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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 18:12

 

 

Kung-Fu 401325 278612025533993 100001555936755 769525 21566L’avion d’AirLink, vol 8252, a dû faire demi-tour au-dessus du Canal de Mozambique, à quelques dizaines de minutes de l’atterrissage prévu à Ivato pour 14heures10.

Et Njaka Lalaina Rabemiarana ne connaîtra jamais l’épilogue du bras de fer qui oppose Marc Ravalomanana à Andry Rajoelina. Il a succombé à un traumatisme crânien. Car même lorsque les forces de l’ordre malgaches n’utilisent pas des armes létales, elles arrivent à tuer en ne respectant pas les procédures. On ne balance pas une grenade lacrymogène en tir tendu, au milieu de la foule, au risque de la faire exploser sur quelqu’un.

Marc Ravalomanana a transmis ses condoléances à la famille de ce père de deux enfants présent à l’aéroport, avec une centaine de milliers d’autres personnes, pour l'accueillir ce 21 janvier.

Cet après-midi là, le ministre de la communication, Harry Laurent Rahajason alias Rolly Mercia, plein de bagout mais profondément menteur, annonce sans rire qu’il n’y a pas de Notam alors que TVPlus en avait déjà donné les références et que des milliers d’internautes ont pu en voir les photos. Le ministre, devenu en l’occurrence celui de la désinformation, s’est lancé dans un roman où il était question de faire atterrir l’avion sur un autre aéroport afin de pouvoir procéder à l’arrestation de Marc Ravalomanana, loin de la foule qui aurait empêché cette démarche. Rappelons que c’est le même individu qui a donné des leçons de déontologie aux journalistes, il y a quelques semaines.

Airlink-British-Aerospace-Avro-RJ85Rolly Mercia aura quand même donné une indication importante sans le vouloir : il y avait bien une foule considérable pour l’accueil de l’ex-président, estimée selon les sources entre 30.000 et 200.000 personnes. C’est au moins autant, sinon plus qu’au plus fort du soutien à Andry Rajoelina début 2009, alors Maire persécuté d’Antananarivo. 

La HAT a peaufiné au fur et à mesure le scénario, précisant qu’elle avait demandé au pilote d’atterrir à Morondava. Le mieux étant l’ennemi du bien, elle sera contredite par Rodger Foster, un des responsables d’AirLink qui affirmera que sa compagnie n’était pas au courant de cette proposition. Prévenu au dernier moment de l’interdiction de se poser à Ivato, le commandant de bord devait prendre une décision immédiate pour ne pas mettre en danger la vie de ses passagers. Hormis Morondava, qui n’est pas un aéroport international, Majunga, Tamatave, Tuléar et Fort-Dauphin, qui sont les aéroports de dégagement étaient également fermés par Notam. Très logiquement, le pilote a fait demi-tour. Un BA Avro RJ85 possède à peine un peu plus de 3000 kilomètres d’autonomie. Celui ou ceux qui ont signifié les interdictions aussi tard ont donc fait courir un réel péril aux passagers. Mais c’était sûrement le cadet de leurs soucis, obnubilés qu’ils étaient par leurs calculs politiques. 

Ra8 et Lalao dans l'avion 401383 2478077872075 1256349061 3Les Notam étaient signés par les initiales «PHAT», Président de la Haute autorité de transition. Omer Beriziky, le Premier ministre, a affirmé au micro de Radio France Internationale, qu’il ignorait leur existence. Andry Rajoelina a dû aller au charbon car le gouvernement avait refusé de les promulguer. Le Général Richard Ravalomanana s’était attribué dans la foulée la paternité de ces prescriptions, dans le but de dédouaner le responsable, sans être crédible. Par le passé, lui aussi n’avait pas hésité à mentir, ce qui lui avait valu la réponse cinglante d’une ministre mise en cause (voir l’article : «Affaire Bionnexx : Nadine Ramaroson contredit le Général Ravalomanana»). Ce n’est que le 27 janvier, après le retour de Beriziky et des autres composantes de la transition de Prétoria, où ils étaient convoqués d’urgence par la SADC, qu’Andry Rajoelina, terré jusque là, a ramené sa superbe en déclarant qu’il assumait la délivrance des Notam.

Le 24 janvier, la SADC a renvoyé les protagonistes dos-à-dos. Marius Fransman, le médiateur sud-africain a considéré qu’il était «irresponsable» de la part de Marc Ravalomanana d’avoir voulu revenir dans un contexte encore très tendu, même s’il considère ce retour comme inéluctable et nécessaire pour dénouer la crise. Andry Rajoelina, quant à lui, n’avait pas à agiter la menace d’une arrestation au moment où l’on parle de réconciliation et d’amnistie, ingrédients indispensables pour que le pays retrouve une situation pacifiée.

Pour Marc Ravalomanana, c’était une opération «win-win». S’il débarquait, il recevait l’accueil triomphal de ses partisans. S’il était refoulé, il démontrait la mauvaise foi de Andry. Et s’il avait été arrêté, il déclenchait une révolte générale. En fait, cette venue était un piège à c… Andry est tombé dedans !  

La seule vraie victime dans cette affaire, c’est encore et toujours le peuple qui aspire à un peu de paix et de normalité. A l’exception d’Albert Zafy, tous les dirigeants ont du sang sur les mains, y compris Andry Rajoelina, criminel à la tête pouponne. Quant aux abus de pouvoir et au pillage des richesses de la nation, il n’y a pas grand monde qui puisse donner des leçons. Le peuple serait pourtant prêt à les pardonner, s’ils faisaient simplement l’effort d’arrêter cette crise pour aboutir à une réconciliation.

Les Malgaches en ont assez de ces pseudo-pères-la-vertu qui transpirent la haine, l’esprit de vengeance et la lâcheté. Ils veulent pouvoir respirer, envoyer leurs enfants à l’école, bosser honnêtement dans une économie qui tourne normalement, sans maffias et prédateurs nationaux et étrangers … Si pour y arriver, le sang doit continuer de couler, alors que ce ne soit plus celui de citoyens innocents mais celui des gouvernants responsables de cet enfer. Qu’Andry relise l’histoire de son pays (je parle de Madagascar) et qu’il en tire les enseignements… avant qu’il ne soit trop tard ! 

Photo 1 : Beaucoup de monde à Ivato pour accueillir l’ancien président

Photo 2 : British Aerospace Avro RJ85 : une autonomie limitée 
Photo 3 : Marc et Lalao Ravalomanana : un aller-retour rapide Johannesburg-Tana... mais un bénéfice d'image certain.
 

Alain Rajaonarivony

 

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 00:00

 

invitation-Zafy-17-janvier-2012.jpg

 

17 janvier 2009 : Gilbert m’envoie le récit de sa journée détaillée (voir article : «J’y étais»), exaltante ! Tout le monde croyait alors que la démarche pacifiste, marque de fabrique des luttes démocratiques des Malgaches, depuis 1972, 1991 et 2002, allait une fois de plus primer. Hélas, c’était compter sans la cécité du Président en place (trahi de l’intérieur par ceux qu’il avait nommés), la haine de vieux politiciens véreux (comme Norbert Ratsirahonana et d’autres) et la volonté de la Françafrique d’en finir avec Ravalomanana par tous les moyens. Cette dernière avait déjà son pion mais les Tananariviens pensaient que c’était encore leur champion…

Avec Andry Rajoelina, Nadine Ramaroson sera la vedette de cette journée. Son engagement entraînera l’adhésion des couches populaires des quartiers les plus pauvres qui viendront renforcer la petite et moyenne-bourgeoisie, électorat du Maire d’alors (et de Ra8)…

Depuis, Nadine Ramaroson, qui voulait rester fidèle à l’esprit initial, a été tuée. Deux semaines avant sa mort, Nadine demandera à plusieurs reprises en vain une audience à Andry pour lui parler des menaces qu’elle reçoit…

Interdiction de manifester, fermetures de médias, intimidations et arrestations d’opposants…, l’ère Rajoelina ressemble à la dernière période de l'ère Ravalomanana mais en bien pire... On a en plus les déclarations tonitruantes de certains officiers, trop impliqués pour faire machine arrière sans rechigner, et surtout une économie détruite. Des centaines de milliers d’emplois ont été perdus, et un million d’enfants (950.000 exactement selon les chiffres de l’Unicef) sont désormais privés de scolarisation.

La chute d’un régime corrompu, plein de morgue et d’arrogance pour son peuple et s’appuyant sur des franco-karana et des politiciens profondément pourris, viendra bientôt. C’est le vœu de tous les citoyens et des démocrates… comme en 2009 !


Photo : Invitation d’Albert Zafy pour déposer une gerbe sur la Place de la démocratie ce jour.
Document :  Une des 3 pages de menaces soigneusement consignées. C’est ce qu’a coûté à Nadine et à ses  collaborateurs leur engagement pour défendre le peuple. On retrouve pêle-mêle dans la liste des «grandes gueules» Hajo Andrianainarivelo, Riaz Barday, etc…
«Si tu continues à agir ainsi, je finirai par avoir ta peau…»

 

confid Menaces 1 di


Alain Rajaonarivony

 

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 01:29

 

 

La fin de l’année a été palpitante pour les Malgaches car Andry Rajoelina n’a cessé de louvoyer pour la mise en place de la feuille de route, concoctée sous l’égide de la SADC. Afin d’obtenir enfin la reconnaissance internationale, valant absolution et respectabilité, il s'y conforme avec mauvaise grâce, tout en usant de toutes les ficelles pour empêcher le retour du dernier président élu. Le 15 décembre, un Notam (Notice to Airmen) a été ainsi émis pour interdire aux commandants de bord d'embarquer Marc Ravalomanana au cas où ce dernier aurait la nostalgie du pays. Mais aucune autorité, du Premier ministre aux responsables de l’Aviation civile, n’était au courant d’une telle directive. Difficile de faire plus perfide! Cinq jours plus tard, l’interdiction a été annulée tout aussi discrètement.

 

Après la mise en place du gouvernement Beriziky, la France a embrayé aussitôt la promotion du désormais ex-putschiste, en l’invitant à une rencontre avec Nicolas Sarkozy à Paris le 7 décembre. Las, Andry Rajoelina n’arrive pas à se défaire du cliché de DJ inconscient et inculte. Son entourage fait grand cas de sa maîtrise du français, en le comparant avantageusement à l’ancien président, pour démontrer ainsi qu’il est francophile. Le borgne étant roi au pays des aveugles, notons simplement pour ne pas être désagréable que le français de Andry est correct, sans plus. On est loin de Léopold Sédar Senghor…

 

satrokaranavalonaLa stratégie de la France a consisté dès 1896, début officiel de la colonisation, à détruire les racines et les élites des Malgaches. Comme dirait Christian Chadefaux, journaliste zanatany expulsé de manière irréfléchie par Ravalomanana (ce qui n’a pas arrangé sa réputation de francophobe), le Maroc était aussi un protectorat. Quand la France en est partie, elle a ramené le roi Mohammed V de son exil d’Antsirabe et l’a remis sur son trône, permettant ainsi au royaume chérifien de retrouver ses racines et sa culture de gouvernance. Rien de tel avec Madagascar où la France a tenté d’imposer une caricature de République, mais sans en respecter les règles. Elle a d’abord monté les côtiers contre la royauté, qualifiée de gouvernement hova, puis a créé de toutes pièces le Padesm, pseudo parti des déshérités, pour contrer les mouvements nationalistes.

 

Mais les familles et traditions princières qui ont été ostracisées durant la colonisation et les 50 ans d’indépendance reviennent petit à petit sur le devant de la scène, avec une solidarité et une cohésion des dynasties des quatre coins de l’Ile. Leurs manifestations sont de plus en plus médiatisées et le gouvernement n’y peut rien. Le 29 décembre, des familles princières représentant l’ensemble des noblesses du pays, ont procédé à un rite de purification pour toutes les profanations, dans l’enceinte même du Rova. Plus d’un siècle après, cette renaissance marque finalement l’échec des Français dans la tentative d’effacer de la mémoire collective la royauté et de reconstruire l’histoire de Madagascar à la gloire des colonisateurs.

 

Malgré une république de façade, la royauté était omniprésente dans l’Inconscient des dirigeants (et de leurs conseillers français) depuis la Première République. On n’échappe pas à ses racines. Pendant la révolution socialiste, Didier Ratsiraka prenait la pose de Radama 1er sur sa photo officielle, et le Palais de Iavoloha, qu’il s’est fait construire par les Nord-Coréens l’a été sur le modèle du Palais de la Reine. Le village où a été édifié ce complexe présidentiel s’appelait à l’origine Mavoloha («Tête jaune») et a été rebaptisé Iavoloha («Tête haute»).

 

 Sous Albert Zafy, le Palais de la Reine brûle. Le 6 novembre 1995, d’énormes flammes s’échappent du «Rovan’i Manjakamiadana» sous les yeux consternés des Tananariviens. Bloqués par les véhicules des curieux qui encombraient les rues de la vieille ville, les pompiers ne pourront rien faire. Incendie criminel dont on ne retrouvera jamais les auteurs ni les commanditaires, la rumeur populaire parlera de mercenaires vazaha... Aux élections présidentielles suivantes, en 1996, les Malgaches avec un taux d’abstention record boycottent Albert Zafy qui perd face à Didier Ratsiraka.

 

Marc Ravalomanana, arrivé au pouvoir en 2002, annonce très vite son intention de reconstruire ce patrimoine national. La première phase des travaux débuteront effectivement en  2006 dans une certaine opacité puisque les plans n’étaient pas accessibles pour des raisons de sécurité. Pour une simple réhabilitation de musée, c’était un peu bizarre, ce qui a fait poser question sur les véritables intentions du président. En 2008, des cendres royales ont été transférées en catimini, une de ces profanations dénoncées par les Andriana. En décembre 2008, les phases 1 et 2 des travaux étaient achevées.

 

midina.jpgLe chantier sera stoppé net par Andry Rajoelina dès la réussite de son coup d’état, le 17 mars 2009 pour ne pas permettre à son rival de se prévaloir de quelque chose. Ce qui ne l’a pas empêché le 11 décembre 2010 de prendre la tête d’un véritable carnaval avec son épouse, déguisés en souverains. Ils descendront du Palais situé sur les hauteurs, jusqu’au nouvel hôtel de ville reconstruit, entouré de «gardes royaux» (des soldats travestis pour la circonstance). Rebelote un an après, où après s’être congratulé avec Sarkozy, il a tenu à faire tirer un feu d’artifice à partir du Rova pour fêter le premier anniversaire d’une IV république que personne ne reconnaît à part les putschistes eux-mêmes. Or, la couronne de Ranavalona Ière venait d’être volé au palais d’Andafiavaratra (le palais du Premier ministre devenu un musée) dans la nuit du 3 au 4 décembre. C’en est trop pour les Andriana qui crient au mépris et à la profanation. Le pays devrait être en deuil après ce vol, argumentent-ils. Malgré les mises en garde, Andry Rajoelina procèdera à ses festivités incomprises par la majeure partie de la population qui se débat dans une crise économique profonde.

 

Le 11 décembre 2011, Andry Rajaoelina faisait donc sa fiesta au milieu de la désapprobation et de la misère générales, tout en promettant de reprendre les travaux de réhabilitation du Rova qu’il a lui-même arrêté. Le 11 décembre 1885, un décret rattachait Madagascar au ministère des colonies. Ce que Andry fêtait ce jour là n’est peut-être pas ce qu’on croyait….

 

Concernant le vol de la couronne, je vous conseille de lire un article du blog de Jentilisa, en malgache, où il explique le symbolisme de ce vol dans l’ésotérisme et la culture malgaches. Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas chercher un gang international mais des personnes qui sont en rapport avec le pouvoir et les symboliques de la royauté.

 

Avec un tel arrière-plan, la République partait déjà avec un handicap. N’importe quel petit détenteur de pouvoir se comporte comme un potentat. Les Français, qui sont régicides et ont envoyé Louis XVI à l’échafaud avec leur reine, auraient bien voulu imposer leur vision du pouvoir, le fameux triptyque «Liberté – Egalité – Fraternité». En même temps, le gouvernement colonial était le premier à violer ces principes à Madagascar. Et l’âme impérialiste reste d’actualité dans les rapports entre la France et  la Grande Ile.

 

Toutes les élections ont été truquées depuis l’Indépendance en 1960, et l’étaient déjà sous la colonisation. Pendant la Première république, ce sont les coopérants français qui se chargeaient de «briefer» les dirigeants sur la façon d’éliminer les opposants et de falsifier les résultats. Ceux qui sont arrivés après ont bien appris la leçon.

 

Les francophiles africains se sont souvent trouvés dans une situation schizophrénique. D’un côté, la diplomatie officielle française se conforme en apparence aux grands principes démocratiques, parlant de Droits de l’homme et de non-ingérence. De l’autre, elle appuie discrètement tout ce qui va dans le sens de ses intérêts. Suivant les époques, elle n’a pas hésité à assassiner, déstabiliser, voire intervenir militairement. Le grand public est désormais au courant de ces manœuvres secrètes, des documentaires télévisés sur la Francafrique en ayant fait le récit détaillé, notamment celui de Patrick Benquet, diffusé en décembre 2010 (voir aussi article : «Madagascar, la Francafrique à l’œuvre»).

 

Photo blog Augustin

 

Olga-et-une-mere-de-famille-en-pleurs-DSCF1593.jpg

Ceux qui ont voulu obliger Ravalomanana à respecter la Constitution sans pour autant perpétrer un coup d’état (ce serait paradoxal) en 2009 ont été doublés par les équipiers de la Francafrique. Les dénégations de Châtaigner, l’ambassadeur de France, concernant une antipathie de l’Hexagone envers l’ancien président, arrivent un peu tard. Le mal est fait. La francophobie est en train de s’exacerber au sein d’une population humiliée et réduite à la misère par des dirigeants pourris qui n’arrêtent pas de se réclamer du soutien de l’ancienne puissance coloniale… Que ce soutien soit réel ou non n’est désormais plus la question. Les Malgaches étant des affectifs assez rancuniers, il faudra beaucoup de finesse à la diplomatie française pour dissocier son image de celle d’une HAT qui est sûrement le gouvernement le plus honni de l’histoire.  

 

La position des Etats-Unis a été beaucoup plus claire pendant cette crise. Ils ont mis en garde Marc Ravalomanana et condamné ses dérives, en particulier fin 2008 quand la situation commençait vraiment à se tendre. En même temps, dès le coup d’état perpétré, ils ont immédiatement levé toute ambiguïté dans leur perception de la situation. Andry Rajoelina s’est emparé du pouvoir de manière violente et illégale, avec l’aide d’une partie de l’armée mutinée. La France, quant à elle, a continué à maintenir tranquillement sa coopération militaire durant toute cette période… 

 

* Le roi Julien XIII est le maki qui règne dans le dessin animé «Madagascar», un roi auto-proclamé plus ou moins débonnaire qui aime la fiesta et dont les sujets n’ont pas à se plaindre car ils n’ont pas le choix.

 

Photo 1 : La couronne volée que tout le monde veut se mettre sur la tête

Photo 2 : Le rival de King Julien et Mialy en longue robe rouge, la couleur royale. Mais elle n'a pas la couronne (pas encore)...

Photo 3 : Enfin une militante orange sexy made in France. Sacré Augustin ! C’est bien plus sympa que les bonnes femmes des bas-quartiers qui pleurent parce que les forces de l’ordre ont détruit leurs baraquements pour le profit d’un gros bonnet.

Photo 4 : Olga Ramaroson, nouvelle ministre de la Population et des affaires sociales, et tante de Nadine Ramaroson, assassinée dans ses fonctions, en train de consoler une mère dont la maison vient d’être rasée. C’était le 7 décembre, pendant qu’Andry Rajoelina était à l’Elysée.

 

Alain Rajaonarivony

 

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 23:20

 

 

La famille de la ministre disparue en mer le 28 août a donné une conférence de presse radio-télévisée pour donner les résultats de sa propre enquête, ce 22 novembre 2011, et ce, pour suppléer au black-out opéré par les autorités sur cette affaire. Voici, traduit en français, le rapport originellement en malgache (voir article précédent).

 

 

Rapport de la commission d’enquête sur la mort de la ministre de la Population et des Affaires sociales, Nadine Ramaroson et de ses collaborateurs.

 

Plusieurs points concernant la mort de Nadine Ramaroson et de ses collaborateurs à Soanierana Ivongo ont fait naître le doute et n’ont pas trouvé de réponses cohérentes.

 

- Le capitaine n’avait pas d’autorisation de transporter des passagers de Sainte-Marie à Soanierana Ivongo, et son aide n’était pas un marin disposant du «livret professionnel» mais avait été recruté parmi le tout-venant.

 

- Le propriétaire de la vedette n’a pas été auditionné, ni mis en examen bien qu’il ait enfreint la loi, sa vedette ne disposant pas de l’autorisation de transporter des passagers en haute mer (Sainte-Marie – Soanierana Ivongo), mais étant juste dédiée aux promenades en mer (visite des baleines).

 

- Le responsable de l’AMPF à Sainte-Marie n’était pas au courant du trajet de la vedette et de  son intention de faire la traversée jusqu’à Soanierana Ivongo, ce qui est confirmé par l’absence de «manifeste».

 

- L’explosion a été traitée de manière superficielle dans les journaux, la radio et la télévision nationales, alors qu’elle a provoqué la mort de plusieurs personnes.

 

Qui protège qui? Qui s’efforce de cacher la vérité? Qui n’a pas pu mener à bien l’enquête? Et pourquoi n’y a-t-il pas eu des dispositions prises depuis? Ni la famille, ni le CSDN n’ont reçu de rapports jusqu’à présent.

 

 

Plusieurs évènements se sont produits avant ce drame :

 

- La ministre avait fait savoir par l’intermédiaire d’une télévision privée qu’elle disposait de preuves sur des actes de corruption de haut niveau et sur le trafic du «bois de rose», et avait martelé qu’elle ne désirait pas être complice de tout cela.

 

- Elle avait déposé une plainte le 17 juin 2011 (voir article : «Nadine était menacée de mort»), pour les menaces de mort qu’elle et ses collaborateurs avaient reçues. Sa plainte était celle d’un membre du gouvernement mais personne n’a écouté, enquêté ou donné un quelconque poids à cette requête.

 

- Elle avait déjà été menacée, et pourtant, on l’avait encore désigné par trois fois pour des missions situées en «Zone rouge», dans la région du Melaky. Elle n’a pas pu choisir, comme ses collègues. 

 

- Les litiges fonciers qui ont choqué la ministre par ses aspects injustes et inacceptables, Amparihingidro, Faharetana Arivonimamo… lui ont valu d’autres menaces aussi bien par téléphone que par divers canaux.

 

 

La ministre avait beaucoup d’ennemis à cause de la Justice et de la Droiture dont elle a fait preuve, et à cause de l’amour qu’elle avait pour son pays et pour ses concitoyens.

 

 

Certaines attitudes du pouvoir lors de la mort de la ministre et de ses collaborateurs posent questions :

 

- Le ramassage du journal «Ao Raha»… qui avait titré «Des hautes personnalités mises en cause dans la mort de Nadine Ramaroson» (par une 4x4 blanche dans tout Antananarivo)

 

- L’absence de «minute de silence», simple marque de respect, pendant toutes les cérémonies officielles sur le territoire national, surtout à Miarinarivo Itasy lors de la Journée internationale des femmes rurales, où le chef de district de Miarinarivo a pris la parole. Lors de son discours, il a affirmé que «la nouvelle ministre de la Population est la femme du Premier-ministre (Vital)». Cette annonce a été faite devant les personnalités venues assister à cette célébration.

 

A cause de tout cela, et de toutes les preuves qui sont en notre possession, nous déclarons de manière publique et ferme qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un « ASSASSINAT »

 

La vedette ne s’est pas retournée à cause d’un transfert de poids comme vous le constaterez sur les photos !

 

Et parce qu’il y a une commission désignée spécialement pour mener l’enquête, dont on n’a obtenu aucun résultat 3 mois après la mort de la ministre de la Population et des Affaires sociales,

 

Nous demandons à cette «commission tripartite» de sortir les résultats de ses investigations à brève échéance. Ceux-ci doivent être à la hauteur du temps qu’elle a pris pour enquêter.

 

Nous sommes dans l’obligation de tout faire pour sortir la vérité ! Nous avons besoin de connaître la juste réalité !

 

Nous donnons l’assurance au peuple que la suite de nos recherches sera bientôt publiée.

 

 

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 14:42

 

 

Zavatra maromaro no mampiahiahy sy tsy nahitana valiny mitombina tamin’ny trangan-javatra tany Soanierana Ivongoka nahafatesan’ny Minisitry ny Mponina sy ny Raharaha Sosialy Nadine RAMAROSON sy ireo Mpiara-miasa aminy :

 

- Ny mpanamory dia tsy manana taratasy fahazoan-dalana hitondra vedette hitatitra mpandeha avy eo Sainte- Marie ho any Soanierana Ivongo, ary ny mpanampy dia olona notsimponina ary tsy manana “livret professionnel” amin’ny maha-tatsambo azy.

 

- Ny tompon’ny vedette, tsy nanontaniana ary tsy nogadrainana na dia tsy ara-dalana aza satria ilay vedette dia tsy manana taratasy fahazoan-dalana hanao fitaterana olona an-dranomasina (Sainte-Marie – Soanierana Ivongo)- fa voatokana ho an’ny fialam-boly an-dranomasina fotsiny (visite des baleines).

 

- Ny masoivohon’ny AMPF ao Sainte-Marie dia tsy nampahafantarina akory ny fandehanan’io vedette io hitatitra olona avy ao an-toerana ho any Soanierana Ivongo, porofo manamarina izany ny tsy fisian’ny “manifeste”.

 

- Nopasopasohana fotsiny na tany amin’ny gazety, na tany amin’ny haino aman-jery na tany amin’ny fampielezam-peom-pirenena Malagasy ilay zavatra nipoaka nandritra iny tranga iny nefa namoizana ain’olonamaro.

 

- Fanapotehana ary fanafenana porofo nataon’ny tompon’andraikitra isan-tsokajiny.

 

Iza no miaro?  Iza no miezaka manafinany marina? Iza no tsy nahavita ny famotorana? Ary nahoana no tsy nisy fepetra noraisina hatramin’izay? Satria na ny fianakaviana na ny CSDN dia tsy nisy nahazo tatitra hatramin’izao!

 

Efa tantara maro no niseho talohan’io tranga io:  

 

- Efa nampahafantatra ny Ministra fa manana porofo mahakasika kolikoly avo lenta misy eto Madagasikara momba ny “bois de rose” tamin’ny haino aman-jery tsy miankina iray, niteny izy fa tsy manaiky ary tsy hiaraka tsikombakomba amin’izany.

 

- Nametraka fitoriana ny Ministra ny 17 Jona 2011 nilaza fa misy mandrahona ho faty izy sy ny mpiara-miasa aminy. Mambra ny Governemanta no nametraka fitoriana fa tsy nisy nihaino, tsy nisy nanadihady, tsy nisy nanisy lanjany.

                

- Efa nisy nandrahona izy, anefa mbola notendrena in-telo miantoana hamita iraka tany amin’ny faritra mena dia ny Faritra Melaky. Tsy mba afaka nisafidy toa ireo namany izy.

           

- Ny ady tany maro nampitroatra ny Ministra noho ireo endrika tsindry hazolena maro tsy azo ekena intsony: ny tantara Amparihingidro, ny tantara Faharetana Arivonimamo… dia nahazoany fandrahonana vaovao tamin’ny finday sy tamin’ny fihetsika maro naseho azy.

 

     Be fahavalo ny Ministra nohon’ny Marina sy Hitsiny nijoroany ary nohon’ny fitiavany Tanindrazany nampihariny tamin’ny Fitiavanany Mpiray Tanindrazana aminy

 

Noho ireo fihetsika hafahafa nitranga taorian’ny nahafatesan’ny Ministra sy ireo Mpiara-miasa aminy:  

 

- Fandraofana ny gazety “AoRaha” tamin’ny …. Izay nirakitra ny fanambarana hoe “Misy Tompon’andraikitra voarohirohy tamin’ny nahafatesan’i Nadine Ramaroson” (4x4 Fotsy)

 

- Ny tsy fisian’ny “iray minitra fahanginana” mba ho mari-panajana nandritra ireo lanonam-panjakana maro natao teto amin’ny firenena indrindra fa ilay tao Miarinarivo Itasy tamin’ny Andro Iraisam-pirenena ho an’ny Vehivavy Tantsaha izay nitenenan’Andriamatoa Lehiben’ny Distrikan’I Miarinarivo nandritra ny lahateny nataony fa “ny vadin’Andriamatoa Praiministra teo aloha no Minisitry ny Mponina vaovao”. Izany fampahafantarana ny Minisitry ny Mponina vaovao izany dia natao teo ambany mason’ireo olo-manan-kaja rehetra nasaina hanatrika ny lanonana.

 

Noho ireo zavatra rehetra ireo, sy ny porofo maro eto am-pelatananay dia manambara ampahibemaso sy ho ren-tany ho ren-danitra izahay fa tsy loza voajanahary velively no nahafaty ny zanakay fa “NOVONOINA” (ASSASSINAT).

 

- Tsy nohon’ny fiovan-danja velively no nampitsimbadika ny “vedette” araka ireto sary aseho anareo ireto!

 

- Koa satria misy ny komisiona manokana voatendry nanao fanadihadina mikasika io raharaha io, tsy nahitana valiny na dia efa ho 3 volana aza izao ny nahafatesan’ny Ministra sy ireo Mpiara-miasa aminy.

 

Dia  manome fe-potoana faran’izay fohy izahay ho an’ireo “commission tripartite”ireo hamoahany ny valin’ny fanadihadiana marina. Fa fe-potoana nanadihadiana mitovy, ny valiny koa tokony hitovy.

 

Tsy maintsy atao izao rehetra izao mba ahitantsika rehetra ny marina! Ilaina ny fahamarinana!

Matokisa ianareo vahoaka fa hivoaka tsy ho ela ny ampahany manaraka amin’ny valin’ny fanadihadiana.

 

 


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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 09:23

 

 

Touriste, diplomate ou Gasy d’ailleurs, celui qui débarque à Antananarivo ne peut manquer les temples et les églises ornant les collines de la capitale. Au cas où il n’y aurait pas prêté assez attention, ses interlocuteurs autochtones ne manqueront pas de lui faire remarquer au détour d’une conversation la grande foi des Malgaches. L’aventure tragique des martyrs chrétiens qu’on balançait du haut des rochers aux temps de la «méchante reine Ranavalona I» colorera de manière vive et originale ces propos…

 

Ces «étrangers» pourraient alors avoir le réflexe de faire la comparaison avec les Américains ou les Sud-Africains dont la partie blanche, à quelques nuances près, est composée des Protestants persécutés en Europe et ayant fui le vieux continent. Ils ont amené avec eux leurs croyances et leurs modes de vie, convertissant au passage les Noirs et les autres groupes qui les côtoyaient. Ils ont fait des Etats-Unis la nation la plus puissante du monde, et de l’Afrique du Sud, la plus riche et la plus influente du continent noir, et ce malgré tous leurs défauts. Le christianisme possède des valeurs cardinales comme la repentance, le pardon, l’égalité, le travail ou l’honnêteté. La puissance de ces principes a amené les uns à élire le premier président noir de leur histoire, Barack Obama, alors que sa communauté est minoritaire face aux Blancs et aux Latinos. Au nom des mêmes préceptes, Nelson Mandela a permis à la minorité blanche de rester des Africains à part entière, effaçant la vengeance sur des années d’injustice. Ces pays sont devenus des exemples pour le monde.

 

A Madagascar, les chrétiens ne manquent pas, protestants comme catholiques, auxquels viennent s’ajouter les membres de toutes les sectes diverses et variées. Mais ce pays figure désormais parmi les plus pauvres du monde, bien qu’il soit un scandale géologique, cumulant terres arables, pétrole, minerais et pierres précieuses. C’est aussi l’un des seuls pays d’Afrique qui régresse économiquement (croissance officiellement proche de zéro, officieusement négative). Sa classe dirigeante figure au hit-parade des plus corrompues du monde. Le trafic du bois de rose est sans doute le pire scandale que l’Ile ait jamais connu. Des forêts primaires, avec des espèces uniques, sont perdues pour les générations futures et des centaines de millions de dollars se sont envolées des caisses de l’Etat. 500.000 enfants sont déscolarisés sans que ça émeuve outre mesure le gouvernement. 23 4x4 Toyota Prado offerts par l’Unicef à l’Education nationale ont été confisqués par de hauts responsables, et il a fallu que cet organisme bloque le versement de 27 millions de dollars destinés aux kits scolaires, cantines et salaires pour qu’ils soient rendus.

 

Où est le bug alors qu’avec ses potentialités naturelles couplées aux valeurs chrétiennes de sa population, Madagascar devrait figurer parmi les pays les plus riches d’Afrique, sinon du globe ?

 

16 021 (Medium)

 

Andry  Rajoelina parle souvent de Dieu et a même réussi à mettre dans la devise de la 4ème république, non reconnue par le reste du monde, le terme «Amour» (voir article : «Laissez respirer les enfants !»). Mais on parle plus de pédophilie et de tourisme sexuel à Madagascar que «d’amour du prochain». La fédération des Eglises elle-même n’est plus une référence morale (voir article précédent).

 

Marc Ravalomanana est sans doute celui qui a le mieux «utilisé» la foi à des fins politiques. Il s’est imposé comme vice-président des églises protestantes (FJKM), alors qu’il était déjà chef de l’état, dans l’optique de les manipuler à son profit. Pour cela, il a acheté des pasteurs, et les quelques voix discordantes au sein du conseil ont été durement priées de se taire. Son comportement en tant que premier responsable de l’état était loin de refléter la tolérance et la sagesse, ses adversaires politiques en savent quelque chose. C’est d’ailleurs son orgueil et son incapacité à écouter les conseils qui l’ont perdu (voir article : «Ravalomanana : le meilleur et le pire»).

 

Aucun des politiques, dont beaucoup se réclament ouvertement de la foi chrétienne, ne s’est jamais préoccupé des pauvres, à l’exception de l’ancienne ministre de la Population et des affaires sociales, Nadine Ramaroson. On sait comment elle a fini (voir articles : «Nadine ne les gênera plus» et «Les vrais hommes de ce pays… sont les femmes»). 

 

Mailhol2La foi du citoyen lambda n’est pas tellement différente de celle de ses dirigeants. Elle consiste surtout à être assidu à l’église ou au temple le dimanche. Le reste de la semaine, rien ne le distingue en général des mécréants dans son éthique. Quand une mission américaine ou européenne demande à un pasteur évangélique de quoi il a besoin, la réponse est presque invariable : «un 4x4 pour évangéliser». Le Pasteur Mailhol, célèbre évangéliste d’une secte charismatique, prêche la bonne parole en Hummer et en Porsche Cayenne. Les pauvres, on laisse ça au Père Pedro. Ce n’est pas un malgache, il n’a rien compris aux réalités locales…

 

Les Malgaches reconnaissent volontiers et sans aucune gêne qu’ils aiment bien la frime et la fête, un «art de vivre» qui se retrouve même à l’église… Rien de mal à cela sauf qu’on est loin de l’humilité et de la nécessaire vision du futur (entraînant des sacrifices sur le présent) que demandent les Evangiles. Ce n’est pas pour rien qu’Andry Rajoelina a promis la plus grande arène de spectacles de l’Océan Indien….

 

Plus que les militaires putschistes, les hommes d’affaires maffieux ou les politiciens véreux, c’est l’incohérence de leurs idéaux qui font le malheur des insulaires. «On ne peut pas servir deux maîtres à la fois, c’est Dieu ou Mammon», dixit la Bible. Or, peu de monde font le lien avec les belles idées professées le dimanche et ce que cela devrait induire face à la corruption, l’injustice ou la trahison. Si les Malgaches arrivent à établir l’adéquation entre leur foi et leur comportement de tous les jours, des gosses ne traîneront plus dans les rues et la vie politique se moralisera d’elle-même… Il est vrai que mettre en pratique ses convictions quand on est dans un environnement moral en pleine déliquescence relève parfois de l’héroïsme, comme rester intègre au milieu de la corruption généralisée par exemple. «Celui qui a la foi comme un grain de sénevé (moutarde) pourra soulever des montagnes». Les Malgaches sont pour l’instant loin du compte…  

 

Photo 1 : Nadine Ramaroson, distribuant du savon et des vivres à des nécessiteux. La ministre avait été surnommée «la mère des pauvres», tant son dévouement était flagrant.

Photo 2 : le Pasteur Mailhol et sa superbe Hummer. Si avec ça, les pauvres ne se convertissent pas, c’est à désespérer… Illustration de «la théologie de la rétribution» : plus la cylindrée de ta bagnole est grosse, plus t’es béni par Dieu. Qu’est-ce qu’il disait le Christ déjà, il y a 2000 ans : «Je suis venu pour les pauvres…» ? (photo TanaNews, merci, Messieurs !)

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 23:42

 

 

Après les accords du 17 septembre, dont beaucoup ne donnaient pourtant pas cher (voir article précédent), une autre étape a été franchie le 28 octobre 2011. Dans la soirée, au Palais présidentiel de Iavoloha, Andry Rajoelina a donné le nom du nouveau premier-ministre, choisi parmi une quinzaine de prétendants acceptés par la communauté internationale. Il aura fallu presque quatre heures, propices à toutes les supputations,  avant que les invités ne soient libérés du stress de l’attente. Jean Omer Beriziky, présenté par le professeur Zafy, est en final l’heureux élu, un outsider sur lequel peu d’analystes aurait parié.

 

Mamy Rakotoarivelo, représentant de Marc Ravalomanana, est sorti de la salle pour protester contre cette nomination avant d’expliquer le lendemain que son mouvement d’humeur était plus contre le procédé (sa mouvance n’aurait pas été consultée) que la personne.

 

Il n’est pas le seul à avoir eu une montée d’adrénaline. Quelques heures avant cette cérémonie officielle, Jean-Marc Châtaigner a provoqué un incident diplomatique au Colbert. Après son entretien avec Marius Fransman, l’envoyé sud-africain de la SADC, chargé de contrôler le respect des accords et de parrainer la nomination du premier-ministre, il s'en est pris verbalement et physiquement au même Mamy Rakotoarivelo. L’ambassadeur français n’aurait pas apprécié la mise en cause de la France par les légalistes. Cet épisode, qui s’est déroulé en public, ne devrait pas rester sans conséquence.

 

Andry Rajoelina aurait préféré le Général en retraite Sylvain Rabotoarison, ancien ministre de l’environnement de Marc Ravolamanana mais qui aurait juré que ce dernier ne reviendrait jamais s’il était promu. Présenté au dernier moment par on ne sait quel tour de passe-passe, puisqu’il n’était pas dans la liste officielle initiale des premier-ministrables, ce candidat aurait été récusé par Marius Fransman pour respecter le principe accepté par toutes les parties, de neutralité de l’armée. Au passage, on remarquera que l’ancien président avait le chic de choisir des collaborateurs qui finissent toujours par le trahir. Cela devrait être une leçon pour les futurs dirigeants. Il vaut mieux des conseillers ayant le cran de vous dire vos 4 vérités que des laudateurs qui vous poignarderont ensuite dans le dos.

 

J.Omer 2Jean Omer Beriziky était un partisan du professeur Zafy en 1991 qui l’a par la suite nommé ambassadeur à Bruxelles en 1994, où il a été maintenu par Ratsiraka en 1997. Il a rallié Ravalomanana en 2002, ce qui lui a valu de sauver son poste de diplomate jusqu’en 2007, date à laquelle il est rentré au pays.  Il a intégré le Leader Fanilo dont il est membre actuellement. Depuis le 28 octobre, il est donc le Premier-ministre d’Andry Rajoelina, grâce au professeur Zafy. Bref, il a le profil du politicien gasy classique, qui sait surnager, ni plus méchant, ni plus malhonnête qu’un autre. Mais pour les balises morales auxquelles tout un pays peut se raccrocher, comme Nelson Mandela, il faudra attendre un peu.

 

Les légalistes sont paumés. Malgré l’explication un peu tarabiscotée de Mamy Rakotoarivelo, certains ont l’impression de s’être fait avoir par leur allié Albert Zafy. Seul Mahery Lanto Manandafy a immédiatement présenté ses félicitations sur Facebook au nouveau chef du gouvernement. Tout à leur introspection, un fait important leur a échappé. L’armée est éloignée du champ politique, ce qui peut être considéré comme une victoire pour tous les modérés. Et pourtant, des généraux ont donné de la voix transformant la «Grande muette» en «grande gueule», tant les déclarations se sont succédées ces derniers jours.

 

Si dans les démocraties, les militaires mettent un point d’honneur à ne jamais intervenir dans les débats politiques, le comportement de certains officiers à Madagascar montre à quel point l’armée s’est éloignée de sa vocation première. Ses généraux actuels, contrairement à ceux de la génération 60, ne se sont illustrés sur aucun champ de bataille, à moins que matraquer des manifestants pacifiques ne soient considérés comme des faits d’armes. En fait, l’armée est autant malade que les autres corps de la société, de l’éducation nationale, à la Justice. La contagion s’étend jusqu’à la fédération des églises (FFKM) qui s’est fourvoyée dans la politique. Début 2009, au moment où la crise pouvait encore se dénouer, Monseigneur Odon Razanakolona, chef de la fédération des églises, en position de médiateur, a violé gravement l’éthique en prenant parti. Il a ainsi contribué à enfoncer le pays dans un gouffre moral, qui s’est rajouté au désastre économique et social. Ceci explique pourquoi la FFKM s’est repliée sur elle-même et refuse désormais de s’impliquer.

 

Madagascar n’est pas encore sortie de l’auberge. Mais un pas a été fait vers la normalisation. Un pays à l’agonie attend de ses politiciens corrompus un épilogue rapide. Ces derniers vont maintenant passer à l’épisode le plus intéressant pour eux : le partage du gâteau… Nul doute qu’ils vont prendre leur temps et remettre en cause à chaque fois le processus pour grignoter quelques avantages… Mais malgré les pressions, Andry Rajoelina fera tout pour terminer au plus vite une transition devenue totalement impopulaire et illégitime depuis l’assassinat de Nadine Ramaroson, l’ex-ministre de la Population (voir articles : «Nadine ne les gênera plus» et «Les vrais hommes de ce pays… sont les femmes»). La fin de la transition signifierait «l’oubli» du trafic de Bois de rose - destruction par les dirigeants du patrimoine des générations futures -, des détournements massifs d’argent public, de la désagrégation de l’économie et… du sang versé…

 

Omer Beriziky va être jaugé à ses premières décisions. La population attend les mesures d’apaisement (concernant en particulier les prisonniers politiques et les exilés) susceptibles d’orienter favorablement la communauté internationale à son égard, et permettant de desserrer l’étau du boycott…

 

Photo : Jean Omer Beriziky, le nouveau premier-ministre de Madagascar

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 21:43

 

 

Ils ont donc fini par signer cette… feuille de route, à 2 heures du matin le 17 septembre,  malgré un dernier baroud du déshonneur de la bande à Ratsirahonana qui a sorti un Notam (Notice To Air Men, «messages aux navigants») deux jours auparavant interdisant l’entrée de l’ancien chef de l’Etat sur le territoire national. Le texte paraphé, la version de Sandton, stipule en son article 20 le retour inconditionnel de tous les exilés et on voit mal comment un Notam courageusement non signé peut y contrevenir.

 

Le cinéma à l’arrivée de la délégation de la SADC, avec des jeunes payés et ramassés par une trentaine de bus, manifestant leur «hostilité» (celle des ultras de la HAT en fait), a été d’un ridicule au point que même les journaux locaux s’en sont moqués. Ces personnes, sensées être le «peuple», défendaient les intérêts des corrompus du pouvoir pour qui un accord signifie la fin de l’anarchie, de la spoliation en toute impunité des terres des paysans et de tous les trafics juteux….

 

Le premier moment de joie contenue passée (Maputo et Addis-Abeba sont passées par là) (voir article : «A défaut de grand pardon, le combat ou les élections»), tous les analystes retombent immédiatement sur terre. La crainte que les accords, comme leurs prédécesseurs, finissent à la poubelle est dans tous les esprits.

 

Andry-et-Mialy-CIMG7403.JPGMais ce protocole a une chance de tenir pour une raison simple. Andry l’a décidé, contre l’avis de Ratsirahonana (initiateur de tous les Notam passés et à venir) et de tous les ultras de son camp. Déjà la signature semble relever du miracle tant les démonstrations de refus initiées par ce groupe étaient spectaculaires (manifs, Notam, déclarations d’officiers ou de la ministre de la «justice», Christine Razanamahasoa). Mais il y a trois semaines, un évènement a ouvert les yeux du dirigeant de la Transition. Devant le cercueil de Nadine, il était décomposé tandis que sa femme pleurait à chaudes larmes. Ce n’était pas une opération de com.

 

Une de ses dernières entrevues avec la ministre de la Population et des Affaires sociales fut très «franche», une grosse séance de mise au point. Au moment où le gouvernement a instauré la Commission sociale (sous l’inspiration de la ministre), cette dernière avait décidé de prendre un rendez-vous avec Andry et l’a pour ainsi dire engueulé. Trop de litiges fonciers avaient fait déborder le vase. Hajo Andrianainarivelo, ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, était à l’origine de tous ces scandales. Mais il se sentait le «petit protégé» du président, lui avait-t-elle asséné, et de ce fait se croyait pratiquement intouchable. Elle lui a rappelé qu’elle était sa compagne de lutte des premiers instants (voir article : «Le cœur d’Antananarivo bat pour la liberté»). Si elle partait, la Transition n’avait plus lieu d’être étant donné que Roindefo Monja, le troisième compagnon de galère, n’était plus là non plus et critiquait désormais le pouvoir. Elle finira sa tirade en lui rappelant que lui pouvait partir en exil, alors qu’elle resterait là «jusqu’à son dernier souffle».  Andry serait resté «bouche bée» et a assuré qu’il ne s’enfuirait jamais. Le souvenir de cet entretien a sûrement pesé beaucoup plus lourd dans la décision que toutes les gesticulations des politiciens malgaches. Et s’il a décidé d’affronter son propre camp, c’est parce qu’il a passé un cap psychologiquement…

 

Andry Rajoelina est en train de s’affranchir de l’influence de ses mauvais génies, Norbert Ratsirahonana et ses sbires (Hajo, Christine, et autres généraux…). Par le plus grand des hasards, c’étaient aussi les pires ennemis de Nadine Ramaroson au sein de la HAT (voir article : «Nadine ne les gênera plus»).  Il ne s’agit pas maintenant que Marc Ravalomanana fasse encore l’imbécile comme à Maputo III (voir article : «Entre rires et honte, le désespoir»). Son sort est désormais lié à celui du président de la Transition, et s’il veut avoir une chance de revenir un jour, il lui faudra au contraire l’appuyer dans sa démarche. Les légalistes auraient tort de se réjouir de l’arrêt de la HCC (Haute Cour Constitutionnelle), stipulant qu’Andry Rajoelina, président non élu, ne dispose pas des prérogatives de chef suprême des armées. Sorti le 16 septembre, le jour même de la négociation des accords, cet avis est destiné à affaiblir le chef de la transition afin que les officiers putschistes puissent interdire le retour de Ravalomanana quand bien même Andry donnerait l’ordre contraire. La HCC est inféodée à Ratsirahonana, son ancien président, une évidence depuis le 17 mars  2009, jour de gloire de «l’extra-constitutionnalité» (voir article : «Ce n’est pas encore le mot de la fin»).

 

L’heure n’est pas aux élections présidentielles, mais à la consolidation de la paix et du retour à la normale, contre tous les maffieux en col blanc ou en uniforme d’origines diverses (karana, vazaha, chinois ou gasy). L’allocution radiotélévisée du 18 septembre où Andry a mentionné la solidarité comme seule vraie force de la nation pour se relever rappelait les accents de sa ministre de la Population.

 

Ce pays, qui rejette et tue les meilleurs de ses enfants, survit parce que ces derniers s’engagent et paient le prix fort, y compris celui du sang. A moins que Andry ne se fasse éliminer prématurément, ces sacrifices devront permettre au peuple, en particulier les plus modestes que Nadine voulait à tout prix défendre, de retrouver un peu de leur part de soleil…

 

Photo : Andry et Mialy Rajoelina devant le cercueil de Nadine. Andry a compris que le pouvoir, ce n’est pas seulement les tapis rouges et les réceptions glamour. 

 

 

Alain Rajaonarivony

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 00:10

 

 

«Vous êtes mal, Monsieur, vous osez proférer des menaces à un Haut emploi de l'Etat, à une Ministre et cela devant témoins, j'ai des personnes dans mon bureau, cher Monsieur !». Les membres du cabinet de la ministre étaient effarés de la tournure que prenait la discussion téléphonique de leur supérieure avec un businessman franco-karana. Ils n’étaient sans doute pas les seuls. L’homme d’affaires millionnaire (en Euros), devait être très surpris qu’une petite malgache, fut-elle ministre, ose lui tenir tête alors qu’il était de notoriété publique que des officiers bardés de galons et le flingue à la ceinture, «s’étalaient» pour quelques liasses de billets (en devises fortes quand même). Nous étions là en présence d’une incompréhension interculturelle typique, un «incident critique» en psychologie sociale. C’est de l’histoire, très récente, que les anciens collaborateurs de Nadine ne sont pas près d’oublier…

 

La Reine Ranavalona III en exil 229613 259900844036251 1000Certaines traditions remontent à loin dans l’armée malgache. 1896 : la reine Ranavalona III est assiégée dans son Palais par les troupes françaises. Le gouvernement français désirait faire main basse sur les richesses de l’Ile (ça aussi, c’est une tradition qui continue). L’armée malgache n’a pas livré bataille, a part les cadets de la Reine, quelques dizaines, qui se sont battus jusqu’à la mort sur les falaises entre Tamatave et Tananarive. Les généraux «11 honneurs», parfois avec 3.000 hommes à leur disposition, ont palabré avec l’ennemi. Certains ont retiré une belle somme en vendant leurs armes, d’autres n’avaient pas envie de se battre et sont allés rejoindre leurs maîtresses tandis que les Français avançaient vers la capitale. En échange, ils ont reçu quelques menus avantages pécuniaires.

 

Les différends qu’avaient eus des hommes d’affaires avec le gouvernement royal étaient le  prétexte pour lancer la guerre contre la Grande Ile. Le Petit Journal du 9 décembre 1894 justifiera ainsi l'intervention : «Nous allons prochainement entrer en campagne contre Madagascar, et le monde entier nous rend cette justice que nous ne sommes pas les agresseurs, que nous n'avons été guidés ni par l'esprit de conquête, ni par un désir de lucre; mais notre dignité nous défend de supporter les insultes des sauvages de là-bas. Que dirait-on de la France si sa main ferme ne lui servait à venger de pareilles injures?». Mort de rire, si les Malgaches n’étaient pas morts tout court ! Euh…, les sauvages, c’est nous… Certains accents font penser aux déclarations actuelles sur la Libye. Ce n’est évidemment pas pour le pétrole et les milliards de dollars que les Etats-Unis et la France ont déstabilisé ce pays.

 

La petite Reine, abandonnée par ses officiers, restera seule et sera exilée. Elle ne retrouvera jamais sa terre natale mais gardera sa dignité jusqu’au bout et forcera l’admiration de ceux qui auraient bien voulu la réduire à l’état de sauvageonne.

 

Depuis, le commandant du Camp Orangea, à Diego Suarez, a vendu des terrains militaires en bord de mer à des Français et des Karana pour qu’ils y construisent des bungalows. Ce scandale a été révélé le mois dernier. D’autres militaires proposent des mitrailleuses lourdes et des lance-roquettes pour arrondir leurs fins de mois. C’était il y a quelques jours…

 

Après «l’accident» de Sonierana Ivongo, au retour de la ministre de la Population et des Affaires sociales de Sainte-Marie (voir article : «Nadine ne les gênera plus»), certains «Fozas» ont sabré discrètement le champagne. Outre la ministre, parmi les victimes figurait Mme Aimée, la chargée de missions et personne de confiance de la ministre. Elle venait justement de terminer une reconnaissance concernant un membre de la HAT qui a réussi à faire construire 5 villas en quelques mois alors qu’il n’en possédait pas une seule auparavant. Elle avait recoupé les preuves mais sa ministre n’aura plus l’occasion de  dévoiler publiquement ce délit ce corruption,… ni aucun autre d’ailleurs.

 

Courageuses femmes qui n’avaient aucune chance d’en réchapper malgré leurs gilets de sauvetage. Quand on est attaché ou du mauvais côté du bastingage, on ne peut être éjecté… La commission d’enquête bidon de la HAT conclue à la faute de passagers qui auraient changé de bord pour ne pas être éclaboussé par la vague. C’est ridicule évidemment mais ce sera la thèse officielle. Concernant l’explosion, la commission reste coite. Les moteurs étaient intacts. Grenade, dynamite ou autre explosif, de toute façon, l’explication serait gênante. Les familles des sauveteurs tués par l’explosion ont porté plainte pour attentat à l’explosif. La commission cogite sur une cause accidentelle, sans grande inspiration pour l’instant…

 

La plainte déposée par la ministre pour les menaces dont elle a fait l’objet (voir article précédent) n’aurait pas eu de suite.

 

Le Général Ravalomanana a créé une polémique parmi les officiers en annonçant dans la précipitation aux médias français l’accident de la vedette, alors qu’il ne serait même pas responsable de la circonscription de Tamatave, selon ses collègues.

 

Il n’y a pas que les «Foza» qui se sont réjouis. Les «Fôpla» (voir article : «C’était un si beau pays : «Foza» et «Fôpla», même combat») ont aussi fêté bruyamment la mort de la ministre sur les forums au point d’écoeurer leurs propres leaders. Dans l’un de nos échanges, en même temps qu’il m’annonçait que Mamy Rakotoarivelo allait présenter ses condoléances au nom de la mouvance Ravalomanana, Mahery Lanto Manandafy m’avouait en avoir assez des obscénités et «autres c…ries de ce genre». Quelques heures après Mamy Rakotoarivelo,  qui se fera traiter illico de traître, c’est Marc Ravalomanana lui-même qui présentera, un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais, ses condoléances. On ne sait pas encore si lui aussi est un traître. 

 

En fait, les «Fôpla» et les «Foza» font partie de la même mouvance, celle des extrémistes, dont la frustration refoulée les amène à s’exprimer de manière violente, frisant parfois la psychopathologie, mais sans s’exposer (souvent bien à l’abri des pseudos). Nadine représentait une voie originale, celle qui voulait réconcilier tout le monde et mettre fin à la crise, contre les barons de la HAT et la majorité de la classe politique arriviste. On pourrait la qualifier de troisième voie. Sans renier ses idéaux, elle était en contact avec des responsables légalistes dont Mahery Lanto Manandafy, afin de trouver une sortie «par le haut». Haïe par les extrémistes des deux bords, elle était bien perçue par le peuple. Cette popularité peut être résumée par un commentaire d’une de ses amis Facebook : «Je suis contre la HAT mais elle je l'aimai bien! elle été differente dè autre ministre HAT. que le BON DIEU soit avec vous Madame la Ministre». Elle était consciente du danger mais a pris tous les risques. On en parlait de temps en temps. Mais ceci est une autre histoire…

 

Photo : la reine Ranavalona III en exil

 

 

Alain Rajaonarivony  

 

 


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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 19:41

 

Pour conforter la réalité des menaces qui pesaient sur la ministre, je publie deux documents sans commentaires :

- la première où elle demande à la gendarmerie « de prendre les mesures qui s’imposent… pour mettre fin à ces agissements (les menaces)» et fait part de son intention de porter plainte,

- la seconde reprenant le texte d’un SMS où elle est explicitement menacée de mort, avec son inspecteur Angelo Rakotonirina.

A Sainte-Marie, avant d’embarquer sur la vedette, elle aurait encore appelé son collaborateur pour lui demander de faire attention. Mais c’est elle qui fut piégée.

 

Premier document

 

Antananarivo le 17 juin 2011,

 

La ministre de la Population et des Affaires sociales

A Monsieur le Général de Brigade, secrétaire d’Etat chargé de la Gendarmerie,

 

Objet : menaces de mort par SMS 

 

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

 

Des individus malintentionnés et sans scrupules, profitant de l’ignorance et de la pauvreté des paysans, déploient tous les moyens possibles pour étendre leurs propriétés foncières dans plusieurs localités de Madagascar. Et (plus) grave encore, ils parviennent à faire expulser, voire faire démolir des villages entiers, sur des fondements administratifs et judiciaires erronés, discutables ou sujets à caution.

 

Cette situation dramatique génère véritablement une détérioration immédiate des conditions sociales de la population, discrédite la transition et bafoue les droits de l’homme.

 

Mon département ne peut rester insensible, face aux sollicitations accrues et cris de détresse des victimes.

 

De temps en temps, une équipe du Cabinet, dont des juristes, est dépêchée sur les zones cibles pour s’enquérir de ce qu’il en est exactement, de mener une enquête, négocier, et en aviser systématiquement les Ministères concernés.

 

Cette démarche ne fait pas du tout plaisir aux assaillants, d’où la menace de mort par SMS, dont je vous ai parlée, lors de notre entretien du 1er Juin courant, et dont la teneur intégrale est dans la présente.

 

Aussi, vous saurais-je gré, Monsieur le Secrétaire d’Etat, de prendre les mesures qui s’imposent, s’agissant notamment de l’expéditeur de cet SMS, contre lequel je porte plainte pour menace de mort, et, d’avance, je vous remercie de tout ce que vous pourrez entreprendre pour mettre fin à ces agissements.

 

Nadine Ramaroson

 

Différentes personnes ont été les destinataires en copie de cette missive dont Andry Rajoelina et le ministre de la Défense.

 

 

Menace 1

 

 

Second document

 

Date : Le 30 mai 2011

Heure : à 18h30mn02s

Tél. numéro : 033……

 

Texte : BONJOUR NADINE. CETTE FOIS-CI   TON ANGELO A POUSSE TROP LOIN LE BOUCHON. NOUS ALLONS LE SUPPRIMER SOYEZ-EN SURE. NOUS L’AURONS ET TU SAURAS QUE C’EST PLUS UNE MENACE. A LA PROCAHINE.

 

Menace 2

 

 

 

 

 

 

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