49 candidats s’étaient inscrits dont 1, Me Avoko qui s’est désisté. Edgar Razafindravahy, le maire désigné (PDS) d’Antananarivo a fermé la marche à 2 minutes de la clôture des bureaux en ce dimanche 28 avril 2013 (voir article : «Présidentielles en république bananière»), par superstition peut-être. Oui, Edgar pensait que les derniers seront les premiers. Mais derrière lui, il y avait encore quelqu’un…
Le communiqué de la CES du vendredi 3 mai 2013 commence ainsi :
«Considérant que depuis le 6 jusqu’au 28 avril 2013 à dix-sept heures, date et heure d’expiration de dépôt de candidature prescrites par le décret n°2013-154 susvisé, quarante-neuf candidats, dont les noms suivent, ont déposé leurs dossiers par ordre d’arrivée, au greffe de la Cour, à savoir : …»
Et très bizarrement finit par un candidat n°50 : Andry Nirina Rajoelina. A ses noms de scène connus comme DJ ou TGV, pour les moins méchants, un autre court désormais sur les réseaux sociaux : NINJA. Car il est resté caché mystérieusement et a surpris tout le monde, adversaires comme amis.
Sa candidature aurait été officieusement déposée le 3 mai au matin, hors délai par rapport à la date de clôture des inscriptions. C’est pour cela qu’on ne dispose d’aucune information dessus. Et toujours aussi officieusement, le prétexte était sa visite au Vatican à la fin du mois dernier, où il a rencontré le pape François 15 minutes le 26 avril. Et comme le relève TanaNews, qu’a-t-il fait entretemps ? Il était à… Paris.
Ce forcing, au mépris des accords signés et des règlements en vigueur ressemble tellement à une pantalonnade que même le terme de «coup d’état institutionnel» semble trop noble. Plus rien n’est respecté, ni la morale, ni les lois, on ne cherche même plus à sauver l’image. Bref, c’est Madagascar, mais en pire que dans le dessin animé du même nom. Aucun scénariste n’aurait osé imaginer cela, même pas pour le roi Julien (voir article : «Happy King Julien Day !»)…
La corruption des juges de la CES est désormais avérée et publique. Sensés représenter l’élite morale et intellectuelle du pays, ils ne sont que le reflet fidèle de la déchéance spirituelle de dirigeants qui devraient êtres des sages mais qui n’ont plus aucune vision de ce qu’ils réservent à leurs descendants, la génération future. Se raccrochant à un présent matérialiste, quelques avantages financiers et honneurs surfaits, ces personnes sont déjà mortes moralement selon la conception malagasy : «Ny fanahy no maha olona». Derrière cette énième trahison du peuple, on pourrait sans doute retrouver Norbert Ratsirahonana, l’homme du «changement extra-constitutionnel»
Madagascar est devenue une immense piste de danse : 49 candidats déclarés à la Présidentielle, plus un 50ème, totalement hors-norme.
Menteurs, voleurs, tricheurs et assassins, en plus d’être corrompus et vendus à des intérêts étrangers, les politiciens gasy et la pseudo-élite qui gravite autour d'eux sont-ils vraiment représentatifs du peuple ? Andry Rajoelina aurait promis de retirer sa candidature si Lalao Ravalomanana retirait la sienne. On ne sait plus si on doit en rire ou en pleurer mais son comportement relève de l’irresponsabilité totale, et moins de la politique que de la psychologie. Marc Ravalomanana prévoirait de revenir en catastrophe…
Je réitère mon appel pour que l’armée soit désormais du côté du peuple, de tout le peuple (voir également article : «Refondation : l’armée malagasy aussi, svp !…») pour éviter tout drame dans les jours qui viennent, tant l’écoeurement chez la population est profond et violent…
Si les Malgaches ne veulent pas se lever pour dénoncer cette souillure du «Hasina malagasy» (les valeurs sacrées), alors ils peuvent continuer à danser. Plus personne ne peut rien faire pour eux….
Documents : Bla-bla de la Cour électorale spéciale qui se mélange les pinceaux : 49 candidats, 50 noms… (photo Facebook. Merci à l'auteur, Patrick Raharimanana, je crois, jeune candidat à la Présidentielle).
Photo : Juges, quels juges ? Ils amènent une malédiction sur le pays et les générations futures et ont droit à tous les noms d’oiseaux sur les réseaux sociaux, "vendus" et "corrompus" étant les plus sympas (photo récupérée sur Facebook).
Alain Rajaonarivony