cabinet du premier responsable de la ville.

 

Dans cette crise de 2009, Internet a encore montré ses capacités de réaction et d’information tout comme en 2002. L’épisode de l’ONU est symptomatique. Tandis que les Malgaches de l’intérieur étaient soumis au black-out, y compris les officiels, la diaspora et ceux qui avaient la chance de se connecter (une infime minorité dans la Grande ile) pouvaient suivre en direct la navigation hasardeuse de la délégation de la HAT au sein de l’immeuble des Nations Unies et les «empêchements» d’Andry Rajoelina le 24 et 25 septembre. Les propagandistes attitrés de la HAT en ont perdu la voix (et la plume) et oublié d’attaquer la diaspora comme à leur habitude

 

La toile est une véritable bouffée d’oxygène pour les Malgaches. En quelques mois, l’évolution a été spectaculaire. Les sites et les blogs se sont multipliés, avec une qualité rédactionnelle et technique, au niveau de l’interactivité (vidéos, audios, liens) par exemple, en amélioration constante. La confrontation permanente des idées et l’ouverture obligatoire sur le monde ont sans doute été le moteur de ce bond qualitatif (n’y voyez aucune malice ou une allusion à un autre événement), entraînant moins de manichéisme et plus d’approfondissement dans les sujets.

 

Les forums ou les commentaires sont maintenant indissociables de tout article. Ils font partie des normes appliquées par les médias démocratiques. Ils permettent l’expression libre du citoyen et son interaction avec l’auteur et les autres lecteurs. Les dérapages sont inévitables  d’où l’existence d’une modération que la loi impose. C’est la règle du jeu. Midi Madagasikara, une vieille dame de la presse malgache, s’y est mise en ce mois de septembre 2009 et ses articles peuvent désormais être commentés.

 

Tout ça pour dire que pour participer à cette convivialité et cet échange, j’ai décidé de mettre en lien Madkudeta et Reflexiums, deux blogs, entre autres, que je suis depuis un certain temps. Le premier accorde une place importante aux témoignages vidéos, le second aborde ses sujets sous un angle original, celui d’un membre d’une minorité. Car Achille est karana, paraît-il, et ses analyses intègrent parfois des éléments peu connus du grand public. C’est Solofo (qui a du mal à trouver du temps pour écrire) qui me l’a fait découvrir. Mais des blogs et des sites, il y en a beaucoup d’intéressants et leurs rédacteurs ne sont pas tous payés par Marc Ravalomanana ou un autre protagoniste malgré certaines affirmations. Détail remarquable, Madagate a fait le chemin inverse du mouvement général et supprimé ses forums. Allez savoir pourquoi…!

 

 

Alain Rajaonarivony



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Published by Alain Rajaonarivony
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commentaires

kudeta 08/10/2009 00:49


Alain Joyandet , je l'ai jamais senti. Cela s'est confirmé à Carlton. Ce monsieur fait des ravages, très doué pour ça.


kudeta 05/10/2009 15:06


Merci Alain pour l'ajout de mon blog...même si initialement je ne recherche pas l'audience, ça fait plaisir de susciter l'intérêt d'un journaliste reconnu.

"leurs rédacteurs ne sont pas tous payés par Marc Ravalomanana" , loin de là......  j'estime que j'ai le privilège
d'acceder à un fromidable outil qu'est internet, pourquoi m'en priver ?


achille52 05/10/2009 10:56


Merci de m'avoir cité dans l'article, et je pense également que de nombreux citoyens ont compris que les médias de masse étaient parfois partiels. C'est pourquoi des initiatives citoyennes sont
apparus, des blogueurs qui n'écrivaient plus ont repris la plume. Toutefois, j'espère que cela va continuer après que la crise soit résolue (on peut toujours l'espérer hein ?) Et que les médias
citoyens vont continuer à donner leurs points de vue sur tous les sujets, car je pense que la société malgache fait face à des problèmes en profondeur, qu'il convient de débattre et d'essayer de
résoudre.