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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 12:13


Débloquer à tout prix la situation et effacer l’échec de Maputo II, tel était l’objectif de la réunion d’Antananarivo du 6 octobre. La communauté internationale n’a pas lésiné sur les moyens. Elle a déployé une équipe renforcée de médiateurs comportant une cinquantaine d’intervenants et de diplomates. Et parmi eux, des poids lourds comme Tiébelé Dramé, émissaire des Nations Unies, Philip Carter, responsable des affaires africaines au States Department, Alain Joyandet, secrétaire d’état français à la coopération, Jean Ping, président de la Commission de l’Union Africaine, les représentants de l’Union Européenne… Le Carlton devenait une annexe des Nations Unies avec aussi la présence des ambassadeurs de la Chine ou de la Russie.

 

Tout ce beau monde aurait été impuissant si le principal obstacle à la suite des négociations n’avait pas été levé. Les accords de Maputo stipulaient qu’il fallait un «premier ministre de consensus et neutre», conditions que Roindefo Monja ne pouvait remplir étant donné qu’il était impliqué au premier chef dans le coup d’état. Une porte de sortie honorable était nécessaire. L’intervention de Mamy Andriamasomanana semble avoir été décisive. Sachant ce que les promesses valent à Madagascar, seul ce dernier pouvait inspirer confiance à Roindefo Monja car les deux hommes se connaissent bien. La loyauté en amitié aura été plus efficace que les lieutenants-colonels Charl et Lilyson des FIS (Forces d’Intervention spéciale),  rentrés bredouilles après avoir tenté vainement de dissuader l’ancien premier ministre de la HAT (Haute autorité de transition) de renoncer à son poste. Roindefo Monja avait décidé quelques jours auparavant de nommer Mamy Andriamasomanana Vice premier ministre chargé des Affaires étrangères mais ce dernier avait refusé, estimant que c’était prématuré. 

 

Les négociations auront abouti à quelques progrès. Les principaux acteurs ont réussi à accoucher des noms des futurs responsables de la transition. Le Vice-président de la nouvelle entité sera Emmanuel Rakotovahiny, de la mouvance du professeur Albert Zafy. La primature, poste convoité, revient à Eugène Mangalaza, sur proposition de Didier Ratsiraka. Cet universitaire devra gérer un gouvernement de réconciliation nationale où les 4 mouvances (Rajoelina, Zafy, Ratsiraka, Ravalomanana) auront droit chacun à 5 postes ministériels et la société civile 8. Didier Ratsiraka avait réactivé les quotas ethniques et le clivage Merina/Côtiers pour emporter la décision. Si Andry Rajoelina, un Merina, demeurait chef de la transition, le Premier ministre devait être côtier.

 

Le(a) dirigeant(e) du Congrès de la transition sera désigné par la mouvance Ravalomanana, celui ou celle du Conseil supérieur par celle de Rajoelina. Le mouvement de Zafy aura la présidence du Conseil national de la réconciliation et la société civile héritera du Conseil économique et social.

 

Les Nations Unies et les organisations faisant partie des médiateurs se sont félicitées de ces avancées significatives. Ban Ki-moon demande des concessions réciproques aux dirigeants malgaches. «C’est un bilan super positif» estime pour sa part l'émissaire de l'Union africaine, Ablassé Ouedraogo. «Cet accord va permettre le retour de Madagascar dans la communauté des Nations respectant l'ordre constitutionnel», a déclaré Alain Joyandet. «Le grand gagnant, c’est d’abord le peuple malgache » dira un juriste autochtone interrogé par la Deutsche Welle. Les Américains, qui ont été très virulents à l’égard des putschistes, encouragent aussi à la poursuite des efforts. Cet accord, récusé pour l’instant par Marc Ravalomanana qui n’admet pas de voir Andry Rajoelina diriger la nouvelle transition, a le mérite d’exister. Albert Zafy l’a, quant à lui, validé.

 

La question qui peut venir à l’esprit après cette réunion est : pourquoi les Malgaches n’ont-ils pas été capables d’initier un dialogue national effectif en 7 mois de crise et qu’il ait fallu attendre l’arrivée d’étrangers pour pondre enfin quelque chose de constructif? Cela leur aurait évité de crier maintenant à l’ingérence, aussi bien du côté des putschistes que des légalistes.

 

Photo : Mamy Andriamasomanana au Carlton le 6 octobre en compagnie de médiateurs (Sobika)


Alain Rajaonarivony

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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Antso 11/10/2009 03:12


Alain,
Ayant été à vos côtés en 2002, je ne comprends pas en quoi l'accord conclu entre les trois mouvances- je dis bien trois et non quatre car la mouvance ravalomanana n'y a jamais souscrit -constitue
une avancée significative. N'avons nous pas voulu débarasser notre patrie de Ratsiraka et de ses sbires corrompus et criminels responsables de sa déchéance? N'avons-nous pas dénoncé à l'époque
cette françafrique qui persistait à maintenir au pouvoir ce dictateur honni par son peuple? Aujourd'hui, la situation est pire qu'il ya 7 ans. La France a mis tout son poids dans la balance,
atteinte dans son orgueil par la gifle de New-york qui était destinée aussi bien à elle qu'à Andry tgv, pour imposer ses hommes à la tête de la transition. Je viens d'apprendre que le décret de
nomination de Mangalaza a été officialisé alors que le GIC lui-même a reconnu que l'accord du carlton n'est applicable que lorsque les signatures des quatre chefs de mouvance y sont apposées. Et
c'est d'ailleurs dans cette optique qu'un sommet  devait être organisé.Ainsi donc, Tgv et la france avec lui, foulent au pied la règle à la quelle ils se sont assignés et décident de
passer en force. Il faut dire qu 'ils n'avaient guère le choix vu la ténacité habituelle de ravalomanana et la pugnacité sous-estimée de Monja Roindefo. J'attire votre attention sur le fait que ce
dernier contrairement à ce que vous affirmiez, ne s'est donc pas laissé convaincre par Mamy Andriamasomanana. Mais je reviens à mes interrogations. Moi aussi, je suis un déçu de Ravalomanana et
pour ne rien vous cacher, je suis de ceux qui espéraient sa chute avant qu'il ne fasse trop de dégâts. Cependant, je suis bien obligé de reconnaître que sa chute a précipité le retour de ceux que
j'ai combattus en 2002. Vous semblez ne pas partager mon avis puisque vous êtes visiblement enthousiasmé par cet accord qui porte pourtant le sceau de la françafrique et qui remet au pouvoir les
hommes de Ratsiraka. La présence de Mamy ne doit pas vous aveugler. Ne pensez-vous pas que loin de calmer les choses, le retour des tsaranazy, JJ rasolondraibe et j en passe et des meilleurs risque
de raviver les tensions et surtout ne craignez vous pas le pire pour les deniers publics déjà bien écornés par la hat, vu ce que ces gens ont fait pendant les 21 ans de pouvoir de leur chef de
bande de ratsiraka? Alain, les enjeux de cette crise sont plus importants que les probables suspensions des "aides" extérieures et autres subsides des bailleurs traditionnels en cas de
maintien de Monja Roindefo. Notre pays est de nouveau à la merci des prédateurs padesm qui ne sont là que pour protéger les intérêts de leur mère patrie et se servir au passage. Les 42
premières années de notre indépendance en sont la preuve.
Amicalement,
Antso


Alain Rajaonarivony 11/10/2009 09:51


Bonjour Antso,

Le point positif que je voulais souligner avant tout, c'est le fait que les Malgaches aient recommencé à dialoguer et à avancer vers des solutions négociées. Sans réunion qui rassemble tous les
acteurs, pas de solution pacifique. Il est incroyable que l'orgueil, l'égocentrisme et la haine aient amené notre pays dans cette spirale de misère et de violence. La Françafrique tente sa chance
et c'est notre faute à nous, les Malgaches incapables de nous entendre un minimum pour régler seuls nos problèmes.
Roindefo a changé d'avis parce qu'il a les boules de se sentir trahi par Andry. Le coup d'état a réussi grâce à lui et aux militaires originaires de la même province que lui.
De tous ces soubresauts, la seule chose à espèrer est que les traîtres démasqués ne puissent plus avoir assez d'influence sur la marche du pays et que les Malgaches vraiment patriotes des 2 bords
se donnent la main pour sauvegarder notre indépendance dans le respect de la démocratie et de la population.

Amicalement


kudeta 10/10/2009 07:22


Le capitaine Daddis, lors de sa prise de pouvoir forcé, avait promis de ne pas se présenter aux élections présidentielles.
Tout comme notre putshiste actuel.
Les paroles de putshistes, je reste très méfiant.


achille52 09/10/2009 18:51


Marc Ravalomanana sait qu'il est le perdant, c'est pourquoi il refuser de signer l'accord. Sa déclaration contredit celle de son porte-parole. Les rats quittent deja le navire !


menalamba 09/10/2009 17:48


On est reparti sur les histoires de quotas ethniques. Le putchiste en chef reste en place et tout ce beau monde s'auto-congratule.
Mais le peuple dans tout ça? Qui lui a demandé son avis? Personne !!!
Je met ma main à couper que le Putchiste se présentera aux éléctions et sera élu comme par magie.
On doit être maudits !!!