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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 18:12

 

 

Kung-Fu 401325 278612025533993 100001555936755 769525 21566L’avion d’AirLink, vol 8252, a dû faire demi-tour au-dessus du Canal de Mozambique, à quelques dizaines de minutes de l’atterrissage prévu à Ivato pour 14heures10.

Et Njaka Lalaina Rabemiarana ne connaîtra jamais l’épilogue du bras de fer qui oppose Marc Ravalomanana à Andry Rajoelina. Il a succombé à un traumatisme crânien. Car même lorsque les forces de l’ordre malgaches n’utilisent pas des armes létales, elles arrivent à tuer en ne respectant pas les procédures. On ne balance pas une grenade lacrymogène en tir tendu, au milieu de la foule, au risque de la faire exploser sur quelqu’un.

Marc Ravalomanana a transmis ses condoléances à la famille de ce père de deux enfants présent à l’aéroport, avec une centaine de milliers d’autres personnes, pour l'accueillir ce 21 janvier.

Cet après-midi là, le ministre de la communication, Harry Laurent Rahajason alias Rolly Mercia, plein de bagout mais profondément menteur, annonce sans rire qu’il n’y a pas de Notam alors que TVPlus en avait déjà donné les références et que des milliers d’internautes ont pu en voir les photos. Le ministre, devenu en l’occurrence celui de la désinformation, s’est lancé dans un roman où il était question de faire atterrir l’avion sur un autre aéroport afin de pouvoir procéder à l’arrestation de Marc Ravalomanana, loin de la foule qui aurait empêché cette démarche. Rappelons que c’est le même individu qui a donné des leçons de déontologie aux journalistes, il y a quelques semaines.

Airlink-British-Aerospace-Avro-RJ85 Rolly Mercia aura quand même donné une indication importante sans le vouloir : il y avait bien une foule considérable pour l’accueil de l’ex-président, estimée selon les sources entre 30.000 et 200.000 personnes. C’est au moins autant, sinon plus qu’au plus fort du soutien à Andry Rajoelina début 2009, alors Maire persécuté d’Antananarivo. 

La HAT a peaufiné au fur et à mesure le scénario, précisant qu’elle avait demandé au pilote d’atterrir à Morondava. Le mieux étant l’ennemi du bien, elle sera contredite par Rodger Foster, un des responsables d’AirLink qui affirmera que sa compagnie n’était pas au courant de cette proposition. Prévenu au dernier moment de l’interdiction de se poser à Ivato, le commandant de bord devait prendre une décision immédiate pour ne pas mettre en danger la vie de ses passagers. Hormis Morondava, qui n’est pas un aéroport international, Majunga, Tamatave, Tuléar et Fort-Dauphin, qui sont les aéroports de dégagement étaient également fermés par Notam. Très logiquement, le pilote a fait demi-tour. Un BA Avro RJ85 possède à peine un peu plus de 3000 kilomètres d’autonomie. Celui ou ceux qui ont signifié les interdictions aussi tard ont donc fait courir un réel péril aux passagers. Mais c’était sûrement le cadet de leurs soucis, obnubilés qu’ils étaient par leurs calculs politiques. 

Ra8 et Lalao dans l'avion 401383 2478077872075 1256349061 3Les Notam étaient signés par les initiales «PHAT», Président de la Haute autorité de transition. Omer Beriziky, le Premier ministre, a affirmé au micro de Radio France Internationale, qu’il ignorait leur existence. Andry Rajoelina a dû aller au charbon car le gouvernement avait refusé de les promulguer. Le Général Richard Ravalomanana s’était attribué dans la foulée la paternité de ces prescriptions, dans le but de dédouaner le responsable, sans être crédible. Par le passé, lui aussi n’avait pas hésité à mentir, ce qui lui avait valu la réponse cinglante d’une ministre mise en cause (voir l’article : «Affaire Bionnexx : Nadine Ramaroson contredit le Général Ravalomanana»). Ce n’est que le 27 janvier, après le retour de Beriziky et des autres composantes de la transition de Prétoria, où ils étaient convoqués d’urgence par la SADC, qu’Andry Rajoelina, terré jusque là, a ramené sa superbe en déclarant qu’il assumait la délivrance des Notam.

Le 24 janvier, la SADC a renvoyé les protagonistes dos-à-dos. Marius Fransman, le médiateur sud-africain a considéré qu’il était «irresponsable» de la part de Marc Ravalomanana d’avoir voulu revenir dans un contexte encore très tendu, même s’il considère ce retour comme inéluctable et nécessaire pour dénouer la crise. Andry Rajoelina, quant à lui, n’avait pas à agiter la menace d’une arrestation au moment où l’on parle de réconciliation et d’amnistie, ingrédients indispensables pour que le pays retrouve une situation pacifiée.

Pour Marc Ravalomanana, c’était une opération «win-win». S’il débarquait, il recevait l’accueil triomphal de ses partisans. S’il était refoulé, il démontrait la mauvaise foi de Andry. Et s’il avait été arrêté, il déclenchait une révolte générale. En fait, cette venue était un piège à c… Andry est tombé dedans !  

La seule vraie victime dans cette affaire, c’est encore et toujours le peuple qui aspire à un peu de paix et de normalité. A l’exception d’Albert Zafy, tous les dirigeants ont du sang sur les mains, y compris Andry Rajoelina, criminel à la tête pouponne. Quant aux abus de pouvoir et au pillage des richesses de la nation, il n’y a pas grand monde qui puisse donner des leçons. Le peuple serait pourtant prêt à les pardonner, s’ils faisaient simplement l’effort d’arrêter cette crise pour aboutir à une réconciliation.

Les Malgaches en ont assez de ces pseudo-pères-la-vertu qui transpirent la haine, l’esprit de vengeance et la lâcheté. Ils veulent pouvoir respirer, envoyer leurs enfants à l’école, bosser honnêtement dans une économie qui tourne normalement, sans maffias et prédateurs nationaux et étrangers … Si pour y arriver, le sang doit continuer de couler, alors que ce ne soit plus celui de citoyens innocents mais celui des gouvernants responsables de cet enfer. Qu’Andry relise l’histoire de son pays (je parle de Madagascar) et qu’il en tire les enseignements… avant qu’il ne soit trop tard ! 

Photo 1 : Beaucoup de monde à Ivato pour accueillir l’ancien président

Photo 2 : British Aerospace Avro RJ85 : une autonomie limitée 
Photo 3 : Marc et Lalao Ravalomanana : un aller-retour rapide Johannesburg-Tana... mais un bénéfice d'image certain.
 

Alain Rajaonarivony

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 00:00

 

invitation-Zafy-17-janvier-2012.jpg

 

17 janvier 2009 : Gilbert m’envoie le récit de sa journée détaillée (voir article : «J’y étais»), exaltante ! Tout le monde croyait alors que la démarche pacifiste, marque de fabrique des luttes démocratiques des Malgaches, depuis 1972, 1991 et 2002, allait une fois de plus primer. Hélas, c’était compter sans la cécité du Président en place (trahi de l’intérieur par ceux qu’il avait nommés), la haine de vieux politiciens véreux (comme Norbert Ratsirahonana et d’autres) et la volonté de la Françafrique d’en finir avec Ravalomanana par tous les moyens. Cette dernière avait déjà son pion mais les Tananariviens pensaient que c’était encore leur champion…

Avec Andry Rajoelina, Nadine Ramaroson sera la vedette de cette journée. Son engagement entraînera l’adhésion des couches populaires des quartiers les plus pauvres qui viendront renforcer la petite et moyenne-bourgeoisie, électorat du Maire d’alors (et de Ra8)…

Depuis, Nadine Ramaroson, qui voulait rester fidèle à l’esprit initial, a été tuée. Deux semaines avant sa mort, Nadine demandera à plusieurs reprises en vain une audience à Andry pour lui parler des menaces qu’elle reçoit…

Interdiction de manifester, fermetures de médias, intimidations et arrestations d’opposants…, l’ère Rajoelina ressemble à la dernière période de l'ère Ravalomanana mais en bien pire... On a en plus les déclarations tonitruantes de certains officiers, trop impliqués pour faire machine arrière sans rechigner, et surtout une économie détruite. Des centaines de milliers d’emplois ont été perdus, et un million d’enfants (950.000 exactement selon les chiffres de l’Unicef) sont désormais privés de scolarisation.

La chute d’un régime corrompu, plein de morgue et d’arrogance pour son peuple et s’appuyant sur des franco-karana et des politiciens profondément pourris, viendra bientôt. C’est le vœu de tous les citoyens et des démocrates… comme en 2009 !


Photo : Invitation d’Albert Zafy pour déposer une gerbe sur la Place de la démocratie ce jour.
Document :  Une des 3 pages de menaces soigneusement consignées. C’est ce qu’a coûté à Nadine et à ses  collaborateurs leur engagement pour défendre le peuple. On retrouve pêle-mêle dans la liste des «grandes gueules» Hajo Andrianainarivelo, Riaz Barday, etc…
«Si tu continues à agir ainsi, je finirai par avoir ta peau…»

 

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Alain Rajaonarivony

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 01:29

 

 

La fin de l’année a été palpitante pour les Malgaches car Andry Rajoelina n’a cessé de louvoyer pour la mise en place de la feuille de route, concoctée sous l’égide de la SADC. Afin d’obtenir enfin la reconnaissance internationale, valant absolution et respectabilité, il s'y conforme avec mauvaise grâce, tout en usant de toutes les ficelles pour empêcher le retour du dernier président élu. Le 15 décembre, un Notam (Notice to Airmen) a été ainsi émis pour interdire aux commandants de bord d'embarquer Marc Ravalomanana au cas où ce dernier aurait la nostalgie du pays. Mais aucune autorité, du Premier ministre aux responsables de l’Aviation civile, n’était au courant d’une telle directive. Difficile de faire plus perfide! Cinq jours plus tard, l’interdiction a été annulée tout aussi discrètement.

 

Après la mise en place du gouvernement Beriziky, la France a embrayé aussitôt la promotion du désormais ex-putschiste, en l’invitant à une rencontre avec Nicolas Sarkozy à Paris le 7 décembre. Las, Andry Rajoelina n’arrive pas à se défaire du cliché de DJ inconscient et inculte. Son entourage fait grand cas de sa maîtrise du français, en le comparant avantageusement à l’ancien président, pour démontrer ainsi qu’il est francophile. Le borgne étant roi au pays des aveugles, notons simplement pour ne pas être désagréable que le français de Andry est correct, sans plus. On est loin de Léopold Sédar Senghor…

 

satrokaranavalonaLa stratégie de la France a consisté dès 1896, début officiel de la colonisation, à détruire les racines et les élites des Malgaches. Comme dirait Christian Chadefaux, journaliste zanatany expulsé de manière irréfléchie par Ravalomanana (ce qui n’a pas arrangé sa réputation de francophobe), le Maroc était aussi un protectorat. Quand la France en est partie, elle a ramené le roi Mohammed V de son exil d’Antsirabe et l’a remis sur son trône, permettant ainsi au royaume chérifien de retrouver ses racines et sa culture de gouvernance. Rien de tel avec Madagascar où la France a tenté d’imposer une caricature de République, mais sans en respecter les règles. Elle a d’abord monté les côtiers contre la royauté, qualifiée de gouvernement hova, puis a créé de toutes pièces le Padesm, pseudo parti des déshérités, pour contrer les mouvements nationalistes.

 

Mais les familles et traditions princières qui ont été ostracisées durant la colonisation et les 50 ans d’indépendance reviennent petit à petit sur le devant de la scène, avec une solidarité et une cohésion des dynasties des quatre coins de l’Ile. Leurs manifestations sont de plus en plus médiatisées et le gouvernement n’y peut rien. Le 29 décembre, des familles princières représentant l’ensemble des noblesses du pays, ont procédé à un rite de purification pour toutes les profanations, dans l’enceinte même du Rova. Plus d’un siècle après, cette renaissance marque finalement l’échec des Français dans la tentative d’effacer de la mémoire collective la royauté et de reconstruire l’histoire de Madagascar à la gloire des colonisateurs.

 

Malgré une république de façade, la royauté était omniprésente dans l’Inconscient des dirigeants (et de leurs conseillers français) depuis la Première République. On n’échappe pas à ses racines. Pendant la révolution socialiste, Didier Ratsiraka prenait la pose de Radama 1er sur sa photo officielle, et le Palais de Iavoloha, qu’il s’est fait construire par les Nord-Coréens l’a été sur le modèle du Palais de la Reine. Le village où a été édifié ce complexe présidentiel s’appelait à l’origine Mavoloha («Tête jaune») et a été rebaptisé Iavoloha («Tête haute»).

 

 Sous Albert Zafy, le Palais de la Reine brûle. Le 6 novembre 1995, d’énormes flammes s’échappent du «Rovan’i Manjakamiadana» sous les yeux consternés des Tananariviens. Bloqués par les véhicules des curieux qui encombraient les rues de la vieille ville, les pompiers ne pourront rien faire. Incendie criminel dont on ne retrouvera jamais les auteurs ni les commanditaires, la rumeur populaire parlera de mercenaires vazaha... Aux élections présidentielles suivantes, en 1996, les Malgaches avec un taux d’abstention record boycottent Albert Zafy qui perd face à Didier Ratsiraka.

 

Marc Ravalomanana, arrivé au pouvoir en 2002, annonce très vite son intention de reconstruire ce patrimoine national. La première phase des travaux débuteront effectivement en  2006 dans une certaine opacité puisque les plans n’étaient pas accessibles pour des raisons de sécurité. Pour une simple réhabilitation de musée, c’était un peu bizarre, ce qui a fait poser question sur les véritables intentions du président. En 2008, des cendres royales ont été transférées en catimini, une de ces profanations dénoncées par les Andriana. En décembre 2008, les phases 1 et 2 des travaux étaient achevées.

 

midina.jpgLe chantier sera stoppé net par Andry Rajoelina dès la réussite de son coup d’état, le 17 mars 2009 pour ne pas permettre à son rival de se prévaloir de quelque chose. Ce qui ne l’a pas empêché le 11 décembre 2010 de prendre la tête d’un véritable carnaval avec son épouse, déguisés en souverains. Ils descendront du Palais situé sur les hauteurs, jusqu’au nouvel hôtel de ville reconstruit, entouré de «gardes royaux» (des soldats travestis pour la circonstance). Rebelote un an après, où après s’être congratulé avec Sarkozy, il a tenu à faire tirer un feu d’artifice à partir du Rova pour fêter le premier anniversaire d’une IV république que personne ne reconnaît à part les putschistes eux-mêmes. Or, la couronne de Ranavalona Ière venait d’être volé au palais d’Andafiavaratra (le palais du Premier ministre devenu un musée) dans la nuit du 3 au 4 décembre. C’en est trop pour les Andriana qui crient au mépris et à la profanation. Le pays devrait être en deuil après ce vol, argumentent-ils. Malgré les mises en garde, Andry Rajoelina procèdera à ses festivités incomprises par la majeure partie de la population qui se débat dans une crise économique profonde.

 

Le 11 décembre 2011, Andry Rajaoelina faisait donc sa fiesta au milieu de la désapprobation et de la misère générales, tout en promettant de reprendre les travaux de réhabilitation du Rova qu’il a lui-même arrêté. Le 11 décembre 1885, un décret rattachait Madagascar au ministère des colonies. Ce que Andry fêtait ce jour là n’est peut-être pas ce qu’on croyait….

 

Concernant le vol de la couronne, je vous conseille de lire un article du blog de Jentilisa, en malgache, où il explique le symbolisme de ce vol dans l’ésotérisme et la culture malgaches. Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas chercher un gang international mais des personnes qui sont en rapport avec le pouvoir et les symboliques de la royauté.

 

Avec un tel arrière-plan, la République partait déjà avec un handicap. N’importe quel petit détenteur de pouvoir se comporte comme un potentat. Les Français, qui sont régicides et ont envoyé Louis XVI à l’échafaud avec leur reine, auraient bien voulu imposer leur vision du pouvoir, le fameux triptyque «Liberté – Egalité – Fraternité». En même temps, le gouvernement colonial était le premier à violer ces principes à Madagascar. Et l’âme impérialiste reste d’actualité dans les rapports entre la France et  la Grande Ile.

 

Toutes les élections ont été truquées depuis l’Indépendance en 1960, et l’étaient déjà sous la colonisation. Pendant la Première république, ce sont les coopérants français qui se chargeaient de «briefer» les dirigeants sur la façon d’éliminer les opposants et de falsifier les résultats. Ceux qui sont arrivés après ont bien appris la leçon.

 

Les francophiles africains se sont souvent trouvés dans une situation schizophrénique. D’un côté, la diplomatie officielle française se conforme en apparence aux grands principes démocratiques, parlant de Droits de l’homme et de non-ingérence. De l’autre, elle appuie discrètement tout ce qui va dans le sens de ses intérêts. Suivant les époques, elle n’a pas hésité à assassiner, déstabiliser, voire intervenir militairement. Le grand public est désormais au courant de ces manœuvres secrètes, des documentaires télévisés sur la Francafrique en ayant fait le récit détaillé, notamment celui de Patrick Benquet, diffusé en décembre 2010 (voir aussi article : «Madagascar, la Francafrique à l’œuvre»).

 

Photo blog Augustin

 

Olga-et-une-mere-de-famille-en-pleurs-DSCF1593.jpg

Ceux qui ont voulu obliger Ravalomanana à respecter la Constitution sans pour autant perpétrer un coup d’état (ce serait paradoxal) en 2009 ont été doublés par les équipiers de la Francafrique. Les dénégations de Châtaigner, l’ambassadeur de France, concernant une antipathie de l’Hexagone envers l’ancien président, arrivent un peu tard. Le mal est fait. La francophobie est en train de s’exacerber au sein d’une population humiliée et réduite à la misère par des dirigeants pourris qui n’arrêtent pas de se réclamer du soutien de l’ancienne puissance coloniale… Que ce soutien soit réel ou non n’est désormais plus la question. Les Malgaches étant des affectifs assez rancuniers, il faudra beaucoup de finesse à la diplomatie française pour dissocier son image de celle d’une HAT qui est sûrement le gouvernement le plus honni de l’histoire.  

 

La position des Etats-Unis a été beaucoup plus claire pendant cette crise. Ils ont mis en garde Marc Ravalomanana et condamné ses dérives, en particulier fin 2008 quand la situation commençait vraiment à se tendre. En même temps, dès le coup d’état perpétré, ils ont immédiatement levé toute ambiguïté dans leur perception de la situation. Andry Rajoelina s’est emparé du pouvoir de manière violente et illégale, avec l’aide d’une partie de l’armée mutinée. La France, quant à elle, a continué à maintenir tranquillement sa coopération militaire durant toute cette période… 

 

* Le roi Julien XIII est le maki qui règne dans le dessin animé «Madagascar», un roi auto-proclamé plus ou moins débonnaire qui aime la fiesta et dont les sujets n’ont pas à se plaindre car ils n’ont pas le choix.

 

Photo 1 : La couronne volée que tout le monde veut se mettre sur la tête

Photo 2 : Le rival de King Julien et Mialy en longue robe rouge, la couleur royale. Mais elle n'a pas la couronne (pas encore)...

Photo 3 : Enfin une militante orange sexy made in France. Sacré Augustin ! C’est bien plus sympa que les bonnes femmes des bas-quartiers qui pleurent parce que les forces de l’ordre ont détruit leurs baraquements pour le profit d’un gros bonnet.

Photo 4 : Olga Ramaroson, nouvelle ministre de la Population et des affaires sociales, et tante de Nadine Ramaroson, assassinée dans ses fonctions, en train de consoler une mère dont la maison vient d’être rasée. C’était le 7 décembre, pendant qu’Andry Rajoelina était à l’Elysée.

 

Alain Rajaonarivony

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 23:20

 

 

La famille de la ministre disparue en mer le 28 août a donné une conférence de presse radio-télévisée pour donner les résultats de sa propre enquête, ce 22 novembre 2011, et ce, pour suppléer au black-out opéré par les autorités sur cette affaire. Voici, traduit en français, le rapport originellement en malgache (voir article précédent).

 

 

Rapport de la commission d’enquête sur la mort de la ministre de la Population et des Affaires sociales, Nadine Ramaroson et de ses collaborateurs.

 

Plusieurs points concernant la mort de Nadine Ramaroson et de ses collaborateurs à Soanierana Ivongo ont fait naître le doute et n’ont pas trouvé de réponses cohérentes.

 

- Le capitaine n’avait pas d’autorisation de transporter des passagers de Sainte-Marie à Soanierana Ivongo, et son aide n’était pas un marin disposant du «livret professionnel» mais avait été recruté parmi le tout-venant.

 

- Le propriétaire de la vedette n’a pas été auditionné, ni mis en examen bien qu’il ait enfreint la loi, sa vedette ne disposant pas de l’autorisation de transporter des passagers en haute mer (Sainte-Marie – Soanierana Ivongo), mais étant juste dédiée aux promenades en mer (visite des baleines).

 

- Le responsable de l’AMPF à Sainte-Marie n’était pas au courant du trajet de la vedette et de  son intention de faire la traversée jusqu’à Soanierana Ivongo, ce qui est confirmé par l’absence de «manifeste».

 

- L’explosion a été traitée de manière superficielle dans les journaux, la radio et la télévision nationales, alors qu’elle a provoqué la mort de plusieurs personnes.

 

Qui protège qui? Qui s’efforce de cacher la vérité? Qui n’a pas pu mener à bien l’enquête? Et pourquoi n’y a-t-il pas eu des dispositions prises depuis? Ni la famille, ni le CSDN n’ont reçu de rapports jusqu’à présent.

 

 

Plusieurs évènements se sont produits avant ce drame :

 

- La ministre avait fait savoir par l’intermédiaire d’une télévision privée qu’elle disposait de preuves sur des actes de corruption de haut niveau et sur le trafic du «bois de rose», et avait martelé qu’elle ne désirait pas être complice de tout cela.

 

- Elle avait déposé une plainte le 17 juin 2011 (voir article : «Nadine était menacée de mort»), pour les menaces de mort qu’elle et ses collaborateurs avaient reçues. Sa plainte était celle d’un membre du gouvernement mais personne n’a écouté, enquêté ou donné un quelconque poids à cette requête.

 

- Elle avait déjà été menacée, et pourtant, on l’avait encore désigné par trois fois pour des missions situées en «Zone rouge», dans la région du Melaky. Elle n’a pas pu choisir, comme ses collègues. 

 

- Les litiges fonciers qui ont choqué la ministre par ses aspects injustes et inacceptables, Amparihingidro, Faharetana Arivonimamo… lui ont valu d’autres menaces aussi bien par téléphone que par divers canaux.

 

 

La ministre avait beaucoup d’ennemis à cause de la Justice et de la Droiture dont elle a fait preuve, et à cause de l’amour qu’elle avait pour son pays et pour ses concitoyens.

 

 

Certaines attitudes du pouvoir lors de la mort de la ministre et de ses collaborateurs posent questions :

 

- Le ramassage du journal «Ao Raha»… qui avait titré «Des hautes personnalités mises en cause dans la mort de Nadine Ramaroson» (par une 4x4 blanche dans tout Antananarivo)

 

- L’absence de «minute de silence», simple marque de respect, pendant toutes les cérémonies officielles sur le territoire national, surtout à Miarinarivo Itasy lors de la Journée internationale des femmes rurales, où le chef de district de Miarinarivo a pris la parole. Lors de son discours, il a affirmé que «la nouvelle ministre de la Population est la femme du Premier-ministre (Vital)». Cette annonce a été faite devant les personnalités venues assister à cette célébration.

 

A cause de tout cela, et de toutes les preuves qui sont en notre possession, nous déclarons de manière publique et ferme qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un « ASSASSINAT »

 

La vedette ne s’est pas retournée à cause d’un transfert de poids comme vous le constaterez sur les photos !

 

Et parce qu’il y a une commission désignée spécialement pour mener l’enquête, dont on n’a obtenu aucun résultat 3 mois après la mort de la ministre de la Population et des Affaires sociales,

 

Nous demandons à cette «commission tripartite» de sortir les résultats de ses investigations à brève échéance. Ceux-ci doivent être à la hauteur du temps qu’elle a pris pour enquêter.

 

Nous sommes dans l’obligation de tout faire pour sortir la vérité ! Nous avons besoin de connaître la juste réalité !

 

Nous donnons l’assurance au peuple que la suite de nos recherches sera bientôt publiée.

 

 

 

Par Alain Rajaonarivony
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 14:42

 

 

Zavatra maromaro no mampiahiahy sy tsy nahitana valiny mitombina tamin’ny trangan-javatra tany Soanierana Ivongoka nahafatesan’ny Minisitry ny Mponina sy ny Raharaha Sosialy Nadine RAMAROSON sy ireo Mpiara-miasa aminy :

 

- Ny mpanamory dia tsy manana taratasy fahazoan-dalana hitondra vedette hitatitra mpandeha avy eo Sainte- Marie ho any Soanierana Ivongo, ary ny mpanampy dia olona notsimponina ary tsy manana “livret professionnel” amin’ny maha-tatsambo azy.

 

- Ny tompon’ny vedette, tsy nanontaniana ary tsy nogadrainana na dia tsy ara-dalana aza satria ilay vedette dia tsy manana taratasy fahazoan-dalana hanao fitaterana olona an-dranomasina (Sainte-Marie – Soanierana Ivongo)- fa voatokana ho an’ny fialam-boly an-dranomasina fotsiny (visite des baleines).

 

- Ny masoivohon’ny AMPF ao Sainte-Marie dia tsy nampahafantarina akory ny fandehanan’io vedette io hitatitra olona avy ao an-toerana ho any Soanierana Ivongo, porofo manamarina izany ny tsy fisian’ny “manifeste”.

 

- Nopasopasohana fotsiny na tany amin’ny gazety, na tany amin’ny haino aman-jery na tany amin’ny fampielezam-peom-pirenena Malagasy ilay zavatra nipoaka nandritra iny tranga iny nefa namoizana ain’olonamaro.

 

- Fanapotehana ary fanafenana porofo nataon’ny tompon’andraikitra isan-tsokajiny.

 

Iza no miaro?  Iza no miezaka manafinany marina? Iza no tsy nahavita ny famotorana? Ary nahoana no tsy nisy fepetra noraisina hatramin’izay? Satria na ny fianakaviana na ny CSDN dia tsy nisy nahazo tatitra hatramin’izao!

 

Efa tantara maro no niseho talohan’io tranga io:  

 

- Efa nampahafantatra ny Ministra fa manana porofo mahakasika kolikoly avo lenta misy eto Madagasikara momba ny “bois de rose” tamin’ny haino aman-jery tsy miankina iray, niteny izy fa tsy manaiky ary tsy hiaraka tsikombakomba amin’izany.

 

- Nametraka fitoriana ny Ministra ny 17 Jona 2011 nilaza fa misy mandrahona ho faty izy sy ny mpiara-miasa aminy. Mambra ny Governemanta no nametraka fitoriana fa tsy nisy nihaino, tsy nisy nanadihady, tsy nisy nanisy lanjany.

                

- Efa nisy nandrahona izy, anefa mbola notendrena in-telo miantoana hamita iraka tany amin’ny faritra mena dia ny Faritra Melaky. Tsy mba afaka nisafidy toa ireo namany izy.

           

- Ny ady tany maro nampitroatra ny Ministra noho ireo endrika tsindry hazolena maro tsy azo ekena intsony: ny tantara Amparihingidro, ny tantara Faharetana Arivonimamo… dia nahazoany fandrahonana vaovao tamin’ny finday sy tamin’ny fihetsika maro naseho azy.

 

     Be fahavalo ny Ministra nohon’ny Marina sy Hitsiny nijoroany ary nohon’ny fitiavany Tanindrazany nampihariny tamin’ny Fitiavanany Mpiray Tanindrazana aminy

 

Noho ireo fihetsika hafahafa nitranga taorian’ny nahafatesan’ny Ministra sy ireo Mpiara-miasa aminy:  

 

- Fandraofana ny gazety “AoRaha” tamin’ny …. Izay nirakitra ny fanambarana hoe “Misy Tompon’andraikitra voarohirohy tamin’ny nahafatesan’i Nadine Ramaroson” (4x4 Fotsy)

 

- Ny tsy fisian’ny “iray minitra fahanginana” mba ho mari-panajana nandritra ireo lanonam-panjakana maro natao teto amin’ny firenena indrindra fa ilay tao Miarinarivo Itasy tamin’ny Andro Iraisam-pirenena ho an’ny Vehivavy Tantsaha izay nitenenan’Andriamatoa Lehiben’ny Distrikan’I Miarinarivo nandritra ny lahateny nataony fa “ny vadin’Andriamatoa Praiministra teo aloha no Minisitry ny Mponina vaovao”. Izany fampahafantarana ny Minisitry ny Mponina vaovao izany dia natao teo ambany mason’ireo olo-manan-kaja rehetra nasaina hanatrika ny lanonana.

 

Noho ireo zavatra rehetra ireo, sy ny porofo maro eto am-pelatananay dia manambara ampahibemaso sy ho ren-tany ho ren-danitra izahay fa tsy loza voajanahary velively no nahafaty ny zanakay fa “NOVONOINA” (ASSASSINAT).

 

- Tsy nohon’ny fiovan-danja velively no nampitsimbadika ny “vedette” araka ireto sary aseho anareo ireto!

 

- Koa satria misy ny komisiona manokana voatendry nanao fanadihadina mikasika io raharaha io, tsy nahitana valiny na dia efa ho 3 volana aza izao ny nahafatesan’ny Ministra sy ireo Mpiara-miasa aminy.

 

Dia  manome fe-potoana faran’izay fohy izahay ho an’ireo “commission tripartite”ireo hamoahany ny valin’ny fanadihadiana marina. Fa fe-potoana nanadihadiana mitovy, ny valiny koa tokony hitovy.

 

Tsy maintsy atao izao rehetra izao mba ahitantsika rehetra ny marina! Ilaina ny fahamarinana!

Matokisa ianareo vahoaka fa hivoaka tsy ho ela ny ampahany manaraka amin’ny valin’ny fanadihadiana.

 

 


Par Alain Rajaonarivony
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