Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Alain Rajaonarivony
  • Contact

Profil

  • Alain Rajaonarivony

Recherche

13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 22:52

 

 

Pour ce premier article de l’année, je ne peux me déroger à la tradition et présente mes vœux à tous mes lecteurs et en particulier à tous ceux, proches ou lointains, qui m’ont fait part de leur soutien, journalistes ou simples citoyens, dans le procès intenté contre moi,

 

Et je forme le souhait qu’en cette année 2013, le peuple malgache retrouve le droit de vivre libre sans l’angoisse d’une insécurité au quotidien, que les enfants puissent aller à l’école, manger équilibré dans des cantines, être soignés…

 

La situation d’insécurité, de violence politique avec des procès iniques contre ceux qui dénoncent les dérives du régime, la dégringolade économique qui a vu l’explosion de la prostitution de survie, déstabilisent toute la société. De plus en plus d’enfants ne vont plus à l’école. 50% d’entre eux sont en carence alimentaire selon la FAO et près d’un million sont déscolarisés depuis le coup d’état d’après les chiffres de l’Unicef. Cela signifie tout simplement qu’on est en train de sacrifier la génération future aux ambitions politiques d’adultes dénués de toute morale, dont certains font partie du 3ème âge comme celui que TanaNews appelle maintenant le «juriste fou».

 

Si ce pouvoir, appuyé par des kalachnikovs, pourrit la vie des citoyens sur une Ile où l’on aurait pu être heureux, la diaspora est préservée de cette atmosphère oppressante même si elle souffre à l’unisson de leurs familles et compatriotes au pays...

 

René, Constantin, Marie-Lucie, Mahery, Simone, Espéré DS

 

Quoique…, pas tout à fait, puisque je me suis présenté le 8 janvier 2013 devant la XVIIème chambre correctionnelle à Paris, et cela à l’initiative du «vice-premier ministre chargé de l’Aménagement et du Développement du territoire de la République de Madagascar». Je n’ai pas eu l’honneur de le connaître puisqu’il n’était pas là, pas plus que son avocat Henri Rabary-Njaka, absent lui aussi, et qui a envoyé une jeune avocate à sa place.

 

Après les négociations faites sur la consignation des frais de justice (voir les détails –qui ont fait rire la salle- dans l’article de TanaNews) que doit payer le plaignant, le ministère public a soulevé «deux points de nullité» dans la procédure. Ils portent sur les articles 31 et 32 de la loi sur la presse ainsi que sur un alinéa manquant de l’article 32 dans la citation. C’est bien le ministère public qui a soulevé ces points, et non pas moi et mon avocate. La prochaine audience, prévue le 19 février 2013, à 13heures 30, déterminera si la plainte est recevable ou pas.

 

Si le tribunal décide finalement que le procès peut continuer, une 3ème audience aura lieu vers le mois de Novembre 2013.

 

L’avocate d’Overblog, lui aussi assigné, était présente et détendue. Il semble bien que leur défense soit prête. De mon côté, je reste serein et avec Christine Courrégé, mon avocate,  nous nous préparons aux différentes éventualités. La plupart des médias malgaches qui suivent ce procès parlent de «l’affaire Nadine Ramaroson» et non de «diffamation» car ils ont bien saisi que derrière cette attaque juridique se profile quelque chose de bien plus important : Pourquoi Nadine Ramaroson a-t-elle été tuée ?

 

Nadine Ramaroson distribuant des cadeaux aux enfants 294547Le 2 septembre 2011, soit 5 jours après sa mort, elle devait présider les «Etats Généraux du Social» à Antananarivo où plus d’un millier de participants était prévu (voir article de Nadine à ce sujet sur son compte Facebook en date du 17 août 2011). Elle devait, à cette occasion, dénoncer les grands trafics et la corruption à grande échelle, exiger du pouvoir qu’il accorde la priorité au social, ce qu’elle appelait le «Plan d’urgence social» et éventuellement dans la foulée, annoncer sa candidature aux Présidentielles.

 

Et quelques jours avant de disparaître, elle était montée au créneau sur une télévision privée. Elle affirmait ne pas vouloir cautionner les sales affaires du régime, du trafic de Bois de rose aux accaparements de terre en passant par les crimes de pédophilie. Elle disposait d’un listing avec des noms de hauts responsables politiques et d’opérateurs économiques mouillés dans ces affaires et se savait en grand danger. Plusieurs menaces de mort lui sont parvenues, ainsi qu’à ses collaborateurs, sans que le pouvoir daigne les prendre en considération. Au contraire, juste avant sa mort, la pression s’est accentuée sur elle (voir article : «Nadine ne les gênera plus»)…Le vrai enjeu du procès de Paris, c’est ça...

 

«C’est hallucinant !», «…ils veulent vous intimider?…», propos d’un élu français qui suit le dossier malgache et avec qui j’ai parlé longuement de la situation de l’Ile et de mon procès… C’est bien l’impression première que cela donne. Si Hajo Andrianainarivelo voulait démontrer son innocence dans cette histoire, il dispose d’un moyen très simple en tant que responsable de l’état : demander à ce qu’une enquête officielle, sérieuse et impartiale sur la mort de la ministre et de ses collaborateurs puisse enfin aller jusqu’au bout. La victime, de part ses responsabilités, a même droit à la venue d’experts internationaux spécialistes du domaine maritime. De cette façon, les conclusions qui seront rendues publiques ne souffriront pas de contestations.

 

Pour l’instant, au-delà des points et des virgules sur lesquels on pourra débattre dans mon article, l’objectif ressemble, aux yeux des observateurs, à une tentative de me faire taire et d’étouffer l’affaire Nadine Ramaroson. Et accessoirement de démontrer aux autres journalistes malgaches qu’il y a des dossiers auxquels il vaut mieux ne pas toucher… Nul doute que si j’étais à Madagascar, j’aurais déjà connu les joies de la garde-à-vue et des interrogatoires à la gendarmerie, comme ces malheureux journalistes ou simples citoyens dont les propos et les écrits ont déplu.

 

Et ce n’est absolument pas un hasard si le premier vrai procès intenté contre un membre de la diaspora ne vise pas un politique (ce ne sont pas les mouvements pro-Ravalomanana qui manquent) mais un blogger qui défend des idéaux moraux. Entre politiques, on peut toujours s’arranger sur le partage du gâteau, mais pas avec des individus intransigeants sur la justice sociale et le respect des droits humains.

 

Au-delà des calculs politiques, la diaspora devrait s’engager vraiment dans le combat maintenant, car elle dispose encore de la liberté et des moyens de s’exprimer et peut devenir la voix des sans-voix. C’est de l’avenir de nos enfants dont il est question désormais : prostitution enfantine, déscolarisation, ventes de terre aux étrangers, destruction du patrimoine (forêts de Bois de rose)… Si nous ne nous levons pas, ce ne sera pas la peine de pleurer dans vingt ans sur ce que sera devenue notre descendance…

 

Pour terminer, une sentence de l’archevêque Desmond Tutu qui sonne comme un rappel :

«Si vous restez neutre en situation d’injustice, vous avez choisi le parti des oppresseurs».

 

Photo 1 : René, Constantin un responsable des Verts, Marie-Lucie, Mahery (le fils de qui vous savez), Simone, Espéré (MyDago) devant le Palais de justice. L’audience est levée depuis bien longtemps mais certains ont continué à refaire le monde à la «Brasserie des deux palais» sur le trottoir d’en face. Certaines révolutions en Afrique ont commencé dans les chambres de bonnes des étudiants à Paris, alors…

 

Photo 2 : Nadine Ramaroson, distribuant des cadeaux aux enfants,… bien avant que ce ne soit la mode en politique. Derrière elle, Mme Aimée, sa chargée de missions, qui périra en même temps que sa ministre...

 

Alain Rajaonarivony

 

Partager cet article

Published by Alain Rajaonarivony
commenter cet article

commentaires

Ahemher 13/02/2013 19:10


Bonjour Monsieur Alain Rajaonarivony,


Je suis jeune étudiante en Master de Sciences Politiques à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille (France) et je suis actuellement en train de rédiger un mémoire sur La Françafrique : l'impact
du néocolonialisme français sur le développement à Madagascar (plein feux sur la crise politique depuis 2009).


Sachant votre position politique et votre implication dans la vie de notre pays, je voudrais savoir si vous pourriez m'aider dans la rédaction de ce mémoire en m'accordant un entretien (par mail)
et en me fournissant certains documents susceptibles de m'intéresser.


Je vous invite à m'écrire sur l'adresse e-mail mentionnée,


En vous remerciant pour votre réponse,
Bien cordialement.

Alain Rajaonarivony 12/04/2013 08:30



Je vous répondrai en Inbox.


Cordialement!



niry 21/01/2013 06:05


Bon courage, M.Rajaonarivony. Je n'étais pas fan de vos positions prises en 2009. Mais ce procès qui vous est intenté est, on ne peut plus scandaleux. Il traduit bien la façon de pocéder de ces
gens, qui sous couverts d'être respectueux de la justice, ne font que l'instrumentaliser à leur profit. Mais malheureusement pour eux, la France n'est pas fouzaland. Hajo ne s'en relèvera pas!

Alain Rajaonarivony 21/01/2013 08:20



Merci de vos encouragements!


Il est compréhensible qu'en 2009, on n'était pas tout à fait sur la même longueur d'ondes. C'était l'époque où le méchant (un président arrogant) commençait à se rendre compte qu'il faisait
fausse route et que le gentil (le petit maire persécuté) montrait brutalement son vrai visage, celui d'un instrument des intérêts françafricains. Dommage pour l'ancien président qui a été bien
trahi de l'intérieur et amené à la faute (mais c'est lui qui a choisi ses collaborateurs) et dommage pour ceux qui ont cru à un mouvement des Droits civiques pacifique, manipulé par des
puschistes tapis dans l'ombre...



Olombelona Tsotra 15/01/2013 02:24


 


Bonne Année Alain,


tout d'abord et tout simplement.


Pour commencer l'année, je propose de nous détendre et de revenir quelques pas en arriere, sur nos convictions republicaines communes de départ. Il nous faut nous détacher de nos colères, des
animosités entre nous. Il nous faut nous unir, non pas pour avoir raison sur nos adversaires politiques, mais pour retrouver nos interets communs (la voie de l'interet générale)


Il nous faudra convaincre et nous convaincre que nous n'avons pas perdu cette faculté de trouver nos solutions, entre nous gasy. Et que ceux qui n'y croient plus aient envie d'y croire.


Peut-être aussi pourrions nous nous inspirer de nos voisins sud-africains, qui on reussi à pardonner et se pardonner les uns les autres. Si nous partions de cette nouvelle base, l'éléction
pourrait apporter quelque chose pour notre pays, pour notre peuple dans son ensemble. Nous avons tellement de chantiers à entreprendre qu'en solitaire ou en petit groupe minoritaire, nous ne
parviendrons pas à sortir de notre petrin.


Il faut que ceux qui souhaitent candider puissent oser étaler leurs propositions, puis qu'on en discute et qu'on les questionne ouvertement et à plusieures reprises. Nous avons des candidats dont
nous ne savons même pas où ils veulent nous mener, pire encore, eux-même l'ignorent et se moquent des consequences.


En tant qu'électeur ou observateur, la situation est insoutenable. Il n'est pas possible de choisir pour une voie et non un candidat. Les seuls profiteurs de la situations actuelle sont les "ceux
qui ne conprennent pas l'interet de la démocratie et de la republique" et ceux qui veulent nous mener en bateau (ils sont nombreux et il ne faut pas les oublier). Je ne leur dirais qu'une
chose :


Il faut arreter ce cycle de bientôt 5 générations. Il faut arreter de déconner! Personne n'en sortira gagnant. les Exiles multiples, les Fuites, l'Insecurité dominante, le "macrelisme" généralisé
et Pauvreté dominante et ses consequences culturelles depuis plus de 40 ans... Non, non! Nous en avons tous assez vu!


Nous devons nous écouter d'avantage, nous respecter les uns les autres et repartir sur de meilleures bases, pour l'interet de notre environnement. Nous devons prouver que nous sommes
collectivement plus intelligeant que ce qu'on croit à étrangers.


Bonne Année