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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 22:22

 

 

« Boribory ny tany », « La terre est petite ! » Le « commandant Charles » et Marc Ravalomanana ont fini par se rencontrer. Pendant le 1er débat du 9 décembre entre les deux candidats à la Présidentielle, Charles était dans la nombreuse assistance. Lors du second débat à huis clos du 16 décembre, il était parmi les 5 personnes autorisées à suivre l’un des compétiteurs. Et il a été choisi par Marc Ravalomanana, c’est dire la confiance dont il bénéficie auprès de ce dernier.

 

Mais que le chemin fut long depuis ce 11 mars 2009, où le commandant Charles empoigne une kalachnikov et l’arme en criant « Ravao amin’ny fomba retraretra io fivoriana io sinon résolution par la force raha tsy mirava io… Dégagez, ravao io…».  Ce qui se traduit par « Mettez fin à cette réunion par tous les moyens, sinon la résolution se fera par la force si elle ne s’arrête pas… Dégagez, arrêtez cela…» Et effectivement, Charles ira prendre par le collet, après l’arrestation des généraux formant le Directoire, le pasteur Lala Rasendrahasina, afin de lui faire passer un sale quart d’heure à la caserne du Capsat.   

 

 

Charles récidivera le 29 avril 2009 en arrêtant de manière spectaculaire le vieux Manandafy Rakotonirina, que Ravalomanana venait de désigner comme son Premier-ministre, à l’hôtel Carlton, avec ses collaborateurs et des officiers sympathisants.

 

Ensuite, il deviendra, avec le commandant Lylison, l’autre figure du coup d’état, un des responsables de la tristement célèbre FIS (Force d’Intervention Spéciale). Voilà, voilà !...

 

Puis, vient le temps des questions et des remords en novembre 2010. Avec des officiers supérieurs de toutes tendances (Rajoelina, Ratsiraka, Ravalomanana), il se retrouvera à la BANI (Base Aérienne d’Ivato) pour tenter de contenir une Transition sans frein en commençant par une réconciliation (déjà) entre frères d’armes. Tout le monde sera arrêté après la trahison par quelques uns (voir article : «Demain sera un autre jour…»). A partir de ce moment, Charles parlera… beaucoup… sur les évènements qui ont abouti au coup d’état. Il citera aussi beaucoup de noms, ce qui lui vaudra bien sûr… beaucoup d’ennuis.

Il tombera opportunément très malade en prison, ce qui lui vaudra une évacuation sanitaire en urgence à l’Ile de la Réunion début 2012.

 

 

C’est ainsi que le chemin de Charles Andrianasoavina croisera… le mien. Bien qu’officier supérieur de l’armée malagasy, le patient Charles était bien démuni. Les autorités de l’île demanderont à l’une des directrices de l’action sociale de prendre en mains le dossier de ce malade sans grands moyens mais qui nécessitait une prise en charge importante. Madame Micheline Dijoux s’acquittera de sa tâche avec conscience, permettant au militaire non seulement d’être soigné mais aussi de sauvegarder une certaine dignité, ce qui lui vaudra la reconnaissance profonde et inoubliable de Charles. Cette directrice avait été choisie pour ses origines malagasy, ses supérieurs estimant que cela faciliterait la communication. Son nom de jeune fille est… Rajaonarivony et c’est ma petite sœur. J’ai donc eu la possibilité d’avoir de longues conversations téléphoniques avec Charles. Ah, le Capsat, les officiers, parfois idéalistes, frustrés par le comportement de Ra8… et qui se sont fait rouler par les politiciens merina, Rajaoelina et Ratsirahonana en tête !… « J’ai mal agi,… jamais plus je ne recommencerai ce genre de choses,… je regrette, je regrette… » J’ai compris que Charles était un idéaliste. Il s’était trompé de combat et était maintenant poursuivi par sa conscience. Et j’en profite pour dire qu’il me semblait parfaitement équilibré dans son raisonnement et ses propos. Ceci pour couper court aux accusations de désordre psychique portées par des membres de la Transition pour le discréditer. Etant donné que je suis psychologue (de profession), je pense avoir la possibilité d’un certain discernement bien que personne ne soit infaillible.

 

J’avais remercié le « commandant Charles » en mars 2011, pour avoir eu le courage de se repentir publiquement et de dévoiler la vérité sur le coup d’état de 2009 (voir article : « Merci, commandant Charl ! »). Depuis, le lieutenant-colonel Charles Andrianasoavina est resté constant dans son attitude et tente maintenant d’aider sa principale victime, Marc Ravalomanana. Il contribue ainsi à son niveau à la mise en œuvre d’une véritable réconciliation. C’est de cette manière qu’on mettra fin à cette légende urbaine (urban legend) Mérina-Côtiers imposés par les colonisateurs français dans le but de diviser les Malagasy et de les empêcher de s’émanciper.

 

 

Marc Ravalomanana a lourdement insisté sur la réconciliation nationale lors de ce second débat. Andry Rajaoelina y a aussi fait référence. Tout à la fin, Marc Ravalomanana a lancé un appel pour que les valeurs chrétiennes ne soient pas simplement de la théorie mais soient vécues pour les Malagasy…

  

Madagascar sera peut-être enfin sauvé…

 

Photo 1 : Lors du débat du 16 décembre, Charles, bien reconnaissable à son satrobory, dans le carré (ou quinté) des conseillers de Ra8.

Photo 2 : Mauvais souvenir : Charles dans ses œuvres en 2002, empoignant durement le Pasteur Lala Rasendrahasina.

Photo 3 : Charles, à l’Ile de La Réunion, avec la directrice de l’action sociale, Micheline Dijoux. Cette photo a été faite à ma demande en janvier 2015.

Photo 4 : Fin du débat du 16 décembre, Charles vint féliciter Ra8, avec les quelques personnes autorisées sur le plateau.

 

Alain Rajaonarivony

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