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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 21:25




« Tous des affamés ! Andry perd beaucoup d’énergie dans les réunions avec eux », constate ulcérée une représentante de la société civile au sein du mouvement de contestation. « Eux », ce sont les politiciens de la plateforme de l’opposition qui se sont précipités au dernier moment pour soutenir le Maire de la capitale quand sa popularité était au plus haut. Auparavant, ils s’étaient cantonnés dans une expectative prudente.


Depuis l’auto-proclamation du Maire, le samedi 31 janvier, comme « en charge de la gestion » du pays, les appétits se sont réveillés. La société civile, soutien indéfectible de Andry Rajoelina depuis 2 mois et dans les pires moments, prend maintenant ses distances. Car les nouveaux venus jouent des coudes et ne partagent indiscutablement pas les mêmes idéaux. Maintenant que les menaces d’arrestations semblent s’éloigner, et que Viva Radio et TV émettent de nouveau, place aux arrivistes comme en 2002.


Nadine Ramaroson veut consolider les acquis démocratiques qu’elle a obtenus de haute lutte en combattant avec Andry Rajoelina. Avec d’autres femmes partageant les mêmes valeurs républicaines, elle lance le F.A.M. (Fikamban’ny Andriambavinlanitra Malagasy) ou Rassemblement des Femmes Malagasy. La traduction littérale est plus poétique : « association des princesses du ciel malagasy ». Ces militantes veulent obliger les hommes politiques à tenir leurs promesses.


Elles soutiendront sans doute le Maire dans ses futures responsabilités, mais de manière critique et constructive. Car il est acquis maintenant que, quoiqu’il arrive, le Président ne pourra plus agir comme auparavant, en prenant des libertés avec la Constitution et en usant et abusant de son pouvoir y compris à des fins personnelles. Le FMI (Fonds Monétaire International) vient pour la première fois de bloquer un prêt de 35 millions de dollars, suite à l’achat par l’Etat malgache de Force One II, un Boeing 737-700 luxueux pour 60 millions de dollars. L’Union Européenne  a fait de même et mis en attente le décaissement d’une aide de 16,2 millions d'euros.


Toujours sur le plan politico-économique, l’Ambassadeur américain Niels Marquardt a condamné de manière diplomatique le comportement du Président sur RFI (Radio France Internationale) le 5 février : « Le moment est venu pour écouter la population malgache ». Elle exprime « très clairement » son mécontentement dans plusieurs domaines. « Je pense que c’est le moment pour les uns et pour les autres de faire l’analyse de la situation et  de réagir avec une meilleure gouvernance….Le choix des magasins qui ont été brûlés était un message assez fort dans cette affaire. Il ne faut pas trop mélanger les affaires privées et les affaires d’Etat ».


Marc Ravalomanana a perdu sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds et des puissances occidentales. Il lui reste le soutien de l’Union Africaine mais on sait ce qu’elle vaut depuis 2002.


Au niveau intérieur, il est aussi très affaibli. Les provinces le rejettent de plus en plus ouvertement. En témoigne la mésaventure du ministre de l’économie Ivohasina Razafimahefa, dont l’avion a été incendié par la foule à Farafangana. Dans la capitale elle-même, l’opinion est divisée surtout après les émeutes du « Black Monday » (expression lancée par Sobika.com) qui ont traumatisé les habitants. Mais si le Maire ne recueille pas une adhésion unanime, le Président lui non plus ne remonte pas la pente. Trop d’orgueil et des conseillers absolument incompétents ne lui ont pas permis d’exploiter les faiblesses de son adversaire. Des négociations qui auraient dû démarrer depuis longtemps n’ont jamais été entamées.


L’armée se tient en retrait. Si elle se montre prudente envers Andry Rajoelina, les ordres du Président d’arrêter ses opposants n’ont pas été exécutés. Pire, tout ce beau monde tient des meetings sans être inquiétés. Et le général Dolin Rasolosoa, accusé nommément par le chef de l’Etat d’être l’un des investigateurs des troubles, vient de lui répondre vertement et publiquement. Sensé être le « chef suprême », Marc Ravalomanana n’a cessé d’humilier les plus hauts gradés. Il a détruit, au propre comme au figuré, l’armée de l’air (voir l’article : « L’armée ? De l’air… ») coupable sans doute d’avoir eu certains de ses pilotes aux commandes des hélicoptères MI-8 de la Sonavam durant la crise de 2002. Démanteler ainsi les moyens de défense de la nation peut être considéré comme un acte de haute trahison.


L’ONU a envoyé un émissaire en la personne de Haile Menkerios, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques qui devra évaluer la situation. Il restera du 7 au 10 Février. Les médiateurs nationaux comme le FFKM (Fédérations des Eglises) s’activent aussi, sans grand résultat pour l’instant.


 Demain samedi 7 février,  la grande manifestation prévue devrait faire évoluer les choses dans un sens ou dans un autre. Les croyants prient, les superstitieux croisent les doigts et tout le monde est sur les nerfs. Au Conseil des ministres du 5 février, le pouvoir  a fait étalage, une fois de plus, de sa force en parlant d’équipements militaires qui vont arriver dans la capitale. Cette attitude alimente les rumeurs de répression sanglante lors du rassemblement. A y regarder de plus près, la négociation n’a jamais été à l’ordre du jour. 


Nadine Ramaroson, secrétaire générale du Conecs (Conseil économique et social) et soutien crucial pour Andry Rajoelina a délaissé les discussions pour l’attribution des fauteuils ministériels du gouvernement de transition depuis plusieurs jours. Elle consacre son temps à préparer l’avenir et, avec ses campagnes de lutte, tente de monter un mouvement féministe fort, capable de contrôler les dérives des futurs dirigeants, quels qu’ils soient. Vive les F.A.M.



Photo : Nadine Ramaroson lors d'une émission de télévision le 12 décembre 2008


Alain Rajaonarivony




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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 20:41


"Kilo Golf" a fini tristement sa carrière sur la piste de l'aéroport de Farafangana, au sud-est de Madagascar le mardi 3 février. Une foule en furie s'est jeté sur lui et l'a incendié.

Mais de quel crime s'est rendu coupable ce beau Beechcraft 99, si élégant dans sa livrée blanche et bleue, avec ses bandes métallisées? En fait, il a été victime de son amabilité, puisqu'il a fait un boulot qui ne devait pas être le sien. Habitué à être en compagnie d'hommes d'affaires ou à effectuer des Evasan (évacuations sanitaires), ce jour là, il a convoyé un ministre. C'était le mauvais plan, la mauvaise personne au mauvais endroit alors que le pays est en crise profonde.

Ce genre de transport devrait concerner l'armée ou l'équivalent du GLAM (groupes de liaisons aériennes ministérielles). Oui, mais voilà! Comme l'a révélé l'ancien Président Didier Ratsiraka sur Viva TV, le pouvoir actuel a fait découper au chalumeau une douzaines d'aéronefs de la Sonavam (compagnie aérienne du fils de l'ancien chef d'état), des hélicoptères MI-8 et des transports bimoteurs Antonov. C'étaient des appareils qui revenaient de droit à l'Armée de l'air, propriétaire d'une bonne partie de cette flotte. Plusieurs millions de dollars ont donc été transformés en casseroles.

C'est d'autant plus incompréhensible que ces machines, rustiques et performantes, étaient particulièrement bien adaptées aux besoins du pays et leurs homologues sont encore utilisés partout dans le monde.

L'armée de l'air est donc réduite maintenant à 3 ULM (ultra léger motorisé) dignes d'un aéro-club. Tiko, avec sa flotte d'hélicoptères et de transport ATR la surclasse largement.

Selon une revue de défense américaine, en 1994, l'effectif de la "Tafika anabakabaka malagasy" (armée de l'air malgache) comprenait :

- une escadrille de chasse composée de 10 Mig-21 Fishbed (chasseurs supersoniques) et de 4 Mig-17 Fresco (chasseurs subsoniques)

- une escadrille de transports incluant 4 Antonov AN-26, 2 Yak-40 Colding (biréacteurs), 3 BN-2 Defender, 2 C47 Dakotas, 2 C212 Aviocar

- une escadre d'hélicoptères avec 6 MI-8 transports de troupes

- plus, additionnellement un Cessna 310, 3 Cessna 337, 1 PA-23 Aztec de communication et 4 Cessna 172 d'entraînement.

On retrouve bien dans cette liste les appareils de la Sonavam.

Les réunions de chefs d'états se passent toujours sous une très haute protection. En général, elles mobilisent des AWACS (Airborne Warning and Control System) pour la surveillance de la zone, des chasseurs pour intercepter tout appareil hostile, et à un niveau en-dessous, des hélicoptères en couverture rapprochée.

Qui assurera la protection aérienne lors des sommets à Madagascar? Tiko Air Force ou une puissance étrangère? A moins que d'ici là, l'armée de l'air ne soit dotée d'équipements performants. L'aviation effectuera alors véritablement son "take off". Minoa fotsiny ihany....


Illustration : ce qui reste de l'Armée de l'air malagasy en 2008, des Mig 17 abandonnés sur la base d'Arivonimamo. Photo aimablement prêtée par Sobika.com. Merci, Niry!


Alain Rajaonarivony



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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 15:09


Comme annoncé sur ce blog bien avant RFI (Radio France Internationale), le gouvernement a nommé un PDS (Président de Délégation Spéciale) hier, en lieu et place du Maire élu. J’avais même le nom de ce dernier sur lequel j’ai maintenu le black-out jusqu’à sa divulgation officielle. L’Etat a donc rallumé le feu. Les ultras ont gagné et vont truster les places d’honneur. Et pourtant, beaucoup de membres du gouvernement ont adopté un ton conciliant mais apparemment, leurs voix n’ont pas eu grande portée.

 

Du côté du mouvement de contestation, on assiste à la même logique. Andry Rajoelina portait des aspirations inassouvies depuis 2002. Ce qui lui a valu le soutien décisif de la société civile, la seule par l’intermédiaire de ses associations dont le Conecs  (Conseil économique et social) à avoir dénoncé les dérives du régime en matière de monopole économique, de détournements des lois et de restrictions des libertés. La victoire apparaissant comme probable, on a vu arriver des résistants de la 25ème heure pour essayer d’avoir une part du gâteau. Ces derniers confortent le Maire dans une surenchère, seul moyen pour eux d’apparaître sur la scène.

 

Ces individus, dans les deux camps, ne veulent pas d’une conciliation trop rapide, qui ne leur permettrait pas de surclasser les modérés et les vrais démocrates. Sans une aggravation de la tension, on n’aurait jamais entendu parler de la destitution du Président, ni de celle du Maire.

 

Guy Rivo Randrianarisoa, le nouveau  PDS, était apparu brutalement en France à la fin du conflit de 2002. A l’époque, alors que tous les analystes s’attendaient à une officialisation du travail effectué par les leaders de la diaspora en charge de la diplomatie et de la communication du Président pendant ce conflit, c’était un groupe d’inconnus qui débarquait.

 

Outre le nouvel ambassadeur d’alors, qui clama haut et fort ses liens de parenté avec le toujours ministre des Affaires étrangères, et le nouveau PDS nommé hier, lui aussi un neveu, il y avait Hélian Ralison, conseiller inamovible à l’Ambassade

 

Puisque Guy Rivo Randrianarisoa apparaît maintenant comme un personnage de premier plan, je livre une petite partie des notes confidentielles dont je dispose afin que chacun puisse se faire une opinion de ceux qui prétendent nous gouverner.

 

« Nommé en décembre 2002 comme Conseiller économique à l’Ambassade de Paris, sa première action était de mettre en route le site internet de l’Ambassade par une de ses connaissances de Dijon pour un budget de plusieurs milliers d’euros. Ce site jusqu’à présent ne fonctionne pas vraiment…

Guy Rivo Randrianarisoa prétendait être titulaire de diplômes universitaires dont l’authenticité n’a jamais été vérifiée.

Il a fait parler de lui comme étant le patron d’une grosse société « off shore » et s’est présenté un jour à l’Ambassade à bord d‘une Ferrari rouge qu’il a revendu pour en acheter une autre de couleur jaune. Il a fait l’objet de critiques de certains médias mais à l’époque personne n’a prêté attention… Il a convaincu JP (l’ambassadeur) de faire acheter par l’Ambassade deux véhicules Peugeot 406 pour son usage personnel et pour le Conseiller Hélian Ralison ».

 

Depuis plusieurs semaines, des individus défendant la politique de l’Etat sont à plein temps sur les forums de la diaspora. Ils mènent une guérilla contre tout ce qui n’est pas pro-gouvernemental au point que le webmaster de Sobika.com a dû sortir un édito aujourd’hui pour faire part du péril pesant sur son site menacé par ces internautes très particuliers en raison de son indépendance dans le traitement de l’information. Cela a valu un démenti de la part des responsables du site Tim indiquant qu’ils ne cautionnaient pas ce genre d’attitudes. Il n’empêche que les propos diffamatoires ou menaçants ont été bien tenus dans le but de déstabiliser et de décrédibiliser tout ce qui s’oppose à la propagande officielle.

 

Les mailing-list circulant avec mon nom me présentant comme un ennemi de la nation de connivence avec l’ancien Président Didier Ratsiraka, ou les attaques contre Sobika.com sont certainement issus du même groupuscule que Sobika.com dénomme les « fanatim ». Heureusement écrits sans trop de finesse, ces messages n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs, mais parviennent par contre à contrarier tout débat d’idées serein.

 

Plus que jamais, ce pays a besoin de grandes consciences (et non de « bonnes » consciences), de personnes courageuses capables de défendre des grands idéaux. C’est en fortifiant ces valeurs qu’on peut espérer transformer l’enfer en paradis. Nelson Mandela, Desmond Tutu, l’Abbé Pierre, Martin Luther King ou Aung San Suu Kyi appartiennent maintenant à l’humanité.

Cette dernière, Prix Nobel de la Paix et toujours en résidence surveillée, a eu ces mots qui s’appliquent si bien à Madagascar : «La vérité, la justice et la compassion sont souvent les seules défenses contre le pouvoir impitoyable»

Quand les hommes et femmes droits ne se lèvent pas, et restent tranquillement au chaud dans la « majorité silencieuse », ce sont les violents et les arrivistes qui tiennent le haut du pavé, y compris sur les forums.

 

 

Merci à l'internaute qui m'a envoyé l'illustration. Ce genre de caricature circulerait beaucoup dans le milieu informatique de la Grande Ile. Il reste encore la liberté de rire (de nos malheurs).


Alain Rajaonarivony

 

 


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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 00:45


Le forcing d’Andry Rajoelina sur la place du 13 mai le samedi 31 janvier a eu l’effet d’un électrochoc… sur la diaspora. Jusqu’à présent, elle suivait d’un œil intéressé mais distant les soubresauts du pays, échaudée sans doute par les déceptions de 2002.

 

Ce qui ressort des centaines de posts et commentaires, c’est qu’une forte proportion des Malagasy de l’extérieur avait consciemment ou inconsciemment à l’esprit un scénario idéal. Ravalomanana restait à sa place tout en arrêtant de faire n’importe quoi et en revenant aux idéaux de départ : liberté, justice sociale, développement réellement conçu pour la population. On comptait sur le jeune et tenace Andry Rajoelina pour l’y inciter.

 

Les deux hommes disposant d’une forte personnalité, le Président aurait joué le rôle d’un « raiamandreny » (l’ancien empreint de sagesse) et son cadet se serait occupé du gouvernement. Ils se seraient neutralisés l’un l’autre et les citoyens auront pu enfin respirer, car chacun se serait disputé leurs faveurs.

 

Hélas, le petit peuple n’a pas les bonnes manières, celles qui plaisent à la communauté internationale et aux intellectuels. Car on en sait un peu plus sur ce qui s’est passé il y a quatre jours. C’est la base du mouvement qui a poussé le Maire à cette décision, exactement comme elle avait contraint Ravalomanana  à faire sa première «proclamation de la victoire» en février 2002 sur la même place. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Trop de frustrations accumulées demandent des réponses immédiates.

 

En tout cas, les positions se radicalisent, à la grande joie des boutes-feux, parmi lesquels figurent des TIM désespérément accrochés à leurs fauteuils et quelques exilés amusés sans doute de voir leur rival de 2002 dans la situation inconfortable qu’eux-mêmes vivaient à l’époque.

 

On prête au gouvernement l’intention de changer le Maire par un PDS dans des délais très brefs.

 

De leur côté, les protestataires ont déposé une requête de déchéance du Président de la République auprès de la Haute Cour Constitutionnelle.

 

La contestation après un léger flottement va reprendre de plus belle. Les syndicats de la Jirama (société de l’eau et de l’électricité) et des représentants des administrateurs civils se sont entretenus avec Andry Rajoelina le 2 février.

 

Les possibilités de négociations « s’éloignent à grands pas », pour reprendre les mots de RFI (Radio France Internationale)

 

Les tours opérateurs ont autorisé sans surcoût un report de séjour pour les clients qui le souhaitent sur la destination Madagascar. Cependant, les compagnies conservent pour l’instant les vols prévus ces prochains jours.  Les ressortissants européens ont en main le plan d’évacuation qui sera coordonné par les Français en cas de nécessité. Antananarivo est quadrillé en secteurs, et Alarobia se trouve par exemple dans le secteur 8.

 

Pour les membres des familles de la diaspora restés au pays, il n’y aura pas d’avion prévu pour fuir si ça tourne mal. Comme dans « Hôtel Rwanda », les Noirs qui n'ont pas de double passeport restent au bas de la passerelle.

 

C’est peut-être le moment de lancer des bonnes idées pour sortir de là. Si l’un(e) ou l’autre d’entre vous en a une géniale ou originale, je lui laisserai volontiers la possibilité de l’exposer.

 

Le concept de « développement rapide et durable », malheureusement dévoyé, provenait par exemple de la diaspora. D’autres inspirations aussi fortes ne sont pas impossibles. Rendons à César ce qui est à César. La promesse « d’une 4L pour chaque famille » vient bien du Président.

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 


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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 21:18


Si le fait de devoir arrêter la dérive autoritariste du Président Ravalomanana ne souffre pas de discussion, Andry Rajoelina devait-il pour autant passer par la phase « auto-proclamation » sur la place du 13 Mai ? Le débat est lancé.


Solofo Rafenombolatiana, un de mes compagnons de lutte en 2002, n’a pas pu retenir son émotion après cet événement et a monté un blog pour participer à une réflexion  qui laisse de moins en moins indifférente la diaspora.



Et maintenant qu'allons nous faire?


Après mon cri de coeur, voici le moment des propositions et avertissements pour sortir de là par le haut, non pas pour les protagonistes mais surtout pour le pays et uniquement pour le pays.

D'aucuns diront que c'est du "il n'y a qu'à faut qu'on ..." mais qu'importe, j'apporte ma brique à cet échafaudage, ce ne sont que des idées et elles sont critiquables, amendables voire refusables.

Je ne vais pas revenir sur les 'failles et maux' de l'administration actuelle ni ses 'réussites et biens faits' (oui, que cela plaisent à certains ou non, il y en a eu) mais sur l'impact pour le pays d'un coup d'état.

Madagascar est certes une île mais au 21-ième siècle et à l'heure de la mondialisation, elle ne vit pas seule.
Mondialisation veut dire : les capitaux, les biens et les gens se déplacent comme ils le veulent (un peu moins vrai pour les gens mais passons...).
Tous les pays du monde sont en concurrence pour capter des capitaux et des compétences pour leurs développements. Et cette concurrence sera acharnée en ce temps de crise financière et économique mondiale.

Si nous voulons développer ce pays, nous devons maintenir et continuer à développer notre capital confiance vis-à-vis de ceux qui ont des capitaux et compétences, et de nos jeunes.

Là j'entends déjà les critiques disant "nous n'avons pas besoin des capitaux des prédateurs étrangers", comme en bons insulaires qui se respectent; mais ne vous méprenez pas, les capitaux des malagasy (de Madagascar et d'ailleurs) aussi risquent d'aller sous d'autres cieux où la stabilité politique leurs assurent un meilleur Retour sur Investissement.
Idem pour nos jeunes qui seront découragés de voir qu'il n'y aura pas d'avenir pour eux sur place comme durant la période 80-90.

Mon unique point:
Respectez notre constitution, les échéances électorales et surtout les lois que nous avons votées.
Instruisez une motion de censure à l'assemblée pour changer de gouvernement, si vous avez la majorité, mais en aucun cas pour destituer un Président élu, vous n'aurez pas le droit.

De toutes les façons, le meilleur signal que nous puissions envoyer au reste du monde (donc aux possesseurs de capitaux, malagasy ou non) est un règlement pacifique de cette crise avec un gouvernement de cohabitation sous la conduite du Président élu.

En dernier lieu, Antananarivo est la capitale de Madagascar certes mais elle n'est pas Madagascar tout entier. Les Tananariviens ne représentent pas toute l'île et encore moins les 85% de paysans qui ont globalement bénéficié des réalisations de l'administration actuelle, parole d'un Tananarivien!

 

Solofo Rafenombolatiana

 

Le blog de Solofo :

http://maudigascar.blogspot.com/

 

 

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 00:38



Ce samedi 31 janvier, il était encore tôt quand les chaises et la sonorisation furent installées devant l’hôtel de ville en reconstruction. Vers 9h15, d’après les témoignages, des hommes cagoulés arrivent à bord de 3 véhicules militaires pour, semble-t-il, s’en prendre au matériel. Devant la détermination de la foule encore clairsemée à cette heure matinale, et après quelques jets de pierres de la part de jeunes, ils ont dû battre en retraite et se dégager en lançant une grenade lacrymogène. Un quart d’heure après, c’est un convoi plus imposant composé de camions remplis de soldats qui pénètre sur l’avenue de l’Indépendance en direction de la place du 13 mai. Les manifestants ne se laissent pas impressionner et les sifflets fusent. La seconde tentative se solde comme la première par une déroute.


Le Président avait limogé le responsable de l’état-major mixte opérationnel (Emmo/nat) le 29 janvier et nommé un autre général à sa place. Rien n’y a fait. Les « ordres fermes » ne sont plus suivis d’effets depuis des semaines. Les officiers restent cohérents dans leurs attitudes, ce qui semble indiquer un malaise profond face à la volonté du chef suprême de juguler le mouvement de contestation par la répression. « Tester d’abord votre force avant de vous mesurer à moi ! » avait déclaré le chef de l’Etat, menaçant. C’est fait !


Au moment où Andry Rajoelina monte à la tribune entouré de gardes de corps aux aguets, le doigt sur la détente de la kalachnikov, ils seront plusieurs dizaines de milliers de tananariviens à l’acclamer. Devant la tribune sont massés les journalistes dont plusieurs correspondants de médias internationaux. 


Le Maire de la Capitale dénoncera les dérives anticonstitutionnelles du Chef de l’Etat, les qualifiant de haute trahison. Il annoncera ensuite qu’il va assumer la direction d’une autorité de transition « puisque le Président et le gouvernement n’ont pas pris leurs responsabilités ». Il demandera à la Banque Centrale de ne plus permettre de retrait d’argent et aux ministères de rester fermés lundi. Pour respecter les formes légales, une demande de destitution sera déposée devant le Parlement, ajoutera-t-il, sous les ovations.


Les négociations entre le chef de l’Etat et le premier responsable d’Antananarivo auraient dû démarrer le 30 janvier, c'est-à-dire la veille de cette manifestation. Les ambassadeurs accrédités et le FFKM (Fédération des Eglises) faisant office de médiateurs, ont sollicité un report que le jeune Maire a accepté. Ce renvoi, sans doute à la demande de la Présidence, aura été une occasion manquée de plus. Pourquoi, dans un contexte aussi dramatique tergiverser pour entamer une discussion d’une importance cruciale ?


Toujours est-il que le Président a pris son nouvel avion pour aller faire le tour des villes de province hier. Des jets de pierres sur son cortège à Tamatave, quelques applaudissements polis ailleurs, on ne peut pas dire que c’était une tournée triomphale malgré la propagande qui se donne beaucoup de mal, en particulier sur Internet. Il se murmure surtout que les émissaires du pouvoir auraient aussi visité les succursales de la Banque centrale, ce qui aurait motivé la demande du Maire de faire bloquer tout retrait d’argent.   


La foule s’est dispersée dans l’après-midi, sans incidents, en l’absence de tout policier ou gendarme. Ceci tend à prouver qu’il n’y a pas d’amalgame à faire entre manifestants et casseurs. La seule réaction de Marc Ravalomanana devant la presse fut de déclarer « qu’il est le seul Président » et que la justice allait s’occuper de son rival.


Le président de la Commission de l'Union Africaine (UA) Jean Ping a déclaré le soir même que "tout changement anticonstitutionnel à Madagascar sera condamné". Cette organisation se rappelle ainsi au bon souvenir des Malagasy. En 2002, elle était intervenue en faveur de Didier Ratsiraka. Cette fois-ci, la déclaration est plus modérée. "Si l'accession se fait par des voies constitutionnelles, rien à dire, mais si elle se fait de manière inconstitutionnelle, la réaction sera la même que d'habitude, la condamnation". Il est vrai qu’en Afrique, les formes importent souvent plus que le fond.


Les choses se sont donc précipitées. Le jeu malsain du chef de l’Etat, annonçant alternativement répressions puis négociations, tout en reculant ces dernières à chaque fois, a fini par exaspérer ses opposants. On ne joue pas avec la vie de la nation. Madagascar plonge dans une période d’incertitudes. Ravalomanana porte une lourde responsabilité car il a réduit au fur et à mesure la possibilité d’une cohabitation. A Andry Rajoelina de prouver maintenant qu’imposer cette autorité de transition était la meilleure solution. Il doit très vite dévoiler ses plans que le peuple jugera sur pièces.



Alain Rajaonarivony




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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 13:14



Après un blocage de la situation désespérant, alors que le nombre de victimes s’accroissait régulièrement, tout s’est brutalement emballé. Tour à tour, en fin d’après-midi hier, le Président Marc Ravalomanana et le Maire Andry Rajaoelina ont annoncé qu’ils étaient prêts à engager des négociations pour sortir le pays de la crise. Sur TV5, le Maire a apporté quelques précisions. Il a laissé entendre qu’il serait prêt à prendre la tête d’un gouvernement de transition, bref, à occuper le poste de Premier ministre.

 

Le FFKM (Fédération des Eglises), absent de la scène depuis plusieurs semaines a contribué au rapprochement des deux parties. Toute la journée d’hier, la plateforme de l’opposition (Leader Fanilo, Arema, Avi…) plus le FCD (Force pour le Changement Démocratique) étaient en réunion. Le fruit de leurs cogitations  a été exposé au FFKM et aux ambassadeurs accrédités dans la Grande Ile pays aujourd’hui au Carlton. Sans surprise, ils soutiennent Andry Rajoelina dans sa démarche.

 

De ce grand remue-méninges, seul le TIM (parti présidentiel) était absent. Alors qu’elle est sensée être la plus grande formation politique du pays, la conjoncture dramatique du moment a révélé que ce n’était qu’une coquille vide. Parachutages, copinages et corruption ne sont pas de bons ingrédients pour donner des militants motivés. Les retournements de veste risquent d’être nombreux dans les semaines qui viennent.

 

La réussite de l’opération « ville morte » d’hier, 29 janvier, place le Maire en position de force dans les futures discussions. Il dispose d’une réelle popularité qu’il pourra faire valoir. En même temps, il a l’obligation de ne pas décevoir et les attentes sont immenses après sept ans de frustrations. Car l’arrivée de Andry Rajoelina à ce niveau n’est que la suite logique de la volonté farouche de la population à changer son destin. Les Malagasy estiment qu’ils ne méritent pas de vivre ad vitam aeternam pauvres dans un pays riche.

 

Ravalomanana est arrivé au pouvoir en 2002 par la rue. Refugié dans sa maison de Faravohitra, dans la Haute ville, il était protégé par le « fokonolona » (association de citoyens) qui avait érigé des barrages avec des bacs à ordures, des poutres et des pavés. Son rival, soutenu par des puissances étrangères, bénéficiait d’éléments bien mieux armés. La lutte a duré 6 mois avant que le Président actuel ne soit enfin reconnu par la communauté internationale. Tant de privations et de sacrifices n’ont finalement apporté au peuple qu’amertume et humiliations. Le chef de l’Etat fit preuve d’une totale désinvolture, s’attribuant tous les mérites de la victoire. Il préféra s’entourer d’arrivistes lui devant tout, qu’il pouvait manipuler à sa guise, plutôt que de faire appel aux militants et aux intellectuels auxquels il était redevable. Juste avant que ne commence la révolte populaire, il ne parlait plus que de jet privé, conférences internationales et hôtel cinq étoiles. Manifestement, il n’appartenait plus au même monde que la grande masse qui l’a poussé sur le trône.

 

Andry Rajoelina ne disposera d’aucune période de grâce, parce qu’elle a été entièrement épuisée par le Président. La composition de son équipe gouvernementale devra impérativement refléter cette aspiration au renouveau. Les combinaisons politiciennes avec des « has been » sur le retour sont à proscrire.

 

Logiquement, Madagascar aura  bientôt à sa tête un Président imposé par la rue en 2002 et un Premier Ministre adoubé de la même façon en 2009. Parmi les documents de base utilisés par les deux hommes dans leurs futures tractations figure le manifeste qui a été publié sur ce blog le 28 janvier (voir article « Appel des intellectuels malagasy »).

 

Seule la démocratie directe a finalement démontré son efficacité dans ce pays. Sénat et Assemblée ont brillé par leur totale inutilité. Au contraire, la célérité des parlementaires à accéder à tous les désirs de l’exécutif, y compris les amendements les plus liberticides, a contribué à amplifier la crise. Les Malagasy devraient réfléchir sur un modèle spécifique de gouvernance, qui garantisse à chaque citoyen la liberté et empêche toute velléité d’accaparement des pouvoirs et des richesses par une minorité.

 

 

Photo : Solofo Tinah Heriniaina (avec mes remerciements)

Alain Rajaonarivony

 


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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 12:08




Madagascar fait la Une des journaux à ses dépens. « Le Monde » rapporte les propos du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet : "Il y a maintenant plus de 80 morts en quelques jours, donc la situation est très préoccupante…" Le gouvernement français se prépare à toutes les éventualités pour protéger ses ressortissants, y compris leur rapatriement.

 

Le 28 janvier, deux jours après les émeutes, le Président est enfin réapparu. Mais on se demande s’il n’est pas toujours dans sa bulle. Devant la presse, il a affirmé que Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères français l’a appelé pour lui révéler que Roland Ratsiraka et le général Dolin Rasolosoa sont les responsables des troubles et que la France était prête à aider à l’arrestation de ces deux hommes. Eric Chevallier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a précisé que Bernard Kouchner a téléphoné au Président, mais également au Maire Andry Rajoelina, et à l’ancien Maire de Tamatave, Roland Ratsiraka. Le ministre leur a indiqué que « la France tient à maintenir une parfaite impartialité ». C’est une belle manière de faire comprendre que le Président malgache affabule. Marc Ravalomanana recherche le soutien de la France contre le peuple dans la rue. On aura décidément tout vu. C’est 2002 à l’envers !

 

Quant  au Maire, le mandat d’arrêt sur sa tête est toujours d’actualité, ainsi d’ailleurs que ceux concernant son adjoint Nirhy Lanto Andriamahazo et le journaliste Gilbert Raharizatovo.

Aujourd’hui 29 janvier, Antananarivo est déclarée « ville morte » par les dirigeants du mouvement de contestation. Mais avant que cela ne se transforme en mort définitive, Andry Rajaoelina doit absolument se démarquer et avancer dans la recherche d’une solution digne et rapide. Car les émeutes, en particulier dans les provinces, étaient trop bien coordonnées pour être totalement spontanées.

 

Le Président, dans son ego démesuré, se refuse à tout dialogue. Il n’a pas compris qu’il joue sa survie. La rencontre du Maire à Paris avec la diaspora en octobre 2008 a été médiatisée, celle qu’il a eu avec Pierrot Rajaonarivelo beaucoup moins. C’est son droit le plus strict de rencontrer toutes les personnalités qu’il veut mais dans les circonstances actuelles, ses actes doivent être bien posés. Il doit faire preuve de beaucoup d’intelligence, pour ne pas être accusé de faire le jeu des exilés.

 

La formation d’un gouvernement d’union avec des têtes nouvelles issues de ses partisans, comme la société civile, apparaît comme une alternative crédible. Sortir des noms de personnalités ayant frayé plus ou moins avec l’ancien régime serait suicidaire et décrédibiliserait totalement la lutte.

 

Pour l’instant, au programme du Président figure des arrestations, la fermeté ainsi que ses menaces habituelles. Il ne faut donc pas compter sur lui pour trouver une solution. Il a aussi affirmé qu’il avait, « par stratégie », demandé aux forces de l’ordre de ne pas intervenir lundi pour éviter les affrontements. Des officiers, en tout cas, s’étaient engagés à ne pas tirer sur la foule.

 

Quant aux « raiamandreny » (les anciens, ou les figures d’autorité morale) du FFKM (Fédération des Eglises), ils se sont mis sur la touche d’eux-mêmes et leur médiation est de moins en moins souhaitée. L’église protestante est accusée d’avoir vendu son âme en soutenant inconditionnellement  le pouvoir. Quant à son homologue catholique, ses atermoiements ont déçu l’opinion. Le FFKM se trouve dans une situation très délicate et doit prouver qu’il est encore un rempart moral sur lequel les victimes d’une injustice trop criante peuvent compter.

 

Le salut viendra peut-être du peuple seul, c’est-à-dire de l’intérieur du mouvement qui a propulsé Andry Rajoelina à sa place actuelle. De plus en plus de voix s’élèvent pour un gouvernement de transition composé de membres de cette coalition, avec le maintien du Président symboliquement à sa place pour sortir du chaos. Le chef de l’Etat serait ainsi sauvé malgré lui.

 

De toute façon, il n’y a plus le choix. Au dernier décompte, on est à plus de 100 morts. Ca suffit !

 

Alain Rajaonarivony

 

 


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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 00:04


Ce texte a été soumis à la FFKM (Fédération des Eglises de Madagascar) par des intellectuels rassemblés au sein d'un groupe de réflexion dénommé sauver-mada


Propositions conçues et réalisées par un groupe d’intellectuels soucieux d’apporter leurs contributions à une sortie de crise et au salut de la nation.

 


Face à la gravité de la situation qui prévaut actuellement et devant le risque de voir la crise s’étendre dans les régions et embraser toute l’Ile, nous, groupe d’intellectuels inquiets de la spirale de violence et d’insécurité qui a déjà fait des victimes innocentes , avancent les présentes propositions avant qu’il ne soit trop tard :

1 – Mise en veilleuse des prérogatives du  Président de la République définies par la constitution et suspension de l’assemblée nationale et du sénat.

Le Président de la République reste en place tant en tant que symbole et garant de l’unité nationale. A ce titre, il nomme un premier ministre de consensus doté d’un plein pouvoir pour restaurer l’ordre et la transparence.

2 – Mise en place d’un Gouvernement de Salut Public pour une durée de 12 mois maximum dont le nombre ne dépassera pas les 22 membres.

Le Gouvernement intérimaire sous la direction du Premier Ministre aura pour tâches :
•    Assurer la conduite des affaires nationales et les relations avec l’extérieur en tenant compte des priorités du moment et des engagements internationaux, ;
•    Préparer la mise en place des futurs institutions.

3 – Création par le Gouvernement d’un comité ad-hoc pour la révision de la Constitution et l’élaboration d’un code électoral répondant aux aspirations et aux revendications du peuple pour un Etat respectueux de la démocratie. La composition d’un tel comité doit être représentative des différentes sensibilités et tendances.

4 - Mise en veilleuse des activités des partis politiques jusqu’à la publication du projet de constitution et du code électoral.

5 – Les entités représentatives nationales dont le FFKM, les sociétés civiles et le groupement des opérateurs économiques sont invités à la mise en œuvre de ses propositions.

La contribution des institutions du système des Nations Unies et du Corps Diplomatique présent à Madagascar sont hautement souhaitables..

6 – Appel est lancé à tous les compatriotes soucieux de la cohésion nationale de l’identité et de la fierté malgache pour apporter leur soutien aux présentes propositions car l’avenir radieux de notre pays en dépend.

7 – Pour permettre la tenue d’une première réunion relative à cette proposition, le FFKM est invité à lancer les premières invitations.


Groupe d’intellectuels sauver-mada


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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 23:26


La journée du 26 janvier restera dans les annales, mais sa nuit aussi. A l’exception de quelques radios qui diffusaient des chants évangéliques, les autres médias d’Antananarivo ont fermé l’antenne les uns après les autres, de gré ou de force. En fin d’après-midi, Radio Antsiva restait seule en lice. C’est sur ses ondes que successivement, le Premier Ministre et le Maire d’Antananarivo ont appelé au calme. Cette bataille sans merci pour la maîtrise de l’opinion (voir article « c’est la guerre : 2 morts lors de l’attaque de MBS ») a fait d’énormes dégâts sur les infrastructures et dans les têtes.

 

Toutes les agences de presse internationales ont annoncé que les manifestants ont incendié une partie de l’immeuble de la RNM (la radio nationale). En fait, il semble qu’une grenade ait éclaté à l'intérieur des bâtiments. C'est donc un militaire qui serait à l'origine du sinistre et non les contestataires. Mais l’annonce était vraisemblable étant donné que partout ailleurs, ça flambait. La lutte politique s’est doublé d’actes de vandalisme qui faisaient penser aux émeutes des ghettos noirs américains. Les exclus se précipitaient pour s’emparer de tout ce qui était symbole de la société de consommation. Des pilleurs se sont rués sur les supermarchés et autres grands magasins.

 

Etrangement, et jusqu’à tard dans la nuit, les forces de l’ordre étaient absentes et c’est le Maire qui est descendu sur le terrain pour aider les pompiers. Quant au Président, il était introuvable. « La-croix.com », édition en ligne du journal catholique La Croix, affirme qu’il est resté cloîtré chez lui toute la journée, sous haute protection. En tout cas, les Malagasy ont attendu vainement ce jour-là un discours à la nation de sa part. Les tananariviens ont vécu une nuit d’angoisse, car le complexe du Zoom étant resté en feu, on a craint un moment que les flammes n’atteignent les dépôts d’hydrocarbures situés de l’autre côté du boulevard, d’autant qu’une rumeur destinée à semer la panique avait été lancée. Des bandes auraient été prêtes à s’attaquer à ces énormes citernes. Cela aurait été suicidaire car tout aurait explosé dans un rayon de plusieurs kilomètres.

 

Ce sont les nerfs à vif que les habitants de la capitale se sont réveillés ce matin du 27 janvier.

Ils ont entendu le Maire leur annoncer, toujours sur Radio Antsiva, que toutes les manifestations étaient suspendues afin de pouvoir distinguer le bon grain de l’ivraie : les manifestants d’un côté, les pillards de l’autre.

 

Et effectivement, plusieurs auditeurs de Radio Antsiva ont annoncé en direct sur les ondes que des jeunes oisifs de leur fokontany (quartier) avait été payé 5.000 Ariary chacun pour participer aux désordres et aux pillages. 25 cadavres ont été découverts dans les décombres d’un centre commercial incendié quand le jour s’est levé. Ces personnes, selon toute vraisemblance des pillards, auraient été surprises par les flammes.

Dans l’après-midi, 5 autres individus ont été abattus par les forces de l’ordre à Behoririka où ils s’apprêtaient à commettre un forfait.

 

La mise à sac des Magro (magasins de gros appartenant au Président) s’est poursuivie toute la journée dans toute l’île : Majunga, Tuléar, Nosy-be… La ville de Sambava est complètement dévastée et les 70 motos destinées aux Maires entreposées là-bas ont aussi changé de mains.

Andry Rajoelina a déclaré qu’il n’était pas question de négociations, contrairement à ce que les médias internationaux ont annoncé, tant que les étudiants arrêtés ne seraient remis en liberté et que les soldats en faction devant MBS responsables de mort d’homme n’étaient pas entre les mains de la justice.

 

Le Président lui aussi a enfin parlé. Les velléités de démission de ses ministres ont été remises au placard. Dans un discours très ambigu où il a promis que « dans peu de temps, il n’y aura plus de pillards, de gêneurs et de manifestants », il a demandé la solidarité des Tananariviens, de « ceux qui se sont sentis trompés »,et appelé les « autres » à réfléchir. Apparemment, cette exhortation ne s’adressait à pas lui-même.

 

En milieu de matinée, Viva Radio a de nouveau émis.

Comme en 2002, la diaspora a été informée en temps réel et tous les sites ont explosé leurs statistiques de visites. Chose étrange, Moov.mg, qui s’autoproclame « premier portail Internet de Madagascar » a très peu parlé des évènements, faisant sa Une sur l’International. Ses forums sont hors-service. Et cet après-midi à Paris, Madagate.com, qui soutient Andry Rajoelina, a été déconnecté du réseau. Joint au téléphone, son responsable Augustin Andriamananoro, estime la panne technique peu probable.

 

Le couvre-feu est décrété de 21 heures à 4 heures du matin.

 

Alain Rajaonarivony



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