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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 17:57

 

 

 

Nicolas-Sarkozy-avec-porte-drapeau-malgache-blog-jpgNicolas Sarkozy a annoncé la veille du 14 juillet aux chefs d’état africains présents à Paris que les anciens combattants originaires de leurs pays toucheront désormais les mêmes retraites que leurs frères d’armes issus de Métropole. Beau geste mais tellement tardif qu’on peut se demander si la France ne se donne pas bonne conscience à bon compte. Sur les centaines de milliers de bénéficiaires potentiels après la Seconde Guerre mondiale, celles du Vietnam ou d’Algérie, il ne reste plus que 10.000 anciens combattants et 20.000 veuves. La facture s’élèvera donc à 150 millions d’Euros au lieu des milliards que la mesure aurait coûtés si elle avait été prise quelques années plus tôt.

 

Les troupes africaines de 13 pays ont eu l’honneur d’ouvrir la parade du 14 juillet sur les Champs-Elysées : les Amazones du Bénin bien sûr, mais peut-être aussi dans le tas quelques tortionnaires, troupes de répression et autres gardes de dictatures comme le craignent les ONG. Mais c’est cela qui fait le charme de l’Afrique si exotique et terre d’aventure comme chacun le sait… Elles sont passées par ordre alphabétique, pour ménager toute susceptibilité, à l’exception de la Côte d’Ivoire. Cette dernière a refusé d’envoyer ses hommes mais s’est fait quand même représenter par son ministre de la défense. Jacques Toubon, grand ordonnateur de ces retrouvailles franco-africaines, qui arguait de «l’histoire commune» pour tenter de convaincre les Ivoiriens s’était vu rétorquer : «Laquelle ? La colonisation ?» Mais le contentieux entre les deux pays remonte bien sûr à une période beaucoup plus récente.

 

Après la libération de Paris en août 1944, les troupes coloniales ont été interdites de défilé de la victoire sur les Champs Elysées car il fallait entretenir la fiction d’une libération du pays et des Parisiens par les Français. Sur toutes les images d’actualité de l’époque, tout ce qui était basané et indigène était soigneusement effacé, en particulier dans les scènes de combats et de libération de villes. C’est une revanche à titre posthume de ces tirailleurs sénégalais, dahoméens ou guinéens sur lesquels les Allemands, écoeurés de leur courage et de leur résistance, ont fait passer leurs chars pendant la campagne de France en 1940, violant toutes les conventions sur les prisonniers de guerre. Les régiments des colonies étaient souvent la dernière ligne de défense quand leurs collèges blancs s’étaient déjà tous débinés à des kilomètres. Le président malien Amadou Toumani Touré, à qui on demandait son sentiment, a fait allusion à cette période en considérant que ces armées invitées étaient «héritières des troupes noires qui ont participé à la Seconde Guerre Mondiale en France». 115.000 Africains sont morts sur le sol de France pour la libérer.

 

Le poids de l’histoire est là et la dette de la France est lourde envers l’Afrique. Il y a des choses qui ne peuvent s’effacer. La première capitale de la France libre n’était pas quelque part du côté de l’Europe de l’Est, mais au Congo, à Brazzaville. Cet aspect affectif passe encore mieux quand il y a quelques champs de pétrole, d’uranium et des grands chantiers à la clé. Malgré sa pauvreté, l’Afrique dont le taux de croissance est beaucoup plus élevé que celui de l’Europe, présente un potentiel énorme.

 

Tout le monde se retrouve donc en ce mois de juillet 2010 à Paris, ex et nouveaux Français (jusqu’en 1960, tous ces Africains étaient Français), sauf un...  Andry Rajoelina n’a pas été invité. Mais l’armée malgache était là. Chacun interprètera à sa façon ce superbe grand écart diplomatique. De toute façon, à Madagascar, ils sont pour l'instant tourmentés par le Bois de rose. On vient d’en dégotter un stock dans un entrepôt de Tiko. Cela occupera les médias pro-HAT pendant quelques jours. Roindefo Monja, que j’ai rencontré dans la région parisienne récemment, m’a affirmé «qu’aucun Premier-ministre ne peut autoriser la sortie de Bois de rose sans l’aval ou l’ordre d’Andry Rajoelina». Les plus hauts responsables de la HAT sont donc mouillés dans ce trafic. Cette «découverte» devant les caméras officielles permettra à ces derniers de respirer un peu. Si Ravalomanana n’avait pas existé, il faudrait l’inventer…

 

Photo : Le président français Nicolas Sarkozy devant le porte-drapeau malgache à la fin de la parade

 

 

Alain Rajaonarivony

 

 

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Published by Alain Rajaonarivony
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observateur 16/07/2010 18:19



si je comprends bien, Monja Roindefo vous a convaincu qu'il n'était pour rien dans tous ces trafics et qu'il fallait tout mettre sur le dos de Rajoelina !!!


Il me semble que ce monsieur a bien profité de son passage à la HAT et continue encore de bénéficier de nombreuses voitures pour lui et sa famille, sous prétexte qu'il se considère encore 1er
ministre.


 


 



Alain Rajaonarivony 16/07/2010 21:34



Bonsoir,


Non, je crois que cela veut surtout dire que même si on arrête des sous-fifres pour calmer l'opinion publique révoltée par ce trafic, Andry Rajoelina ne pourra pas s'exonérer de sa
responsabilité. Les informations qui commencent à sortir confirment que les commanditaires se trouvent en haut lieu.