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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 21:58


La réunion s’est bien tenue dans la capitale du Mozambique du 5 au 9 août. Les quatre ex, actuels et éventuels futurs chefs de l’Etat étaient bien là : Marc Ravalomanana, le Président en titre, exilé depuis mars 2009 en Afrique du Sud, Didier Ratsiraka exilé à Paris depuis juillet 2002, Zafy «empêché» par le parlement puis battu aux élections en 1996 et Andry Rajoelina, chef de la Transition non reconnu par la communauté internationale après son coup d’état du 17 mars 2009.

 

Il n’y avait pas que l’atmosphère qui était lourde, les curriculums vitae aussi. A l’exception d’Albert Zafy, incontestable démocrate malgré quelques penchants tribalistes qui se sont atténués avec le temps, les trois autres invités bataillent avec leur conscience. Il n’est donc pas étonnant que les premières discussions se soient focalisées sur la question de l’amnistie.

 

Ratsiraka, surnommé l’amiral rouge, et pas simplement à cause de son idéologie, fut le premier à tirer son épingle du jeu. «Je n’ai jamais demandé l’amnistie. Je ne suis pas coupable. Je ne veux pas d’amnistie. Annulation mais pas amnistie» déclarera-t-il à la presse. Il obtiendra satisfaction dès le 3ème jour de discussion. Exit donc la condamnation par contumace à 10 ans de travaux forcés pour «détournements de deniers publics» et les 5 ans de prison ferme pour «atteinte à la sûreté de l’Etat» prononcée en 2003.

 

Pour Ravalomanana, l’attente fut plus éprouvante. Il avait écopé de 4 ans de prison lors d’un procès inique le 3 juin 2009 pour «conflits d’intérêt» dans l’achat de Force One II (voir article : «Champagne pour "Roméo Papa"»). Le prévenu n’était pas présent et la défense n’avait pas eu droit à la parole. Simplement, comme le Président a utilisé les mêmes méthodes pour condamner Didier Ratsiraka, son rival d’alors, il n’a pas trop insisté sur cet aspect. Ce n’est que le samedi 8 août qu’il obtiendra l’annulation de son jugement. Andry Rajoelina, son jeune tombeur ne voulait pas en entendre parler. En échange, le Président accepte de se tenir en retrait pendant les mois qui viennent «Dans l’intérêt supérieur de la nation et après concertation, il me semble raisonnable de ne pas participer personnellement à la transition. Cependant, la mouvance Marc Ravalomanana participera activement au sein de différents organes de transition. Il faut tourner la page. Mon retour à Madagascar dépend de la situation… J’exhorte tous les Malgaches, notamment mes partisans… de retourner à leurs occupations et de rester mobilisés pour la réussite de la transition consensuelle…» précisera-t-il.

 

L’ambiance était très crispée car Andry Rajoelina ne supportait pas devoir dialoguer avec Ravalomanana. La première victoire du jeune putschiste fut d’abord sur lui-même. Comme l’avait noté le journaliste de Jeune Afrique Cheick Yerim Seck, lors du débat sur France 24 face à Niry Jules de Sobika.com le vendredi 7 août, le jeune dirigeant faisait un véritable «blocage psychologique» et ressentait de la «haine» envers son prédécesseur. Un homme d’état doit pouvoir passer outre ses sentiments personnels pour ne pas léser la nation. Andry Rajoelina a enfin réussi. Il pourra prendre plus librement ses futures décisions.

 

Conforme à ce qu’on attendait de lui, le professeur Zafy a fait pression dans le sens de l’ouverture et d’un pardon réciproque. Il n’a pas défrayé la chronique. Les gens honnêtes n’ont pas d’histoires.

 

Cet accord, accepté sous l’égide de la SADC montre les capacités de cette organisation à gérer les conflits de la région et son indépendance vis-à-vis des ex-puissances coloniales. Elle avait suspendu Madagascar de ses instances fin mars qui en retour avait décidé de quitter cette union régionale. Cinq mois après, La HAT (Haute autorité de transition), prise à la gorge, a dû faire le voyage jusqu’au Mozambique.    

 

Le tristement célèbre commandant Charl s’est invité dans l’avion d’Andry Rajoelina le 4 août à la place d’un garde de corps. A peine la délégation est-elle arrivée à Maputo que les colonels mutins du Capsat, devenus chefs d’état-major et ministre de la Défense, ainsi que le chef de la police, menaçaient de ne pas reconnaître sa signature si jamais un accord permettait le retour de Ravalomanana au pays. En acceptant de ne pas jouer un rôle politique actif dans l’immédiat, le Président l’aide donc à passer ce cap(sat). Ces sorties intempestives des militaires malgaches n’ont pas impressionné Joaquim Chissano, principal responsable de la médiation. «Chacun est libre de déclarer ce qu’il veut, mais que cela n’entrave en rien aux discussions entamées à Maputo. Le GIC (Groupe International de Contact) est toujours disposé à entendre toutes propositions conduisant à une sortie de crise à Madagascar» se contentera-t-il d’indiquer sobrement.

 

Andry Rajoelina a indéniablement fait preuve de courage en cherchant un consensus permettant de lever les sanctions qui asphyxient l’économie et réduisent à la misère la population. Mais ceux qui profitent du système risquent de ne pas apprécier, en particulier l’aile dure de la HAT qui n’hésite plus à le contredire publiquement.

 

Dans 10 jours, place à Maputo II pour la composition de la Transition, en version «consensuelle et inclusive». Selon l'accord, le futur gouvernement de coalition comprendra un président, un vice-président, un premier ministre, trois vice-premiers ministres et 28 ministres. Ceux qui y participeront ne pourront pas se présenter aux élections qui auront lieu au plus tard dans 15 mois, en 2010, à l'exception du président.

 

Photo : Marc Ravalomanana à côté de Joaquim Chissano à Maputo (Photo Sobika)

 

Alain Rajaonarivony 




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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 23:20


Les Européens se ruent en ce début du mois d’août sur les routes, les gares et les aéroports pour profiter des vacances d’été. Tout le monde veut changer d’air et oublier un peu la crise. Quelques Malgaches vont aussi prendre l’avion, direction Maputo. L’atmosphère risque d’y être moins au farniente. Sous l’égide de la communauté internationale (regroupant la Sadec, les Nations Unies, l’Union africaine, la Francophonie etc…), ils vont tenter de sortir Madagascar de l’impasse. Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique et chef du groupe de contact  semble même avoir réussi à persuader Andry Rajaoelina d’y retrouver les autres leaders politiques, le Président Ravalomanana et les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy. Ayant fait faux-bond à Addis-Abeba au dernier moment, on attend de voir si le pouvoir transitoire honorera sa promesse. Néanmoins, pour sauver ce qui peut l’être, Andry Rajoelina  devrait faire le déplacement bien qu’il ait proclamé qu’il n’assisterait plus à aucune réunion.

 

La HAT se fissure de partout. Le « premier ministre » Roindefo Monja est attaqué de l’intérieur et certains ne voient pas d’un bon œil ses ambitions présidentielles. Les menaces de «balancer» ses agissements tenant plus du racket que de la politique ne sont plus voilées et sortent dans les médias qui soutiennent le régime. C’est donc la panique qui, comme on sait, est mauvaise conseillère. Dans la confusion, les kalachnikovs risquent d’être pointées dans la mauvaise direction… En tout cas, les scandales financiers n’ont rien à envier à ceux des pouvoirs précédents. L’image d’une HAT luttant pour la probité s’écroulera quand les langues se délieront. Le psychodrame qui se joue entre la Mairesse désignée d’Antananarivo, Michèle Ratsivalaka, et ses collaborateurs exigeant sa destitution, l’accusant d’incompétence et de corruption, n’en est qu’un avant-goût.

 

Pour l’instant, le peuple subit. Madagascar, qui a calqué son calendrier scolaire sur la France a connu un léger retard à cause des bouleversements politiques. Les élèves ont donc passé leurs épreuves du BEPC il y a quelques jours. Le sujet proposé en malgache peut être transcrit ainsi : «Le pouvoir de Transition accomplit actuellement des efforts pour le développement rapide du pays. Lesquels, selon vous ? Justifiez votre point de vue par des exemples, en 15 phrases rédigées correctement et sans fautes d’orthographe» («Misy ezaka ataon’ny Fitondrana Tetezamita hampandrosoana haingana ny firenena amin’izao fotoana izao. Inona avy ireo ezaka ireo araka ny hevitrao ? Tohano amina ohatra mazava izany ao anaty fehezanteny dimy ambin’ny folo, manaraka rafitra sy drafitra ka tsy ahitana tsipelina diso»)

 

Sujet difficile, en particulier pour trouver des exemples. Comme Niry de Sobika.com, un site de la diaspora, l’a relevé en premier, c’est tout simplement une violence faite aux enfants, impliqués de gré ou force dans la lutte de pouvoir actuel. Tous les psychologues pourront le confirmer mais très peu de journaux de la place ont osé franchement condamner au début. Dans l’atmosphère de répression qui prévaut, l’autocensure est un reflexe. Les professeurs et les parents d’élèves, montés au créneau, ont finalement permis de dénoncer l’inanité de l’Education. Aucun responsable n’a daigné reconnaître cette faute gravissime qui aurait entraîné un remaniement du gouvernement dans une nation démocratique. Ils se sont succédés au micro pour tenter de se justifier, y compris le directeur de cabinet du ministre, le professeur Jean Théodore Ranjivason, ex-ministre de l’enseignement supérieur.

 

Ce pouvoir déplace tous les repères moraux sans même s’en rendre compte. Ces comportements sont finalement dans la logique de son arrivée aux commandes du pays. Ce 1er août, une convention a été signée à l’hôtel Panorama entre les différentes tendances qui composent la HAT, un rassemblement d’intérêts dont les seuls points communs sont la volonté d’éliminer le Président élu et de perdurer au pouvoir sans élections. Cette charte contredit tous les principes fondamentaux défendus par la communauté internationale. Elle va aussi à l’encontre de la volonté du chef de la HAT d’organiser les présidentielles avant la fin de l’année. Elle associe toutes les forces obscures qui ont enfoncé Madagascar dans la misère et l’opprobre depuis le 17 mars. Elle fera tout pour empêcher un rapprochement Andry Rajoelina – Ravalomanana. La convention du Panorama vise à contrecarrer tout retour du Président mais aussi à piéger son jeune successeur.

 

Le salut pour le jeune putschiste passerait par un accord avec le Président, qui permettrait à tous les deux de retrouver une dignité et un peu de marge de manoeuvre. Contrairement à ce qui a été largement véhiculé par les «amis» français de la HAT, le retour de Ravalomanana ne déclenchera pas la guerre civile, mais stabilisera la situation pour peu qu’il soit organisé en accord avec Andry Rajoelina et les autres forces politiques. Cela suppose un partage des responsabilités qu’en aucun cas les signataires du Panorama ne veulent. Tout retour à la normalité signifie pour eux le retour vers le néant. Adieu gros 4x4, train de vie fastueux (à leur niveau) et abus de toute sorte. Remplacer l’assemblée nationale et le Sénat élus par des individus désignés on ne sait sur quels critères, pour 18 mois, c’est permettre à des centaines de politiciens véreux de se partager le gâteau, en éliminant toute forme de démocratie représentative. Les fameux «Congrès» de la transition ne sont que de la corruption à grande échelle. Si ces personnes réussissent à imposer leurs idées, Madagascar est perdu. Cette convention est la démonstration de ce que la malgachie politicienne peut produire de pire en matière de traîtrise et d’hypocrisie. La nation est sciemment sacrifiée car un tel montage ne peut recevoir l’assentiment de la communauté internationale.

 

Andry Rajoelina a pour l’instant montré le plus néfaste de la jeunesse : l’inconscience, l’incompétence, le «bling-bling». Il doit maintenant en faire ressortir les qualités : le courage, les capacités de réaction, d’adaptation et de remises en cause. Ce ne sera pas pour le fun. Il tient entre ses mains le salut de la nation mais pour ce faire, il devra lutter contre la bande d’affamés qui constitue sa cour. Paradoxalement, dans ce combat, Ravalomanana devient son allié objectif. S’il fait l’impasse sur Maputo, ou s’il en revient sans un accord, le jeune chef de la transition aura signé son arrêt de mort mais ce ne sera pas le fait des légalistes.

 

Depuis que Ravalomanana a oublié ses principes bibliques, «fahamarinanana » et « fahamasinana» («vérité» et «sainteté»), slogans qui lui ont valu l’adhésion du peuple en 2002, les mauvais génies hantent le pouvoir. Tous les arrivistes sont restés dans le sérail, les autres sont partis. Dès que le Président s’est retrouvé en état de faiblesse, ceux là-même qui ont profité jusqu’au dernier moment de ses largesses, l’ont trahi sans aucun scrupule. Ils se retrouvent maintenant au sein de la HAT et papillonnent autour d’Andry Rajoelina, en tentant de le manipuler. Si ce dernier ne fait pas montre d’une très forte personnalité pour se défaire de cette emprise, il sombrera définitivement. Maputo est vraiment la dernière chance…

 

 

Alain Rajaonarivony

 


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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 10:38


ADDIS ABEBA, 22 JUILLET 2009

 


1.         A l’initiative du Président de la Commission de l’Union africaine (UA), S.E.M. Jean Ping, et dans le prolongement des décisions pertinentes du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et de la décision adoptée par la 13ème session ordinaire de la Conférence de l’Union tenue à Sirte, en Libye, du 1er au 3 juillet 2009 [Assembly/AU/Dec.252 (XIII)], le Groupe international de contact sur Madagascar a tenu sa deuxième réunion consultative à Addis Abeba, le 22 juillet 2009. Outre l’UA, cette réunion a regroupé les organisations et les pays ci-après : Commission de l’Océan Indien (COI), Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), Nations unies, Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et Union européenne (UE). La Libye, en sa qualité de pays assurant la présidence en exercice de l’UA, l’Ethiopie, en sa qualité de pays assurant la présidence du CPS de l’UA pour le mois de juillet 2009 ; ainsi que les membres africains et les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ont également pris part à la réunion. Au cours de ses délibérations, le Groupe de contact a entendu des communications des chefs de délégations des mouvances politiques Ravalomanana et Ratsiraka, qui ont répondu positivement à l’invitation adressée par l’UA aux quatre mouvances politiques malgaches.

 

2.         Le Groupe de contact a passé en revue l’évolution de la situation à Madagascar depuis sa réunion du 30 avril 2009. A cet égard, les participants ont réaffirmé les termes du communiqué publié par le Groupe de contact à l’issue de sa réunion inaugurale. Ils ont noté que les négociations entre les mouvances politiques malgaches en vue de l’adoption d’une Charte de transition pour une sortie de crise pacifique et consensuelle à Madagascar, conduite sous l’égide de l’UA, par une équipe de médiation internationale comprenant les Envoyés spéciaux de l’UA, de la SADC, des Nations unies et de l’OIF, avaient permis d’enregistrer des avancées importantes avant d’être suspendues le 16 juin 2009, du fait du raidissement des positions des parties. Les participants ont exprimé leur appréciation à la Médiation pour ses efforts, déployés avec l’appui du Chapitre opérationnel local du Groupe de contact, qui a tenu quatre réunions au cours de la période considérée.

 

3          Le Groupe a salué les conclusions et décisions du Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de la SADC sur Madagascar, tenue à Sandton, en Afrique du Sud, le 20 juin 2009, qui a notamment exhorté toutes les parties prenantes malgaches à s’engager en faveur d’un règlement pacifique et négocié de la crise. Le Groupe de contact s’est, en particulier, félicité de la nomination de l’ancien Président S.E.M. Joaquim Chissano du Mozambique comme chef de l’équipe de médiation de la SADC dans la crise malgache. Le Président Chissano a informé les participants de la mission qu’il a effectuée à Antananarivo et à Paris du 9 au 20 juillet 2009.

 

4.         Le Groupe a pris note de la position sur la situation à Madagascar contenue dans la décision adoptée par la 13ème session ordinaire de la Conférence de l’Union, par laquelle les chefs d’Etat et de Gouvernement ont, entre autres, exprimé leur appui aux éléments de sortie de crise articulés par le Groupe international de contact sur Madagascar lors de sa réunion du 30 avril 2009, encouragé le Président de la Commission à poursuivre et à intensifier ses efforts en vue du retour rapide à l’ordre constitutionnel, en étroite consultation avec la SADC, ainsi qu’avec les Nations unies, l’OIF et l’UE, et se sont félicités de la désignation par la SADC de l’ancien Président S.E.M. Joaquim Chissano comme chef de son Equipe de médiation sur la crise malgache.

 

5.         Le Groupe a également pris note du communiqué publié le 6 juillet 2009 à la suite de la consultation entre l’UE et les autorités malgaches de facto, dans le cadre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, communiqué qui, tout en indiquant que « les propositions et les engagements de la partie malgache restent dans un cadre non constitutionnel, ne présentent pas de perspectives crédibles à un retour à l’ordre constitutionnel », en appelle à un accord consensuel pour le retour à l’ordre constitutionnel.

 

6.         Le Groupe de contact a fermement condamné les actes de violence perpétrés notamment ces derniers jours à Madagascar, ainsi que les menaces qui pèsent sur les journalistes et la liberté de la presse. Il a adressé une mise en garde aux extrémistes, de quelque bord qu’ils soient, qui jettent de l’huile sur le feu et compromettent, par leurs actes, la recherche d’une solution négociée.

 

7.         Le Groupe de contact a mis en garde contre toute démarche unilatérale visant à légitimer le changement anticonstitutionnel intervenu à Madagascar, notamment l’organisation par les autorités de fait d’une conférence nationale et d’élections sans accord politique inclusif, et rejeté fermement toute tentative d’imposer des faits accomplis. Le Groupe de contact a instamment demandé aux autorités de fait, ainsi qu’aux autres parties malgaches, de placer l’intérêt de Madagascar et la recherche du consensus au-dessus de toute autre considération, particulièrement au regard des risques d’insécurité accrue dans l’Île, ainsi que de la détérioration continue de la situation économique et sociale, des souffrances qui en résultent pour la population civile et du danger que cette situation fait peser sur les accords qui lient Madagascar à ses partenaires, y compris l’AGOA.

 

8.         A la lumière de ce qui précède, et après avoir réaffirmé le rejet total par leurs organisations et pays respectifs du changement anticonstitutionnel intervenu à Madagascar, ainsi que les termes du communiqué du Groupe de contact du 30 avril 2009, les participants ont souligné l’impératif du retour rapide à l’ordre constitutionnel à travers un processus consensuel impliquant l’ensemble des acteurs politiques malgaches et fondé sur le respect des dispositions pertinentes de la Constitution du pays et ont réitéré leur engagement à œuvrer ensemble pour aider toutes les parties malgaches à réaliser cet objectif, à travers la tenue d’élections libres, régulières et transparentes, sous la supervision de la communauté internationale.

 

9.         De façon plus spécifique, le Groupe de contact est intervenu de ce qui suit :

 

  1. convocation, sous l’égide de l’UA, au Mozambique au plus tard dans la première semaine du mois d’août, d’une réunion entre toutes les mouvances politiques malgaches représentées par leurs chefs de file respectifs, pour parvenir à une solution consensuelle en vue du retour rapide à l’ordre  constitutionnel et régler les questions restées pendantes après la suspension des négociations inter-malgaches, le 16 juin dernier ;

 

  1. cette rencontre se déroulera sous la direction de l’ancien Président S.E.M. Joaquim Chissano, assisté de l’équipe de médiation de la SADC et des Envoyés spéciaux de l’UA, des Nations unies et de l’OIF, avec l’appui des autres membres du Groupe de contact ;

 

  1. le Médiateur de la SADC, en étroite collaboration avec les Envoyés spéciaux de l’UA, des Nations unies et de l’OIF, déterminera les modalités d’une mission préparatoire à Madagascar, la semaine prochaine, pour faciliter le bon déroulement et le succès de la réunion des chefs de file des mouvances malgaches et prendra attache avec toutes les parties malgaches tant à Madagascar qu’en dehors de Madagascar.

 

10.       Le Groupe de contact a encouragé le CPS de l’UA à demeurer activement saisi de la situation à Madagascar et, conformément à ses décisions antérieures et aux instruments pertinents de l’UA, notamment la Déclaration de Lomé, à prendre, le cas échéant, les mesures prévues à cet effet si, à l’expiration du délai de six mois stipulé par la Déclaration, il n’existe aucun progrès significatif sur la voie du retour à l’ordre constitutionnel.

 

11.       Le Groupe de contact a lancé un appel pressant à la communauté international pour qu’elle poursuive l’assistance humanitaire nécessaire afin d’alléger les difficultés de vie des populations malgaches aggravées par la situation politique actuelle.

 

12.       Les membres du Groupe de contact sont convenus de continuer à travailler ensemble sous l’égide de l’UA et en appui à ses efforts, afin de promouvoir un règlement rapide de la crise et le retour à l’ordre constitutionnel à Madagascar. Ils sont convenus de tenir leur prochaine réunion à une date et en un lieu qui seront déterminés au vu des progrès qui seront réalisés dans le processus de médiation.

 

Addis Abeba, le 22 juillet 2009

 

 

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 07:34


Vers 2 heures du matin, le 19 juillet, une vingtaine d’hommes vêtus d’uniformes militaires, certains cagoulés, armés de kalachnikovs et de lance-roquettes ont pris d’assaut le Water Front, quartier où est implanté l’immeuble de Viva, la radio-tv d’Andry Rajoelina, président de la HAT (Haute autorité de transition). Ils ont abattu deux vigiles et ont échangé quelques tirs avec les militaires préposés à la surveillance du lieu avant de décrocher.

 

Quelques heures auparavant, une bombe a explosé dans une Peugeot 104 tuant 1 personne et en blessant gravement 2 autres. Un quatrième individu, se trouvant à l’extérieur du véhicule à ce moment là est indemne. C’est lui qui aurait involontairement fait sauter ses compagnons en voulant appeler sa petite amie, d’après la première version de la gendarmerie. Il se serait trompé de numéro et tapé celui du portable servant de déclencheur à distance de l’engin. Le siège de la CNME (Commission nationale mixte d’enquête) à Ambohibao aurait été la cible. Une seconde explication sera donnée dans la journée du dimanche, par le colonel Richard Ravalomanana (un homonyme du chef de l’état en exil en Afrique du Sud). C’est en voulant téléphoner à des complices qu’il aurait fait une fausse manœuvre et appuyé accidentellement sur le bouton commandant l’explosion.

 

Dans la nuit, vers 23 heures, 5 militaires débarquent dans l’enceinte de Magro, lieu de rassemblement des légalistes depuis que la Place de la démocratie et autres sites publics leur sont interdits. Ils ont cherché des armes sans succès. Avant de quitter les lieux, ils ont brûlé les posters du Président, les banderoles, drapeaux nationaux et obligé les membres de la sécurité à mettre les chaises dans un 4x4.

 

D’autres attaques auraient été programmées contre les représentants de l’ordre comme la gendarmerie d’Ankadilàlana ou le commissariat central de Tsaralalàna mais auraient été déjouées. Et le lundi 20, une bombe était découverte près des locaux de la Mairie à Tsimbazaza.

 

Ces événements ont démarré le jour de la passation de commandement entre les officiers à Mahamasina et à 4 jours de la conférence d’Addis-Abeba, qui aurait dû réunir tous les acteurs de la crise pour essayer de trouver une sortie.

 

Les représentants du Président Ravalomanana nient toute implication dans ces affaires et rappellent que toutes leurs manifestations ont toujours été pacifiques et sous le signe du «fihavanana» (rapports sociaux non conflictuels)

 

Le colonel Richard Ravalomanana, chargé de l’enquête est convaincu, quant à lui, que des militaires ne sont pas impliqués malgré les uniformes et l’armement lourd chez Viva. Officiellement, l’armée est unie derrière la HAT, ce qui est évidemment faux. Les noms des présumés commanditaires étaient sur ses lèvres mais il s’est abstenu. Leurs identités ont été révélées le lendemain, lundi.

Il s’agit de :

- Mejamirado Razafinimiary, directeur général de la société d’exploitation du chrome, «Kraomita malagasy», ex-ministre de l’Industrie,

- Andry Ralijoana, secrétaire général du MAP (Madagascar Action Plan)

- Raharinaivo Andriantoandro, qui fut questeur à l’Assemblée nationale,

- Henri Razakariasy, ex-secrétaire général du ministère des Finances et du budget et ministre des Finances et du Budget au sein du gouvernement de Manandafy Rakotonirina,

et de Henri Rabesahala, ancien directeur de la bonne gouvernance à la présidence.

 

Ces noms laissent dubitatifs parce que ces personnes sont connues par avoir plutôt prôné la voie de la non-violence, se déclarant «prêtes au dialogue» en particulier Raharinaivo Andrianantoandro. Toujours présent au Magro, calmant les jeunes excités, et refusant d’enfreindre les consignes des forces de l’ordre quand celles-ci leur interdisaient une marche ou une manifestation, il a même été traité de «tiède» par certains. Mais ils auraient été « balancés » par le survivant de la 104. 

 

Dignement et courageusement, plusieurs des accusés dont les noms ont été jetés en pâture à l’opinion publique se sont présentés dès le lendemain 21 juillet à la gendarmerie de Fiadanana, chargée des investigations. Raharinaivo Andrianatoandro a déclaré : « Je n’ai rien à me reprocher, et je suis contre la violence, c’est pourquoi je suis à la disposition des forces de l’ordre pour les enquêtes. Ils n’ont pas respecté les droits de l’homme en annonçant nos noms, avant même le début d’une enquête officielle. Tout ceci est fait pour stopper le mouvement "légaliste" d’Ankorondrano ».

Il est vrai que Magro avait fait le plein le samedi 18 juillet. Marc Ravalomanana, au téléphone, avait parlé d’espérance, lancé un appel aux forces armées pour qu’elles protègent le peuple et leur a assuré de son pardon. Les militants ont scandé à plusieurs reprises «Reviens, reviens !». Le mouvement de contestation ne faiblit pas et s’étend même en province.

 

L’arrestation des leaders, tout comme celle du Premier ministre Manandafy, arrangerait donc les affaires de la HAT. En décapitant le mouvement légaliste, elle pense avoir une petite chance d’inverser la tendance.

 

Le déroulement de toutes ces opérations, la désignation expresse des coupables et les déclarations des gouvernants laissent un profond sentiment de malaise. Ces derniers en ont profité pour refuser d’aller à la réunion d’Addis-Abeba prévue aujourd’hui 22 juillet car «on ne négocie pas avec les terroristes». Mais là aussi, tous les analystes savaient depuis plusieurs jours que le pouvoir n’avait aucune envie de faire le déplacement, traumatisé par la déculottée de Bruxelles (voir article : «TGV Paris-Bruxelles»).

La seule chose qui soit clair dans ce cloaque, c’est qu’il y a beaucoup de manipulations et qu’il faudra prendre avec beaucoup de prudence les déclarations d’un régime aux abois.

 

La HAT, en plein désarroi, cherche tous les moyens pour s’en sortir sans passer par la case «dialogue avec Ravalomanana». Se sentant lâchée par les Français, elle se tourne maintenant vers les Américains. Roindefo Monja, le «premier ministre», a d’abord fait allusion au discours d’Obama au Ghana demandant pour l’Afrique non « des hommes forts mais des institutions fortes». Ce même responsable avait vertement rabroué, il y a peu, l’Ambassadeur des Etats-Unis, Niels Marquardt, lui demandant «ce qu’il faisait encore là». Ensuite, la décision d’Andry Rajoelina d’organiser les élections avant la fin de l’année va dans le sens du souhait des USA. Cela a déclenché une tension extrême au sein du pouvoir car certains se voyaient encore profiter du système un certain temps. Et maintenant, la HAT guette désespérément un signe de la communauté internationale marquant sa solidarité face à ces «attentats». Le problème, c’est que les grandes nations ont des services de renseignements très performants. Ils savent donc pertinemment qui sont derrière ces actes ignobles.

 

Le colonel Richard avait déjà avancé le nombre de 6000 bombes, dont 42 auraient été trouvées. D’où sort ce chiffre énorme? Et pourquoi dans ce cas, seul un nombre infime a été mis à jour, toutes questions qui ont été déjà posées par les internautes (voir par exemple l’édito du 21 juillet de Niry sur Sobika.com). Il a aussi accusé les citoyens engagés dans le collectif GTT  (Gasy Tia Tanindrazana, « Malagasy patriotes »), d’avoir commandité et financé les attentats depuis Paris. Il avait promis des noms qu’on attend avec impatience. La France étant un état de droit, la procédure à la mode HAT n’est pas de mise. L’accusation devra être circonstanciée et les normes juridiques rigoureusement suivies. Sinon, c’est le gouvernement «non légal» qui risque de se retrouver devant une cour européenne en tant qu’accusé. Contrairement à Madagascar, les Droits de l’homme sont sacrés en Europe.

 

Seules certitudes pour l’instant, malgré les dénégations des autorités : les assaillants de Viva sont bien des militaires. Légalistes ou pro-HAT, cela reste à déterminer. Le lynchage médiatique des leaders légalistes sont hors de tout critère démocratique. Et il y a bien une part de «cinéma» mise en scène par la HAT, dans une proportion qu’il faut établir. Les comportements erratiques de la HAT finissent par désorienter les observateurs. Il est probable que ses membres eux-mêmes ne savent plus dans quelle direction se diriger. Les semaines qui viennent n’apporteront probablement aucun répit.

 

Photo 1 : l’immeuble Viva, cible de l’attaque

Photo 2 : La foule à Magro, le cauchemar de la HAT (photo Sobika)

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 21:40


Après l’épopée lamentable de Bruxelles (voir article : «TGV Paris-Bruxelles»), la HAT (Haute Autorité de transition) tente de reprendre la main. Son  jeune président  a annoncé le 10 juillet que des élections présidentielles pourraient se tenir avant la fin de l’année, une condition posée dès le mois d’avril par la communauté internationale, en particulier les Etats-Unis. Mais il maintient le référendum constitutionnel pour septembre, ce qui signifie qu’il passe outre les recommandations de l’Union Européenne. Celle-ci considère que les conditions de transparence et de sérénité ne sont pas réunies dans une consultation précipitée, organisée de manière unilatérale.

 

Les principaux artisans, si on peut dire, de la débandade du 6 juillet, sont Ny Hasina Andriamanjato, «ministre des affaires étrangères de la HAT», et Norbert Ratsirahonana, conseiller de Andry Rajoelina. Ils ont géré cette réunion de manière calamiteuse, démontrant qu’ils ne maîtrisaient ni la diplomatie, ni les normes régissant les relations internationales. A un moment, Norbert Ratsirahonana a pris la parole en lieu et place de son «président» au mépris des règles protocolaires. Les Malgaches ne se sont aperçus de rien mais les Européens l’ont relevé. Si l’on voulait démontrer qu’Andry Rajoelina n’était pas le vrai patron, on ne pouvait faire mieux. Il ne faut donc pas s’étonner du discrédit total du pouvoir transitoire dès qu’il passe les frontières.

 

A l’intérieur, le régime ne tient que par l’armée, à qui il a offert primes et surprimes, des nouveaux équipements dont bientôt des hélicoptères... et une impunité pour les militaires qui ont été impliqués dans les actes les plus violents (voir article : «un peuple blessé»). La France a plusieurs officiers et sous-officiers sur le terrain dans le cadre de la coopération militaire. Elle a livré un petit avion de reconnaissance à l’armée, un «Tetras» ultra-léger le 19 juin, juste au moment où on parlait d’un possible retour du Président en exil en Afrique du Sud. Bon ! Ce n’est pas non plus un «Rafale», mais s’agissant d’un cadeau, comme on dit, c’est le geste qui compte, et surtout, dans ce contexte, l’impact psychologique qu’il peut avoir sur l’adversaire.

 

 Marc Ravalomanana avait dénoncé la volonté de l’ancienne puissance coloniale de vouloir l’éliminer à tout prix et de soutenir la HAT dans une allocution diffusée le 28 mai. La France condamne le «coup d’état», en s’alignant ainsi sur l’Union Européenne mais se singularise en maintenant l’intégralité de son aide et en renforçant le volet militaire. Ce grand écart tient à ses intérêts propres. Si la France prend ce risque, c’est qu’elle ne peut se permettre de laisser Madagascar échapper à sa zone d’influence. Il en va de son propre avenir. Imaginer la France sans l’Afrique, c’est observer la Belgique sans le Zaïre (Congo) : un petit état européen, dont les querelles entre Wallons et Flamands font parfois des morts et qui fait ricaner le reste du monde, ses anciennes colonies en particulier. La France a besoin de l’Afrique pour garder son statut de grande puissance, non seulement pour les matières premières, les bases militaires mais aussi pour les voix à l’ONU et le rayonnement de la langue française.

 

Ceci explique pourquoi Sarkozy s’est précipité aux obsèques d’Omar Bongo, le président gabonais, qui avait préféré se faire hospitaliser en Espagne plutôt que dans l’Hexagone, le 16 juin dernier en prenant la précaution de se faire accompagner de Jacques Chirac. Peine perdue, ce dernier a eu droit aux applaudissements mais son remplaçant s’est fait huer. Les propos peu amènes et perçus comme arrogants de Sarkozy concernant l’Afrique pendant et après la campagne présidentielle de 2007 ont marqué le continent. Le président français a compris un peu tard que la France a un besoin vital de l’Afrique. L’inverse n’est pas tout à fait vrai malgré toute la rhétorique tendant à démontrer le contraire. La Chine, les Etats-Unis, l’Inde et d’autres puissances émergentes lorgnent vers les richesses du continent, y compris ses terres arables. Le coup d’état à Madagascar s’est greffé sur ce contexte.

 

Andry Rajoelina aurait été un peu plus «professionnel» et les choses auraient été plus simples. L’éviction de Marc Ravalomanana, qui s’était mis à dos une grande partie de la population après le début de son deuxième mandat (vente des terres des paysans à des multinationales, destruction des entreprises concurrentes, pouvoir personnel…), se serait passée sans trop de vagues. Mais le jeune Maire s’est laissé phagocyter par les revanchards, traîtres et autres corrompus qui l’ont entraîné à sa perte (voir article : «De la lutte des femmes au F.A.M.»). L’utilisation systématique de la violence initiée par Alain Ramaroson par «cellule tactique» interposée, dissoute depuis (une recommandation d’Amnesty International), mais remplacée maintenant par le FIS (Forces d’intervention spéciales), a fini par écoeurer la population. La HAT est sûrement un des régimes les plus impopulaires que la Grande Ile ait connu depuis son indépendance malgré les rodomontades de ses membres qui parlent en permanence au nom du «peuple» tout en prenant bien soin de l’empêcher de s’exprimer. La diaspora demeure une des seules caisses de résonance du mécontentement des citoyens, raison pour laquelle elle est devenue la cible des gouvernants. Internet est la bête noire, car elle permet de contrer efficacement la désinformation du pouvoir. Les instructeurs militaires français en sont réduits à donner des cours d’informatique au Capsat.

 

La France, dans son combat à mort mais feutré avec les Etats-Unis, pour garder un ascendant sur la Grande Ile (gisements de pétrole et de minerais, bases stratégiques, zones linguistiques…) soutient, faute de mieux, la HAT. Ce dernier, dont les membres n’arrêtent pas de donner des gages de bonne volonté à leurs «sponsors» assurant leur survie politique, voire leur survie tout court, est un allié encombrant. Un des émissaires de la HAT à Paris m’a déclaré : «Nous préférons les Français !». Il n’est pas sûr que l’inverse soit vrai. La France raisonne à long terme et en termes de stratégie et d’intérêts de l’Etat, pas de personnes.

 

La Grande Ile est riche, sinon il n’y aurait pas eu toutes ces violences faites au peuple, soutenues de l’extérieur. A chaque fois, les Malagasy se sont battus pour un mieux-être, plus de démocratie et d’équité sociale (1972, 1991, 2002, 2009). Et à chaque fois, la lutte a été dévoyée et détournée. Mais si le pays est dans cet état, c’est d’abord à cause des Malagasy eux-mêmes, qui ne veulent pas permettre à leurs propres élites d’avoir leur place. Celles-ci s’épanouissent ailleurs ou se délitent dans l’ombre. La compétence et l’intégrité ne pèsent pas lourd face aux intérêts claniques et à la confusion psychologique et morale qui minent la société (voir articles : «un peuple blessé» et «Madagascar : a vexed and troubled people»). La jalousie est pathologique, la corruption devenue normale, l’esprit de revanche prime sur l’intérêt du plus grand nombre…et maintenant, la violence devient un mode d’expression acceptable. Les traîtres et les «collabos» ne sont pas issus de l’étranger, même s’ils ont parfois un double passeport. On n’est respecté par les autres que si l’on se respecte soit même.

 

 Et si Rajoelina engageait sans attendre directement le dialogue avec Ravalomanana ? Les Malagasy leur pardonneraient sans doute beaucoup. Et ce serait un geste de vrai homme d’Etat…

 

Photo 1 : Marc Ravalomanana, avec Niels Marquardt, l’ambassadeur américain et le Général William E. Ward, commandant l’Africom le 20 janvier 2009 (Photo Kenneth Filder) 

 

Photo 2 : Les instructeurs militaires français, seuls étrangers dans la tribune en l’absence des diplomates, lors du défilé de l’Indépendance le 26 juin 2009 (Photo HAT)

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 22:26


Une délégation imposante de la HAT  (Haute autorité de transition) est arrivée à Bruxelles le 6 juillet pour «dialoguer» avec l’Union Européenne, dans le cadre de l'article 96 de l'accord de Cotonou qui régit les relations  de cette dernière avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). L’enjeu est le retour des aides gelées depuis le coup d’état du 17 mars et un satisfecit de l’UE valant honorabilité.  Vue de la Grande Ile, la présence d’Andry Rajoelina, président de l’autorité transitoire flanqué de Norbert Ratsirahonana, ancien chef d’Etat par intérim et ancien responsable de la Haute Cour Constitutionnelle aurait dû valoir toutes les courbettes. 

 

Mais les règles internationales ne sont pas celles qui ont cours sous les tropiques et cela s’est très mal passé pour les émissaires de la HAT. Qu’un des ambassadeurs européens soit obligé de demander à l’un de ses collaborateurs  « qui c’est, celui là ? » en désignant Ratsirahonana montre bien le décalage.

 

Roindefo Monja, le « premier ministre de la transition» s’était pourtant prévalu des assises régionales tenues il y a quelques jours et dont les conclusions ont d’ailleurs été forcées. Les provinces avaient demandé le maintien de l’âge légal pour se présenter  au poste présidentiel à 40 ans. Le pouvoir s’est débrouillé pour faire croire que les motions majoritaires demandaient l’abaissement de cet âge à 30 ans. C’est la démocratie à la malgache mais aux yeux du monde, tout cela ne vaut pas une bonne élection.

 

Bref, l’Union Européenne n’a pas été convaincue de la bonne volonté des auteurs du coup d’état à revenir dans les chemins de la légalité et de la non-violence. Leurs propositions «restent dans un cadre non constitutionnel» et  ne présentent pas de «perspectives crédibles».  Il y aurait même un recul par rapport à ce qui a été défini avec le groupe de contact international. Les Européens n’ont pas apprécié l’idée d’un référendum organisé unilatéralement en septembre pour changer la Constitution. La HAT a eu droit au qualificatif de «pouvoir putschiste» qui devrait s’efforcer de «rentrer dans la légalité» de la part de Stefano Manservisi, directeur général pour le Développement à la Commission européenne. «Les résultats aujourd'hui n'étaient pas satisfaisants du tout» dira-t-il aux journalistes après la réunion.

 

«Actuellement, un portefeuille de 630 millions d'euros est gelé», précisera-t-il. Echec donc pour la HAT, et même une grosse gifle ! La catastrophe économique sera difficile à éviter.Les Français, qui avaient discrètement «coaché» Andry Rajoelina, n’en peuvent plus. Amateurisme, intransigeance et incompétence ruinent toute velléité de sortie de crise. Ils prospectent pour une solution de rechange, toujours aussi discrètement. Cette personnalité doit pouvoir mener à bien ce fameux «dialogue inclusif». Roland Ratsiraka qui est partisan d’une amnistie et ne rejette plus à priori la possibilité de retour du Président au pays, contrairement à l’aile extrémiste de la HAT, pourrait avoir le profil. D’ailleurs, l’ancien maire de Tamatave prépare le terrain. Il a offert une dizaine de zébus lors d’un pique-nique à quelques milliers de tananariviens au nom du « Fihavanana » (des bonnes relations sociales) le 5 juillet. Et il prône l’intégration de responsables du TIM (le parti présidentiel) dans la transition, un discours qui tranche résolument avec la ligne dure officielle.

 

A Bruxelles, les GTT (Gasy Tia Tanindrazana) ont rassemblé plusieurs centaines de Malagasy de la diaspora pour protester contre les responsables du coup d’état. La délégation de la HAT ne fut vraiment pas à la fête. Mais comme d’habitude, ses membres ont parlé de la réussite, au moins en demi-teinte, de leur mission.

 

En Côte-d’Ivoire, le chef d'état-major des armées, le général de division Philippe Mangou s’est emporté, le 6 juillet, contre un opposant lui demandant d’intervenir dans la vie politique : « ..Nous avons réagi pour dire à cet homme politique que l'Armée ne fera pas comme à Madagascar. Notre mission est de protéger les institutions de la République. Et le président est une institution de la République…. Il n'appartient à personne, quels que soient les griefs que cette personne nourrit contre le président, de l'injurier. Nous ne pouvons pas l'accepter. Et surtout, nous ne pouvons pas accepter que des hommes politiques lancent des appels voilés au soulèvement à l'Armée. Voilà ce qui nous a amenés à réagir. C'est notre manière à nous de lui dire que, contrairement à ce qui s'est passé à Madagascar, les choses ne se passeront pas ainsi en Côte d'Ivoire ».

 

 La Grande Ile devient un repoussoir et perd son aura, chèrement acquise en 2002…

 

 

* TGV est le surnom que ses partisans ont donné à Andry Rajoelina, en référence à son caractère fonceur

Photo : manifestation de la diaspora devant le siège de l’UE le 6 juillet (photo posté sur un forum. Merci à l’auteur !)

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 22:49


«C'est absurde. Qu'est-il advenu de nous? Où sont nos valeurs? Pouvons-nous parler les uns aux autres au lieu de s'entretuer?" se demande une personne interrogée.

"Idiots! Vous nous avez poussés dans une situation où il n'y a pas de retour. Pensez-vous que les jeunes qui ont été sur les barricades seront tranquilles à l'avenir? Pensez-vous qu'ils se soucieront de voter la prochaine fois? Pourquoi le devraient-ils?", dit un autre.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces paroles emplies de désespoir ne proviennent pas d’adultes fatigués et devenus fatalistes par une longue expérience de la vie mais de jeunes gens et d’adolescents. Elles sont extraites du rapport «Pandora's Box: Youth at a Crossroads ?», «La Boîte de Pandore : les jeunes à la croisée des chemins? », rédigé par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et un groupe d’organisations non-gouvernementales (ONG) locales et internationales rendu public le 23 juin 2009 (1).

 

La crise malgache, qui a démarré véritablement en décembre 2008 avec la fermeture autoritaire de la station de télévision Viva (voir article : «Viva la libertad !») n’est pas près de se terminer. Commencée dans la non-violence et l’exigence du respect des libertés garanties par la Constitution, elle s’est continuée finalement par un coup d’état dont l’ambassadeur américain Niels Marquardt a été le témoin oculaire (voir article : «ce n’est pas encore le mot de la fin»).

 

Depuis, la répression a changé de camp mais les victimes restent les mêmes : le peuple en général et la population d’Antananarivo en particulier. Grenades lacrymogènes et tirs en l’air (dans le meilleur des cas) sont toujours d'actualité. Le jour de l’Indépendance, le 26 juin, le nouveau pouvoir a arrêté des leaders (dont des élus) du mouvement pacifique légaliste. Les hélicoptères récemment livrés par la France ont servi à surveiller leurs meetings. La femme du directeur de Radio Fahazavana (Radio Lumière, une station protestante), Mme Ravoahangison, a été appréhendée pour obliger son époux à se rendre aux forces de l’ordre. Et le 30 juin, les menaces d’arrestation ont été réitérées à l’égard des opposants.

 

Dans la mesure où ce sont les autorités elles-mêmes qui démontrent que l’essentiel est de se trouver du bon côté de la kalachnikov, il n’est pas étonnant que les jeunes perdent complètement leurs repères. Le 22 juin, la HAT (Haute autorité de transition) annonçait l’octroi de 3,2 milliards d’Ariary de primes aux membres de l’armée. Il semblerait que ce soit le transfert du budget du Parlement, suspendu, qui ait permis cette largesse. Lors de la parade militaire de l’Indépendance, les Tananariviens, incrédules, ont vu défiler un nouveau corps, le FIS (Force d’Intervention Spéciale) avec à sa tête, les commandants Charles et Lylison, célèbres pour leurs violences lors du coup d’Etat du 17 mars et les répressions et arrestations arbitraires qu’ils ont opéré depuis. Logiquement, ces personnes auraient dû sanctionnées. Au lieu de cela, elles ont été promues.

 

Quand, dans le rapport de l’Unicef, un jeune déclare cyniquement " La vie de la rue a toujours été une vie de misère ; maintenant qu’on peut voler sans que personne ne dise rien, c’est mieux ", il prend simplement acte du déplacement des repères initié par les dirigeants.

 

La violence et l’agressivité se sont installées dans une société où le « Fihavanana » (l’art de gérer les  relations sociales de manière non conflictuelle) était une vertu cardinale (voir article : «Le Fihavanana, une conception devenue virtuelle»).

 

Le désastre économique est patent. Le pouvoir a promis la baisse des produits de première nécessité (farine, riz, huile de table…) en puisant dans le stock de Tiko, le groupe agro-alimentaire du Président. Mais quand les stocks ont été asséchés, les prix se sont envolés. La farine est passée de 1.080 Ariary à 2000 Ar le kilo, le reste est à l’avenant. La monnaie s’est dépréciée. Il fallait environ 2400 Ar pour 1 Euro en mars 2009, on en est à 2730 en juillet. Le taux de croissance a dégringolé de +7%  à -0,2% entre 2008 et mi-2009. Le secteur touristique est totalement sinistré. La HAT espère la venue de 150.000 touristes pour cette année, une estimation qui semble surévaluée. Ils étaient 378.000 en 2008. Avec la fermeture des usines des zones franches due à la suspension des accords internationaux, conséquence du coup d’état, ce sont plusieurs centaines de milliers de chômeurs en plus qui se retrouvent à la rue, et cela au propre comme au figuré. Les rues d’Antananarivo sont envahies de petits marchands qui pratiquent ce commerce informel pour survivre. Ils sont tellement nombreux que la circulation en centre ville est maintenant considérablement gênée.

 

Mais plus que la crise politique et économique, c’est le désastre psychologique qui sera le plus dur à réparer tant il touche en profondeur les Malagasy. Les valeurs morales, servant de balises à toute société, ont été bafouées. Des « raiamendreny » (anciens synonymes de sagesse), qui servent traditionnellement d’interface dans les conflits ont trempé dans les complots visant à renverser le Président. Ainsi en est-il de l’évêque Odon Razanakolona, chef des médiateurs de la FFKM (Fédération des églises) dont on a appris sur le tard l’action souterraine partisane. Mais d’autres l’ont précédé dans cette voie, comme Norbert Ratsirahonana, professeur de droit et ancien responsable de la Haute Cour Constitutionnelle qui a justifié le coup d’état par des arguties peu nobles (voir article : «ce n’est pas encore le mot de la fin»). Ces personnes, véritables références morales, ont failli. Leurs intérêts particuliers ont primé sur ceux de la nation. Les jeunes se retrouvent donc avec des contre-modèles. Ceci explique leur cynisme puisque l’exemple du non-respect des règles vient de ceux là même qui devraient en être les gardiens. Le message pharisaïque, « Faites ce que nous disons, pas ce que nous faisons », est dévastateur pour la nouvelle génération. Car les anciens ont non seulement transgressé les lois, ils ont aussi prôné la violence. Faut-il s’étonner alors de la dégradation des mœurs et de l’insécurité grandissante ? 

 

Le pouvoir qui reprendra les rênes du pays après ce coup d’état devra impérativement faire preuve d’exemplarité afin de réparer ces blessures internes, destructrices des idéaux collectifs. Si psychologiquement, chacun est mal, la société ne sera que méfiance et violence. Il en va donc de la survie même de la nation. Autrement, la loi du plus fort sera intégrée comme référence et c’en sera fini de Madagascar, pays de la douceur de vivre.

 

 

(1) Conduite auprès de  plus  de  12.800  enfants  et  jeunes  de  la région Analamanga (celle d’Antananarivo, la capitale), cette évaluation  dépeint  en détail les effets de la crise sociopolitique sur le quotidien des jeunes, l’impact sur leurs états émotionnel, psychologique, social  et  éducatif ainsi que les séquelles sur les valeurs auxquelles ils se sont traditionnellement attachés.

 

Photo1 : Des jeunes… et des enfants marchent vers le palais présidentiel le 7 février 2009

Photo2 : Répression d'une manifestation légaliste à Antananarivo le 20 avril 2009

Merci aux photographes qui ont dû souvent prendre des risques.

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

 

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 18:30


“It’s absurd. What happened to us? Where are our values? Can’t we talk to one another instead of killing.”(1)

 

“Idiots! You pushed us into a situation from where there is no return. Do you think the youth that were at the barricades will be quiet in the future? Do you think they will care about voting next time? Why should they?” (1)

 

As reported in the Pandora’s Box (1), these words evidenced the feelings and concerns of Malagasy youth two days before the country was to celebrate its 49th independence anniversary, 26 June 2009. A day that is to make history as the democratically-elected president Marc Ravalomanana was not to preside over the ceremony for he is being exiled in South Africa after the “coup-style” change of leadership of 17, March 2009.

 

The Malagasy political crisis that is dramatically affecting the country began in December 2008 when VIVA - a TV channel owned by Andry Rajoelina(2) – was ordered to stop broadcasting by the Malagasy authorities. Such decision was naturally interpreted as a blatant  break away from fundamental liberties. “Non-violence” demos ensued. Protesters called for the respect of the constitutional rights of the liberty of expression. On17 March 2009,  Rajoelina and his backers  eventually rallied to oust Marc Ravalomanana and took power by force as witnessed by USA ambassador, Niels Marquardt(3).

 

26 June 2009: about to make history

 

 Now that power has shifted hands, the remaining and “staged” victims of the political unrest are “encore” the Malagasy people in general and the inhabitants of Antananarivo, the capital city, in particular. Street demonstrators for the return of Ravalomanana are repeatedly met with tear gas and dispersed unhurt, if lucky, by shooting in the air. On Independence Day, opposition leaders who exhorted their followers to demand the return of legitimacy were framed away. The wife of Didier Ravoahangison – director of Radio Fahazavana had been in custody to force her husband to surrender to the HAT’*s forces of “law and order”(4). And the following days were marked by a wave of official warnings against opposition voices.

 

For the moral credentials of the HAT and “its” army (5) seem to be sinking deeper into a mire of physical harassment, arbitrary arrest, pillage and terror, Malagasy young are having hard time “to distinguish what is correct and what is incorrect; what is true and what is false, as traditional grounding values have been radically altered by recent events”(1)

           

On Independence Day, to the bewilderment of the capital city, commanding officers Charles and Lylison – known for their acts of cruelty to the HAT’s opposition activists – were the main cast of the celebration parade as heads of the newly founded army corps F.I.S.(6). In truly democracy-minded nations these officers would have been duly demoted and court-martialed. Instead, under the HAT’s regime, they have gained promotion.

 

Upon realizing such “promotion”, said one young “stray” Malagasy “Life on the street has always been a life of misery; now that we can steal without anyone saying anything, it’s better.”(1)

 

Now that the “Sacred Knot” (fihavanana) has been trashed down, “ The Malagasy people have become aggressive and all fraternity has gone, along with all the development efforts” and “The youth’s perception of the crisis pointed to a weakening of the law enforcement and justice structure, opening the door to even greater dangers: easy available drugs, trafficking of children, prostitution, child abuse and the creation of criminal youth gangs, are all finding fertile ground in this volatile situation.” (1)

 

Looming economic catastrophe

 

In addition, the Great Island seems to be sailing down fast into economic disaster. Within a few months, in the aftermath of the “17-March political coup”, Rajoelina’s HAT were able to keep the prices of basic alimental food (BAF) down by “helping themselves” with president Ravalomanana’s Tiko (8). Once Tiko’s stocks had run out, BAF prices (flour, rice, salad oil…) started soaring . A kilo of flour rocketed from Ariary** (Ar.) 1,080 to Ar.2000.

The Ariary used to stand at Ar. 2400 for 1 Euro in March 2009.  In July, one Euro is worth Ar.2730. The country’s growth rate slumped from +7% down to – 0.2% between 2008 and mid-2009. The“coup” and the suspension of international economic agreements have also caused the closing down of all the free zone plants. The closure has resulted in the loss of tens of thousands of regular jobs, has thrown most of the newly unemployed back to the streets to eke out for a most meager living by joining in the “parallel” and “informal” business of street vendors. Tourism is the other victim of the ongoing political unrest. Despite the new regime optimistic forecast of about 150,000 tourists this year, it is highly likely that this prevision will turn out wrong as specialists reckon on a dramatic low number far below the 378,000 vacationers who came in 2008.

 

 Generation lost

 

The other devastating impact of the political crisis is the psychological repercussion amid Malagasy youth as voiced by Bruno Maes “It is striking how violence has altered their perceptions, and how much anger and frustration this (crisis) has created.”(8)

Actually, when the moral values which hold together the fabric of the Malagasy society - i.e. respect to the elders (Ray aman-dreny) who stand for role models – vanish it does strike hard into the minds of the younger generation. Odon Razanakolona, archbishop of  Antananarivo and appointed chief negotiator by the Federation of the Malagasy Churches in the standoff between President Ravalomanana - referred to as “Dad” by his supporters - and Rajoelina, has been proved instrumental in the overthrow of the legitimate government. Norbert Ratsirahonana, a reputed Professor of Law and former member of the “Haute Cour Constiturionnelle”*** has been pushing and shopping around to make the HAT de facto government of the Malagasy Nation. To the younger generation who used to hold the two public figures in high esteem for spiritual and political guidance, their attitudes hurt profoundly: Razanakolona and Ratsirahonana have overlooked the interest of the Nation for their personal ambitions.

 

Said Maes “The results are worrying because, in addition to increased violence, youth express a growing division within communities and among peers. Previous experience has shown that violence breeds violence and if we do not act now, it might be too late.”(9)

 

Any “future” governing bodies of  the Malagasy Nation might as well take heed at what is reported the IRIN’s survey “The future of reconciliation in Madagascar may hinge on its youth, but their involvement in months of political violence and continued exposure to turmoil has left them embittered and particularly vulnerable.”(10)

 

 

(1)One interviewee in Pandora’s Box: Youth at a crossroads (compiled by the UN Children’s Fund, UNICEF, a group of international and local NGOs. June, 23, 2009

The interviewee is one of the 12,800 adolescent respondents from Analamanga, central region around Antananarivo. The survey was conducted to evidence the impact of the recent political demonstrations that had left hundreds dead and thousand injured (re:IRIN) 

(2) Former mayor of Antananarivo, Madagascar capital city. Now head of the HAT

(3) re: “Ce n’est pas encore le mot de la fin

(4)  Three other opposition leaders were arrested with no warrant. One of them, Yves Aimé Rakotoarison, a former “deputé” of Fort-Dauphin ( a southern town of Madagascar)

HAT* (Haute Autorité de Transition): Andry Rajoelina’s transitional government

(5) a pocketful of about 200 soldiers from the military barrack of the CAPSAT (Corps des personnels et des services administratifs et techniques)

(6)FIS : Force d’Intervention Spéciale

(7)Tiko: brand name of Marc Ravalomanana’s Agribusiness (the country supplier of BAF). All Tiko’s business premises have been pillaged and destroyed by fire.

(8) Bruno Maes is UNICEF’s Madagascar Representative as explained by the IRIN (Integrated Regional Information Network)

Ariary**: Madagascar currency

***The Supreme Court of Madagascar

(9) above cited

(10) Opening paragraph of the IRIN survey

 

Photo 1 :  HAT’ supporters en route for the Presidential Palace. February, 07, 2009

Photo 2 : Supporters of President Marc Ravalomanana.  March, 23, 2009.

 

 

Alain Rajaonarivony / Richard Randriambololona

 

 

 

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 19:43


Wednesday, June 24, 2009

 

Message of President Barack Obama to the people of Madagascar on the occasion of June 26

 

To the people of Madagascar:

As you celebrate your national day on June 26, I extend congratulations to you on behalf of the people of the United States.

The United States looks forward to the day when Madagascar can again celebrate not only independence, but democracy as well.

Sincerely,

Barack Obama

*********************************

Version française

 Mercredi 24 Juin 2009

 

Message du Président Barack Obama au people Malagasy à l’occasion du 26 Juin

 

Au peuple Malagasy:

Au nom du peuple Américain, je tiens à vous exprimer mes vives félicitations en ce moment où vous célébrez votre Fête Nationale du 26 juin.

Les Etats-Unis espèrent voir le jour où Madagascar peut célébrer de nouveau non seulement son indépendance mais aussi la démocratie.

Avec mes sincères salutations,

Barack Obama

 

*********************************

Dikan-teny Malagasy

 Alarobia 24 Jona 2009

 

Hafatry ny  Filoha Barack Obama ho an’ny vahoaka Malagasy noho ny fahatongavan’ny 26 Jona

 

Ho an’ny vahoaka Malagasy:

Amin’izao vanim-potoana ankalazanareo ny fetin’ny 26 Jona izao dia fifaliana ho ahy ny miarahaba anareo amin’ny anaran’ny vahoaka Amerikana iray manontolo.

Manantena i Etazonia fa ho avy ny fotoana hankalazan’i Madagasikara indray, tsy ny fahaleovan-tenany fotsiny, fa ny demokrasia ihany koa.

Omban’ny firarian-tsoa rehetra.

Barack Obama







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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 22:48


 

Muammar Kadhafi, Guide de la Révolution libyenne, sait faire preuve de générosité avec ses jeunes collègues de l’Afrique subsaharienne, moins bien lotis en pétrole. Il vient ainsi d’offrir un week-end tout frais payé, du 16 au 19 mai, à Tripoli à Andry Rajoelina, responsable de l’autorité de Transition à Madagascar. Kadhafi est coutumier du fait. Il avait reçu en novembre dernier le général putschiste mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz dont le régime est aussi sous quarantaine. La communauté internationale n’apprécie guère les coups d’état.

 

La décision prise le lundi 18 mai par l’Union Africaine de tenir son 13ème sommet à Syrte, en Libye en lieu et place d’Antananarivo est passée comme une lettre à la Poste. Et pourtant, dès son intronisation il y a deux mois, Andry Rajoelina avait réaffirmé que Madagascar était prêt à recevoir cette réunion. Sans trop de convictions, sans doute! L’opération de communication de Muammar Kadhafi est présentée comme une grande victoire diplomatique par la HAT (Haute autorité de transition). Il suffit pourtant de lire les communiqués de l’agence officielle de presse libyenne Jana pour s’apercevoir que le Guide a surtout fait un bon coup pour paraître sur la scène internationale. La reconnaissance de la HAT n’est pas à l’ordre du jour, son dirigeant est désigné simplement par son patronyme.

 

Andry Rajoelina voulait continuer sur sa lancée vers le Sénégal ou le Maroc mais ces déplacements ont été reportés à une date non précisée. En attendant, la décision du gouvernement américain de rayer Madagascar du Millénium Challenge Account ne souffre d’aucune ambiguïté. La décision a été prise au cours d’une réunion présidée par Hillary Clinton, secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) et annoncée par Rodney Bent, directeur de l’agence, pendant que le responsable de la Transition était en Libye. Le hasard n’existe pas, ou très peu, en diplomatie mais on ne le sait pas forcément lorsqu’on est jeune. Les USA désavouent l’accession «non démocratique» au pouvoir en coupant les vivres au pays qui fut son premier partenaire pour ce programme alliant aide économique et bonne gouvernance et dont ils étaient très fiers.

 

 Quant à l’Union Européenne, elle a bien précisé par la voix de sa présidence tchèque que le dialogue entre elle et la HAT initié le 19 mai ne vaut pas reconnaissance. La Mauritanie ou la Guinée pourraient le confirmer, elles qui ont été sanctionnées pour leurs putschs respectifs après des mois d’échanges infructueux avec les représentants européens. Le chef de la junte de ce dernier état, Moussa Dadis Camara, a renoncé à se présenter aux élections présidentielles qu’il a dû avancer au mois de décembre 2009. Il n’avait plus le choix, les caisses sont vides car la communauté internationale «n’a plus rien versé au pays» depuis son arrivée au pouvoir.

 

A Madagascar, la HAT va aussi de concession en concession pour essayer de limiter les dégâts. Prévue pour durer initialement 24 mois, la Transition a été ramenée à 19 mois lors des Assises réunissant ses partisans début avril. Maintenant, on parle de 14 mois aussitôt un accord signé, après une rencontre entre les différentes parties au Carlton ce 22 mai. On est revenu aux vrais termes du protocole. Tous les anciens présidents pourront se présenter (voir article précédent : «propos publics, conversations et intérêts secrets»).

 

Andry Rajoelina est désespérément en quête d’un certificat d’honorabilité pour son régime. Ce qui semble poser problème actuellement serait moins Ravalomanana que les militaires qui ont soutenu sa prise de pouvoir. Quand un adjudant confie à un quotidien de la place que lors des interventions du Capsat, « même le président de la HAT » ne peut intervenir ou les arrêter, il y a en effet un souci. C’est la raison sans doute de la création du CMDN (Conseil militaire de la Défense Nationale) comprenant 16 membres dont le Premier ministre. Ils ont été présentés à la presse le 20 mai et l’on y retrouve enfin les généraux éclipsés par les colonels mutins nommés ministre de la défense et chef d’Etat-major. Ce Conseil est une manière détournée de remettre en place une hiérarchie et une discipline mises à mal par le coup d’état. « Quand les soldats ont su que Ravalomanana a transmis ses pouvoirs à un Directoire, ils se sont vus en cour martiale, c’est pour cela qu’ils ont réagi comme cela le 17 mars » (voir article : «ce n’est pas encore le mot de la fin») m’a expliqué une ministre de la Transition. Toute solution de sortie de crise devra tenir compte de ce fait que personne n’ose évoquer. Une résistance de quelques groupes de militaires est à prévoir s’ils ne sont pas assurés d’une certaine clémence.

 

Le journaliste Evariste Ramanantsoavina, de Radio Mada, a finalement été libéré le 20 mai au bénéfice du doute. Marc Ravalomanana vient d’ouvrir son channel sur YouTube. Comme en 2002, Internet redevient pour le Président le moyen privilégié pour rester en contact avec ses fidèles et le reste du monde.

 

 

Photo : Force One II dans le hangar, Force One I, mis aux couleurs d’Air Madagascar, derrière lui, le 4 mai 2009. Des millions de dollars immobilisés sur le tarmac.

 

 

Alain Rajaonarivony 

 

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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