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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 15:17

 

Le message de Mahery Lanto Manandafy que j’ai relayé sur mon mur Facebook  le 6 février 2022 m’a inspiré cette analyse car il est l’antithèse de la tuerie du 7 février 2009. Il y entend clairement que « la fin ne justifie pas les moyens ». Soit exactement l’inverse de ce qu’affirment les théoriciens de la « Haute politique à la Gasy », assez représentatifs de cette partie de la petite-bourgeoisie merina, qui se prennent pour des intellectuels hors-pairs. On ne massacre pas des innocents pour arriver au pouvoir, en faisant en plus porter le chapeau à son adversaire.
 

 

Photo 1 : Une partie du message de Mahery Lanto Manandafy sur les réseaux sociaux refusant la violence et exhortant le pouvoir à l'apaisement, tout en montrant sa détermination à lutter contre une éventuelle dérive dictatoriale.

 

 

Il suffit d’écouter la vidéo de France 24 sur les évènements de 2009 pour comprendre que tout était prémédité. Que sont devenus ces vieux politiciens frustrés qui énonçaient sentencieusement :

« Tsy maintsy manao accusation…Il faut trouver des chefs d’inculpation ; Par exemple Ravalomanana est un criminel…Ravalomanana est un traître… » ?

La veille du 7 février 2009, j’avais reçu l’information qu’il  allait y avoir un « flot de sang » (rà mandrika) mais je ne l’ai pas cru, tellement ça me semblait fou pour un mouvement qui se voulait pacifique, demandant la liberté d’expression. Et je savais que Ra8 n’était pas un criminel… (voir article : «Massacre du 7 février : Le témoignage qui disculperait Marc Ravalomanana»).

 

 

Photo 2 : Réunion en 2009 dans le reportage de France 24 : "...Il faut trouver des chefs d'inculpation ; Par exemple, Ravalomanana est un criminel..."

 

 

Andry Rajoelina est maintenant au pouvoir depuis 2019 pour pratiquement un 2ème mandat. Désolé, mais il n’a pas réussi à démontrer qu’il n’était « pas plus nul que le Président Ravalomanana » (cf. vidéo France 24). On ne peut pas tricher en multipliant les mises-en-scène et les promesses en permanence. A un moment donné, il faut des résultats tangibles et ils ne sont pas là. Sur les trois ans, Il aurait fallu encourager par exemple l’augmentation de la production rizicole, pas importer des bateaux de riz du Pakistan par dizaines.
 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ses adversaires les plus farouches ne sont pas dans l’opposition mais dans son propre camp. Ca prend diverses formes, comme ces personnages qui démolissent son image en s’abritant toujours derrière lui pour faire passer leurs vilénies ou ceux qui considèrent qu’ils devraient pouvoir outrepasser la loi, plus que ne le permet déjà le président. Ces derniers seraient prêts à tout… Andry Rajoelina est tellement décrédibilisé qu’on parle de nouveau de coup d’état, de militaires, de transition...

 

C’est pour cela que Mahery Lanto Manandafy a anticipé dans un message sur les réseaux sociaux le 6 février 2022 : « Je ne prendrai part à aucune campagne de déstabilisation comme des barrages économiques qui ne feraient du tort qu’au petit peuple… »

Car c’est toujours le petit peuple, les pauvres et ceux des bas-quartiers, les ambany tanana, les mainty, qui servent de chair-à-canon, pour les ambitions de cette petite-bourgeoisie qui aimerait être grande. Mahery, qui représente un courant de plus en plus fort dans l’opinion, se dit prêt à aider Andry si ce dernier voulait s’engager dans un gouvernement d’apaisement afin de terminer son mandat dans une certaine sérénité pour le pays. Car une « transition » serait « un saut dans l’inconnu »...
 

 

Photo 3 : Pour le triste anniversaire du bain de sang du 7 février 2009, les photos de jeunes gens "sacrifiés" ce jour là parce qu'ils pensaient lutter pour la démocratie, sont apparues sur les réseaux sociaux. Hommage à eux!

 

 

Dans le cas où Andry Rajoelina serait, par contre, tenté par une « solution extrême », une « dictature » pour tenter de se maintenir au pouvoir, il le combattrait quitte à y laisser sa vie. Mahery Lanto Manandafy est de ceux qui sont prêts à mourir pour leurs idéaux, et certainement pas à faire tuer d’autres, contrairement à certains politiciens et maffieux sans scrupules. C’était aussi le cas de Nadine Ramaroson (voir article : «Les vrais hommes de ce pays sont... les femmes»).

 

« A Madagascar, les présidents sont fragiles et les crises politiques s’inscrivent dans la durée » concluait Virginie Herz dans son reportage de 2009. Rien n’a vraiment changé, sauf la maturité de quelques personnes comme Mahery Lanto Manandafy qui ont appris de l’histoire. La vie humaine est précieuse, les dirigeants qui comprennent cela sauvent leur peuple et se sauvent eux-mêmes…

«…il y a de la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.» Luc 15:10

 

Alain Rajaonarivony
Le 7 février 2022.

 

 

 

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