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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 00:02


C’est Viva TV qui est fermée mais c’est MBS qui déménage. Cette station est installée sur un domaine de la commune d’Antananarivo depuis le temps où le Président était le premier magistrat de la ville. Du matériel a commencé à être déplacé en catimini ! Le secret et la précipitation qui entourent cette décision montrent que le pouvoir commence à prendre conscience qu’il ne peut plus se permettre tout et n’importe quoi. L’affrontement qu’il a lui-même suscité prend une ampleur telle qu’il n’est plus sûr de l’emporter. 

 

Les communiqués insipides sur la réunion de l’Union Africaine qui semble être la seule préoccupation des dirigeants prêtent à sourire. Car l’effervescence règne en « haut lieu ». La censure et l’auto-censure sont un des moyens qui restent pour cacher la vérité à la population. Les journaux en ligne, principale source d’informations de la diaspora, sont particulièrement surveillés. Une actualité peut paraître sur l’édition papier et s’évaporer sur Internet. Ce fut le cas de l’annonce de la mort brutale du conseiller américain du Président. Des titres proches du pouvoir semblent rédiger spécialement des articles pour cet auditoire. Plutôt de la propagande que de l’analyse, ils sont assez ineptes et courageusement signés par des initiales.

 

L’exercice très personnel de l’autorité institué par le Président, qui s’avère efficace quand on est en position de force, est en train de se retourner contre lui. Aucun de ses collaborateurs n’a une véritable stature d’homme d’Etat. Ils ont été justement choisis pour être des exécutants. Personne en conséquence n’a la possibilité de le conseiller ou de l’influer dans sa décision. Ordres et contre-ordres se succèdent au gré des vrais projets liberticides et des faux démentis officiels. Ces dernières semaines, il fut déstabilisé par la résistance acharnée de ceux qu’il voulait écraser, les responsables de la Mairie de la Capitale et ceux du Conecs en particulier. De plus, il est affecté par le décès de son conseiller américain William Morris Sonnenschen, survenu brutalement fin décembre.

 

Ceux qui le côtoient ont bien vu le changement d’attitude qui a transparu lors de la présentation de vœux à la nation. Son entourage lui chante : « tout va très bien, Madame la Marquise » mais les plus malins multiplient les clins d’œil avec ceux de l’autre camp. Le Président est bien seul ! Il y a quelques semaines, il prévoyait de changer une fois encore la Constitution en sa faveur, et les lèche-bottes se précipitaient au palais de Iavoloha pour lui soutirer un peu d’argent lors de la conférence sur les partis. Depuis, il a repris même contact avec quelques-uns de ses anciens partisans de 2002, qu’il avait pourtant balayés une fois au pouvoir !

 

Et ce 4 janvier, en plein dimanche, combien sacré à Madagascar, le décret n°  2009-001 est sorti, instituant d’un coup un Ministre de l’Intérieur et un autre de la sécurité intérieure. Le  portefeuille de l’Intérieur était chapeauté auparavant par le Premier ministre lui-même. Un troisième ministre est nommé pour la décentralisation. Qu’un Ministre de la sécurité intérieure fasse doublon avec celui de l’Intérieur aurait pu être interprété comme une volonté de répondre à la détresse de citoyens victimes d’actes de banditisme d’une violence inconnue jusqu’alors et qui n’en peuvent plus ! Mais il s’agirait plutôt d’une démonstration de force consistant à multiplier les moyens pour essayer de tenir la population et de l’intimider. Du moins, c’est ce qui ressort des propos du Chef de l’Etat. Dans ce cas, ce serait un très mauvais calcul !

 

Le peuple, dans l’expectative il y a peu, ayant déjà beaucoup donné sans rien en retour, choisit maintenant de plus en plus clairement son camp. Aucune désinformation ni répression n’y fera rien. Le divorce est consommé avec un pouvoir qui a montré plus de mépris que de compassion envers les pauvres, peu de sens moral après avoir utilisé les valeurs chrétiennes comme marche-pied et qui  maintenant vend les terres des paysans aux grosses sociétés étrangères.

 

Le sort du Président est entre ses propres mains. Pour terminer sereinement son mandat, il lui faut de nouveau essayer de gagner le cœur de ses concitoyens et arrêter ses abus d’autorité. Une seule issue s’offre à lui : écouter les voix de plus en plus nombreuses qui lui demandent de se comporter enfin en vrai démocrate. L’humilité est une marque de grandeur qui sied aux personnes de valeur !

 

 

Alain Rajaonarivony




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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 00:00





    
                    Le sentiment de trahison ne date pas d'aujourd'hui. En 2004, des réservistes qui
                    avaient combattu la milice pour sauver les nouvelles autorités manifestent pour
                    réclamer leurs soldes que des hauts dignitaires ont "oublié" de leur reverser.





Le Président a parlé. Mais il ne s’est pas adressé à la nation, c’est du moins l’impression qui s’en est dégagée. Il a récité une longue liste de réalisations comme un pensum, le sourire rare et sans joie apparente.


Comme il est le Président, tout le monde va décortiquer ses propos, même s’il n’y a pas grand chose à analyser. A part donc le contenu manifeste, que peut-on en déduire ? Qu’il a scotomisé totalement la réalité sociale et politique qui va pourtant se rappeler à lui durement dans les semaines qui viennent. On n’évoque pas les 528 millions d’Euros de l’aide européenne ou les 260 millions de dollars octroyés par la Banque mondiale quand on n’a à proposer que 10% d’augmentation aux fonctionnaires dans un pays où le SMIC est à 30 Euros. 10%, cela fait 3 Euros, c’est toujours bon à prendre quand on crève de faim, mais il y a comme un léger décalage. Et était-il nécessaire de citer une fois de plus le  centre de conférences internationales (pseudo-don des Chinois qu’il faudra payer en terres et en pétrole) comme une grande réalisation ? Franchement, qu’est-ce que les gens en ont à faire quand des gosses fouillent les poubelles pour survivre à Antananarivo ?


Il a bien parlé de démocratie mais c’est pour bifurquer aussitôt vers la construction de nouveaux tribunaux, dont celui de la cour suprême édifié sur fonds européens. Un bâtiment est un symbole mais cela peut n’être aussi qu’une coquille vide. Et c’est bien le cas ! Le problème de ce régime, c’est de toujours jouer sur les apparences pour se donner une bonne image en particulier vis-à-vis de l’étranger.


Notons qu’il a été fait mention des « chouchous », quelques dizaines d’étudiants boursiers envoyés à l’Université américaine d’Abilène. Cela fera sûrement plaisir aux milliers de petits gasy qui galèrent à Ankatso, dans un campus en déconfiture.


Bref ! le Président a parlé de lui, affichant une autosatisfaction de façade. La vie justement des étudiants, des ouvriers, des citadins de la classe moyenne en voie de paupérisation rapide, la souffrance du petit peuple, la corruption à grande échelle, l’injustice sociale, l’insécurité quotidienne, les violations des libertés… ? Aucune allusion, le pouvoir est dans sa bulle !


Il y a les belles routes, certes ! Mais encore faut-il avoir les moyens de prendre le taxi-brousse. Au moins les touristes et autres investisseurs (ou prédateurs) pourront en profiter.  


Cette énumération fastidieuse n’a fait que montrer la distance grandissante entre les aspirations de la population et les objectifs du gouvernement. Le sentiment de trahison est de plus en plus vivace. La possibilité de faire remonter cette frustration n’existe pas dans un pays où les journalistes se font traiter de « terroristes », les stations radios et télés gênantes fermées sans préavis, où les députés passent plus de temps à se voter des avantages qu’à écouter leurs concitoyens. Et comme toujours, le peuple finira par s’exprimer dans la rue : 1972, 1991, 2002… sonnent comme autant de sursauts de dignité.


Le pouvoir, qui ne tient compte d’aucun des signaux qui s’allument les uns après les autres ne pourra que s’en prendre à lui-même. Ce n’est pas faute d’avoir reçu des avertissements. Mais pour l’instant, il est dans la griserie de la toute-puissance et pense contrôler la situation. Erreur fatale qu’ont déjà commise les gouvernements balayés par cette tornade populaire !  Personne ne maîtrise ce genre de mouvement, et surtout pas l’opposition qui essayera de ramasser quelques bénéfices. La cécité n’est pas égale pour tous les partisans du régime et certains ont déjà commencé à prendre des contacts. Au cas où… !


Si l’histoire se répète, on connaît d’ors et déjà les vrais coupables : ceux qui ont institué un système où d’un côté, on disserte en millions de dollars de bénéfices, et où de l’autre, on meurt pour quelques euros dont on ne dispose pas pour acheter des médicaments à la pharmacie. C’est l’antithèse du « Fahamarinana » et du « Fahamasinana »,  « Droiture » et « Sainteté » que l’on pourrait traduire pragmatiquement par « justice sociale ». C’était l’engagement des gouvernants envers le peuple en 2002.



Alain Rajaonarivony

Avec la participation de Gilbert Raharizatovo




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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 00:53


La nouvelle année risque d’être pour La Grande Ile une période de turbulences au  niveau politique. Pour bien saisir les futurs évènements, un coup d’oeil en arrière s’impose.

Tout a commencé il y a un an avec l’arrivée « surprise » de Andry Rajoelina à la mairie de la capitale aux élections du 12 décembre 2007.  Sûr de sa victoire, le pouvoir est pris de cours. Néanmoins, le jeune Maire n’est pas considéré comme un adversaire menaçant et bien qu’irrité, le Président de la République pense maîtriser facilement cet élu novice en politique.

La première rencontre des deux personnalités au palais d’Ambohitsorohitra  au début du mandat du maire vire d’ailleurs à la tragi-comédie. « Décroises tes jambes » ordonne le chef de l’Etat à son cadet qui s’exécute sans s’offusquer. L’info très people fait le tour des salles de rédaction. Si on y retrouve le caractère autoritaire de Ravalomanana, les milieux politiques y voient aussi un signal : faire comprendre qu’il est toujours le chef à respecter. Ce geste paternaliste visait à montrer son ascendant. Dans ce même ordre d’idée, le Président  convoque la belle mère de Andry Rajoelina, Nicole Razakandisa, et lui demande de le mettre en garde contre les manœuvres de récupération des partis politiques de l’opposition. C’était un conseil qui sonnait comme une menace pour ces opérateurs économiques.

Mais le Maire ne désire pas une confrontation avec le pouvoir central bien que lors de la passation, il soit en connaissance d’un trou de 36 milliards dans la caisse de la commune et que le gouvernement ait délibérément bloqué le crédit de la Banque mondiale destiné à la ville d’Antananarivo.

Au début du deuxième semestre 2008, deux faits importants poussent le pouvoir à tenter de se débarrasser du jeune édile. Tout d’abord, ce dernier a pris de l’envergure et  fait montre d’une grande indépendance. On sent qu’il est plus à l’aise avec les politiciens de l’opposition et semble proche de l’archevêque d’Antananarivo.

Il y eut ensuite les décisions de tenir les sommets de l’Union Africaine et de la Francophonie à Antananarivo en 2009 et 2010. La réussite de ces deux rendez-vous internationaux profiterait sans conteste à l’image du Président. Sa popularité se trouve pour l’instant au fond du gouffre avec la paupérisation et l’insécurité généralisées.

Mais il n’est pas commode de recevoir ces réunions prestigieuses en dehors de la capitale. Le  pouvoir enclenche à contre cœur  le projet Grand Tana qui englobe les périphéries dans un rayon de 15 kilomètres autour de la ville. En tout état de cause, Andry Rajoelina ne doit pas être  bénéficiaire de cet immense projet. Très logiquement, les autorités centrales chercheront les moyens de le destituer.

Vers le mois de septembre, le gouvernement lance une campagne de dénigrement à l’encontre du premier magistrat tout en cherchant à diminuer progressivement son champ d’action. L’Etat fait main basse sur l’organisme  de ramassage d’ordures SAMVA qui vient de signer avec la coopération française un projet de recyclage des détritus ménagers d’une enveloppe de 20 millions d’Euros. Parallèlement, il enlève à la commune la gestion de la gare routière de l’Est. Le décret de destitution du maire était, selon des informations recueillies en haut lieu, sur le point d’être promulgué. Dos au mur, Andry Rajoelina doit faire face (voir interview du 8 septembre 2008 sur Sobika.com).

 Dans une série de déclarations, il fait preuve d’une détermination qui désarçonne ses détracteurs. Le Président joue l’apaisement et désavoue ses ministres mais Andry Rajoelina, échaudé, multiplie alors les contacts avec les politiciens de l’opposition et les associations représentant la société civile.
 
C’est ainsi que la mairie s’allie avec un partenaire de taille, la «Savonnerie Tropicale»,  pour ses actions humanitaires en faveur des habitants les plus défavorisés des zones basses de la capitale. En quarante ans d’existence, cette société  n’a jamais failli à son devoir de bienfaisance. Son sponsoring est régulièrement sollicité pour ce genre de manifestations.

La Savonnerie Tropicale,  c’est aussi André Ramaroson, son PDG, qui porte également la casquette de président du Conecs, la puissante plate-forme de la société civile regroupant  plus de trois mille membres à travers l’île.

Or justement, tout au long de cette année 2008, le Conecs n’a cessé de dénoncer les dérives dans la gestion des affaires nationales. L’assemblée générale de cette organisation en présence d’une centaine de journalistes a pris l’allure d’un grand déballage (voir vidéos plus bas ). Le Conecs se fait l’avocat  des pauvres et  des victimes du non droit. Son message appelle d’abord chaque citoyen à ne plus avoir peur de prendre ses responsabilités, ce qui n’est pas sans quelque similitude avec celui des évêques des églises catholiques.

C’est dans cette atmosphère tendue que le pouvoir se piège lui-même. Suite à la diffusion par la station VIVA d’une interview de l’ancien Président Didier Ratsiraka, le gouvernement prend la décision de fermer cette chaîne de télévision dont le propriétaire n’est autre que le Maire. Les réactions seront virulentes ainsi bien de la part des politiques que de l’opinion publique. Les fêtes de fin d’année sont un petit répit pour les responsables qui doivent trouver une sortie honorable.

Pour Andry Rajoelina,  les pertes financières sont réelles. Mais en termes d’image et de popularité, le gain est énorme. Un ralliement s’est opéré autour de lui. Les sociétés civiles sont aux premières loges. L’ombre de l’église catholique est omniprésente. C’est dans ce contexte que se crée la FCD (Force de Changement pour la Démocratie) à l’instigation d’une forte personnalité, Alain Ramaroson, ancien ministre et démocrate invétéré, destinée à faire respecter la Constitution et empêcher les arrestations arbitraires.

Quelques jours auparavant, le 12 décembre, le régime a destitué les deux maires d’Ivato Aéroport et d’Ivato Firaisana, élus depuis à peine un an, et transformé les deux petites localités en Commune Urbaine. Cette nouvelle entité, qui sera dirigé par un Président de la Délégation Spéciale (PDS) nommé par l’exécutif, a été déclarée illico « capitale des sommets ».

Et dans son édition en ligne du dimanche 28 décembre, sous la plume d’Alphonse Maka, « La Vérité » rapporte que le pouvoir cogite sur une stratégie pour destituer Andry Rajoelina au plus vite et le remplacer lui aussi par un PDS. Si l’Etat franchit cette nouvelle étape dans l’escalade, on n’ose imaginer ce qui peut se passer ! Il est fort probable qu’une confrontation très dure s’en suivra alors, qui s’étendra à tout Madagascar.
 
Pour l’instant, la fermeture de Viva TV a déjà eu une conséquence bien concrète pour le régime. Elle a jeté le discrédit sur le projet de loi sur les partis politiques que le Chef de l’Etat a voulu faire cautionner par l’ensemble des acteurs politiques dans une rencontre solennelle au palais d’Etat vers la mi-décembre .Des responsables d’envergure ont boudé la rencontre pour protester contre l’arbitraire de la décision.


Alain Rajaonarivony / Gilbert Raharizatovo



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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 00:27


              
                                  Andry Rajoelina, Nadne Ramaroson, Alain Ramaroson
        CUA (Commune Urbaine d'Antananarivo), Conecs (Conseil économique et social), FCD
        (Force de Changement pour la Démocratie), des noms et des sigles à retenir pour 2009.



Le Pouvoir, coutumier des déclarations tonitruantes et des actions à grand spectacle comme la fermeture de la station Viva TV  semble se comporter aujourd’hui de manière plus habituelle en République. Le Président distribue des bonbons aux enfants pauvres à Noël et aucun ministre n’a défrayé la chronique par des décisions consternantes. Cette sobriété soudaine n’est que la conséquence d’un rapport de force en train de s’installer et qui n’est pas franchement en sa faveur. Le divorce  est de plus en plus profond entre les dirigeants et ceux à qui ils doivent rendre des comptes : leurs citoyens et électeurs.

Un seul exemple suffira à l’illustrer. Lundi 22 décembre, lors du début d’incendie de l’hôtel 5 étoiles d’Ivato, orgueil du régime, alors qu’une fumée épaisse commençait à se répandre, des cris de joie ont retenti dans la foule de badauds. Une telle chose ne s’est jamais produite dans ce pays. Mais les intérêts des gouvernants ne sont plus ceux du peuple. Au contraire, ils sont antagonistes. La grande majorité de la société ne s’intéresse guère aux réunions internationales, qui vont coûter des millions de dollars pour la seule gloire du Président. Le citoyen de base a vite fait de calculer que ces sommes auraient pu très bien servir à des dispensaires, des écoles ou à augmenter le Smic, actuellement  à environ 30 Euros (parmi les plus bas du monde). Pour avoir construit cet hôtel et un centre de conférences, les Chinois ont eu droit à des terres, des gisements de pétrole ou d’autres contreparties secrètes. Tout cela vaut bien un Honoris Causa. Les spécialistes en psychologie de leurs services de renseignements ont bien travaillé.

Les populations sont prêtes à se révolter dans le Sud, Nosy-Be ou Tamatave. Le pouvoir a sous-estimé l’attachement des Malagasy à leurs terres. Il paie maintenant la non-transparence des transactions qu’il a mené avec les Coréens, les Chinois et autres soit-disant investisseurs, portant sur plus d’un million d’hectares de terres ou des gisements de ressources naturelles. La capitale est aussi prête à s’embraser, excédée par les provocations du pouvoir. Le Conecs (représentant la société civile), la CUA (responsables de la capitale) et maintenant la « Force de Changement pour la Démocratie » ou FCD, créée le 19 décembre pour défendre les deux premières ont formé une coalition. Ils désirent faire entendre la voix d’un peuple qui a le sentiment d’être de plus en plus abandonné et ne peut compter sur un Parlement composé à 99% de députés et sénateurs TIM (Parti majoritaire) complètement inféodés.

L’unique façon de retrouver un peu de sérénité est entre les mains du Président. Il faut qu’il profite de ses vœux de fin d’année pour annoncer que la sanction frappant Viva TV est levée. La décision passera ainsi de manière naturelle. Si l’orgueil l’emporte et qu’il laisse courir jusqu’au 13 janvier, nul ne peut présager de ce qui va se passer mais sa responsabilité sera largement engagée.

De toute façon, le contentieux est tellement important entre la population et l’oligarchie régnante que l’année 2009 sera celle de tous les dangers. Les dirigeants se gargarisent de chiffres macroéconomiques mais personne ne les écoutent. Le pouvoir a remisé discrètement les grosses limousines destinées aux chefs d’Etats africains chez un concessionnaire de la capitale. Et le nouveau jet du Président est introuvable. Les actes parlent plus que les mots.
 

Alain Rajaonarivony




                         
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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 00:01


Conecs partie 1


Conecs partie 2


La réunion du Conecs du 26 novembre 2008 à Antananarivo a regroupé près de 800 personnes représentant toutes les provinces de Madagascar. Ci-dessus 2 vidéos donnant une petite idée des interventions. La survie au quotidien, lot de la plupart des citoyens, les injustices et les inégalités sociales flagrantes relatées pendant une journée ont gâché la bonne humeur des gouvernants. Qu'on parle réunions internationales, palace 5 étoiles ou millions de dollars de bénéfices et de commissions, mais que la misère est si peu classe...

Madagascar est riche de ses ressources naturelles qui appartiennent à toute la nation. Mais il y a un gros  problème :  la nation semble réduite à une infime minorité à l'opulence arrogante qui s'accapare de tout. Le reste de la population n'a que les souffrances et les sacrifices en partage. Selon le mot d'André Ramaroson : "Madagascar est un pays riche... qu'on veut appauvrir".

Ce peuple dont la dignité et le courage étonnent continue de se battre pour  que les générations futures aient leurs parts de soleil. La société civile veut mieux s'organiser pour défendre les citoyens.


Petite leçon de l'histoire : on apprend comment André Ramaroson est intervenu à plusieurs reprises auprès du gouvernement Ratsiraka en faveur de Marc Ravalomanana et de Tiko quand ces derniers étaient en position critique. A chacun de juger la suite...


Un joyeux Noël à tous, pauvres et riches, car Dieu a créé le soleil pour tout le monde et la naissance de Jésus que l'on fête est pour le Salut de chacun et la reconciliation. Seule condition : avoir l'humilité de reconnaître ses fautes (le terme biblique : reconnaissance de ses pêchés)


Alain Rajaonarivony



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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 00:01


Malgré la distance, la diaspora continue de suivre les évènements de la Grande Ile en temps réel grâce à Internet. Ainsi lundi matin 22 décembre, l’hôtel 5 étoiles d’Ivato, en cours de construction par les Chinois et pièce maîtresse de la réception de l’Union Africaine en juillet 2009, a connu un début d’incendie. Circonscrite à temps, les dégâts sont limités. Ouf ! un sujet brûlant et polémique de moins dans une série d’évènements dont le chef d’orchestre est le pouvoir depuis plusieurs jours.

Contrôler l’information est devenu un tel enjeu pour les dirigeants que le seul véritable espace de liberté reste, hélas, comme en 2002, Internet. Quand la station Viva TV fut fermée sur ordre de l’Etat dans la nuit du samedi 13 décembre, Sobika.com fut le premier de tous les médias de masse à l’annoncer dans l’après-midi du dimanche avant même la mise en ligne des journaux malgaches.

La fameuse vidéo de Didier Ratsiraka, dont la diffusion fut le prétexte de cette brutale suspension, a battu des records de visionnage sur DailyMotion. Madagate.com a donné subtilement le lien vers Madagasikara-soa.com  qui avait affiché la vidéo en 3 parties. Diaspora et communauté internationale ont donc eu le droit de juger par eux-mêmes la prestation de l’ancien chef de l’Etat, pas les Tananariviens, infantilisés par un régime aux comportements de plus en plus hiératiques. Tous les sites cités sont basés à l’extérieur de la Grande Ile.

La déclaration d’un vieil homme dans une langue malgache ciselée (bon point dans la vulgarité ambiante), quelques infos inédites, une longue liste des dérives du régime que tout le monde connaît déjà, une bonne dose de mauvaise foi et une amnésie sélective… Bref ! un vrai politicien dans toute sa splendeur mais point « d’atteinte à la sécurité de l’Etat »! Le pouvoir aurait voulu prouver sa faiblesse en matière de respect des libertés qu’il ne s’y serait pas pris autrement ! Et en mondiovision de surcroît !
 
Andry Rajoelina, Maire de la capitale et actionnaire de Viva TV a donné jusqu’au 13 janvier aux responsables pour revenir sur leur décision. Pendant ce temps, MBS, propriété du Président, sous couvert d’essai technique, émet sur la totalité du territoire, normalement un privilège uniquement dévolu à TVM.Une parfaite illustration de la fable de La Fontaine : « que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir»

TVM et RNM, télévision et radio nationales continuent d’ailleurs de censurer les informations gênantes pour le régime comme au bon vieux temps. Et les leaders d’opinions (syndicalistes, politiciens ou intellectuels), autres que ceux qui manient la brosse à reluire, sont interdits d’antenne.

La fibre optique devant relier Madagascar au reste du monde et permettre le haut débit  n’a pas vu le jour depuis 2002. L’Etat l’a toujours remis au lendemain alors que c’est une priorité économique… Finalement, c’est un opérateur privé français, Orange, qui va peut-être concrétiser le projet d’ici quelques mois, via La Réunion.

En attendant, il est permis de surfer sans modération car comme de coutume, la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.


Alain Rajaonarivony




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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 00:01


                                                         
                      Le Christ, placé sur une hauteur comme à Rio de Janeiro, bénit Antananarivo.
                      C'est le Père Pedro qui a fait construire cette promenade au-dessus du village
                      d'Akamasoa, devenu synonyme de dignité et connu mondialement.          


Le pouvoir a reculé. Les menaces d’arrestations n’étaient pas que des rumeurs, malgré les dénégations officielles. La volonté de passer à l’acte existait bel et bien mais des dissensions dans la chaîne d’exécution ont bloqué la machine. La meilleure preuve en est les hésitations de la ministre de la justice devant la presse.

Un petit répit donc pour les personnalités qui ont exigé l’application effective des libertés fondamentales. Mais l’alerte a été tellement chaude qu’une mobilisation s’est effectuée. L’attitude autoritaire du régime et l’arbitraire de ses actes ont finalement produit un effet logiquement explicable en psychologie mais inattendu pour les dirigeants. L’excès d’injustice a fait sauter les atermoiements, signes d’une certaine crainte. Ce qui veut dire que désormais, les victimes désignées ne chercheront plus à se préserver. Leurs adversaires veulent les exterminer, ils feront face.

Le désarroi change de camp. On ne se bat pas de la même façon lorsqu’on défend sa vie ou des 4X4 et des villas. C’est ce qui s’est passé en 2002. Cette réalité est déniée par les partisans du pouvoir tellement elle est angoissante. Mais les mêmes causes produisent les mêmes effets et il sera intéressant de comparer les réactions de Ratsikara en 2002 et celles des gouvernants dans les semaines qui viennent.

En attendant, Alain Ramaroson a annoncé la création du FCD, « Force de Changement pour la Démocratie » le 19 décembre devant les journalistes et les représentants de la CUA, du Conecs, de Tambatra, de l’AVI….mais aussi d’un invité surprise, Monseigneur Jean Paul Randriamanana. Il était là au nom de l’Archevêque d’Antananarivo, Monseigneur Odon Razanakolona et a donné sa bénédiction. « Nous allons prier pour la réussite de votre action », a-t-il dit « car Dieu ne désire pas cette pauvreté et cette souffrance pour la population ».

Alain Ramaroson sera le président et le journaliste et écrivain Gilbert Raharizatovo, auteur de  «Madagascar 2002, Genèse et silences d’une crise», le vice-président de cette nouvelle formation.

Nadine Ramaroson confiera dans un entretien téléphonique : « Les gens n’ont plus peur. Ce pouvoir a rompu le contrat social et on ne peut pas continuer à vivre ainsi… ». La présence des plus hauts responsables de l’Eglise catholique est une véritable caution pour cette coalition. On sait quel rôle a joué le FFKM, la confédération des Eglises, en 2002  dans la montée de Marc Ravalomanana (voir justement le livre de Gilbert Raharizatovo).

La population semble approuver la démarche. Le tout-nouveau président du FCD, invité dans une émission spéciale de deux heures sur Radio Antsiva ce samedi 20 décembre a pu le constater. Sur 22 interventions d’auditeurs, une seule lui était défavorable.

La chose remarquable dans les derniers évènements, c’est que le pouvoir a permis l’éclosion d’une nouvelle génération de responsables à force de les persécuter. Andry Rajoelina et Nadine Ramaroson ont littéralement crevé l’écran. Les vieux dinosaures sont réduits à de la figuration. La relève est là et elle a un autre mental. Tout n’est peut-être pas si négatif !


Alain Rajaonarivony





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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 22:45


Ce vendredi 19 décembre à Antananarivo, ce sont plutôt les préparatifs des fêtes de fin d’année qui accaparent les esprits. Pourtant, derrière cette atmosphère festive, les rumeurs bruissent et chacun est à la recherche d’une confirmation. La veille, le Maire avait annoncé qu'il risquait d'être arrêté avec un certain nombre d'autres personnes. Et cet après-midi, il apparaît bien que des arrestations sont effectivement programmées. Sur la liste noire : Andry Rajoelina, Maire de la Capitale, Nadine Ramaroson, Secrétaire Générale du Conecs et directrice marketing de la Savonnerie Tropicale, Rolland Razafindramanitra, Vice-président du Conecs, Elia Ravelomanantsoa, ancienne candidate à la Présidence et collaboratrice du Maire, Alain Ramaroson, ancien ministre et fondateur du Masters…

On dirait à s’y méprendre un casting pour une soirée de gala sauf que l’invitation du gouvernement serait plutôt pour une prison bien crasse. Qu’a pu bien faire tout ce beau monde ? Pas un dîner mais une réunion dans un restaurant où ils ont parlé libertés et démocratie le 17 décembre. Une fois de plus, cela a énervé certains puisqu’il y avait une nuée de journalistes. Mais chacun a droit à son heure de gloire, n’en déplaise aux membres du gouvernement qui aimeraient attirer autant de caméras. Qu’ils organisent des réunions avec des thèmes porteurs, et des réalisations à la clé quand même, et ils seront les vedettes. Faute de faire quelque chose de positif, ils marquent leur existence en empêchant les autres de vivre. Le ministre de l’information a fermé la station Viva TV, la ministre de la Justice et celui des Mines se sont acharnés sur la société « Le Quartz », celui des finances s’est illustré dans la confiscation des recettes de la CUA, le responsable des transports a pourri la vie de centaines d’automobilistes avec son interdiction des volants à droite…Il manquait le ministre de l’Intérieur (en fait, le Premier ministre lui-même, en charge des deux postes) qui devrait justifier les arrestations demain à moins qu’un contre-ordre ne vienne de très haut.  

Une fois de plus, ce serait une mauvaise décision et une politique désastreuse. Les médias internationaux sont alertés et Madagascar ferait la Une pour de fâcheuses raisons. Qui a intérêt à ce que la réputation du pays se détériore aussi vite aux yeux du monde ? On n’arrête pas les gens parce qu’ils exercent leurs droits garantis par la Constitution.

La Grande Ile est actuellement sur la sellette car elle renvoie une image ambivalente : d’un côté, des lois et institutions qui s’accordent plus ou moins avec les standards internationaux, de l’autre un comportement du pouvoir qui viole ces mêmes lois. L'attitude du peuple malgache a forcé l’admiration du monde en 2002. Cet héritage est en train d’être dilapidé par des gouvernants qui ne respectent pas les citoyens. Il y a là une escroquerie morale.


Alain Rajaonarivony




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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 21:38
                                                                                                                                                                                                                                         

  Le siège de Viva TV à Antananarivo     




La station Viva TV n’avait pas programmé « Le Père Noël est une ordure », ce soir du samedi 13 décembre, mais ce fut tout comme, pour les employés en service. Quand ils ont vu les policiers débarquer de deux minibus, ils comprirent immédiatement que la fiesta de la fin de l’année ne serait pas tout à fait celle qu’ils avaient prévue. Ce fut expéditif ! Séance tenante, la clé fut mise sous la porte sur ordre du ministre de l’information.

Depuis le temps que le gouvernement cherchait une idée pour ébranler le maire de la Capitale, Andry Rajoelina, l’occasion était trop belle. Didier Ratsiraka, l’ancien chef de l’Etat, avait tenu la vedette pendant 45 minutes dans une vidéo diffusée cette nuit là. Rien de bien nouveau ! Les journaux en avaient parlé, d’autres télés l’avaient déjà projetée, au moins en partie, et cela faisait plusieurs jours que sur les forums, les internautes la commentaient dans tous les sens. Un vieux dictateur qui évoque nostalgiquement sa propriété d’Ambodiatafana confisquée par l’Etat, ou blâme  la non transparence et l'accaparement des richesses par quelques uns, il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat !

 Le marché de dupes - win-loose -  « des terres grandes comme la moitié de la Belgique contre rien pour le peuple », avec Daewoo, société coréenne, a été condamné de manière autrement plus virulente par la société civile, politiciens, journaux et simples citoyens dans le même temps. « Atteinte à la sécurité publique » a décrété dare-dare le représentant de l’Etat à propos de la vidéo!... Une révolte populaire se prépare bien du côté de Tamatave. Mais ce sont les terres confisquées aux paysans pour les octroyer généreusement à Daewoo qui en sont la cause. Le premier responsable en est donc bien le gouvernement.

Si la décision de fermer Viva fut rapide, elle ne sera pas durable, si du moins il reste une once d’intelligence politique au pouvoir. Car si elle déstabilise le Maire, les dégâts seront nettement plus importants pour l’image de l’Etat et du Président. C’est le genre de sentence à laquelle la communauté internationale est très attentive. La liberté de presse et d’opinion est un des paramètres qui rentre en compte dans les classements des pays au niveau démocratique. C’est un critère si sensible qu’il peut jouer sur les relations diplomatiques et les aides des organismes multilatéraux. Pour Madagascar, qui ambitionne de recevoir des conférences de niveau continental ou mondial dans les mois qui viennent, c’est donc un très mauvais coup ! Nul doute que les chancelleries suivront avec beaucoup d’attention l’évolution de la situation.

Il est temps pour le Président de réagir dans le bon sens pour rattraper une image considérablement dégradée. Mais peut-être n’y a-t-il personne dans son entourage pour oser lui dire que ce genre d’attitude est d’abord néfaste à lui-même ? Dans ce cas, le pouvoir n’a besoin de personne pour s’écrouler. Il le fait si bien tout seul…


Alain Rajaonarivony





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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 00:01
Parmi les informations en provenance de la Grande Ile cet été, il y en avait une qui semblait relativement neutre et non connotée politiquement. Les journaux étaient alors saturés des prises de décision du gouvernement contre la CUA ; confiscation des recettes fiscales, gestion de la gare routière et ramassage des ordures ménagères retirés à la Mairie, etc... L'interdiction des voitures à conduite à droite prise le 21 août 2008, au-delà de sa pertinence, semblait s'inscrire dans un processus plus normal.

Néanmoins, un certain nombre d'analystes se demandaient si les véhicules à volant à droite étaient vraiment plus dangereux que les charrettes à zébus, les pousse-pousses, vélos sans lumière et autres chariots à bras qui encombrent routes et rues du pays. Le motif officiel de renforcement de la sécurité routière n'a pas convaincu en tout cas les quelques centaines de propriétaires victimes de cette loi qui, bizarrement, devait être rétroactive, puisque les dit-engins devaient être retirés de la circulation en Novembre.

En droit, la rétroactivité n'existe pas et cette loi est par conséquent illégale, ce qui est le comble pour une loi. Ce qui explique sans doute la gêne des responsables et la porte hermétiquement close du ministère à toute demande d’explications formulée par l'association des conducteurs. En désespoir de cause, ces derniers finiront par déposer un recours auprès de la justice.

Le colonel, directeur général des Transports, lâchera laconiquement : « Je n'ai rien à dire à ce sujet. C'est un ordre qui vient d'en haut » quand il sera interrogé par les journalistes de la place. Il aurait sans doute pu ajouter « de très haut! ».

Devant l'impopularité de la mesure, les dirigeants l'ont discrètement passée à l'as. Mais pourquoi  une telle loi (juridiquement tangente), aussi dure (retrait des véhicules) et dans une telle urgence (trois mois) se demande le grand public? Etant donné l'état de l'économie, il y avait là comme un non-sens. D'autant que l'argument du risque sécuritaire ne tient pas. D'après un avocat qui a suivi cette affaire, aucun des accidents de la route qu'il a traité ne concernait ce type de véhicule.


En arrière-plan, les camions Saurer tout-terrains,

           objets de toutes les attentions



Statistiquement d'ailleurs, les chiffres recoupent cette affirmation. La logique ne s'y retrouve pas.


Ou est donc la cohérence? Pour la discerner, il faut savoir contre qui cette décision était dirigée et alors tout devient limpide. Comme les responsables de la Savonnerie Tropicale exaspèrent au plus haut point le pouvoir, il fallait trouver un moyen discret et légal de les atteindre. On a donc sorti une loi pour empêcher que les camions 4X4 Saurer, importés de Suisse avec volant à droite d'origine, qui servent à distribuer les savons dans les bourgades les plus reculées,  ne puissent continuer de rouler.


Les simples citoyens sont ainsi à la merci d'un exécutif qui promulgue des lois au gré de ses intérêts et de ses inimitiés. Il y a eu la loi anti-Star (interdiction de la publicité de la bière), les décrets anti-CUA... Pour l'équilibre de l'information, notons qu'il y a eu aussi des lois « pro », l'amnistie fiscale pour ceux qui ont grugé l'Etat par le non-payement de la TVA, de l'impôt sur les bénéfices et autres taxes douanières. Qui a dit que le Président ne se souciait pas des entreprises malagasy? Mais comme la Savonnerie Tropicale a toujours payé ses impôts, comme toute maison citoyenne qui se respecte, elle n'a pas pu en profiter. Vraiment pas de chance!


Alain Rajaonarivony



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