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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 18:12

 

 

Kung-Fu 401325 278612025533993 100001555936755 769525 21566L’avion d’AirLink, vol 8252, a dû faire demi-tour au-dessus du Canal de Mozambique, à quelques dizaines de minutes de l’atterrissage prévu à Ivato pour 14heures10.

Et Njaka Lalaina Rabemiarana ne connaîtra jamais l’épilogue du bras de fer qui oppose Marc Ravalomanana à Andry Rajoelina. Il a succombé à un traumatisme crânien. Car même lorsque les forces de l’ordre malgaches n’utilisent pas des armes létales, elles arrivent à tuer en ne respectant pas les procédures. On ne balance pas une grenade lacrymogène en tir tendu, au milieu de la foule, au risque de la faire exploser sur quelqu’un.

Marc Ravalomanana a transmis ses condoléances à la famille de ce père de deux enfants présent à l’aéroport, avec une centaine de milliers d’autres personnes, pour l'accueillir ce 21 janvier.

Cet après-midi là, le ministre de la communication, Harry Laurent Rahajason alias Rolly Mercia, plein de bagout mais profondément menteur, annonce sans rire qu’il n’y a pas de Notam alors que TVPlus en avait déjà donné les références et que des milliers d’internautes ont pu en voir les photos. Le ministre, devenu en l’occurrence celui de la désinformation, s’est lancé dans un roman où il était question de faire atterrir l’avion sur un autre aéroport afin de pouvoir procéder à l’arrestation de Marc Ravalomanana, loin de la foule qui aurait empêché cette démarche. Rappelons que c’est le même individu qui a donné des leçons de déontologie aux journalistes, il y a quelques semaines.

Airlink-British-Aerospace-Avro-RJ85Rolly Mercia aura quand même donné une indication importante sans le vouloir : il y avait bien une foule considérable pour l’accueil de l’ex-président, estimée selon les sources entre 30.000 et 200.000 personnes. C’est au moins autant, sinon plus qu’au plus fort du soutien à Andry Rajoelina début 2009, alors Maire persécuté d’Antananarivo. 

La HAT a peaufiné au fur et à mesure le scénario, précisant qu’elle avait demandé au pilote d’atterrir à Morondava. Le mieux étant l’ennemi du bien, elle sera contredite par Rodger Foster, un des responsables d’AirLink qui affirmera que sa compagnie n’était pas au courant de cette proposition. Prévenu au dernier moment de l’interdiction de se poser à Ivato, le commandant de bord devait prendre une décision immédiate pour ne pas mettre en danger la vie de ses passagers. Hormis Morondava, qui n’est pas un aéroport international, Majunga, Tamatave, Tuléar et Fort-Dauphin, qui sont les aéroports de dégagement étaient également fermés par Notam. Très logiquement, le pilote a fait demi-tour. Un BA Avro RJ85 possède à peine un peu plus de 3000 kilomètres d’autonomie. Celui ou ceux qui ont signifié les interdictions aussi tard ont donc fait courir un réel péril aux passagers. Mais c’était sûrement le cadet de leurs soucis, obnubilés qu’ils étaient par leurs calculs politiques. 

Ra8 et Lalao dans l'avion 401383 2478077872075 1256349061 3Les Notam étaient signés par les initiales «PHAT», Président de la Haute autorité de transition. Omer Beriziky, le Premier ministre, a affirmé au micro de Radio France Internationale, qu’il ignorait leur existence. Andry Rajoelina a dû aller au charbon car le gouvernement avait refusé de les promulguer. Le Général Richard Ravalomanana s’était attribué dans la foulée la paternité de ces prescriptions, dans le but de dédouaner le responsable, sans être crédible. Par le passé, lui aussi n’avait pas hésité à mentir, ce qui lui avait valu la réponse cinglante d’une ministre mise en cause (voir l’article : «Affaire Bionnexx : Nadine Ramaroson contredit le Général Ravalomanana»). Ce n’est que le 27 janvier, après le retour de Beriziky et des autres composantes de la transition de Prétoria, où ils étaient convoqués d’urgence par la SADC, qu’Andry Rajoelina, terré jusque là, a ramené sa superbe en déclarant qu’il assumait la délivrance des Notam.

Le 24 janvier, la SADC a renvoyé les protagonistes dos-à-dos. Marius Fransman, le médiateur sud-africain a considéré qu’il était «irresponsable» de la part de Marc Ravalomanana d’avoir voulu revenir dans un contexte encore très tendu, même s’il considère ce retour comme inéluctable et nécessaire pour dénouer la crise. Andry Rajoelina, quant à lui, n’avait pas à agiter la menace d’une arrestation au moment où l’on parle de réconciliation et d’amnistie, ingrédients indispensables pour que le pays retrouve une situation pacifiée.

Pour Marc Ravalomanana, c’était une opération «win-win». S’il débarquait, il recevait l’accueil triomphal de ses partisans. S’il était refoulé, il démontrait la mauvaise foi de Andry. Et s’il avait été arrêté, il déclenchait une révolte générale. En fait, cette venue était un piège à c… Andry est tombé dedans !  

La seule vraie victime dans cette affaire, c’est encore et toujours le peuple qui aspire à un peu de paix et de normalité. A l’exception d’Albert Zafy, tous les dirigeants ont du sang sur les mains, y compris Andry Rajoelina, criminel à la tête pouponne. Quant aux abus de pouvoir et au pillage des richesses de la nation, il n’y a pas grand monde qui puisse donner des leçons. Le peuple serait pourtant prêt à les pardonner, s’ils faisaient simplement l’effort d’arrêter cette crise pour aboutir à une réconciliation.

Les Malgaches en ont assez de ces pseudo-pères-la-vertu qui transpirent la haine, l’esprit de vengeance et la lâcheté. Ils veulent pouvoir respirer, envoyer leurs enfants à l’école, bosser honnêtement dans une économie qui tourne normalement, sans maffias et prédateurs nationaux et étrangers … Si pour y arriver, le sang doit continuer de couler, alors que ce ne soit plus celui de citoyens innocents mais celui des gouvernants responsables de cet enfer. Qu’Andry relise l’histoire de son pays (je parle de Madagascar) et qu’il en tire les enseignements… avant qu’il ne soit trop tard ! 

Photo 1 : Beaucoup de monde à Ivato pour accueillir l’ancien président

Photo 2 : British Aerospace Avro RJ85 : une autonomie limitée 
Photo 3 : Marc et Lalao Ravalomanana : un aller-retour rapide Johannesburg-Tana... mais un bénéfice d'image certain.
 

Alain Rajaonarivony

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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commentaires

monpays 29/01/2012 07:59


Merci Alain,


çà fait du bien de lire quelqu'un qui essaie d'être objectif, dans tout ce brouhaha d'intox, de désinformation et de manipulation ( tant de la part de la HAT que des zanak i dada ).


Je pense de plus en plus que la seule solution à la sortie de crise consiste à:


-donner les pleins pouvoirs à Omer Beriziky pour mettre en place un gouvernement de techniciens,


-interdire à Rajoelina et Ravalomanana de se présenter aux futures élections


-fermer définitivement la g.... de Zafy et Ratsiraka


- mettre autour d'une table la France, les USA, la Chine et l'Afrique du Sud pour qu'ils se mettent d'accord sur un plan de non-ingérence


 


mais c'est peut être beaucoup trop demander....alors cette crise est loin d'être finie !!!